Côtes-du-roussillon-villages
vin français
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Un côtes-du-roussillon-villages[note 2] est un vin rouge français d'appellation d'origine contrôlée, produit sur une partie de la plaine du Roussillon, dans le Fenouillèdes et sur les contreforts méridionaux du massif des Corbières, le tout dans le vignoble du Roussillon. L'appellation est reconnue en 1977, avec une aire couvrant 51 communes des Pyrénées-Orientales.
| Côtes-du-roussillon-villages | |
Une bouteille de côtes-du-roussillon-villages. | |
| Appellation(s) principale(s) | comprend quatre DGC : caramany, latour-de-france, lesquerde et tautavel |
|---|---|
| Type d'appellation(s) | AOC / AOP |
| Reconnue depuis | 1977 |
| Pays | |
| Région parente | vignoble du Languedoc-Roussillon |
| Sous-région(s) | Roussillon (Fenouillèdes, plaine du Roussillon, Bas-Conflent, Aspres et Ribéral) |
| Localisation | Pyrénées-Orientales |
| Climat | méditerranéen |
| Ensoleillement (moyenne annuelle) |
2 488 heures (à Perpignan)[1] |
| Superficie plantée | 2 484 hectares (en 2023)[2] |
| Cépages dominants | grenache N[note 1], carignan N, mourvèdre N et syrah N |
| Vins produits | rouges |
| Production | 65 732 hectolitres (en 2023)[2] |
| Pieds à l'hectare | minimum 4 000 ceps/ha[3] |
| Rendement moyen à l'hectare | 26 hl/ha (en 2023)[2] |
| modifier |
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Cinq dénominations géographiques complémentaires sont autorisées : « Caramany », « Latour-de-France », « les Aspres », « Lesquerde » et « Tautavel »[3].
Ce vignoble est souvent cultivé en terrasses, en pente parfois. Le sol très aride donne une production de qualité aux tanins dissous, des vins rouges fruités et puissants, avec des notes de réglisse.
Histoire
L'appellation côtes-du-roussillon-villages est reconnue comme AOC par le décret du [4]. Au départ circonscrite au nord du département, elle est étendue à la zone des Aspres à partir du millésime 2015[5].
Le cahier des charges a été publié en [6], puis modifié en [7], en (accession de la dénomination « les Aspres » en côtes-du-roussillon-villages)[8], en [9] et en (extension de l'aire de proximité immédiate)[3].
Vignoble
Aire d'appellation
| Images externes | |
| Carte des communes concernées | |
| Cartes cadastrales de l'appellation | |
| Orthophotos du parcellaire de l'appellation | |
L'aire géographique de l'appellation s'étend depuis 2017 sur un total de 51 communes[3]. Elle comprend d’une part 32 communes situées au nord du département des Pyrénées-Orientales, délimitées par l'Aude au nord, l'étang de Salses à l’est, le cours du Tech au sud et la région des Fenouillèdes à l'ouest : Ansignan, Baho, Baixas, Bélesta, Calce, Caramany, Cases-de-Pène, Cassagnes, Corneilla-la-Rivière, Espira-de-l'Agly, Estagel, Lansac, Latour-de-France, Lesquerde, Maury, Millas, Montalba-le-Château, Montner, Opoul-Périllos, Perpignan, Peyrestortes, Pézilla-la-Rivière, Planèzes, Rasiguères, Rivesaltes, Saint-Arnac, Saint-Estève, Saint-Paul-de-Fenouillet, Salses-le-Château, Tautavel, Villeneuve-la-Rivière et Vingrau.
Depuis , 19 communes supplémentaires appartenant au secteur des Aspres ont été intégrées à cette aire, élargissant ainsi le périmètre historique de l'appellation[5] : Bages, Banyuls-dels-Aspres, Brouilla, Elne, Fourques, Llupia, Montauriol, Ortaffa, Passa, Ponteilla, Saint-Jean-Lasseille, Sainte-Colombe-de-la-Commanderie, Terrats, Thuir, Tordères, Tresserre, Trouillas, Villemolaque et Vivès.
