Budget de l'État français en 2025

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Le budget de l'État français en 2025 est promulgué le . Le financement de la sécurité sociale pour est promulgué le .

Dans le contexte d’une dégradation des finances publiques, les textes déposés en par le gouvernement Barnier prévoyaient un effort de 60 milliards d’euros, 20 milliards de recettes supplémentaires et 40 milliards de baisse de dépenses. En raison d’une crise politique, ces textes ne sont pas adoptés par le Parlement. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale fait l’objet d’un engagement de responsabilité du Gouvernement, suivi par l’adoption d’une motion de censure, ce qui a pour conséquence la démission du gouvernement Barnier.

Processus législatif

Charles de Courson, rapporteur général du budget à la Commission des Finances de l’Assemblée nationale (photo prise en 2012).

La dissolution de l’Assemblée nationale le 9 juin 2024, les élections législatives qui ont suivi et le retard de la nomination du nouveau gouvernement interrompent la préparation du budget. Toutefois, le premier ministre démissionnaire Gabriel Attal envoie les lettres plafonds le en prévoyant un budget similaire à celui de 2024, ce qui équivaut à dix milliards d’euros d’économies, compte tenu de l’inflation[1]. Le gouvernement Barnier, nommé le présente les textes budgétaires avec un retard de dix jours[2].

Lors de la discussion du budget de l’État à l’Assemblée nationale, les députés de gauche font adopter plusieurs amendements, parfois avec les votes du bloc central[3], et ceux du Rassemblement national annulent la contribution de la France à l’Union européenne, le texte qui en résulte présente ainsi un déficit réduit de 57 milliards d’euros[4]. Toutefois l’ensemble de la partie recettes est rejeté[5].

Au Sénat (où la droite est majoritaire), le financement de la sécurité sociale est modifié : la hausse des cotisations sociale est partiellement revue[6], ainsi que le gel des retraite[7]. Le Sénat prévoit également une « contribution de solidarité par le travail », finalement retirée par la commission mixe paritaire[8].

Le , lors de l’examen du budget de l’État, l’Assemblée nationale adopte une série d'amendements (majorité RN - Nouveau Front Populaire) instaurant des taxes sur l'expérimentation animale[9],[10] et PS[11]. Les amendements PS et RN étaient identiques et écrits avec le lobby OneVoice. Ces taxes visaient à financer des maisons de retraite pour animaux de laboratoire et le financement du FC3R[12],[13]. Les exposés des amendements se fondaient sur de la désinformation, notamment avec l'argument que 89% des traitements testés sur les animaux sont inapplicables à l'espèce humaine, alors qu'au contraire 86% des traitements fonctionnent [14].

Au Sénat, un amendement renforce l’exit tax, quelques semaines après que l’Assemblée nationale avait trouvé un accord à ce sujet[15].

Fin novembre, Marine Le Pen menace le Gouvernement de voter une motion de censure, en cas de maintien dans les textes budgétaires de plusieurs mesures qualifiées de « lignes rouges »[16]. Le , l’Assemblée nationale adopte une motion de censure à la suite de l'engagement de responsabilité du gouvernement sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, ce qui a pour conséquence la démission du gouvernement Barnier.

Pour continuer à percevoir les impôts en 2025, une loi spéciale est promulguée le [17].

En , le gouvernement Bayrou reprend la discussion sur les textes qui avaient été présentés par le gouvernement Barnier[18]. L’article 49.3 de la Constitution est à nouveau utilisé, mais cette fois les socialistes et le Rassemblement National ne votent pas la censure, permettant l’adoption du budget[19]. Le , le Conseil constitutionnel censure la pénalité pour les patients qui ne respectent pas leurs rendez-vous médicaux dite « taxe lapin »[20]. Les textes budgétaires sont promulgués en février (voir tableau ci-dessous)[21],[22].

Le , un décret annule trois milliards d’euros de crédit dans le budget de l’État[23].

Le , la loi de finances de fin de gestion est promulguée[24].

