Basilique San Magno
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| Basilique San Magno | |
Basilique et place San Magno | |
| Présentation | |
|---|---|
| Nom local | Basilica di San Magno |
| Culte | catholique de rite ambrosien |
| Dédicataire | Saint Magnus |
| Type | Basilique mineure |
| Rattachement | Archidiocèse de Milan |
| Début de la construction | |
| Fin des travaux | |
| Architecte | Bramante |
| Style dominant | Renaissance lombarde |
| Site web | https://www.parrocchiasanmagno.it/ |
| Géographie | |
| Pays | Italie |
| Région | Lombardie |
| Coordonnées | 45° 35′ 41,78″ nord, 8° 55′ 09,05″ est |
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La basilique San Magno (en italien Basilica di San Magno) est le principal lieu de culte catholique de Legnano. Dédiée à Saint Magnus, archevêque ambrosien de 518 à 530, construite dans le style architectural Renaissance lombarde de l'école de Bramante, elle fut construite de 1504 à 1513. Son clocher a été construit de 1752 à 1791.
Le , le pape Pie XII éleva l'église au rang de basilique mineure.
L'intérieur de l'église est enrichi par de nombreuses œuvres d'art, qui ont été créées au cours des siècles en conservant le style lombard du Cinquecento des premières œuvres[1]. Les décorations les plus importantes conservées dans la basilique sont : les fresques de la voûte de la nef (qui sont l'œuvre de Gian Giacomo Lampugnani), des restes de fresques du Cinquecento de la chapelle de saint Pierre de Vérone (peintes par Evangelista Luini, fils de Bernardino), les fresques des murs et de la voûte de l'abside (peintes par Bernardino Lanino) et un retable de Giampietrino. Se distingue parmi toutes ces œuvres un polyptyque de Bernardino Luini[2], unanimement considéré par les historiens de l'art comme l'un des chefs-d'œuvre de l'artiste lombard, sinon sa meilleure œuvre[3],[4].
Lieu de construction
Avant l'édification de la basilique San Magno, l'église principale de Legnano était l'église San Salvatore (it)(en italien : Chiesa di San Salvatore), dont la construction remonte, selon certaines sources, au Xe ou XIe siècle[5]. Déjà au XVe siècle l'église San Salvatore, construite en style roman lombard, était fragilisée par des problèmes de stabilité dus à l'âge des structures et d'infiltrations d'eau provenant de l'Olonella qui coulait à proximité[6] et l'inondait fréquemment.
L'église San Salvatore s'effondre partiellement à la fin du XVe siècle. Les habitants de Legnano obtiennent alors de l'archevêque de Milan et de Ludovico il Moro, duc de Milan, la permission de démolir les restes de l'ancienne église et de construire une nouvelle église sur le même site[6]. Étant donné la sobriété de l'église San Salvatore, les habitants de Legnano décidèrent de construire une église plus somptueuse que la précédente[7].
Malgré les risques d'infiltration d'eau et d'inondation, la nouvelle église San Magno est construite sur le même lieu où se dressait autrefois l'église San Salvatore : à l'ouest du lit de la rivière Olonella, non loin du fleuve principal[8].
En ce qui concerne l'espace à l'ouest de la basilique, depuis le Moyen Âge, en lieu et place de l'actuelle place, se trouvait le cimetière principal de Legnano, utilisé pendant des siècles et qui a ensuite été complété par une salle souterraine[9]. Tandis que le peuple était enterré en terre consacrée à proximité des églises, les nobles étaient enterrés au sein même des édifices religieux. Ces corps et ossements ne seront déposés du sein de la basilique qu'au XVIIIe siècle.
Dans ses notes relatives à sa visite pastorale faite à Legnano en 1761, le cardinal Giuseppe Pozzobenelli rapporte que :
« […] [Coemeterium] a platea adjacente Solis columellis lapideis secernitur, ac distinguir […] »
« […] [le cimetière] est séparé et distinct de la place adjacente seulement par de petites colonnes de pierre […] »
Les colonnes de séparation mentionnées servaient à permettre l'accès à la basilique, dont l'entrée fut déplacée en 1610 à l'ouest, vers le cimetière[10]. Ce cimetière fut utilisé jusqu'en 1808, lorsqu'une disposition du gouvernement napoléonien obligea les administrations municipales à déplacer les cimetières hors des centres habités[9],[10],[11].
