Amilcare De Ambris
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| Conseiller à la chambre des Corporations XXXe législature du royaume d'Italie | |
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Maria Corridoni (sœur de Filippo Corridoni) |
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Amilcare De Ambris, né le à Licciana Nardi et mort le à Rome, est un journaliste, syndicaliste et homme politique italien.
Figure du syndicalisme révolutionnaire au début du XXe siècle avec son frère Alceste de Ambris, il participa à la fondation de l'Union syndicale italienne (USI) puis s'engagea pour l'intervention durant la Première Guerre mondiale. Après s'être opposé à la montée du fascisme, il se mit en retrait de l'activité politique. À la fin des années 20, il adhéra aux politiques syndicales du régime et fit carrière. Après guerre, il continua son activité politique et fonda le Mouvement syndical italien (Movimento Sindacalista Italiano).
Le militant syndicaliste révolutionnaire
Après des études primaires et plusieurs années passées à La Spezia, il s'installe à Parme en où il devient ouvrier dans une petite entreprise liée à la Bourse du travail locale[1]. Très vite engagé au sein du monde syndical, il participe dès le printemps 1908 aux activités des organisations ouvrière et joue un rôle actif dans la grande grève des ouvriers agricoles du Parmesan en [1].
En 1911, lors des congrès de mai et décembre, il se prononça en faveur de l'organisation avec la CGdL[1]. En 1912, il devint secrétaire de la Bourse du travail provinciale de Parme et se montra très actif, notamment dans les manifestations contre la guerre. En , à Modène, et en novembre de la même année, il fut nommé secrétaire du syndicat du travail de Modène[1]. En 1913, il participa au congrès constitutif de l’Unione Sindacale Italiana (USI) en remplacement de son frère Alceste alors en exil politique en à Lugano[2].
Représentant de la Chambre du Travail de Mirandola, il plaida avec ses partisans la nécessité de créer un nouvel organisme national qui représenterait toutes les organisations ouvrières d'obédience syndicaliste révolutionnaire. Amilcare De Ambris écrivait également pour le journal L'Internazionale, organe de la Chambre du Travail de Parme, publié plus tard à Milan et à Bologne ; journal auquel son frère et Michele Bianchi collaboraient également[2].
De l'interventionnisme à l'opposition au fascisme
Membre du comité central métallurgique USI, au printemps 1914, il devint l’un des principaux secrétaires des grèves de juin-juillet et participa à la semaine rouge de . Comme son frère, il se distingua en faveur de l’intervention italienne dans la Première Guerre mondiale ; il participa à l’organisation du Travail en 1914[1].
En , il revint à Parme où il participa à la constitution de l’Union italiana del Lavoro (UIL), devint secrétaire de la section provinciale de la CdL et rédacteur en chef de son organe, L'Internazionale[2]. Durant ces années, il fut également inspecteur général de la coopérative membre de l'UIL, collaborateur de l'hebdomadaire Battaglie dell'Unione italiana del lavoro et rédacteur en chef de l'hebdomadaire syndical milanais La Rivoluzione. En 1921, il s'investit particulièrement dans le conflit des maçons et la grève agricole dans la partie haute et moyenne de Parme[2].
Après la victoire de la résistance antifasciste d', les frères De Ambris, conscients de la défaite imminente du mouvement ouvrier, lancèrent fin 1922 une tentative vaine, avec Rinaldo Rigola et Gabriele D'Annunzio, pour rétablir l'unité syndicale avec la CGdL (l'hebdomadaire milanais Sindicalismo étant l'un des instruments de cette opération)[2]. Lorsque les fascistes ravagèrent la section de Parme de la CGdL en , ils furent contraints de quitter la ville et de se réfugier en France. Amilcare De Ambris s'engagea d'abord dans la propagande antifasciste, puis, fin 1923, s'installa à La Spezia, où il prit la direction d'une mine de fer à Rocchetta di Vara et s'éloigna de la politique[2].
Un « ralliement retentissant au régime fasciste »
En , sur recommandation de la mère de Filippo Corridoni, il épousa Maria, sœur de celui-ci et envoya à Mussolini une lettre dans laquelle il lui réaffirmait sa loyauté, à lui, et au fascisme[2]. Il le rencontra par la suite au ministère de l'Intérieur et, en , fut appelé à Rome pour diriger le bureau des contrats de la Fédération nationale des syndicats industriels fascistes (Federazione nazionale dei sindacati fascisti dell'industria)[1].
En 1928, il entra en contact avec Edmondo Rossoni auquel il écrivit une lettre, publiée dans les journaux, dans laquelle il justifiait son ralliement au régime :
« Tu sais que depuis longtemps dans les rencontres que nous avons eues, nous nous sommes trouvés d'accord sur les lignes fondamentales du syndicalisme national que je juge le débouché naturel de notre action d'avant-guerre, et, surtout, de notre intervention consacrée par le nom glorieux du plus héroïque des syndicalistes : Filippo Corridoni.
Le syndicalisme qui proclama indissolublement le sort du travail et le sort de la patrie, devait logiquement se terminer par la reconnaissance juridique des organisations économiques. Seul un chef de gouvernement comme Benito Mussolini, qui fut l'âme et le guide de l'intervention ; qui interpréta le véritable esprit du peuple dans la guerre est aujourd'hui Duce de l'Italie victorieuse et renouvelée pouvait réaliser, en une forme si solennelle, l'entrée du travail dans la vie de la nation.
Moi qui ai été fidèle combattant syndicaliste et de guerre, je sens aujourd'hui, plus que jamais, le désir de donner, de nouveau, mon activité au syndicalisme consolidé dans la discipline nationale fasciste à l'ensemble de mes vieux compagnons. En conséquence, j'ai décidé d'accepter ton invitation insistante et je suis à ta disposition pour reprendre l'action syndicale. »[3]
Sur recommandation de Rossoni, il commença à travailler pour les syndicats fascistes : en , il fut nommé secrétaire de la Fédération nationale fasciste des travailleurs des industries mécaniques et métallurgiques (Federazione nazionale fascista dei lavoratori delle industrie meccaniche e metallurgiche) ; en 1938, il devint vice-président de la Confédération fasciste des travailleurs de l’industrie (Confederazione fascista dei lavoratori dell'industria) ; entre 1936 et 1942, il collabora à diverses revues syndicales fascistes, comme La Rivista del Lavoro ; en 1939, il devint membre de la Chambre des Faisceaux et des Corporations. En 1943, pendant les grèves de Milan et Turin en , il se détacha finalement du fascisme[1].
Activité syndicale après guerre
Après la Libération, il poursuivit son activité syndicale : il fut l’un des fondateurs, en 1946, du périodique Vita del Lavoro et, en 1947, du Mouvement syndicaliste italien (Movimento Sindacalista Italiano) avec Arnaldo Fioretti, Luigi Contu et Luigi Fontanelli, organisation qui adhéra à la CGIL ; en 1948, après la rupture syndicale, il rejoignit la UIL[1]. Il mourut à Rome en .