Certaines communes peuvent compléter le nom de l'appellation avec une dénomination géographique complémentaire (DGC) :
- trois communes pour la DGC « Caramany » : Bélesta, Caramany et Cassagnes ;
- cinq pour la DGC « Latour-de-France » : Cassagnes, Estagel, Latour-de-France, Montner et Planèzes ;
- 19 pour la DGC « les Aspres » : Bages, Banyuls-dels-Aspres, Brouilla, Elne, Fourques, Llupia, Montauriol, Ortaffa, Passa, Ponteilla, Saint-Jean-Lasseille, Sainte-Colombe-de-la-Commanderie, Terrats, Thuir, Tordères, Tresserre, Trouillas, Villemolaque et Vivès ;
- trois pour la DGC « Lesquerde » : Lansac, Lesquerde et Rasiguères ;
- et deux pour la DGC « Tautavel » : Tautavel et Vingrau[3].

Géologie et orographie
Géologiquement parlant, le Roussillon est une zone tourmentée qui a subi de profonds bouleversements au Tertiaire et au Quaternaire. Jusqu'à la fin du Mésozoïque, les couches de terrains qui se forment sont à peu près planes. Lorsque s'opère la surrection des Pyrénées, les couches anciennement formées sont mises au jour (terrain primaire des Albères, du massif du Canigou, du groupe montagneux de Baixas au massif du Madres), et les couches de terrain superficielles sont prises dans l'étau formé par les futures Pyrénées et le vieux bloc inébranlable du Massif central, ce qui entraîne leur plissement, ainsi que la formation du synclinal de Maury. Conséquence directe de ces nombreux bouleversements, la variété des sols et des sous-sols permet de passionnantes balades géologiques, chacun des quatre principaux terroirs étant lui-même divisé en une multitude de zones aux caractères bien distincts, parfois reconnus par une dénomination particulière.
Articulés autour la vallée de l'Agly et de ses affluents, en particulier le Verdouble, la zone des côtes-du-roussillon-villages présente de ce fait une diversité géologique remarquable. Au nord de l'Agly, les vignobles de Vingrau, sont assis sur des roches du Crétacé inférieur, établis sur des sols de dépressions marneuses au bas desquelles s'accumulent des éboulis calcaires gélifractés. Les vignes du haut du cirque de Vingrau, plantées dans un calcaire très pur du Mésozoïque (calcaire Urgonien), attirent d'ailleurs les convoitises des industriels qui en extraient une charge minérale, le carbonate de calcium. Au nord-est, les vignes d'Opoul sont sur des terroirs similaires et délimitent l'AOP vers le Nord.
En descendant vers le sud, une partie du terroir de Tautavel et le vignoble de Maury, situés sur le synclinal complexe du Fenouillèdes, sont établis sur une large bande de schiste de l'Albien-Aptien, en réalité des marnes intercalées de bancs gréseux. Les marnes schisteuses du Crétacé donnent des sols noirs peu épais qui obligent la vigne à s'enraciner en profondeur. On retrouve ces substrats schisteux, plus noirs et plus sableux, vers Cases-de-Pène et Espira-de-l'Agly.
Le vignoble de l'Agly proprement dit s'étend au sud, au-delà du col de Maury. À l'ouest, le village de Lesquerde possède des sols de granite et de gneiss, récemment reconnus par la dénomination lesquerde (côtes-du-roussillon-villages Lesquerde). Au nord, Saint-Paul-de-Fenouillet possède les terroirs les plus tardif et marque la fin de l'appellation vers l'ouest. Puis, en descendant la vallée, les vignes s'accrochent en altitude sur le sol d'arène profond à forte concentration argileuse du petit village de Saint-Arnac.