Discussion parlementaire des textes budgétaires pour 2025
Étape Loi de finances Loi de financement de la Sécurité sociale Loi spéciale
Dépôt le le le
Première lecture à l’Assemblée nationale modification puis  rejet le non voté (délai dépassé art. 47-1) modification puis  adoption le
Première lecture au Sénat modification puis  adoption le modification puis  adoption le  adoption le
Commission mixte paritaire  accord le  accord le
Lecture du texte CMP par l’Assemblée nationale  engagement de la responsabilité du Gouvernement art. 49 al. 3 puis rejet de la motion de censure le  engagement de la responsabilité du Gouvernement art. 49 al. 3 puis adoption de la motion de censure le
Lecture du texte CMP par le Sénat  adoption le  adoption le
Nouvelle lecture à l’Assemblée nationale  engagements de la responsabilité du Gouvernement art. 49 al. 3 puis rejets de motions de censure les , et .
Nouvelle lecture au Sénat  adoption le
Promulgation le le le

Dispositions abandonnées du gouvernement Barnier

Dans les textes financiers présentés en , en conséquence d’une augmentation du déficit en 2023 et 2024 -estimé à 6,1 %-, le déficit public est désormais envisagé à 5,2 % en 2025. Le seuil des 3 % serait atteint en 2029[25]. Un effort de 60 milliards d’euros est prévu : 20 milliards de recettes supplémentaires et 40 milliards de baisse de dépenses[2].

Le budget de l’État dans ces textes prévoit un solde négatif de 142 milliards d’euros[26]. Parmi les mesures abandonnées figurent la suppression des 4 000 postes à l’Éducation nationale[27] et la création d’une taxe sur l’électricité[28].

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale prévoit le décalage de six mois (juillet au lieu de janvier) de la revalorisation des retraites[29],[30], la non-adoption du texte fin 2024 a de fait annulé cette mesure[31]. L’objectif national de dépenses d'assurance maladie est fixé à 261,8 milliards d’euros[32].

Loi spéciale

La loi spéciale contient quatre articles, notamment pour autoriser la perception des impôts en 2025[33] et autoriser l’État à recourir à l’emprunt[34].

Cadrage des finances publiques

Depuis le pacte budgétaire européen, le déficit public (solde de l’État + administrations de sécurité sociale + administrations publiques locales) et la dette publique font l’objet de trajectoires pluriannuelles.

La loi de programmation des finances publiques 2023-2027 prévoit un déficit public de 3,7 % du PIB en 2025 afin d’atteindre 2,7 % en 2027[35].

Dans les textes financiers amandés par le gouvernement Bayrou en , un effort de 50 milliards d’euros est prévu : 21 milliards de recettes supplémentaires et 32 milliards de baisse de dépenses[18]. Ces textes sont basés sur un scénario macroéconomique prévoyant une croissance du produit intérieur brut de 0,9 % et une croissance de l’indice des prix à la consommation (inflation) de 1,4 %[36].

Selon la loi de finances de , le déficit public est envisagé à 5,4 % en 2025[37].

Selon les premiers résultats des comptes nationaux des administrations publiques pour l’année 2025 publiés le par l’Institut national de la statistique et des études économiques, le déficit public s’élève à 5,1 %[38].

Loi de finances initiale

Le budget de l'État (et de l’État seulement), les mesures fiscales et les crédits ouverts sont votés dans la loi de finances.

Recettes

La loi de finances initiale contient notamment les mesures fiscales suivantes.

Recettes du budget général de l’État en 2025 en euros[61]
Évaluation
Impôt sur le revenu 94 518 897 600
Impôt sur les sociétés 53 042 833 030
Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques 16 474 245 145
Accises sur les énergies 25 290 133 401
Taxe sur la valeur ajoutée 101 436 359 972
Autres contributions fiscales 84 137 029 461
Recettes fiscales 349 609 365 207
Dividendes et recettes assimilées 5 952 958 135
Produits de la vente de biens et services 2 466 556 234
Amendes, sanctions pénalités et frais de poursuites 2 752 663 409
Divers 8 591 118 715
Recettes non fiscales 20 967 548 212
Prélèvements sur les recettes de l’État au profit des collectivités territoriales 45 231 897 951
Prélèvement sur les recettes de l’État au profit de l’Union européenne 23 098 097 974
Prélèvements sur les recettes de l’État 68 329 995 925
Fonds de concours 6 150 298 778

Dépenses

Les crédits ouverts aux ministres par la loi de finances initiale pour 2026 au titre du budget général sont répartis conformément au tableau suivant[62].

