Languedoc (AOC)

région viticole From Wikipedia, the free encyclopedia

Un languedoc[note 2] est un vin d'appellation d'origine contrôlée produit en Languedoc-Roussillon, sur une grande partie des départements de l'Hérault, de l'Aude et des Pyrénées-Orientales, plus quelques communes du Gard.

Appellation(s) principale(s)comprend dix DGC
Type d'appellation(s)AOC / AOP
Reconnue depuis1960 (VDQS) et 1985 (AOC)
PaysDrapeau de la France France
Faits en bref Appellation(s) principale(s), Type d'appellation(s) ...
Languedoc
Image illustrative de l’article Languedoc (AOC)
Le vignoble de Caussiniojouls.

Appellation(s) principale(s) comprend dix DGC
Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 1960 (VDQS) et 1985 (AOC)
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble du Languedoc-Roussillon
Sous-région(s) coteaux du Languedoc, plaine du Languedoc, coteaux de l'Aude et Roussillon
Localisation Aude, Hérault, Pyrénées-Orientales et Gard
Climat méditerranéen
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
2 705 heures (à Montpellier)
Sol argilo-calcaires, schisteux, gréseux, molassiques ou alluvionnaires
Superficie totale 50 000 hectares
Superficie plantée 5 829 ha (en 2024)[1]
Nombre de domaines viticoles 63 coopératives et 391 vignerons
Cépages dominants grenache N[note 1], mourvèdre N, syrah N, carignan N, cinsault N, bourboulenc B, clairette B, grenache blanc B, marsanne B, piquepoul blanc B, roussanne B
Vins produits 58 % rosés, 28 % rouges et 14 % blancs (en 2024)[1]
Production 192 506 hectolitres (en 2024)[1]
Pieds à l'hectare minimum 4 000 ceps/ha[2]
Rendement moyen à l'hectare 36 hl/ha en rosé, 27 en rouge et 37 en blanc (en 2024)[1]
Site web languedoc-aoc.com
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Il s'agit d'une appellation régionale, couvrant la presque totalité du vignoble du Languedoc-Roussillon. Cette appellation remplace celle des coteaux-du-languedoc qui a existé de 1985 à 2007. Le nom de l'appellation peut être complété par la mention « primeur » ou « nouveau », ainsi que par une des dix dénominations géographiques suivantes : cabrières, la-méjanelle, montpeyroux, pézenas, quatourze, saint-christol, saint-drézéry, saint-georges-d'orques, saint-saturnin et sommières. Le grés-de-montpellier est devenue une appellation spécifique en (il y a donc eu du languedoc grès-de-montpellier de 2007 à 2023) ; le montpeyroux fait de même en 2026.

Histoire

VDQS coteaux-du-languedoc

À partir de 1950, le vignoble du Languedoc-Roussillon est durement touché par une nouvelle crise de surproduction, qui s'amplifie en raison de la baisse de la consommation de vins courants. L'État encourage le passage d'un viticulture de masse à une viticulture de meilleure qualité en finançant des campagnes d'arrachage (ciblant les hybrides producteurs directs, ainsi que le carignan et le cinsault), en favorisant des cépages jugés qualitatif (notamment le grenache et la syrah) et en proposant des appellations avec cahier des charges contraignants. La première reconnaissance d'une appellation d'origine (AO) comme « vin délimité de qualité supérieure » (VDQS) est celle en 1951 du saint-drézéry et du quatourze[3], suivi par onze autres en 1955 (cabrières, coteaux-de-vérargues, faugères, la-clape, coteaux-de-la-méjanelle, pic-saint-loup, saint-chinian, saint-christol, saint-georges-d'orques, saint-saturnin et montpeyroux)[4].

Ils sont tous réunis au sein d'une même appellation d'origine VDQS sous le nom de « coteaux-du-languedoc » en 1960, qui s'étend sur la majeure partie des coteaux languedociens en bordure de la plaine, avec la possibilité de rajouter le nom d'une des treize AO[5]. En 1982, sont exclus de son aire les parcelles des AOC faugères et saint-chinian (qui viennent d'être reconnues)[6].

