Wikiwand AI

Camille Mortenol

militaire français From Wikipedia, the free encyclopedia

Camille Mortenol, né le à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) et mort le à Paris 15e, est un officier supérieur français, polytechnicien, capitaine de vaisseau de la Marine nationale.

Nom de naissance
Sosthène Héliodore Camille MortenolVoir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Secretary-General of the Office of the Council of State of Thailand (d), 11 novembre 1953 - 30 septembre 1968 ...
Camille Mortenol
Fonction
Secretary-General of the Office of the Council of State of Thailand (d)
-
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Sosthène Héliodore Camille MortenolVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activité
Conjoint
Marie-Louise Vitalo (d) (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Armes
Grades militaires
Capitaine de vaisseau (à partir de )
Colonel (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Conflit
Distinction
Fermer

Fils de deux anciens esclaves, il devient officier sous la Troisième République. Il participe à plusieurs reprises aux campagnes militaires que mène la France dans le cadre de sa politique coloniale et assure la défense antiaérienne de Paris durant la Première Guerre mondiale.

Biographie

Origines familiales

Plan de Pointe-à-Pitre en 1843.

Sosthène Héliodore Camille Mortenol naît à Pointe-à-Pitre, le [1],[2],[3],[Note 1], la ville étant encore marquée par le séisme de 1843 aux Petites Antilles. Issu d’un milieu modeste, il est le troisième et dernier enfant d’un ancien esclave dénommé « André », né en Afrique vers 1809 et affranchi le , à l’âge de 38 ans[4],[5],[6].

Son père, qui, d'après Oruno Denis Lara (en), est franc-maçon[7],[8],[Note 2], parvient à racheter sa liberté au prix de 2 400 francs[Note 3] fixé par un arrêté du gouverneur de la Guadeloupe Layrle[4],[11]. Il aurait alors déclaré au commissaire royal qui recevait cette somme : « Vous m’avez pris sur la terre d’Afrique pour faire de moi un esclave. Rendez-moi aujourd’hui ma liberté[12] ! ». L’ancien esclave prend alors le nom patronymique de Mortenol[Note 4].

Au moment de la naissance de Camille, André Mortenol exerce le métier de voilier et plus tard, selon certains documents, de négociant, de maître voilier. Quant à son épouse Julienne Toussaint, couturière de métier, elle est aussi une esclave née vers 1834. Le couple s'est marié le à Pointe-à-Pitre après avoir conclu la veille un contrat de mariage sous le régime de la séparation de biens devant Me Martin, notaire à Point-à-Pitre[13],[14],[15]. Les biens du futur sont très modestes, ceux de la future de meilleure facture et indiquent un niveau de vie de classe moyenne[16],[Note 5].

Camille a un frère aîné Eugène André, né à Pointe-à-Pitre le [19],[20],[21] et une sœur cadette Marie Adèle, née à Pointe-à-Pitre le [19],[22],[23].

Substitution d'identité

Un certain mystère plane sur l'identité de Camille Mortenol. Le registre d'état-civil de Pointe-à-Pitre mentionne en effet à la date du le décès d'un certain Sosthène Héliodore Camille Mortenol, né le , fils d'André Mortenol et de Julienna Toussaint[24],[25]. Ce décès est publié dans Le Courrier de la Guadeloupe du  : « 25 – Mortenol (Sosthène-Eléodore-Camille), âgé de vingt-six ans, voilier[26] ».