Mission Montant en euros du crédit de paiement Ministre disposant des crédits[63] Les missions sont décomposées de plusieurs programmes. Lorsque plusieurs ministres sont indiqués, chacun est responsable d'un programme, au sein de la mission
Action et transformation publiques
Action extérieure de l'État +003 454 425 325, Ministre de l'Europe et des Affaires étrangères
Administration générale et territoriale de l'État +005 081 543 463, Ministre de l’Intérieur
Agriculture, alimentation, forêt et affaires rurales +004 125 856 189, Ministre de l'Agriculture
Aide publique au développement +003 569 384 015, Ministre de l’Économie et des Finances, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères
Anciens combattants, mémoire et liens avec la nation +001 729 987 774, Ministre des Armées, Premier ministre
Cohésion des territoires +022 570 898 614, Ministre de la ville et du logement, ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation, Premier ministre
Conseil et contrôle de l’État +000866 116 724, Premier ministre
Crédits non répartis +000475 000 000, Ministre de l'Action et des comptes publics
Culture +003 744 547 181, Ministre de la Culture
Défense +066 475 476 236, Ministre des Armées
Direction de l'action du Gouvernement +001 052 475 340, Premier ministre
Écologie, développement et mobilité durable +022 762 823 002, Ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature, ministre des transports
Économie +003 512 606 546, Ministre de l’Économie et des Finances
Engagements financiers de l’État +060 341 209 199, Ministre de l’Économie et des Finances
Enseignement scolaire +089 621 003 132, Ministre de l'Éducation nationale, Ministre de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Souveraineté alimentaire
Gestion des finances publiques et des ressources humaines
Gestion des finances publiques +011 017 882 630, Ministre de l'Action et des comptes publics
Immigration, asile et intégration +002 130 584 454, Ministre de l’Intérieur
Investissements d'avenir +004 397 829 332, Premier ministre
Justice +012 966 577 407, Garde des sceaux, ministre de la Justice
Médias, livre et industries culturelles +000702 973 552, Ministre de la Culture
Outre-mer +003 277 446 171, Ministre des Outre-mer
Plan de relance
Plan d’urgence face à la crise sanitaire
Pouvoirs publics +001 140 179 221, (non géré par le Gouvernement)
Recherche et enseignement supérieur +031 633 945 500, Ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace, Ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, Ministre de l'économie, des finances, et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, Ministre des armées et des anciens combattants
Régimes sociaux et de retraite +006 067 878 084, Ministre de l'action et des comptes publics, Ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature, Ministre de l'action et des comptes publics
Relations avec les collectivités territoriales +003 959 044 081, Ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation
Remboursements et dégrèvements +145 600 362 742, Ministre de l'action et des comptes publics
Santé +001 888 133 258, Ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées
Sécurités +025 844 617 241, Ministre de l’Intérieur
Solidarité, insertion et égalité des chances +031 281 524 154, Ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées, Ministre du travail et des solidarités, Premier ministre
Sports, jeunesse et vie associative +001 258 895 900, Ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative
Transformation et fonction publiques +000518 293 247, Ministre de l'action et des comptes publics
Travail et emploi +020 820 551 935, Ministre du travail et des solidarités
Total +593 890 071 649,

Équilibre budgétaire

Tableau de l'équilibre budgétaire de l’État en 2025 en millions d’euros[64]
Ressources Charges Soldes
Recettes fiscales brutes/dépenses brutes (a)
Remboursements et dégrèvements (-b)
Recettes fiscales nettes/dépenses nettes (c=a-b) 349 609 438 820
Recettes non fiscales (d) 20 968
Recettes totales nettes/dépenses nettes (e=c+d) 370 577 438 820
Prélèvements sur recettes au profit des collectivités territoriales et de l'Union européenne (-f) 68 330
Budget général (g=e-f) 302 247 438 820 −136 573
Évaluation des fonds de concours et crédits correspondants (h) 6 150 6 150
Budget général y compris fonds de concours (i=g+h) 308 397 440 970
Budgets annexes (j) 2 857 2 499 385
Comptes spéciaux (k) −2 781
Solde général (=g+j+k) −138 996

Le ministre des Finances est autorisé à émettre une dette à long et moyen termes de 300 milliards d'euros pour couvrir l'amortissement de la dette de 168,2 milliards d'euros et pour financer le déficit de 139,0 milliards d'euros[65].

Suppression de la réforme de la franchise en base de TVA

La loi de finances pour 2025 a réduit à 25 000  le seuil à partir duquel les petites entreprises sont exempté de TVA. Face aux critiques, cette réforme n’est pas entrée en application[66], et est définitivement abrogée par la loi du visant à garantir un cadre fiscal stable, juste et lisible pour nos micro-entrepreneurs et nos petites entreprises[67].

Loi de fin de gestion

Ajustements de la loi de fin de gestion
(arrondis en milliards d'euros)
LFI Ajustement LFG
Ressources budget général 302 +5
Charges budget général 438 -4
Soldes budget général -136 +9
Soldes général -138 +6

Loi de financement de la Sécurité sociale

Notes et références

Annexes

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