AOC coteaux-du-languedoc

Le décret du reconnait le « coteaux-du-languedoc » comme une appellation d'origine contrôlée (AOC) et fixe un cahier des charges un peu plus strict, autorisant douze dénominations géographiques complémentaires (« Cabrières, La Clape, Méjanelle, Montpeyroux, Pic-Saint-Loup, Picpoul de Pinet, Quatourze, Saint-Christol, Saint-Drézéry, Saint-Georges-d'Orques, Saint-Saturnin et Vérargues »)[7]. En 1988, le coteaux-du-languedoc blanc est autorisé[8]. En 1991, l'aire d'appellation est étendue[note 3] à 23 communes supplémentaires de l'Hérault et à douze dans le Gard[9]. En 1994, le pic-saint-loup devient une dénomination géographique au sein de l'appellation[10]. En , une modification de l'encépagement est décidée[11] ; en , nouvelle extension de l'aire d'appellation[note 4], à huit communes dans l'Hérault et cinq dans le Gard[12].

Carte du vignoble du Languedoc-Roussillon avant 2007.

En , se rajoute une nouvelle dénomination, le coteaux-du-languedoc grès de Montpellier (avec un accent grave comme pour la roche)[13] ; en , idem pour le coteaux-du-languedoc terrasses du Larzac[14].

AOC languedoc

Par le décret du , l'appellation change de nom (avec mesure dérogatoire pour la vente sous l'ancien nom jusqu'au ), devenant l'appellation « languedoc », étendue à presque tout le vignoble du Languedoc-Roussillon[15] (à l'exception de celui du malepère, dont l'encépagement est différent). Le cahier des charges d' liste quinze dénominations géographiques : « Cabrières, La Clape, Grés de Montpellier, La Méjanelle (ou Coteaux de la Méjanelle), Montpeyroux, Pézenas, Picpoul de Pinet, Pic-Saint-Loup, Quatourze, Saint-Christol (ou Coteaux de Saint-Christol), Saint-Drézéry, Saint-Georges-d'Orques, Saint-Saturnin, Terrasses du Larzac et Vérargues (ou Coteaux de Vérargues) »[16].

Le cahier des charges de cette nouvelle appellation régionale est modifié successivement en (ajout de la dénomination sommières et suppression du vérargues)[17], en (le picpoul de Pinet obtient son AOC)[18], en (retrait du terrasses-du-larzac)[19], en (la-clape passe en AOC)[20], en (départ du pic-saint-loup)[21], en [22], en [23], en (le grés-de-montpellier a son AOC)[24], puis en [2].

Vignoble

Aire d'appellation

Images externes
Carte de localisation
Cartes cadastrales de l'appellation
Orthophoto du parcellaire de l'AOC

Le languedoc est produit en France, dans la région Languedoc-Roussillon, sur une vaste zone traversant du nord au sud le Gard, l'Hérault, l'Aude et les Pyrénées-Orientales. La récolte des raisins, la vinification et l'élaboration des vins rouges et rosés sont assurées sur le territoire de 195 communes de l'Aude, 160 de l'Hérault, 122 des Pyrénées-Orientales et 19 du Gard, soit un total de 496 communes[note 5].

Vignes autour de la chapelle de Montredon, entre Salinelles et Sommières.

Département du Gard : Aspères, Brouzet-lès-Quissac, Calvisson, Carnas, Corconne, Crespian, Fontanès, Gailhan, Junas, Langlade, Lecques, Montmirat, Nîmes, Saint-Clément, Salinelles, Sardan, Sommières, Souvignargues et Vic-le-Fesq.

Vignes devant Assignan.