Dans son ouvrage Mortenol, ou, Les infortunes de la servitude[27], Oruno Denis Lara (en) se penche sur cette énigme[28]. Selon lui, cet acte de décès est authentique et le vrai Camille meurt bien ce jour de 1885. Quant à celui qui connaîtra une carrière prestigieuse sous le nom de Camille Mortenol, il s'agit en réalité de son frère aîné, Eugène André. En effet, le père de famille André Mortenol, convaincu par des amis des chances éventuelles de réussite scolaire de son premier fils, brillant élève à l'école communale de Pointe-à-Pitre, l'aurait inscrit au séminaire-collège diocésain de Basse-Terre sous l'identité de Camille, moins doué que son aîné. Le changement d'identité a pu s'opérer discrètement, loin de Pointe-à-Pitre où la famille a des parents et amis. Cette substitution d'identité volontaire, qui entraîne un rajeunissement de trois ans, aurait permis au désormais dénommé Sosthène Héliodore Camille de bénéficier d'une bourse d'études et ainsi poursuivre des études secondaires jusqu'au baccalauréat puis des études supérieures[Note 6].

Formation

Camille Mortenol, élève officier guadeloupéen à l'École polytechnique de Paris.
Camille Mortenol, élève officier guadeloupéen à l'École polytechnique de Paris, 1880.

Sosthène Héliodore Camille Mortenol commence ses études à l'externat des frères de Ploërmel de Pointe-à-Pitre qui avaient alors la charge de l’enseignement primaire[Note 7], et les poursuit ensuite au séminaire-collège diocésain de Basse-Terre fondé par Mgr Lacarrière le [31]. Ses bons résultats, notamment en mathématiques, le font remarquer par Victor Schœlcher[Note 8] qui lui apporte son soutien et son aide[Note 9]. Ainsi bénéficie-t-il d’une demi bourse du gouvernement (arrêté du ) qui complète la demi-bourse locale et d’un passage sur un bateau Le Finistère pour poursuivre ses études secondaires au lycée Montaigne à Bordeaux.

En 1877, il obtient son baccalauréat ès sciences et prépare ensuite le concours d’entrée à l'École polytechnique où il est reçu en 1880 19e sur 209 reçus[32],[33]. Au même moment, il est également reçu 3e à Saint-Cyr[34] mais préfère opter pour Polytechnique où il entre le [35].

Mortenol est le troisième homme de couleur — on dit alors « nègre » — et le premier guadeloupéen à intégrer cette école[36],[Note 10]. À l'occasion de la séance des cotes[39], il est accueilli à l'époque en ces termes par les ans[40] (les anciens, c'est-à-dire les deuxième année selon le jargon de l'X) qui créent pour l'occasion la cote nègre[41] :

« Ah ! c'est toi le nègre. C'est bien, conscrard[42], continue ! Je t'ai reconnu à ta face luisante, aux reflets brillants, sur laquelle se détachent deux yeux blancs comme deux rostos[43] de sapin dans les ténèbres de la nuit. Si tu es nègre, nous sommes blancs ; à chacun sa couleur et qui pourrait dire quelle est la meilleure ? Si même la tienne valait moins, tu n'en aurais que plus de mérite à entrer dans la première École du monde, à ce qu'on dit. Tu peux être assuré d'avoir toutes les sympathies de tes ans. Nous t'avons coté parce que l'admission d'un noir à l'X ne s'était jamais vue ; mais nous ne songeons pas à te tourner en ridicule ; nous ne voyons en toi qu'un bon camarade auquel nous sommes heureux de serrer la main. »

Une autre anecdote célèbre voudrait que Mac-Mahon, visitant l’École en 1881, se soit adressé à Mortenol en lui disant : « C’est vous le nègre ?… Très bien mon ami… Continuez… »[44],[Note 11].

Sa scolarité est remarquable — 30e à son passage dans la première division — et à sa sortie en 1882, il se classe 18e sur 205[33]. Il opte pour une carrière d’officier de marine dans la Royale[Note 12] et est le premier des quatre polytechniciens choisissant ce corps[33] nommés le aspirants de 1re classe. Le Courrier de la Guadeloupe du [48] a déjà relayé le décret du [49].