Construction
La plus grande contribution a été faite par les familles Lampugnani et Vismara, qui à l'époque étaient les deux familles nobles les plus importantes et les plus anciennes de Legnano[12],[13]. La première pierre est posée le . La construction se termine le avec l'achèvement de la maçonnerie[14]. Peu de temps après, les travaux de décoration intérieure débutent avec la réalisation des fresques de Gian Giacomo Lampugnani, qui peint la coupole[15]. Un écrit de 1650 d'Agostino Pozzo, prévôt de San Magno de 1628 à 1653[13], rapporte que :
« […] La chiesa di S. Magno, come si vede da un libro di maneggio fatto da un Alessandro Lampugnano, fu incominciata l'anno 1504 adì 4 maggio, et fu ridotta a perfettione l'anno 1513. Et questa fabrica sarebbe stata ridotta a perfettione in maggior brevità di tempo, se non fossero stati li disturbi di guerra che patì questo contorno, in particolare la terra di Legnano, atteso che, calando per la strada di Varese l'anno 1511 alli X dicembre, ne fu abbruggiata una parte e saccheggiato il resto; ne fa di ciò mentione il medemo tesoriere Alessandro Lampugnano, et è conforme a quello dice anco il Guicciardino nella sua storia nel libro X. […] »
« [...] L'église de S. Magne, comme on peut le voir dans un livre de comptes d'Alessandro Lampugnano, a été commencée en l'an 1504 le 4 mai, et a été achevée à la perfection en l'an 1513. Et ce bâtiment aurait été achevé à la perfection en un temps plus court, s'il n'y avait pas eu les troubles de guerre que cette région a subis, en particulier le pays de Legnano, étant donné que, en descendant la route de Varese en l'an 1511 le 10 décembre, une partie fut brûlé et le reste pillé; le même trésorier Alessandro Lampugnano le mentionne, et cela est conforme à ce que Guicciardino dit aussi dans son histoire au livre X. […] »
En 1510, les deux premières cloches de la basilique sont coulées : le la cloche de 50 rubbi (soit plus de 400 kilogrammes), et le la cloche de 80 rubbi (plus de 640 kilogrammes)[17].
Le , Legnano est incendié et saccagé par les troupes suisses, descendues en Italie pour combattre la France (gouvernée par Louis XII) au sein de la Sainte Ligue. Cet événement de guerre, mentionné par Agostino Pozzo dans l'extrait précédant, touche la basilique San Magno, qui fut partiellement endommagée par un incendie, affectant en particulier les échafaudages installés pour sa construction[15],[18].
De 1516 à 1523, il y eut une suspension des travaux qui fut causée par un potentiel manque de fonds, ou bien par l'incapacité de Bramante à communiquer les méthodes de décoration des intérieurs : le grand artiste d'Urbino meurt en effet à Rome en 1514[15]. En ce qui concerne l'hypothèse liée au manque d'argent, la plupart des familles nobles qui séjournaient, même périodiquement, à Legnano, étaient en grande difficulté économique en raison de l'invasion de l'armée française, qui chassa les Sforza du duché de Milan en 1499[15].
Ce bouleversement politique entraîne également un bouleversement administratif. Legnano subi un appauvrissement manifeste, causé par l'indifférence des nobles milanais envers leurs propriétés détenues dans le village de Legnano : les aristocrates milanais étaient occupés à défendre leurs propriétés à Milan[15].
A cela s'ajoute la diminution constante de l'intérêt de l'archevêque de Milan pour Legnano, qui entraîne également le retrait progressif des ordres monastiques des couvents de Legnano : c'est une conséquence de la perte d'importance de Legnano, qui est causé par la fin des tensions entre Milan et le Seprio, de sorte que la présence de troupes fixes dans le village de Legnano, situé en bordure de la campagne milanaise, n'était plus justifiée[19].