Département de l'Hérault : Adissan, Agel, Aigne, Aigues-Vives, Aniane, Arboras, Argelliers, Aspiran, Assas, Assignan, Aumelas, Autignac, Azillanet, Babeau-Bouldoux, Beaufort, Beaulieu, Berlou, Béziers, Boisseron, Le Bosc, Brissac, Cabrerolles, Cabrières, Campagne, Cassagnoles, Castelnau-le-Lez, Castries, La Caunette, Causse-de-la-Selle, Causses-et-Veyran, Caussiniojouls, Caux, Cazedarnes, Cazevieille, Cazouls-lès-Béziers, Cébazan, Cessenon-sur-Orb, Cesseras, Ceyras, Claret, Combaillaux, Cournonsec, Cournonterral, Creissan, Cruzy, Faugères, Félines-Minervois, Ferrières-Poussarou, Fontanès, Fontès, Fos, Fouzilhon, Gabian, Garrigues, Gignac, Guzargues, Jonquières, Juvignac, Lagamas, La Livinière, Laurens, Lauret, Lauroux, Lavérune, Lieuran-Cabrières, Lunel, Lunel-Viel, Les Matelles, Mauguio, Mérifons, Minerve, Montagnac, Montesquieu, Montbazin, Montouliers, Montoulieu, Montpellier, Montpeyroux, Moulès-et-Baucels, Murles, Murviel-lès-Béziers, Murviel-lès-Montpellier, Neffiès, Nissan-lez-Enserune, Nizas, Octon, Olonzac, Oupia, Paulhan, Pégairolles-de-Buèges, Pégairolles-de-l'Escalette, Péret, Pézenas, Pierrerue, Pignan, Plaissan, Poujols, Poussan, Prades-le-Lez, Prades-sur-Vernazobre, Puéchabon, Puisserguier, Quarante, Restinclières, Roquebrun, Roquessels, Roujan, Saint-André-de-Buèges, Saint-André-de-Sangonis, Saint-Aunès, Saint-Bauzille-de-la-Sylve, Saint-Bauzille-de-Montmel, Saint-Clément-de-Rivière, Saint-Chinian, Saint-Christol, Saint-Drézéry, Saint-Félix-de-Lodez, Saint-Gély-du-Fesc, Saint-Geniès-des-Mourgues, Saint-Georges-d'Orques, Saint-Guiraud, Saint-Jean-de-Cuculles, Saint-Jean-de-la-Blaquière, Saint-Jean-de-Buèges, Saint-Jean-de-Fos, Saint-Jean-de-Minervois, Saint-Mathieu-de-Tréviers, Saint-Nazaire-de-Ladarez, Saint-Pargoire, Saint-Pons-de-Mauchiens, Saint-Privat, Saint-Saturnin, Saint-Sériès, Saint-Vincent-de-Barbeyrargues, Sainte-Croix-de-Quintillargues, Saturargues, Sauteyrargues, Sauvian, Sérignan, Siran, Soubès, Sussargues, Le Triadou, Usclas-du-Bosc, Vacquières, Vailhan, Vailhauquès, Valflaunès, Vendémian, Vendres, Vérargues, Vieussan, Villeneuve-lès-Maguelone, Villeveyrac et Villespassans.

Vignes au mois de mai.