Officier de marine

Un marin remarqué

1882 - 1890

C’est sur une frégate à voile de 2e classe armée en transport, l’Alceste, que Mortenol embarque à Brest pour effectuer son apprentissage de marin. Peu après, il prend part à une « croisière d’instruction » qui l’emmène le long des côtes africaines. À l’issue de cette période, bien noté par ses supérieurs[Note 13], il embarque sur l’Amiral Duperré qui le conduit à travers la Méditerranée entre et [35].

Le mois suivant, il est affecté à Rochefort sur l’aviso Bisson qui est envoyé à Madagascar, la première campagne militaire du jeune officier. Il y est promu enseigne de vaisseau le [51]. Le , au lendemain de la signature d’un traité de paix[Note 14], il peut enfin rejoindre la France, où il arrive en mars de l’année suivante, après deux années passées en mer[35].

Mortenol est alors affecté à la division navale du Levant et sert comme officier en second sur la canonnière Capricorne avec laquelle il parcourt l’océan Indien. Ensuite, entre et , il fait son retour sur l’Alceste en tant que second mais le navire a été transformé alors en ponton-hôpital à Libreville. Le , il y obtient le grade de lieutenant de vaisseau[35],[52].

1890 - 1900

L’hiver suivant, Mortenol rend visite à sa famille restée dans les Antilles. À son retour, il effectue en 1890 un stage à Toulon sur l’Algésiras, un vaisseau-école des torpilles. Il y reste entre août et et il en sort breveté torpilleur. Au mois de mars de l’année suivante il est envoyé à la défense mobile de Cherbourg et reçoit le commandement du torpilleur Dehorter[Note 15]. Un an plus tard, en , il est transféré dans l’escadre de réserve en Méditerranée occidentale et au Levant sur le croiseur Cécille où il est chargé du service des torpilles[35].

Son séjour y est à nouveau bref car, au mois de il est affecté au cuirassé garde-côtes Jemmapes sur lequel il est nommé chef du service de l’artillerie. La même année, il est affecté au corps expéditionnaire chargé de la conquête de Madagascar. Le général Duchesne s'est vu confier le commandement, et les opérations de la division navale sont dirigées par le capitaine de vaisseau Bienaimé. Mortenol participe à plusieurs combats terrestres, dont la prise du fort malgache (rova) de Marovoay le [54] et celle de Maevatanana le [55].

Après la prise de Tananarive le par le corps expéditionnaire français, il fait partie des officiers qui entourent le général Gallieni chargé de la « pacification » de Madagascar. Ses faits d’armes lui valent d’être fait le chevalier de la Légion d'honneur[56] par le président de la République Félix Faure en personne[57].

En il embarque pour deux années sur le croiseur Fabert sur lequel il occupe le poste de second. Il croise alors à nouveau au large de Madagascar. Son commandant, le capitaine de frégate Forestier, écrit à son sujet le  : « Monsieur Mortenol est un excellent officier, dont j’ai déjà eu l’occasion d’apprécier les services. La seule chose qui lui soit préjudiciable est sa race, et je crains qu’elle soit incompatible avec les positions élevées de la Marine, que son mérite et son instruction pourraient peut-être lui permettre d’atteindre sans cela »[58].

En , diminué par le paludisme qui le poursuivra tout au long de sa carrière, il rentre en France à bord du paquebot Pei Ho[59]. Après une période de convalescence, il est affecté à la défense mobile de Toulon et sert sur différents bâtiments. Il retrouve d’abord en 1898 l’Algésiras et l'école des torpilles[60],[61], puis est désigné pour embarquer sur le vaisseau-école la Couronne[62].

Dans une note du , le capitaine de frégate Arden, commandant de la défense mobile porte sur Mortenol cette appréciation : « On ne peut se dissimuler que la couleur de cet officier peut être une source de petits ennuis. Il y a là un préjugé avec lequel on ne peut s’empêcher de compter, et j’ai eu l’occasion de voir l’étonnement accompagné d’exclamations et de remarques des populations des ports voyant arriver un torpilleur commandé par un officier nègre »[63].