Les plans originaux de la basilique ont été perdus et il n'existe donc aucun document portant la signature de son architecte : le nom de Bramante n'apparaît en effet que sur des témoignages rédigés à des époques ultérieures[20]. Les travaux de construction ont ensuite été réalisés sous la supervision de Gian Giacomo Lampugnani, ainsi que par un maître d'œuvre au nom inconnu[21] . Gian Giacomo était un parent éloigné d' Oldrado II Lampugnani, qui a construit, entre autres, le manoir homonyme et qui a achevé la fortification du château Visconti de Legnano[21]. En 1515, Gian Giacomo Lampugnani a également peint la fresque de la voûte principale de la basilique, qui fut la première décoration réalisée dans l'église de Legnano.
Le , l'église est consacrée par Francesco Landino, évêque auxiliaire de l'archidiocèse de Milan[13],[17].
XVIIe siècle
Jusqu'en 1610, l'entrée de la basilique était située vers l'actuel palais Malinverni, vers le nord, et a ensuite été déplacée vers sa position actuelle. À l'origine, l'entrée principale était située à la place de la chapelle de l'Immaculée Conception (également appelée "de l'Assomption ") : lorsque l'entrée a été déplacée, la porte d'entrée a été murée et cet atrium a été transformé en chapelle[22]. La deuxième ancienne porte d'entrée, qui était située vers le sud, en direction du presbytère, dans l'actuelle chapelle du Saint-Crucifix, a également été murée[23]. Deux nouvelles entrées ont donc été ouvertes, à savoir les actuelles portes latérales de la façade principale tournée vers la Piazza San Magno[24].
L'actuelle porte principale a été ouverte au XVIIIe ou au XIXe siècle[10]. Il fut décidé d'ouvrir la porte centrale car les deux entrées latérales ne permettaient pas au visiteur qui pénétrait dans la basilique de se retrouver directement devant le maître-autel[23].
Les travaux de déplacement des entrées ont été l'œuvre de Richini, ancien ingénieur des usines ecclésiastiques de Lombardie[25] et futur concepteur de l'église de la Madonnina dei Ronchi[26], qui a également modifié l'aspect extérieur de la basilique en éliminant les nervures en relief, ajoutant des pilastres, des tympans et des linteaux aux nouvelles portes d'entrée, ouvrant des fenêtres baroques sur le dôme et construisant la lanterne et le tiburio : toutes ces interventions ont donné à la basilique, dans l'ensemble, un aspect plus léger[25]. C'était probablement à ce moment que les plans originaux de l'église de Legnano ont été perdus, à moins qu'ils n'aient déjà disparus lors du pillage de 1511[15].
L'orientation originelle nord-sud a été choisie pour une question d'urbanisme : à l'ouest se trouvait le cimetière, tandis qu'à l'est se trouve l'Olona : il a donc été décidé de construire les portes vers le nord et le sud. Le chœur, qui abrite le maître-autel, aurait tout de même été édifié à l'est par tradition[27]. Mais en entrant dans la basilique par l'ancienne porte située au nord le maître-autel se trouvait à gauche et non devant ; cette contradiction a conduit à la décision de faire pivoter les entrées de 90°, c'est-à-dire vers l'ouest[27]. Une hypothèse suppose que, pendant la première partie de l'histoire de la basilique, lorsque les entrées étaient orientées nord-sud, le maître-autel était situé dans une autre chapelle qui était alignée avec la porte d'entrée principale[27].
Le , deux nouvelles cloches sont installées[17], puis consacrées le suivant, par le cardinal Federico Borromeo [24]. En référence à cet événement, une note d'archive indique[17] :
« […] una [campana] di 130 rubbi fatta a spese della comunità, l'altra, che prima era di 36 rubbi, accresciuta a spesa dei nobili al numero di 80 rubbi […] »
« […] une [cloche] de 130 rubbi au frais de la commune, l'autre, initialement de 36 rubbi, a été augmentée au frais des nobles pour atteindre un poids 80 rubbi […] »
Avant la fonte des deux cloches, Lazzaro Brusaterio, chanoine de San Magno, fit un voyage à Sion, ville suisse du canton du Valais, dans le but d'apporter à Legnano un fragment de cloche devenue sacrée par un miracle de Saint Théodore, qui y était conservé, et qui devait être ajouté, selon les intentions, au moulage des nouvelles cloches de la basilique de Legnano[17].