Département de l'Aude : Aigues-Vives, Ajac, Albas, Alet-les-Bains, Alzonne, Antugnac, Aragon, Argeliers, Argens-Minervois, Armissan, Arquettes-en-Val, Azille, Badens, Bages, Bagnoles, Barbaira, Bizanet, Bize-Minervois, Blomac, Bouilhonnac, Bouriège, Boutenac, Cabrespine, Campagne-sur-Aude, Camplong-d'Aude, Canet, Capendu, Cascastel-des-Corbières, Cassaignes, Castelnau-d'Aude, Castelreng, Caunes-Minervois, Caunettes-en-Val, Caves, Cépie, Comigne, Conilhac-Corbières, Conilhac-de-la-Montagne, Conques-sur-Orbiel, Couiza, Cournanel, Coustaussa, Coustouge, Cruscades, Cucugnan, Davejean, Dernacueillette, La Digne-d'Amont, La Digne-d'Aval, Douzens, Duilhac-sous-Peyrepertuse, Durban-Corbières, Embres-et-Castelmaure, Escales, Espéraza, Fa, Fabrezan, Félines-Termenès, Ferrals-les-Corbières, Festes-et-Saint-André, Feuilla, Fitou, Fleury, Floure, Fontcouverte, Fontiès-d'Aude, Fontjoncouse, Fournes-Cabardès, Fraisse-Cabardès, Fraissé-des-Corbières, Gaja-et-Villedieu, Gardie, Ginestas, Gruissan, Homps, Les Ilhes, Jonquières, Labastide-en-Val, Ladern-sur-Lauquet, Lagrasse, Laroque-de-Fa, Lastours, Laure-Minervois, Leucate, Lézignan-Corbières, Limoux, Limousis, Loupia, Luc-sur-Aude, Luc-sur-Orbieu, Mailhac, Mayronnes, Maisons, Magrie, Malras, Malves-en-Minervois, Marseillette, Mirepeisset, Montazels, Montbrun-des-Corbières, Montgaillard, Montirat, Montlaur, Montolieu, Montredon-des-Corbières, Montséret, Monze, Moussoulens, Moux, Narbonne, Névian, Ornaisons, Padern, Palairac, La Palme, Paraza, Pauligne, Paziols, Pépieux, Peyriac-de-Mer, Peyriac-Minervois, Peyrolles, Pezens, Pennautier, Pieusse, Pomas, Port-la-Nouvelle, Portel-des-Corbières, Pouzols-Minervois, Pradelles-en-Val, Puichéric, Quintillan, La Redorte, Ribaute, Rieux-en-Val, Rieux-Minervois, Roquecourbe-Minervois, Roquefort-des-Corbières, Roquetaillade, Rouffiac-d'Aude, Roubia, Rouffiac-des-Corbières, Rustiques, Saint-André-de-Roquelongue, Saint-Couat-d'Aude, Saint-Couat-du-Razès, Sainte-Eulalie, Saint-Frichoux, Saint-Hilaire, Saint-Jean-de-Barrou, Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, Saint-Nazaire-d'Aude, Saint-Pierre-des-Champs, Saint-Polycarpe, Sainte-Valière, Salles-d'Aude, Sallèles-Cabardès, Salsigne, La Serpent, Serres, Serviès-en-Val, Sigean, Talairan, Taurize, Termes, Thézan-des-Corbières, Tournissan, Tourouzelle, Tourreilles, Trassanel, Trausse, Trèbes, Treilles, Tuchan, Ventenac-Cabardès, Ventenac-en-Minervois, Vignevieille, Villanière, Villalier, Villar-en-Val, Villar-Saint-Anselme, Villardonnel, Villarzel-Cabardès, Villebazy, Villedubert, Villegailhenc, Villegly, Villelongue-d'Aude, Villemoustaussou, Villeneuve-les-Corbières, Villeneuve-Minervois, Villerouge-Termenès, Villesèque-des-Corbières, Villetritouls et Vinassan.