1900 - 1910
Le Redoutable au port de Brest (James Jackson, 1882).

Mortenol est désigné ensuite le pour prendre le commandement d'un torpilleur de la défense mobile de Toulon[64] avant celui d'un groupe de torpilleurs d'escadre en réserve de 2e catégorie[65], le groupe Aventurier - Argonaute[35], le . Au cours de l’été 1900 il est à nouveau en mission en Afrique. Le il y obtient le commandement de l’Alcyon[66], un aviso à roues stationné à Libreville[Note 16].

Il parcourt alors les côtes et les fleuves alentour et collabore notamment à la répression de révoltes locales (expédition de l'Ogooué). Au mois de il doit cependant une nouvelle fois rentrer en France pour une période de convalescence[67]. Après cela, on lui confie des missions à l’état-major de Brest à partir de .

Il renouvelle en 1903 sa demande d’admission à l’École supérieure de Marine, qui aurait pu lui valoir les étoiles d’amiral. Candidat no 1 sur 5 du préfet maritime de Brest, avec une appréciation particulièrement élogieuse, il n’est cependant pas retenu par son ministère. peut-être sa couleur de peau ou l'affaire des fiches en sont-ils la raison[50]. Cela ne l’empêche toutefois pas d’être promu capitaine de frégate le [68] et d’être nommé second du croiseur cuirassé Bruix[35].

À la fin de l’année, Mortenol est désigné pour embarquer, comme officier en second, sur le cuirassé Le Redoutable et se retrouve du côté de Saïgon, dans la division de réserve de l'escadre de l'Extrême-Orient[69]. En 1907, il doit effectuer un nouveau séjour de convalescence en France. À son retour il est affecté à la division navale de l’océan Indien et sert en Indochine à la tête du contre-torpilleur Pistolet et de la 2e flottille de torpilleurs des mers de Chine[70]. En on lui donne également le commandement de la 1re flottille.

Le de l’année suivante il rentre en permission en France puis est de nouveau en congé de convalescence[35]. À la fin de l’année 1909, il est une nouvelle fois affecté au sein de l’état-major de Brest[35].

1910 - 1915

Mortenol prend le commandement de la défense fixe de Brest le [71]. Le il est promu officier de la Légion d’honneur[72] puis capitaine de vaisseau le de l'année suivante[73]. Le même mois, il est nommé à la tête des services maritimes de la défense de Brest[74] auprès de l’amiral Guépratte. À partir de il est chargé en plus de cela du désarmement du cuirassé Carnot, tâche peu exaltante qui l’occupe jusqu’à l’été 1915[35].

Il a 55 ans quand la guerre éclate et cherche à s’employer de façon vraiment utile à son pays, d’autant que l’approche de la retraite lui interdit désormais de briguer le commandement d’un grand cuirassé[50].

Rattrapé par les tourments de la Première Guerre mondiale

Camille Mortenol, officier supérieur guadeloupéen, défenseur de Paris et capitaine de vaisseau, 1917.
Camille Mortenol, officier supérieur guadeloupéen à la défense de Paris, 1917.

Au début de , à la suite du décès du capitaine de vaisseau Prère, Mortenol demande à le remplacer à la tête de la défense anti-aérienne de Paris. Sa sollicitation est rapidement validée par Gallieni, gouverneur de la capitale avec qui il a déjà servi à Madagascar et il prend ses fonctions au lycée Victor-Duruy où siège le général[50].

Lorsqu’il arrive à son nouveau poste il ne passe pas inaperçu, comme en témoigne par exemple le chef de bataillon Charles Arsène Pierret[75], alors à la tête du 3e bureau du gouvernement militaire de Paris, le  : « Le successeur du commandant Prère, le capitaine de vaisseau Mortenol, est arrivé aujourd’hui pour prendre le commandement de la DCA ; c’est un nègre. On est plutôt surpris de voir ce noir pourvu de cinq galons et officier de la Légion d’Honneur ; il paraît qu’il est très intelligent ; c’est un ancien polytechnicien »[35].