XIXe et XXe siècles
Aux XIXe et XXe siècles, la basilique San Magno n'a pas fait l'objet d'interventions notables[9]. En 1840, des travaux de consolidation ont été effectués sur le dôme et peut-être, comme déjà mentionné, la porte d'entrée principale moderne[10],[28] a été percée. La maison du sacristain a également été démolie, qui était située en direction de l'actuel palazzo Malinverni[24]. Le , une commission créée par le gouvernement autrichien sur proposition du prévôt de San Magno, et composée des peintres Francesco Hayez et Antonio de Antoni et du sculpteur Giovanni Servi, rédige un rapport dont le but est de réaliser une enquête en vue de procéder à des travaux de restauration sur la basilique, qui n'auront aucune suite[24]. En 1888 une autre restauration fut organisée, qui cependant ne fut pas approuvée par la Conservation des Monuments de la Lombardie[28]. En 1909, une nouvelle sacristie est construite[28].
La première restauration réalisée, nécessaire pour réparer les dégâts causés par le passage d'un cyclone qui frappa Legnano le , est alors réalisée de 1911 à 1914[29].
En 1908 cinq tapisseries réalisées entre 1550 et 1560 et créées par une manufacture de Bruxelles qui représentaient les Histoires d'Élie et d'Élisée, furent transférées aux collections d'art appliqué du Château des Sforza à Milan, où elles ont ensuite été exposés[30]. Leur vente a été décidée pour financer les rénovations effectuées de 1911 à 1914 [31] .
Lors des restaurations qui eurent lieu de 1911 à 1914, d'importants travaux furent réalisés qui concernèrent l'ensemble de la basilique, y compris des travaux de gros œuvre, notamment sur la toiture et la façade et en allongement les chapelles tournées vers la place San Magno d'une travée, supprimant les portes d'entrée et les fenêtres réalisées par Richini en 1610[29]. Une fois l'ancienne façade éliminée, de nouvelles portes d'entrée furent construites, embellies chacune d'un tympan[29]. Les ajouts baroques de Richini furent éliminés, les corniches du XVIIe siècle qui embellissaient les ouvertures circulaires du tambour[10] ont été supprimés et des pilastres ont été créés sur la partie à l'extérieure de la basilique, pour rappeler les lignes de l'intérieur[32]. A cette occasion, des sgraffites ont également été réalisés sur la façade et les châssis des fenêtres ont été remplacés[33],[32] .
L'enfouissement de l'Olonella, qui coulait à l'est de la basilique[9], date de cette époque. Avec sa suppression, une vue à presque 360° de la basilique a été permise, permettant d’apprécier la structure en plan centré de l'édifice : la seule vue qui n'est pas totalement exploitable est celle au sud en raison de la présence, du presbytère du XVIe siècle, puis du centre paroissial de San Magno[9] après la démolition du presbytère.
Au XIXe siècle, le parvis de la basilique est nommé d'après Umberto Ier de Savoie, roi d'Italie de 1878 à 1900. Il fut dédié à San Magno après la Seconde Guerre mondiale[34] .
Une seconde restauration d’ampleur est entreprise de 1963 à 1964[29] : lors de ces travaux la toiture est refaite et une deuxième couverture est construite au-dessus du maître-autel[28]. De plus, les restes du clocher roman de l'ancienne église San Salvatore ont été restaurés et les sgraffites extérieurs ont été refaits[28].
Dédicace à Saint Magnus

La dédicace de la basilique à Magnus de Milan pourrait être liée à certains événements survenus au VIe siècle[35]. En 523, l'empereur byzantin Justin Ier promulgua un édit contre les ariens : en réponse le roi des Ostrogoths Théodoric, qui était de confession arienne, commença à persécuter les catholiques en tuant et en emprisonnant d'importantes personnalités religieuses. À la mort de Théodoric, Atalaric siège sur le trône des Ostrogoths : grâce au nouveau roi, plus tolérant, et à l'intercession de Magnus de Milan, archevêque milanais, de nombreux prisonniers sont libérés.