Département des Pyrénées-Orientales : Amélie-les-Bains-Palalda, Ansignan, Arboussols, Argelès-sur-Mer, Bages, Baho, Baixas, Banyuls-sur-Mer, Banyuls-dels-Aspres, Bélesta, Bouleternère, Le Boulou, Brouilla, Cabestany, Caixas, Calce, Camélas, Canet-en-Roussillon, Canohès, Caramany, Cases-de-Pène, Cassagnes, Castelnou, Caudiès-de-Fenouillèdes, Cerbère, Céret, Claira, Les Cluses, Collioure, Corbère, Corbère-les-Cabanes, Corneilla-del-Vercol, Corneilla-la-Rivière, Elne, Espira-de-Conflent, Espira-de-l'Agly, Estagel, Estoher, Feilluns, Finestret, Fosse, Fourques, Ille-sur-Têt, Joch, Lansac, Laroque-des-Albères, Latour-Bas-Elne, Latour-de-France, Lesquerde, Llauro, Llupia, Marquixanes, Maureillas-las-Illas, Maury, Millas, Montalba-le-Château, Montauriol, Montescot, Montesquieu-des-Albères, Montner, Néfiach, Oms, Opoul-Périllos, Ortaffa, Palau-del-Vidre, Passa, Perpignan, Peyrestortes, Pézilla-de-Conflent, Pézilla-la-Rivière, Pia, Planèzes, Pollestres, Ponteilla, Port-Vendres, Prats-de-Sournia, Prugnanes, Rasiguères, Reynès, Rigarda, Rivesaltes, Rodès, Saint-André, Saint-Arnac, Saint-Cyprien, Saint-Estève, Saint-Féliu-d'Amont, Saint-Féliu-d'Avall, Saint-Génis-des-Fontaines, Saint-Hippolyte, Saint-Jean-Lasseille, Saint-Jean-Pla-de-Corts, Saint-Martin-de-Fenouillet, Saint-Michel-de-Llotes, Saint-Nazaire, Saint-Paul-de-Fenouillet, Sainte-Colombe-de-la-Commanderie, Saleilles, Salses-le-Château, Le Soler, Sorède, Sournia, Taillet, Tarerach, Tautavel, Terrats, Thuir, Tordères, Toulouges, Tresserre, Trévillach, Trilla, Trouillas, Villelongue-dels-Monts, Villemolaque, Villeneuve-de-la-Raho, Villeneuve-la-Rivière, Vinça, Vingrau, Vivès et Le Vivier[2].

La surface déclarée sous l'appellation languedoc correspond en 2009 à une superficie de 9 522 hectares[25], soit seulement 3 % de l'ensemble du vignoble du Languedoc-Roussillon en 2009[26], et 12 % de l'ensemble des AOC du même vignoble[27].

Dénominations géographiques

Selon le décret de 2025 définissant l'appellation languedoc, « le nom de l'appellation peut être complété par une des dénominations géographiques suivantes », au nombre de dix :

Hiérarchie

Le Conseil interprofessionnel des vins du Languedoc (CIVL) définit l'appellation d'origine contrôlée languedoc comme étant une « appellation régionale » depuis 2007, d'où toute une hiérarchie des vins languedociens qui lui sont fédérés au sein de son aire d'appellation :

Géologie et orographie

Paysage de garrigue, dans le département de l'Hérault.

L'aire d'appellation, très vaste, couvre des formations géologiques variées :

Climatologie

Encépagement

Les vins sont issus des cépages suivants :

  • les languedoc rouges sont faits principalement avec le grenache N[note 1], le lledoner pelut N, le mourvèdre N, la syrah N (deux de ces cépages principaux sont obligatoirement présents dans l'encépagement) et accessoirement (moins de 20 % de l'encépagement) avec le carignan N, le cinsault N, la counoise N, le grenache gris G, la morrastel N, le piquepoul noir N, le rivairenc N et le terret noir N ;
  • les languedoc rosés sont faits principalement avec le grenache N, le lledoner pelut N, le mourvèdre N, la syrah N (deux de ces cépages principaux sont obligatoirement présents dans l'encépagement) et accessoirement (moins de 10 % de l'encépagement) avec le bourboulenc B, le carignan blanc B, le carignan N, le cinsaut N, la clairette B, la counoise N, le grenache blanc B, le grenache gris G, le macabeu B, la marsanne B, le morrastel N, le piquepoul blanc B, le piquepoul noir N, le rivairenc N, la roussanne B, le terret blanc B, le terret noir N, le tourbat B, le vermentino B et le viognier B ;
  • les languedoc blancs sont faits principalement avec le bourboulenc B, la clairette B, le grenache blanc B, la marsanne B, le piquepoul blanc B, la roussanne B, le tourbat B, le vermentino B (deux de ces cépages principaux sont obligatoirement présents dans l'encépagement) et accessoirement (moins de 30 % de l'encépagement) le carignan blanc B, le grenache gris G, le macabeu B, le muscat à petits grains B, le terret blanc B et le viognier B[2].