Sur la zone de la dénomination caramany, en descendant vers l'est, le vignoble est planté sur les gneiss précambriens. Les sols qui en dérivent, à la couleur rouge typique, sont extrêmement favorables à la production de vins de qualité. Un peu à l'écart de la rivière, autour de Bélesta, le vignoble s'étend sur des sols de gneiss magmatiques puis, plus au sud encore, le vignoble est assis sur un milieu acide, avec un affleurement de molasses blanches du Pliocène, parfois très graveleuses.
En rejoignant la rivière, au nord, entre Rasiguères et Estagel, la dénomination latour-de-france (côtes-du-roussillon-villages Latour-de-France) repose sur des sous-sols de schiste et de calcaire.
En descendant l'Agly, les terroirs de Baixas, au sud, et d'Espira-de-l'Agly donnent accès au vaste « Crest » de Rivesaltes qui s'étend sur plusieurs centaines d'hectares au nord, jusqu'à Salses-le-Château, fin de la zone d'appellation à l'est. C'est une vaste plaine caillouteuse d'origine alluvionnaire. Son sol épais (jusqu'à 6 à 8 m de profondeur) est dominé par l'argile rouge mêlée de cailloux roulés. À 30/40 cm de profondeur, ces sols pauvres et maigres présentent une zone dure, le taparas, où les cailloux sont littéralement cimentés par les concrétions de calcaire cristallin[10],[11].
Climatologie
Le climat de ce terroir viticole est de type méditerranéen (« Csa » selon Köppen) de zone 10. Les hivers y sont doux (treize jours de gelées par an ; neige rare), les étés sont souvent chauds et secs, bien que la tramontane souffle fréquemment (un jour sur quatre en moyenne) et amène une certaine fraîcheur en période estivale. L'automne est souvent bien arrosé et subit parfois des épisodes méditerranéens, où il peut tomber des mois de précipitations en l'espace de 24 heures.
La station météorologique de référence est celle de Perpignan (sur l'aérodrome, à 42 m d'altitude : 42° 44′ 14″ N, 2° 52′ 22″ E)[12]. La température moyenne annuelle y est de 15,7 °C sur la période 1981-2010 ; les précipitations annuelles atteignent 572 mm[1], soit l'une des moyennes les plus faibles de la France. Ce territoire bénéficie également de près de 300 jours de soleil par an, en partie en raison du vent.
| Mois | jan. | fév. | mars | avril | mai | juin | jui. | août | sep. | oct. | nov. | déc. | année | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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| Températures (°C) | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Maximale moyenne | 12,7 | 13,4 | 16,4 | 18,7 | 22,3 | 26,8 | 29,5 | 29,4 | 25,6 | 21,2 | 16,3 | 13,3 | 20,5 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Moyenne | 8,7 | 9,2 | 12 | 14,2 | 17,8 | 22 | 24,6 | 24,5 | 20,9 | 17 | 12,3 | 9,3 | 16 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Minimale moyenne | 4,8 | 5 | 7,6 | 9,7 | 13,3 | 17,2 | 19,7 | 19,7 | 16,1 | 12,9 | 8,4 | 5,3 | 11,6 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Nombre de jours avec gel | 3,1 | 2,6 | 0,4 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0,5 | 2,4 | 9 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Précipitations | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Hauteur (mm) | 60,1 | 40,9 | 51,6 | 66,1 | 45,6 | 23,6 | 15,1 | 22,7 | 43 | 82,1 | 72,6 | 54,9 | 578,3 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Ensoleillement | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Heures | 140,9 | 163,6 | 206,6 | 219,8 | 240,7 | 267,6 | 299,9 | 272,9 | 223,8 | 175,1 | 146,8 | 131 | 2 488,6 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Encépagement
Le côtes-du-roussillon-villages est un vin rouge d'assemblage élaboré exclusivement à partir de cépages traditionnels du Roussillon. L'encépagement autorisé par le cahier des charges[3] comprend comme cépages principaux le grenache N[note 1], le carignan N, la syrah N et le mourvèdre N, avec comme « cépage accessoire » le lledoner pelut N.