Étant donné que ces persécutions affectaient également Legnano, ses habitants décidèrent de nommer d'abord l'abside centrale de l'ancienne église San Salvatore d'après Saint Magnus. Puis la paroisse, créée le fût nommée "paroisse de Saint Magnus et du Saint Sauveur"[31], et enfin la nouvelle église. Saint Magnus devint plus tard aussi le saint patron de la commune de Legnano.
Le , le cardinal Carlo Borromeo, archevêque de Milan, décrète le transfert de la prévôté de Parabiago à Legnano, l'édifice religieux change son nom en "église prévôtale San Magno" et le curé de la paroisse de San Magno acquis le titre de prévôt[31].
Le transfert de la prévôté de Parabiago à Legnano a été dicté par diverses raisons : un plus grand nombre d'habitants à Legnano, au fait que l'église San Magno était plus grande que l' église Parabiaghese des Saints Gervasio et Protasio, par la présence de l' hospice Legnano de Sant'Erasmo et par la disponibilité, à Legnano, de plus grandes ressources, y compris économiques, ainsi que par la présence dans le village de Legnano de plusieurs couvents[31].
Face au déplacement de la prévôté, les habitants de Parabiago firent appel au pape, mais sans succès, compte tenu de l'approbation du décret archiépiscopal par la Curie romaine, en 1586[36]. À partir du XVIe siècle, l'église de Legnano a commencé à être appelée, pour souligner son importance, « église collégiale San Magno »[31]. Dans ce contexte, en 1591, l'actuelle place San Magno fut agrandie en acquérant un terrain appartenant à la famille Lampugnani :
Le , par une bulle pontificale, le pape Pie XII éleva l'église prévôtale San Magno au rang de basilique romane mineure[31].
Paternité de Bramante ?
Sources documentaires
Le premier document mentionnant Donato Bramante comme architecte de la basilique San Magno est un écrit de la main de Federico Borromeo, archevêque de Milan à l'époque, après à sa visite pastorale à Legnano en 1618[37] :
« […] Pulchra quidem est huius ecclesiae structura quae insignis Architecti Bramantis arte in fastigium excitata conspicitur eaque ob id pulchrum item atque visu venustum exigit frontispicium, ideo fiat illud ex politis lapidibus cum nitiis, statuis, coronidibus et pyramidibus aliisque ad speciem faventibus […] »
« L'architecture de cette église est remarquable, entièrement conçue par le célèbre architecte Bramante. Cette église a besoin d'une façade tout aussi belle qui satisfasse esthétiquement sa vue. Il devra donc être réalisé à l'aide de marbres précieux, en prévoyant niches, statues, pinacles et autres éléments décoratifs, et tout le nécessaire pour en rehausser la beauté. »
Federico Borromeo était aussi un grand connaisseur d'art, ainsi qu'un contemporain et ami de Richini[26]. Les travaux de la partie extérieure de la basilique, n'ont cependant pas été réalisés au XVIIe siècle, mais quelques siècles plus tard dans un tout autre style.
Un deuxième document — toujours dans les écrits de 1650 d'Agostino Pozzo — attribue la paternité des dessins préparatoires au célèbre artiste d'Urbino :
« […] Questa fabbrica è dissegno, per quello si tiene, di Bramante, architetto de' più famosi habbi hauto la christianità, è questa fabbrica molto riguardevole a cinque la mira attesa la bella proprotione ella è in ottavo, et quadrata, e di presente con sette altari, in tal modo disposti che uno non è d'alcun impedimento all'altro. È fatta in volto con le nize sotto per porvi le statue, havea altre volte in faccia una sol porta sopra la quale si legò qui versi positivi l'anno 1518 d'Alberto Bosso qual viveva in quei tempi facendo schola di grammatica in Legnano ove anche morto fu sepolto […] »
« [...] Ce bâtiment a été dessiné, c'est pourquoi il tient, par Bramante, architecte du plus célèbre dans toute la chrétienté, ce bâtiment est très remarquable par cinq fois grâce à sa belle proportion en octogone, et carrée,avec la présence de sept chapelles, disposés de manière que l'une ne gêne pas l'autre. Il comporte une voûte avec des niches en dessous pour placer les statues, il a une autre voûte face à une porte au-dessus de laquelle peuvent se lire des vers de l'année 1518 d'Alberto Bosso qui vécut à cette époque en étudiant de grammaire à Legnano où, mort, il fut enterré [...] »
Dans le texte Les chefs-d'œuvre de Bramante de Urbino au Milain, écrit en 1870 par l'historien de l'art Carlo Casati, on rapporte un extrait d'un manuscrit de la fin du XVIIIe siècle écrit par Venanzio De Pagave, sur La vie de Bamante :
Selon toute vraisemblance, la mention de « l'église des Grâces à Legnano » est une erreur, étant donné que le projet mentionné et détaillé dans le document, comme mentionné précédemment également par Casati, se réfère à l'église San Magno.