Dans le cadre de l'adaptation au changement climatique, sont autorisées, dans la limite maximum de 5 % de l'encépagement, des « variétés d'intérêt à fin d'adaptation » (VIFA), à titre d'expérimentation :

Pour l'encépagement des différentes dénominations géographiques, spécifique, consultez les articles détaillés consacrés à chacune d'entre elles.

Cépages noirs

La syrah N[note 1] est le cépage le plus précoce de l'encépagement ; elle est sensible aux acariens, aux cicadelles, à la pourriture grise et à la sécheresse. Sa présence doit être au minimum de 20 % de l'encépagement.

Le grenache N débourre lui aussi avant le carignan N ; il est sensible au mildiou, à la pourriture grise, aux bactéries et à la coulure mais il résiste bien à la sécheresse.

Le carignan N est un cépage vigoureux ; sensible à l'oïdium et aux cicadelles, il résiste bien à la sécheresse mais demande beaucoup de soleil pour arriver à maturité et des rendements faibles pour éviter au vin d'être dilué (les sols peu fertiles lui conviennent, tel que les schistes, les grès ou les terrasses caillouteuses). Sa présence est limitée à un maximum de 40 %.

Le cinsault N est lui aussi productif ; il est sensible à l'oïdium, aux acariens, aux cicadelles et à la pourriture grise ; il résiste bien à la sécheresse mais a besoin de soleil, donc il convient aux sols secs, bien exposés et peu fertiles. Sa présence est limitée à un maximum de 40 %.

Le mourvèdre N est plus tardif ; il est exigeant en soleil mais sensible à la sécheresse. Sa présence doit être au minimum de 20 %[2].

Cépages blancs

Le grenache blanc B[note 1] est une variété du grenache N, donc avec les mêmes caractéristiques : il est sensible au mildiou, à la pourriture grise, aux bactéries et à la coulure mais il résiste bien à la sécheresse.

Le piquepoul blanc B est plutôt productif ; il est sensible à la pourriture grise et à l'oïdium. Sa présence est limitée à 50 % de l'encépagement.

Le Bourboulenc B est tardif, avec une grosse productivité et donnant peu de sucre ; il est sensible aux acariens et au mildiou.

La marsanne B est productive, sensible à la pourriture grise, à l'oïdium et à la sécheresse.

La roussanne B est un peu plus tardive que la marsanne mais tout aussi sensible à la pourriture grise, à l'oïdium et à la sécheresse.

La proportion de viognier B est limité à un maximum de 10 %, celle de muscat à petits grains B à 10 %[2].

Irrigation

Elle est interdite du 1er mai jusqu'à la récolte. Toutefois, le décret précise qu'elle peut être exceptionnellement autorisée[17]. Dans ce cas, elle est réservée aux conditions particulières de sècheresse d'un millésime et peut avoir lieu du au , ce qui correspond aux stades de développement de la vigne « fermeture de la grappe » (grains formés qui se touchent) et « véraison » (le raisin change de couleur).

Cette autorisation est demandée par l'organisme de défense et de gestion de l'appellation auprès de l'INAO, motivée par des données climatiques et de l'état des vignes qui nécessitent la mesure. Le directeur de l'INAO peut accorder la dérogation après avis du comité régional INAO de Toulouse-Pyrénées. Le viticulteur qui le juge nécessaire s'engage à déclarer les parcelles irriguées avec la surface et le cépage à l'organisme d'inspection, et le matériel d'irrigation ne doit pas être enterré[29].

