Bellet (AOC)

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Un bellet[5], ou vin de Bellet, est un vin d'appellation d'origine contrôlée du vignoble de Provence récolté sur le seul territoire de la commune de Nice[6], dans le département des Alpes-Maritimes : c'est le seul vignoble urbain possédant une AOC implanté totalement sur une grande agglomération[7]. Son aire de production se situe sur des terrasses qui surplombent entre 200 et 400 mètres la rive gauche du Var, au nord-ouest du centre-ville de Nice.

Désignation(s)Bellet
Type d'appellation(s)AOC / AOP
Reconnue depuis1941
PaysDrapeau de la France France
Faits en bref Désignation(s), Type d'appellation(s) ...
Bellet
Image illustrative de l’article Bellet (AOC)
Vignoble à Saint-Roman-de-Bellet.

Désignation(s) Bellet
Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 1941
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble de Provence
Sous-région(s) Pays niçois
Localisation Nice (Alpes-Maritimes)
Saison deux saisons sèches (hiver et été) et deux pluvieuses (automne et printemps)
Climat tempéré méditerranéen
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
2 760 heures (à l'aéroport)[1]
Sol poudingue, riche en silice et en craie
Superficie totale 650 hectares
Superficie plantée 55 ha (en 2024)[2]
Nombre de domaines viticoles 9 caves indépendantes
Cépages dominants folle noire N[3], braquet N et rolle B
Vins produits 40 % rouges, 40 % blancs et 20 % rosés
Production 1 099 hectolitres (en 2024)[2]
Pieds à l'hectare min. 5 000 pieds/ha, soit maximum 2 m2 par pied[4]
Rendement moyen à l'hectare 20 hl/ha (en 2024)[2]
Site web vindenice.com
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Le bellet est un vin d'assemblage[4] basé entre autres sur des cépages locaux, produisant surtout du vin rouge (40 %) et du vin rosé (40 %), mais aussi du blanc (20 %)[2]. Les autres AOC du vignoble de provence sont, d'ouest en est :

Le bellet (50 ha en 2023) est, avec le palette (52 ha), une des deux appellations les plus petites en superficie de ce vignoble. Le bellet est la plus orientale des appellations du vignoble de Provence.

Histoire

Préhistoire et Antiquité

Des pépins de lambrusque ont été retrouvés sur le site niçois de Terra Amata[8].

Les Massaliètes entrent en contact avec les populations indigènes de la région de Nice, comme l'indique la présence de quelques tessons de céramique grecque antique notamment de type archaïque et attique, mais aussi étrusques trop peu nombreux pour signifier la fondation d'un établissement colonial grec sur le site du Château de Nice avant le IIIe siècle av. J.-C., contrairement à ce qui a pu être observé sur le rocher d'Antibes qui semble plus anciennement et plus intensément fréquenté par les Grecs de Marseille. Ces derniers fondent Nikaïa vers 250 av. J.-C. Ce n'est alors ni une cité ni une colonie, mais plutôt une forteresse associée à un petit port de guerre. Cette fondation s'inscrit dans le contexte du redéploiement colonial de Marseille (à partir du IVe siècle av. J.-C.) qui cherche à assurer ses routes commerciales le long des côtes en installant des places fortes, comme Olbia à Hyères, ou des comptoirs comme Antipolis (Antibes). L'emplacement exact du site grec est mal connu. Compte tenu des pratiques coloniales grecques, il est probable qu'elle ait été implantée au pied de la colline du Château, sous la vieille ville actuelle[9].

Une tradition remontant à l'Antiquité veut que le nom de Nikaia ait été donné à l'implantation, à la suite d'une victoire militaire des Massaliètes sur les Ligures, jusque-là seuls habitants de ces régions (Nikaia signifiant, en grec, "celle par qui est arrivée la victoire"). Cependant, le toponyme Nice/Nis/Nic... est assez répandu entre l'Italie et l'Espagne et ne semble avoir aucun lien avec la déesse grecque Niké[10].

Moyen Âge

Durant tout le Moyen Âge, la Provence dont fait partie Nice, développe son commerce du vin. Ce sont les abbayes, dont celle de Saint-Pons à Nice, qui en tirent les plus importants revenus[11].

