Luigi Fontanelli
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| Conseiller à la chambre des Corporations XXXe législature du royaume d'Italie | |
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| Décès |
Inconnue |
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| Organisation |
Confederazione Fascista dei Lavoratori dell'Industria |
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| A travaillé pour | |
| Parti politique |
Luigi Fontanelli, né le à Ferrare et mort à une date inconnue, est un journaliste, syndicaliste et homme politique fasciste italien.
Débuts
Né en 1905 à Ferrare, Luigi Fontanelli intègre dès leur débuts les premières organisations syndicales liées au fascisme naissant dont le Comité exécutif de la Confederazione Fascista Lavoratori dell’Industria[1].
Engagé activement, Fontanelli est l'un des créateurs et pendant plusieurs années le directeur du journal quotidien Il Lavoro Fascista, dont il choisit le sous-titre : « La révolution n'est pas terminée, mais du point de vue des mœurs, des caractères et des distances sociales, elle ne fait que commencer »[1], et auquel le dirigeant syndical Tulio Cianetti collabora[2]. Avec Vittorio Zincone et Ernesto Daquanno, il fonda et dirigea également le mensuel Rivista del Lavoro italiano, journal dans lequel Julius Evola écrira entre 1941 et 1943[1].
Soutien des Lois raciales fascistes de 1938
Élu à la Camera dei Deputati lors de la XXXe législature du royaume d'Italie ( – )[3], il approuva l'année précédente les Lois raciales fascistes. En effet, « pour Fontanelli, la campagne raciale constituait la phase qualitative de la lutte démographique visant à améliorer les caractéristiques morales, spirituelles et physiques du peuple italien. De plus, il mettait en garde contre la tentation de réduire la pensée et les pratiques raciales à un simple antisémitisme. La politique raciale fasciste n'était pas uniquement un projet négatif, mais une quête moderne d'homogénéité raciale et « spirituelle », ainsi que la construction d'un ordre social « équilibré », d'un arrangement biologique et socio-politique « rationnel » qui consoliderait le destin impérial de l'Italie et son image de nation guerrière »[4].
On peut aussi préciser que Fontanelli soutenait l'application des lois antisémites pour des raisons antibourgeoises comme le montre son article dans Il Lavoro Fascista daté du :
« Le problème de la race, et particulièrement l’indispensable attitude antisémite du fascisme qui en résulte, est un excellent agent réactif pour isoler non seulement les Juifs mais tous ceux qui se trouvent dans ces zones grises où – sous le couvert de « l’esprit le plus petit bourgeois » – ces représentants de la vieille classe gouvernante se cachaient et dont la devise pourrait être : « J’ai changé mon badge parce que c’était pratique, rien d’autre. » C’est donc très bien qu’à travers le problème de race, le fascisme révolutionnaire redouble sa vigilance incessante sur ces éléments qui nourrissent l’esprit individualiste, blessant et corrosif, qui est antifasciste (…) La révolution ne perd pas de temps avec ces éléments et ces surfaces grises représentant les vestiges de cette mentalité extrêmement obstinée de l’Italie orgueilleuse, vide, intellectuelle et fourbe qui était utile à tout le monde et ne faisait peur à personne… Maintenant il découvriront que ce n’était pas seulement un éclair : il pleut et il continuera à pleuvoir. »[5]
Rôle durant la République sociale italienne (RSI)
En , Fontanelli adhéra immédiatement à la République sociale italienne (RSI) et rédigea par la suite un document à l'attention de Alessandro Pavolini intitulé Per l’unità rivoluzionaria degli italiani dans lequel il critiquait un Régime jugé corrompus par la tendance conservatrice opposée à la socialisation de l'économie. Fontanelli proposait en outre que le nouvel État républicain reconnaisse le syndicat unitaire comme principal interlocuteur pour toutes les questions relatives au travail et à la production économique[1].
En 1945, durant la dernière période de la RSI, Fontanelli participa, avec Ugo Manunta et d'autres (Galanti, Amadio, Mancuso, Balletti, Nunzi, Margara, Rossano et Grossi), à la Commission ministérielle chargée de la réforme de la loi syndicale du et de l'amélioration du décret de socialisation des industries[1]. L'année suivante, il fut arrêté par les autorités pour avoir organisé, le , une messe en hommage à Mussolini[6].
L'expérience syndicale après guerre
Après la guerre, il rejoignit brièvement le Mouvement social italien (MSI) puis créa, avec Amilcare De Ambris, Arnaldo Fioretti, Luigi Contu, Giuseppe Landi et Ugo Clavenzani, le Mouvement syndical italien (Movimento Sindacalista Italiano). Il rejoingnirent par la suite la CGIL unifiée, au sein de laquelle ils fondèrent le Mo.Si (Movimiento Sindicale)[1]. Dans les années qui suivirent, Fontanelli se rapprocha des syndicalistes de tendance démocrate chrétienne et devint l'un des leader des « syndicalistes autonomistes »[7]. Il participa par la suite à la fondation de l'Union italienne du travail (UIL).