Rendements

Le rendement viticole est fixé à un maximum de 50 hectolitres par hectare pour les vins rouges, 54 hl/ha pour les vins rosés et de 60 hl/ha pour les vins blancs. Le rendement butoir est de 60 hectolitres par hectare en rouge ou en rosé, et de 70 hectolitres par hectare en blanc[2]. Chaque dénomination a ses propres rendements.

Le rendement réel est inférieur, la moyenne en 2009 pour l'ensemble de l'appellation est de 41 hectolitres par hectare[30].

Vins

La hiérarchisation des AOC languedociennes.

Le languedoc est l'« appellation régionale » du vignoble du Languedoc-Roussillon, selon la hiérarchie mise en place par le CIVL. Elle comprend d'une part en son sein plusieurs dénominations géographiques complémentaires (DGC, dont le nom peut être rajouté à la suite de celui de l'AOC : saint-drézéry, pézenas, sommières, etc.), d'autre part elle partage son aire d'appellation avec plusieurs appellations « sous-régionales » moins vastes (corbières, côtes-du-roussillon, terrasses-du-larzac, etc.) et « appellations communales » plus restreintes encore (collioure, faugères, fitou, etc.)[31]. Se rajoutent sur le même territoire la production de nombreux vins d'indication géographique protégée (IGP : coteaux-de-béziers, côtes-catalanes, pays-d'oc, etc.) et des vins sans indication géographique (VSIG, sous le nom de « Vin de France »).

Volumes

En 2009, l'aire d'appellation a produit 398 780 hectolitres de languedoc, avec une répartition par couleur de 85 % de rouges ou rosés et 15 % de blancs[25]. En 2024, les proportions sont de 58 % pour les rosés, 28 % pour les rouges et 14 % pour les blancs[1]. Les données de production des années récentes, telles que publiées par le service des Douanes, sont, sans y compter les différentes dénominations géographiques[1] :

Davantage d’informations Année, superficie (ha) ...
Annéelanguedoc rosé languedoc rouge languedoc blanc
superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha) superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha) superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha)
20222 913130 709452 48488 8033671927 83039
20232 779107 124392 23066 2253071925 59236
20243 074110 957362 02954 6052772526 94237
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Vinification et élevage

En rouge

Le raisin est mis en cuve dès la réception de la vendange. Une partie peut être foulée et éraflée. L'éraflage est une pratique qui gagne du terrain, les vins gagnant en souplesse et en finesse des tanins. Les polyphénols de la rafle sont en effet rustiques et âpres. Une partie de la vendange est vinifiée en macération carbonique : cette méthode de fermentation en grains entiers a permis de tirer un meilleur parti du carignan N.

À la fin de la fermentation alcoolique, le vin est soutiré. Le marc est pressé et le vin de presse est dégusté pour déterminer s'il est apte à être assemblé au vin de goutte. Le vin logé en cuve effectue la fermentation malolactique. Elle transforme l'acide malique à deux groupes carboxyle, en acide lactique qui n'en comporte qu'un. L'opération conduit à une désacidification naturelle du vin ; elle arrondit le vin, le rend plus souple et moins âpre.

Le vin fini est élevé quelques mois. Selon le produit recherché, cet élevage peut se faire en cuve, en barrique ou en foudre de bois de chêne.

En rosé

La vinification en rosé se produit par macération, limitée dans le temps, de cépages à pellicule noire avec possible ajout de cépages blancs. Le vin rosé n'a pas de définition légale mais ses techniques de vinification sont très strictes et n'autorisent en rien le mélange de vins rouge et blanc en Europe. Il y a trois techniques pour en produire :

  • la première technique se fait par saignée : c'est le jus qui s'égoutte sous le poids de la vendange, entre 20 et 25 %, et qui va macérer durant 3 à 24 heures avant d'être soutiré de la cuve (ce qui permet de concentrer le restant de la cuve pour faire un rouge plus puissant).
  • La seconde technique est le pressurage direct ; une vendange bien mûre de certains cépages pourra colorer le jus et sa vinification se fait en blanc.
  • La troisième technique implique une courte macération à froid.