Période moderne

Sous la Révolution, le hameau de Saint-Roman de Bellet, situé au cœur de l’appellation, fut baptisé Bacchus, témoignant de la vocation viticole de cette région. Le phylloxera et les deux guerres mondiales entraînèrent une chute spectaculaire des superficies en vigne et les producteurs se tournèrent vers la culture de l’œillet de Nice, plus lucrative.

Période contemporaine

Un décret paru au Journal officiel de l'État français, le classe le vignoble de Bellet en appellation d'origine contrôlée (AOC)[12]. Sa production, affaiblie par l'invasion phylloxérique de 1885 et les dégâts des deux grandes guerres, a été maintenue surtout grâce aux efforts d’un négociant en vins ; il reconstitua un vignoble à partir de 1946. Depuis 1970, Ghislain de Charnacé du Château de Bellet parvint à défendre la typicité des vins de Bellet[13].

Le cahier des charges a été modifié en octobre 2009[14], puis en décembre 2011[4].

Étymologie

Vignoble

Aire d'appellation

L’aire de production est limitée à la commune de Nice, sur un pérlmètre de lieux-dits précisément spécifiés dans le cahier des charges de l'appellation. Sa superficie est de 52 hectares. Le vignoble de Bellet est situé au nord-ouest du centre-ville. Il est situé sur des terrasses qui surplombent (entre 200 et 400 m) la rive gauche du Var.

Orographie et géologie

Le terroir s'étend sur les collines de Crémat et de Saquier ainsi qu'autour de Saint-Roman-de-Bellet. Les pentes sont fortes et le travail mécaniques est difficile.

Le sol des terrasses est d’origine pliocène supérieur, constitué de poudingues et de galets roulés formés de grès. Le ciment est généralement sableux, peu résistant. La dominante des grès donne des sols composés de 80 % à 90 % de sables grossiers ou fins.

Climatologie

Diagramme du climat niçois.

La moyenne pluviométrique annuelle est de 830 mm avec un fort ensoleillement. La présence de la vallée du Var permet la circulation des vents : le vignoble est soumis, la nuit, à la brise marine. Le méso-climat spécifique induit des vendanges tardives qui donnent aux vins de Bellet un caractère plus septentrional que méridional. Ce climat correspond aux normes du climat méditerranéen, les gels étant généralement rares (2 ou 3 nuits par an), faibles (le minimum annuel se situe aux alentours de -1 ou -2 °C) et brefs. Ainsi les hivers sont doux et humides, et les étés chauds et très secs, car la ville est protégée des vents venant du nord et de l'ouest grâce aux Alpes. Durant l'été les précipitations sont extrêmement faibles avec une moyenne de 15,6 millimètres pour le mois de juillet[15]. À l'inverse, l'automne est une période soumise à des pluies fréquentes (108,2 millimètres pour le mois d'octobre) et des orages violents en raison de la température de la mer Méditerranée encore très chaude en cette saison (20° - 24°). Cette saison est également marquée par la présence certaines années du sirocco qui en plus d'apporter une légère vague de chaleur, transporte du sable saharien. L'ensoleillement est de 2 760 heures par an pour la station de l'aéroport de Nice-Côte d'Azur (à deux mètres d'altitude)[1].

La station météorologique de Nice (dans le quartier Rimiez, à 238 mètres d'altitude : 43° 44′ 19″ N, 7° 16′ 45″ E) est elle-aussi dans les collines entourant le centre-ville niçois, mais au nord-est de la ville, alors que le quartier Bellet est au nord-ouest.

Davantage d’informations Mois, jan. ...
Relevés à Nice-Rimiez de 1991 à 2020
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 5 4,8 7,1 9,9 12,7 16,6 19,3 19,5 16,4 12,7 9 6 11,6
Température moyenne (°C) 8,6 8,5 10,9 13,8 16,8 20,8 23,5 23,7 20,6 16,5 12,6 9,6 15,5
Température maximale moyenne (°C) 12,1 12,2 14,8 17,7 20,9 24,9 27,7 27,9 24,8 20,3 16,1 13,2 19,4
Nombre de jours avec gel 0,3 1,9 0,2 0 0 0 0 0 0 0 0,1 0,5 3
Précipitations (mm) 74,7 53,7 50,9 67,5 43,4 36,1 14,8 20,1 84,9 120,2 134,3 89,7 790,3
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Source : Météo-France[16].
Diagramme climatique
JFMAMJJASOND
 