Théoricien du syndicalisme fasciste
Pouvant être rattaché au fascisme de gauche décrit par Giuseppe Parlato, Fontanelli montre au cours de sa carrière au sein du régime un grand intérêt pour les questions syndicales, l'anticapitalisme et le combat contre la bourgeoisie, idées qui transparaissent dans plusieurs livres comme Logica della Corporazione en 1934 et Sindacato in movimento en 1936, livres dans lesquels il semble soutenir des thèses résumées dans cette phrase : « Pour nous, le syndicat est à la révolution ce que l’escouade d’action est à l’insurrection »[1]. L'historien Gianpasquale Santomassimo écrit à son sujet qu'il « exprimait la position la plus « anticapitaliste » parmi les syndicalistes, mais il s’agissait d’une position ouvertement minoritaire »[8].
Dans Logica della Corporazione, Fontanelli voyait le développement futur de la société corporative dans l'avènement de la technique. « Ayant établi que la technique est l'expression la plus élevée du travail (c'est-à-dire que le technicien est le travailleur qui est parvenu - par son travail - aux points les plus élevés de commandement dans le processus de production) », le nouvel État corporatif sera fondé sur la technique, « la plaçant directement - par le biais de la corporation - en contact immédiat avec l'État ». « Demain nous dirons : La corporation est composée du travail qui s'accomplit dans un ordre hiérarchique »[9].
Dans Il Lavoro Fascista, Fontanelli développera dans le même temps ses idées concernant l'organisation des syndicats et leurs rapports à l'État :
« Toute la méthode du fascisme est typiquement unitaire ; mais en ce qui concerne le syndicat, cette méthode a subi une étrange déformation. Les diverses fonctions du syndicat sectoriel sont unifiées dans des institutions quasi étatiques, les séparant plus ou moins abruptement, plus ou moins complètement, de l'institution d'origine. Or, nous pensons que l'unité des fonctions doit se réaliser au sein du syndicat. C'est-à-dire dans cette institution qui est la clé de voûte du système corporatif. Soit le syndicat remplit toutes les fonctions et peut être considéré comme la cellule vivante et sensible du nouvel ordre corporatif à créer, soit il est réduit au service des contrats et des conflits. Il est juste de dire que le syndicat doit s'intégrer à l'entreprise , mais le syndicat est, dès son origine, corporatif, par ses fonctions typiquement politiques et éducatives, ses fonctions sociales qui lui confèrent une personnalité et une responsabilité. Nous devons veiller à ce que le syndicat puisse accompagner le travailleur dans toute sa vie et ne jamais l'abandonner. » « Le maintenir dans un climat de collaboration, l’introduisant ainsi, par le biais de la Corporation, à l’État. »[1]
À cet égard, Fontanelli montrera une certaines convergence de point de vue avec les thèses sur la corporation propriétaire défendues par Ugo Spirito lors de la deuxième Conférence d'études syndicales et corporative tenue à Ferrare en [1]. Présent lors du Congrès italo-français d’études corporatives de , Fontanelli déclara :
« J’ai eu l’impression que, comme représentants de groupes de renouvellement qui veulent sortir du capitalisme et qui se situent dans le sillage de l’ancien syndicalisme révolutionnaire et donc de vos penseurs Blanqui, Sorel, Proudhon, Lagardelle, vous êtes venus voir comment le Fascisme a réalisé, et jusqu’à quel point, les théories de ces derniers, comme si le Fascisme s’était assigné ce devoir historique : suivre à la lettre leur doctrine. Voilà pourquoi beaucoup n’ont pas une vision claire du futur développement de notre corporatisme : ce qui entraverait le chemin serait justement le Parti et serait justement l’État, tandis que nous considérons ces deux éléments – qui en définitive en sont un seul, le nouveau Régime – comme fondamentaux pour le développement de la Révolution[10]. »
En 1941, il publie Il Fascismo contro lo spirito borghese et Sentimento della Rivoluzione dans lequel il réitère ses positions anticapitalistes :
« D'un côté, un nouveau principe moral et l'intérêt du peuple ; de l'autre, un vide moral et la concentration des intérêts entre quelques mains. D'un côté, la vérité et le travail acharné ; de l'autre, le mensonge et les jeux de hasard. D'un côté, la démocratie de nom, où le capitalisme, par ses innombrables ramifications, domine l'État ; de l'autre, la démocratie de fait, où le capital n'est plus le capitalisme et doit, en tout état de cause, se soumettre à la volonté de l'État. »
Ou encore :
« L'humble travailleur des fausses démocraties capitalistes est exploité une fois pour toutes, contraint de se battre et de mourir pour une cause qui n'est pas la sienne, contre un combattant qui avance inexorablement, portant sur ses drapeaux et ses armes les idées et les sentiments de la révolution ouvrière, celui qui veut et réussira à rendre dignité humaine et bien-être aux masses laborieuses de tous les pays. »[1]
Publications
- Logica della Corporazione, 1934.
- Sindacato in movimento, 1936.
- Sentimento della Rivoluzione, 1941.
- Il Fascismo contro lo spirito borghese, 1941.