Ces trois méthodes sont complémentaires car le jus de goutte (première méthode) et le jus de presse (seconde méthode) sont en général assemblés. Obtenu par ces trois types de vinification où la maîtrise des températures est une nécessité, un vin rosé a une robe qui s'apparente à celle d'un vin rouge très clair, avec le fruit et la fraîcheur des vins blancs.

En blanc

À l'arrivée au chai, le raisin blanc est généralement éraflé. Il peut aussi être foulé pour favoriser l'extraction du jus. Le pressurage sépare moût et marc. Une stabulation à froid permet un débourbage pour éliminer les particules potentiellement génératrices de mauvais goûts. Il est ensuite mis en cuve pour y effectuer la fermentation alcoolique. Le vin fini est stabilisé sans faire la fermentation malolactique.

Gastronomie

Canard au sang accompagné d'un vin rouge des terrasses du Larzac.

Les caractéristiques d'un languedoc varient selon son terroir : le type de vin varie considérablement selon les cépages utilisés en assemblage, selon les habitudes du lieu, les goûts et façons du producteur, les rendements pratiqués, le type de sol, la situation climatique cette année-là, etc.

En général, les rouges ont une robe rouge carmin, parfois profonde quand la macération est longue. Le nez est souvent dominé par le fruité (évoquant la framboise ou le cassis) sur la jeunesse, ou par les épices et le poivre (quand le carignan et la syrah ont été vinifiés en macération carbonique) ; en vieillissant, il évolue en rappellant le cuir, les fruits secs ou les amandes grillées. La bouche est un peu fermée et tannique les premières années. Ils ne sont pas des vins de garde, mais il leur faut deux à quatre ans pour s'arrondir, certains pouvant se garder jusqu'à huit ans ; à servir entre 15 à 17 °C (pas plus chaud).

Les languedocs rosés ont une robe rose pâle ; un nez floral (acacia) ou fruité (cerise burlat) ; une bouche ronde et souple.

Les blancs ont une robe jaune paille ; un nez plutôt fruité (abricot, ou agrumes), voire d'infusion des garrigues, d'épices douces, ou de miel ; une bouche fraîche. Ils sont à boire jeunes, ainsi que pas trop frais, entre 10 à 12 °C[32].

Types d'exploitations

Coopérative de Saint-Gély-du-Fesc.

Le socle de la filière viti-vinicole languedocienne est constitué par les propriétaires-récoltants. Il se subdivise en caves particulières, qui vinifient et vendent directement leur production, et caves coopératives où les adhérents confient la vinification et la commercialisation à des techniciens salariés. Les vignerons en caves indépendantes constituent un groupe assez diversifié où se retrouvent « des propriétés familiales de plus ou moins grande taille transmises de génération en génération, de grandes entreprises propriété de grands groupes nationaux ou internationaux et de nouveaux exploitants, fréquemment issus d’une reconversion professionnelle et adoptant souvent des modes de production alternatifs (travail en biodynamie par exemple) ».

La coopération viticole regroupe les petits producteurs puisque « basée sur le principe de la mutualisation des coûts de production et apportant un soutien financier, administratif et technique aux vignerons, les caves coopératives permettent chaque année à de nombreux vignerons de faire face à des situations parfois difficiles ou à de nouveaux de s’installer ; et dans tous les cas de mener à bien leur projet professionnel ». Leur rôle est important au niveau de la qualité (formation technique, encépagement, conduite de la vigne, contrôle de maturité des raisins, etc.), de l'économie (importants volumes traités et grande capacité de stockage) et de la commercialisation (réseaux de vente en France et en l'international, fournisseurs du négoce)[33].

Notes et références

Voir aussi

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