Cela semble indiquer une réelle implication de Bramante dans le projet. La bulle papale du émise par le pape Pie XII qui conférant la dignité de basilique mineure à l'église semble confirmer cette implication :
« […] Questo tempio, che risale agli inizi del XI secolo, più volte modificato e infine ricostruito dal geniale architetto Donato Bramante, costituisce un cospicuo ornamento e decoro della città. […] Eleviamo alla dignità e all'onore di Basilica Minore la chiesa consacrata a Dio in nome di S. Magno, nella città di Legnano, posta nel territorio dell'Arcidiocesi milanese, con l'aggiunta di tutti i privilegi liturgici, che a tale titolo le competono. […] »
« [...] Ce temple, qui date du début du XIe siècle, plusieurs fois modifié et finalement reconstruit par l'architecte de génie Donato Bramante, constitue un ornement et une décoration remarquables de la ville. [...] Nous élevons à la dignité et à l'honneur de Basilique Mineure l'église consacrée à Dieu dédié à Saint-Magne, dans la ville de Legnano, située sur le territoire de l'archidiocèse de Milan, avec l'ajout de tous les privilèges liturgiques, dont ce titre leur appartient. […] »
Autres hypothèses
En ce qui concerne l'avis des spécialistes de l'art sur la paternité de Bramante, il convient de noter un extrait de l'ouvrage Histoire de l'art pendant la Renaissance d'Eugène Müntz :
« […] de même qu'un rapide passage de Bramante suffit pour peupler d'une série de merveilles cette dernière province [...] sous son action fécondante, s'élevèrent les superbe églises de Lodi, de Crema, de Saronno, de Legnano […] »
— Eugène Müntz
L'historien de l'architecture Arnaldo Bruschi est plus prudent, et dans son ouvrage Bramante il émet l'hypothèse d'une éventuelle intervention directe de l'artiste d'Urbino sur le projet de diverses églises, dont celle du principal édifice sacré de Legnano[39].
L'historien de l'architecture Luciano Patetta, suppose lui une intervention indirecte de Bramante à travers des seules suggestions verbales générales données aux véritables créateurs du projet de basilique[40].
L'historien de l'art lombard Silvano Colombo, indique dans un article publié dans la revue Arte Lombarda, que les caractéristiques architecturales de la basilique pourraient être attribuées à une simple évolution de l'art lombard sans l'intervention directe de Bramante[41] .
Bramante au moment de la construction de l'église
Il n'y a pas d'autres documents qui prouvent que la paternité des projets peut être attribuée à l'architecte d'Urbino : en outre, selon les quelques sources disponibles, Bramante, pendant la période de construction de la basilique San Magno (1504-1513) ne se serait pas trouvé à Milan, il n'aurait donc pas pu s'occuper personnellement de la construction de l'église de Legnano[42]. Bramante pourrait néanmoins avoir dessiné, puis laissé aux habitants de Legnano, les plans de la basilique, sans avoir vécu au village[7],[21].
L'hypothèse d'un dessin original de Bramante est corroborée par le style architectural spécifique de la basilique de Legnano, on ne trouve en effet pas d'autres églises à plan central construites en Lombardie avant la basilique de Legnano [21].
De plus, les travaux de démolition de l'ancienne église San Salvatore ayant commencés dès 1495, la période de près de dix ans qui séparent les premiers travaux de démolitions et le début des travaux de la nouvelle église (le ) se superpose avec les années de présence de Bramante à Milan jusqu'en 1499[21].