Dès lors, l’officier endosse la responsabilité de défendre la capitale contre les attaques de l'aviation ennemie. Il occupe ce poste avec brio jusqu’à la fin de la guerre. En 1917, il est pourtant atteint par la limite de son grade. Le général Maunoury, gouverneur militaire de Paris, très satisfait de ses services, demande à le conserver. Paul Painlevé, ministre de la Guerre et bientôt président du Conseil, approuve cette proposition et il est nommé colonel d’artillerie dans la réserve de l’armée de Terre afin de pouvoir poursuivre sa mission[50].

Lorsque Mortenol prend ses fonctions, Paris est soumis à des bombardements aériens répétés des fameux Zeppelin, puis par une aviation allemande – Taube, Aviatik – longtemps supérieure à la française. Il ne peut que constater de sérieuses lacunes matérielles. Les canons antiaériens sont des calibre 75 qui ne peuvent se redresser qu’à 45 degrés. Rapidement, il s’emploie à améliorer le fonctionnement de son service, à moderniser et à augmenter les moyens dont il dispose. On a installé un modèle expérimental, capable de se redresser à la verticale ; d’autres suivront[50].

Les postes de recherche aérienne ne disposent alors que d’un seul projecteur, de puissance réduite. Il en obtient plusieurs, transférés d’autres secteurs ; plus tard, leur puissance éclairante est renforcée. De même, les transmissions se voient considérablement améliorées, doublées par des lignes de secours. À l’armistice, il commande à 10 000 hommes, dispose de 65 projecteurs de grand diamètre, de près de 200 canons réellement adaptés au combat antiaérien — contre 10 au début de la guerre[Note 17]. Il ne quitte finalement ses fonctions que le [35].

Le , Mortenol est à nouveau honoré par la France et élevé au rang de commandeur de la Légion d’Honneur[72], avec la citation suivante : « Officier supérieur du plus grand mérite, à son poste jour et nuit pour veiller sur Paris, assure ses fonctions avec un rare dévouement et une compétence éclairée »[76]. Une prise d'armes a lieu le dans la cour d'honneur des Invalides pour la remise de la décoration[76]. Le , il est finalement rayé des réserves de la Marine. Le , il l’est également de l’armée de Terre[35].

Retraite

La dernière partie de sa vie, moins connue, n’est pas sans intérêt.

À sa retraite, résidant à Paris, Mortenol s’occupe du bien-être de ses compatriotes guadeloupéens, en particulier des marins pêcheurs, dans l’association France-Colonies et publie quelques articles pour la Revue Colonies et Marine dont un de mars 1922 qui tire un bilan lucide de la Guerre et de la fausse paix qui a suivi[78]. Il s’engage aussi dans le mouvement « nègre assimilationniste » aux côtés notamment de Gratien Candace et René Maran[79],[80].

« Plus qu’un revirement, voire une radicalisation comme prétendent certains, l’attachement à la République de Mortenol demeure viscéral, ce qui ne l’empêche pas de prodiguer ses conseils aux étudiants africo-antillais-guyanais. En bon disciple de Schœlcher, il les aide à décrypter les codes de la bourgeoisie, ainsi qu’à déjouer les pièges et obstacles tendus par les xénophobes ou les racistes »[79],[81].

Il meurt le (à 71 ans) à Paris (15e arrondissement) au no 5 rue François-Coppée[82],[83]. Il est inhumé au cimetière de Vaugirard (division 15) au no 320 de la rue Lecourbe à Paris. Sur son lit de mort, il demande à son ami Isaac Béton[Note 18] : « Je vous invite à rechercher le vice-amiral Guépratte, mon meilleur ami de la flotte, pour lui dire de ma part qu’au moment suprême, ma dernière pensée a été pour lui, en mémoire de l’amitié dont il m’a donné tant de témoignages »[78].