 
 
12,1
5
74,7
 
 
 
12,2
4,8
53,7
 
 
 
14,8
7,1
50,9
 
 
 
17,7
9,9
67,5
 
 
 
20,9
12,7
43,4
 
 
 
24,9
16,6
36,1
 
 
 
27,7
19,3
14,8
 
 
 
27,9
19,5
20,1
 
 
 
24,8
16,4
84,9
 
 
 
20,3
12,7
120,2
 
 
 
16,1
9
134,3
 
 
 
13,2
6
89,7
Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm

Encépagement

Pour les rouges et les rosés sont assemblés comme cépages principaux (devant composer un minimum 60% de l'encépagement) la folle noire N ou fuella (en) et le braquet N (qui n'est cultivé, en France, que sur ces coteaux). Les cépages accessoires sont le cinsault N (avec un minimum de 15 %) et le grenache N pour les rouges, auxquels s'ajoutent le bourboulenc B, le blanqueiron B, la clairette B, le mayorquin B, l' ugni blanc B (dénommé localement « roussan ») et le vermentino B pour les rosés.

En outre, pour les rosés, l’ensemble de la clairette B et du vermentino B ne peut dépasser 10 %, et l’ensemble du blanqueiron B, du bourboulenc B, du mayorquin B et de l'ugni blanc B ne peut dépasser 5 %.

Le cépage principal du vin blanc est le rolle B[3] (appelé aussi vermentino), qui doit représenter au moins 60% de l'encépagement. Les cépages accessoires sont le blanqueiron B (cépage local), le bourboulenc B, le chardonnayB, la clairette B, le mayorquin B, le muscat à petits grains B, et l'ugni blanc B (dénommé localement « roussan »). La proportion de l’ensemble des cépages blanqueiron B, bourboulenc B, mayorquin B muscat à petits grains B et ugni blanc B doit être de 5 % au plus.


Méthodes culturales

Avec une densité de plantation de 5 000 pieds/hectares, les vignes sont conduites en taille courte, en gobelet, éventail ou cordon de Royat comportant au plus cinq coursons à deux yeux francs. Le rendement de base est de 40 hl/ha avec un rendement butoir de 44 hl/ha[4].

Vins

Volumes

Selon le service des Douanes, les données de production des années récentes sont[2] :

Davantage d’informations Année, superficie (ha) ...
Annéebellet rougebellet rosébellet blanc
superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha)superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha)superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha)
202223,5366169,31741918,332718
202320,55012412,82381916,246228
202424,94271713,42251716,844627
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Gastronomie

La production de vin est limitée, environ 120 000 bouteilles par an. Les vins rouges sont corsés. Les blancs sont aromatiques. Les rosés sont à boire frais.

Les rouges de Bellet accompagnent la daube traditionnelle. Les blancs se marient avec une sole du littoral. Les rosés relèvent la saveur de la socca niçoise[17].

Les vins blancs ont un bouquet floral soutenu (bergamote, agrumes). Les vins rosés sont très originaux, surtout quand le braquet est dominant, on y distingue des arômes de genêt et surtout de violette. Les vins rouges dégagent au départ des arômes fruités où dominent la prune et l’abricot. Leur caractère tannique s’atténue après l’élevage, leur nez évolue vers un bouquet de cerise. Ils sont élevés un an minimum en fûts.

Commercialisation

Les vins de Bellet sont peu commercialisés en dehors de la région niçoise. Il est produit 42 % de vins rouges, 23 % de vins rosés, 35 % de vins blancs

Producteurs de l’appellation

Les producteurs sont au nombre de neuf en 2020[18] :

  • Château de Bellet,
  • Château de Crémat,
  • Domaine Clos St Vincent,
  • Domaine Saint Jean,
  • Domaine Via Julia Augusta,
  • Domaine de Collet de Bovis,
  • Domaine de Toasc,
  • Domaine de Vinceline,
  • Domaine de la Source.

Notes et références

Voir aussi

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