Pour corroborer l'hypothèse de la paternité de Bramante, on note l'achèvement presque contemporain (en 1497) de l'église de Santa Maria delle Grazie à Milan dont les travaux ont été suivis par Bramante lui-même la fin des travaux. L'église milanaise et la basilique de Legnano ont en commun l'idée architecturale générale, qui correspond à une croix grecque principale sur laquelle se superposent — aux coins — deux autres croix grecques plus petites[21]. Dans l'ensemble, l'ouvrage prévoit une architecture à trois niveaux, identique pour les deux églises et formée par les chapelles d'angle, l'abside et le tambour octogonal surmonté d'un dôme, ce dernier étant soutenu par de grands pylônes, le qui séparent les chapelles et les tympans[21]. De plus, le fait que les volumes architecturaux de l'édifice soient pratiquement parfaits conforte l'hypothèse selon laquelle la basilique de San Magno pourrait bien être l'œuvre de Bramante, tant d'un point de vue chronologique qu'artistique, et non le résultat d'un travail d'un architecte local[21].
A cela, il faut ajouter la présence à Legnano, entre les XIVe et XVe siècles, de familles nobles puissantes et influentes, dont les Lampugnani et les Vismara, qui ont financé les travaux et qui auraient pu contacter Bramante : ce dernier pourrait avoir été convaincus par ces importantes familles nobles[26].
Analyse des indices de Bramante
Bien qu'il n'y ait pas de confirmation documentée claire du lien entre Bramante et la basilique de San Magno, il est indéniable que cette dernière est très proche du style de Bramante, notamment en ce qui concerne les volumes de l'édifice, dont la recherche a prévalu sur celle des espaces[16]. Bramante s'inspirait en effet de Léonard de Vinci : celui ayant été le premier à rechercher, dans la création de ses œuvres, l'expression du mouvement et — pour ainsi dire — de « l'âme » des sujets représentés ; ces concepts, d'un point de vue architectural, se sont alors exprimés dans la recherche des volumes au détriment de celle des espaces, donnant ainsi la priorité à l'expression de la spiritualité de l'œuvre[43].
En découle une perspective, typiquement Renaissance du XVe siècle, où aucune partie ne prédomine sur l'autre, poussant l'observateur à ne pas arrêter définitivement son regard sur une partie spécifique de l'œuvre, et se retrouve dans de nombreuses œuvres créées par les plus grands architectes de cette période : cela fait de la basilique San Magno un excellent exemple d'architecture de la Renaissance[16]. Le fait qu'aucune partie de la basilique de Legnano ne soit architecturalement centrale, c'est-à-dire prédominante sur les autres, pas même l'abside, est également observé par Agostino Pozzo dans l'écrit précité de 1650. L'importance architecturale et artistique de la basilique San Magno a également été soutenue par la commission chargée de la conservation des monuments Lombards, qui l'a inscrite dans la liste des monuments nationaux d'importance régionale[13].
Le complexe de la basilique San Magno présente les mêmes éléments architecturaux que l'on retrouve dans certaines églises de la péninsule italienne, de l'église Santa Maria della Consolazione de Todi(1508), à l'église de San Biagio à Montepulciano (1518 ), à la basilique Santa Maria di Campagna à Piacenza (1528), à la basilique Santa Maria della Steccata à Parme (1539), ainsi qu'au sanctuaire Santa Maria di Piazza à Busto Arsizio (1517) et dans d'autres églises de Saronno, Pavie et Crema, qui ont toutes un plan central. Ces édifices religieux n'ont probablement pas été conçus par Bramante lui-même, mais par ses disciples. L'église de Legnano ne comporte par ailleurs pas d'ajouts architecturaux qui font dévier son apparence de l'idéal de Bramante : par rapport aux bâtiments mentionnés ci-dessus, l'église de Legnano est donc - du point de vue de Bramante - architecturalement pure.
On peut donc raisonnablement supposer que le projet de la basilique San Magno a été réalisé sur la base de dessins de Bramante, bien qu'il n'existe aucune certitude sur cette attribution[26].
Plan de la basilique
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