Le cahier des charges impose la présence d'au moins deux cépages différents dans chaque assemblage, garantissant ainsi la complexité et la typicité des vins produits. Les cépages principaux doivent représenter ensemble au minimum 80 % de l'encépagement, et le cépage le plus important doit être au maximum de 70 % de l'encépagement (60 % dans le cas du carignan) ; le mourvèdre et la syrah, ensemble ou séparément, ne doivent pas dépasser 30 % ; le lledoner pelut est limité à 20 %[3].
Chacune des cinq dénominations géographiques a des règles d'encépagements spécifiques.
Vins
Les vins produits sous l’appellation côtes-du-roussillon-villages sont exclusivement des vins rouges ; cinq dénominations géographiques complémentaires sont possibles : « Caramary » (sur trois communes), « Latour-de-France » (cinq communes), « Les Aspres » (19 communes), « Lesquerde » (trois communes) et « Tautavel » (deux communes). Ils peuvent être repliés[note 3] sous l'« appellation sous-régionale » (selon la hiérarchie mise en place par le CIVR et le CIVL)[13] côtes-du-roussillon ou sous l'« appellation régionale » languedoc. Sur son aire de production, les vignerons peuvent aussi fabriquer des vins rosés et blancs sous les deux appellations précédentes, des vins doux naturels que sont le rivesaltes, le muscat de Rivesaltes, le grand-roussillon et le maury (cette dernière appellation communale, limitée à quatre communes, se décline aussi en rouge sec), plusieurs IGP (pays-d'oc, terres-du-midi, pyrénées-orientales et côtes-catalanes) et du vin sans indication géographique (VSIG, sous le nom de « Vin de France »).
Volumes
La production se caractérise par des rendements volontairement maîtrisés, avec un plafond fixé à 45 hl/ha[3]. En 2024, le rendement moyen observé s’établit à 15 hl/ha, confirmant une production particulièrement limitée[2]. Selon le service des Douanes[2], les données de production des années récentes sont (un hectolitre = 100 litres = 133 bouteilles de 75 cl) :
| Année | côtes-du-roussillon-villages | ||
|---|---|---|---|
| Superficie (ha) | Production (hl) | Rendement (hl/ha) | |
| 2022 | 2 558 | 75 262 | 29 |
| 2023 | 2 484 | 65 732 | 26 |
| 2024 | 2 365 | 37 996 | 16 |
En 2013, le volume produit a été de 47 487 hl[14]. La production annuelle s’élève à 24 402 hectolitres en 2024, contre 39 347 hl en moyenne sur la même période. Cette faible production contribue à la concentration et à la typicité des vins de l’appellation.
Vinification

Les vins produits sous l’appellation côtes-du-roussillon-villages se distinguent par une vinification orientée vers l’expression de la puissance, de la complexité et de la typicité des terroirs du Roussillon. Les pratiques d'assemblage et d'élevage visent à obtenir des vins structurés, profonds et aromatiques, souvent aptes à une longue garde. L’appellation s’appuie sur une diversité géologique remarquable où se mêlent schistes, gneiss, granites, terrasses caillouteuses et sols argilo-calcaires. Cette mosaïque contribue à façonner des vins charpentés, concentrés et d’une grande intensité aromatique.
Cinq dénominations géographiques complémentaires permettent à certaines communes ou zones de valoriser leur identité propre. Elles sont autorisées à accoler leur nom à l'appellation côtes-du-roussillon-villages, traduisant des conditions naturelles particulières et un style de vin bien défini :
- côtes-du-roussillon-villages Caramany ;
- côtes-du-roussillon-villages Latour-de-France ;
- côtes-du-roussillon-villages Lesquerde ;
- côtes-du-roussillon-villages Tautavel ;
- côtes-du-roussillon-villages Les Aspres[15].
Ces dénominations bénéficient de terroirs réputés pour leur capacité à produire des vins rouges puissants, complexes et dotés d’un excellent potentiel de garde, souvent considérés parmi les plus expressifs du Roussillon[5].
