Grand-roussillon
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Un grand-roussillon[note 2] est un vin doux naturel (VDN) dont l'aire d'appellation couvre une large part du département des Pyrénées-Orientales et une petite partie du département de l'Aude. Il n'est plus guère produit.
| Grand-roussillon | |
| Désignation(s) | Grand-roussillon |
|---|---|
| Type d'appellation(s) | AOC / AOP |
| Reconnue depuis | 1938 |
| Pays | |
| Région parente | vignoble du Languedoc-Roussillon |
| Sous-région(s) | Roussillon |
| Localisation | Pyrénées-Orientales |
| Saison | hivers doux, étés souvent chauds et secs |
| Climat | méditerranéen |
| Ensoleillement (moyenne annuelle) |
300 jours/an |
| Sol | pauvre et sec |
| Superficie plantée | ? |
| Cépages dominants | grenache N[note 1], grenache gris G, grenache blanc B, macabéo B et tourbat B |
| Vins produits | vins doux naturels rouge, rosé et blanc |
| Production | ? |
| Pieds à l'hectare | minimum 4 000 ceps/ha[1] |
| modifier |
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Histoire
L'usage de renforcer un vin en y rajoutant une dose d'alcool distillé permettait dès l'époque moderne de l'exporter par bateau sans qu'il tourne rapidement au vinaigre. Au tout début de la Troisième République, dans un contexte pour l'État de difficultés financières, la loi du surtaxe les vins dépassant les 15° d'alcool ; le député des Pyrénées-Orientales Emmanuel Arago fait voter en réaction la loi du en exonérant les vins mutés avec de l'alcool, précisant qu'ils doivent titrer de 15 à 18 %. La loi du , proposée par Jules Pams, lui aussi député des Pyrénées-Orientales, défini pour ce type de produits la notion de « vin doux naturel » (VDN), pour rester donc sous le régime des vins, mais avec une taxe réduite sur l'alcool de mutage. Se rajoute la loi du , proposée par Emmanuel Brousse, député encore des Pyrénées-Orientales, qui limite la production des VDN à quatre cépages : le grenache (grenache noir, grenache gris et grenache blanc), le macabeu, la malvoisie (en fait le torbato, dit malvoisie du Roussillon) et le muscat (muscat blanc à petits grains et muscat d'Alexandrie).
En 1936, les vins mutés (vins doux naturels et vins de liqueur) du Roussillon ont droit désormais à cinq appellations d'origine contrôlée (AOC) différentes : le banyuls (sur quatre communes), le maury (alors sur cinq communes), le rivesaltes (alors sur dix)[2], le « Côtes d'Agly » (sur onze)[3] et le « Côtes de Haut-Roussillon » (sur 43 communes)[3]. Par le décret du , les vins (VDN et VDL en rouge, rosé et blanc) de ces cinq appellations aux aires restreintes ont droit d'être vendus sous la nouvelle « appellation régionale Grand Roussillon »[4].
En 1956, l'appellation muscat de Rivesaltes est créée, couvrant elle aussi les aires des cinq AOC précitées[5]. En 1957, un nouveau décret définit un peu l'appellation grand-roussillon : c'est alors du vin doux naturel ou du vin de liqueur, produit sur les aires du banyuls, du maury, du côtes-d'agly, du rivesaltes et du côtes-du-haut-roussillon ; le muscat de Rivesaltes peut être déclassé sous ce nom ; les cépages autorisés sont le muscat, le grenache, le maccabeo, la malvoisie, le carignan et le palomino (ces deux derniers limités à 10 % de l'encépagement) ; il est possible de rajouter la dénomination rancio[6].
Par le décret du , le grand-roussillon est désormais restreint au VDN ; l'aire d'appellation est délimitée, couvrant 89 communes des Pyrénées-Orientales et neuf de l'Aude ; l'encépagement concerne alors le muscat blanc à petits grains, le muscat d'Alexandrie (dit muscat romain), le grenache noir, le grenache gris, le grenache blanc, le maccabéo, le tourbat (dit malvoisie du Roussillon), le carignan noir, le cinsault, la syrah et le listan ; le rendement est limité à 30 hl/ha[7]. Le même jour, un autre décret étend l'aire d'appellation du rivesaltes à toute l'aire de l'AOC grand-roussillon (annexant ainsi les VDN « Côtes d'Agly » et « Côtes de Haut-Roussillon », qui disparaissent) à l'exception des communes de Banyuls, Cerbère, Collioure et Port-Vendres[8]. En 1997, la densité de plantation doit désormais être au minimum de 3 700 pieds par hectare[9]. Le cahier des charges de l'appellation est publié en (encépagement réduit à sept cépages ; densité à 4 000 pieds/ha ; le rendement butoir est fixé à 40 hl/ha)[10], puis modifié en [1].