La Guadeloupe perdait en lui « un de ses plus glorieux enfants, un grand et vaillant soldat, aussi modeste que brave »[85].

Comme l’a écrit Jean-Claude Degras : « La réussite de Mortenol a une portée symbolique incontestable dans l’inconscient collectif. Ses compatriotes l’ont perçu comme le premier à avoir rompu avec le cercle infernal de l’inégalité et du racisme »[86]. Le même auteur rappelle qu’en , le Guyanais Gaston Monnerville, lui-même descendant d’esclave devenu président du Conseil de la République, attestait que « Mortenol [était] un admirable exemple. Mieux, un modèle »[50].

Vie familiale

Bien qu’il ne soit revenu qu’une seule fois en Guadeloupe (en fin 1889, il y passe plusieurs semaines de convalescence), il a toujours gardé des liens avec son île natale, rédigeant plusieurs articles pour des journaux locaux tels que Les Nouvellistes et fréquentant ses compatriotes guadeloupéens installés à Paris. Il y épouse le à Paris (14e arrondissement) Marie-Louise Vitalo, née le à Cayenne, veuve d’un professeur de mathématiques[87],[Note 19]. Le couple n’a pas d’enfant et sa femme meurt à Brest le après dix années de mariage[91].

Carrière militaire

  • aspirant de 1re classe le [49]
  • enseigne de vaisseau le [51]
  • lieutenant de vaisseau le [52]
  • capitaine de frégate le [68]
  • capitaine de vaisseau le [73]

Distinctions

Hommages

Statue de Camille Mortenol à Pointe-à-Pitre. 1995
Statue de Camille Mortenol à Pointe-à-Pitre (1995).

Si une démarche pour le faire entrer au Panthéon en 1937 est restée sans suite[50], quelques témoignages demeurent :

  • Une plaque commémorative pour célébrer le centenaire de sa naissance a été apposée en 1959 par les soins de la municipalité de Pointe-à-Pitre sur sa maison natale qui fait l'angle des rues de Nozières et de l'Abbé Grégoire.
  • Une rue de Pointe-à-Pitre (ancienne rue de Turenne) porte le nom du commandant Mortenol ; elle va de la Place de la Victoire au rond-point Mortenol. Le quartier de la nouvelle ville où elle conduit, situé dans la partie Est de Pointe-à-Pitre, porte le nom de cité Mortenol[95].
  • Une rue du Commandant-Mortenol est inaugurée en par Jacques Chirac, maire de Paris, dans le 10e arrondissement de Paris[96].
  • Une statue de Camille Mortenol est inaugurée le sur le quai du Port de Croisière à Pointe-à-Pitre[95],[96].
  • Une vedette de la Société nationale de sauvetage en mer porte à Hendaye son nom[50].
  • Un timbre « Sosthène Mortenol 1859 - 1930 » est émis en 2018 par La Poste, avec une oblitération 1er jour à Paris à la boutique du timbre Carré d'Encre et à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) le 13 et [97].
  • Sur les murs du collège-lycée Victor-Duruy (7e arrondissement de Paris), une plaque commémorative célèbre le « polytechnicien, fils d'esclave libéré » qui organisa en 1915 « la première défense antiaérienne de Paris » au sein de cet établissement.
  • La section de Pointe-à-Pitre de la Ligue des droits de l'homme de Guadeloupe créée en 2006 s'appelle section Camille Mortenol[98].
  • En , Camille Mortenol a été choisi avec trois autres soldats pour incarner les héros de la capitale lors des célébrations de commémoration la Grande Guerre[Note 23].

Voir aussi

Bibliographie

Par ordre chronologique de parution :

Liens externes

Sur les autres projets Wikimedia :

Sites Internet

Vidéo

Notes et références

Related Articles

Timelines

Top Qs

Fact Checks