Vignoble
Aire d'appellation
| Images externes | |
| Carte des communes concernées | |
| Cartes cadastrales de l'appellation | |
| Orthophotos du parcellaire de l'appellation | |

L'aire d'appellation concerne un total de 98 communes :
- 89 communes des Pyrénées-Orientales : Argelès-sur-Mer, Bages, Baho, Baixas, Banyuls-dels-Aspres, Banyuls-sur-Mer, Bélesta, Le Boulou, Brouilla, Cabestany, Caixas, Calce, Camélas, Canet-en-Roussillon, Canohès, Cases-de-Pène, Cassagnes, Castelnou, Cerbère, Céret, Claira, Les Cluses, Collioure, Corbère, Corbère-les-Cabanes, Corneilla-la-Rivière, Corneilla-del-Vercol, Elne, Espira-de-l'Agly, Estagel, Fourques, Ille-sur-Têt, Laroque-des-Albères, Latour-Bas-Elne, Latour-de-France, Lesquerde, Llauro, Llupia, Maureillas-las-Illas, Maury, Millas, Montauriol, Montescot, Montesquieu-des-Albères, Montner, Néfiach, Opoul-Périllos, Ortaffa, Palau-del-Vidre, Passa, Perpignan, Peyrestortes, Pézilla-la-Rivière, Pia, Planèzes, Pollestres, Ponteilla, Port-Vendres, Rasiguères, Reynès, Rivesaltes, Saint-André, Saint-Estève, Saint-Féliu-d'Amont, Saint-Féliu-d'Avall, Saint-Génis-des-Fontaines, Saint-Hippolyte, Saint-Jean-Lasseille, Saint-Jean-Pla-de-Corts, Saint-Nazaire, Saint-Paul-de-Fenouillet, Sainte-Colombe-de-la-Commanderie, Saleilles, Salses-le-Château, Le Soler, Sorède, Tautavel, Terrats, Thuir, Tordères, Toulouges, Tresserre, Trouillas, Villelongue-dels-Monts, Villemolaque, Villeneuve-de-la-Raho, Villeneuve-la-Rivière, Vingrau et Vivès ;
- ainsi que neuf communes du département de l'Aude (correspondant à l'aire d'appellation du fitou) : Cascastel-des-Corbières, Caves, Fitou, Leucate, La Palme, Paziols, Treilles, Tuchan et Villeneuve-les-Corbières[1].
Climatologie
Encépagement
Le cahier des charges de l'appellation autorise comme « cépages principaux » le grenache blanc B[note 1], le grenache gris G, le grenache N, le macabeu B et le tourbat B (dénommé localement malvoisie du Roussillon) ; se rajoutent comme « cépages accessoires » (limités à 20 % de l'encépagement) le muscat blanc à petits grains B et le muscat d'Alexandrie B (dénommé localement muscat romain)[1].
Vins
Le grand-roussillon est une appellation de vin doux naturel, qui peut se décliner en rouge, rosé, blanc et rancio. Sur son aire de production, les vignerons peuvent aussi fabriquer d'autres VDN que sont le muscat de Rivesaltes, le rivesaltes, le maury (ce dernier sur quatre communes), le banyuls et le banyuls grand cru (ces deux derniers sur quatre autres communes), des « appellations communales » du vignoble du Languedoc-Roussillon (selon la hiérarchie mise en place en 2011 par le CIVR et l'INAO) que sont le maury (sur quatre communes, en vin sec rouge) et le collioure (sur quatre communes, dans les trois couleurs), de l'« appellation sous-régionale » que sont le côtes-du-roussillon (un vin sec dans les trois couleurs) et le côtes-du-roussillon-villages (uniquement en rouge), de l'« appellation régionale » languedoc (dans les trois couleurs), plusieurs IGP (pays-d'oc, terres-du-midi, pyrénées-orientales, côtes-catalanes et côte-vermeille) et du vin sans indication géographique (VSIG, sous le nom de « Vin de France »).
De 2017 à 2024, le service des Douanes n'a pas publié de données de production du grand-roussillon[11], ou les a indiqué comme étant une « donnée confidentialisée »[note 3].