Canicules de 2026 en Europe

chaleurs extrêmes en mai, juin et juillet 2026 From Wikipedia, the free encyclopedia

Les canicules européennes de 2026 sont des vagues de chaleur affectant particulièrement l'Europe du Sud, l'Europe de l'Ouest puis l'Europe centrale durant le printemps et l'été 2026. La première a lieu du au , la deuxième débute le [1],[2] et s'achève le 2 juillet 2026, et une troisième se forme le même jour au Portugal et en Espagne et s'étend au reste du continent avant de se terminer (en France) le 25 juillet[3].

Faits en bref Pays, Régions affectées ...
Canicules européennes de 2026
Température du sol en journée, 26 mai 2026.
Localisation
Pays
Régions affectées
Caractéristiques
Type
Températures
  • 45,2 °C (France à Pruniers) ()
Date de formation
(première canicule)
(deuxième canicule)
(troisième canicule)
(quatrième canicule)
Date de dissipation
(première canicule)
(deuxième canicule)
(troisième canicule)
Durée
  • 9 jours (première canicule)
  • 15 jours (deuxième canicule)
  • 23 jours (troisième canicule)
Conséquences
Nombre de morts
  • 22 dont 7 en France et 15 au Royaume-Uni (première canicule)
  • Plus de 2 300 dont 2 025 en France (deuxième canicule)
    • augmentation des noyades
  • Plusieurs millions d'animaux d'élevage morts (juin)
Destructions notables
  • Sècheresse majeure et feux de forêt détruisant 25 000 hectares au
  • Explosions de transformateurs électriques et surchauffe de lignes à haute tension
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Les mers et les océans européens subissent des canicules marines records avec une anomalie de température de 5,2°C en moyenne dans le nord-ouest de la Mer Méditerranée, jusqu'à plus de 7°C localement et plus de 6 °C localement dans le Golfe de Gascogne pendant le mois de juin[4],[5],[6].

Elles sont caractérisées par leur précocité inédite, notamment en France où des records de température sont battus le puis le avec des températures nationales moyennes de respectivement 24,9 °C et 30 °C[1],[7],[8],[9].

Le , 58 départements français (soit près d'un sur deux) et 16 villes d’Italie sont placés en vigilance rouge. La canicule touche 72 départements français (soit les trois quarts du territoire) le [10],[11],[12]. Les premiers bilans de Santé publique France font état d'au moins un millier de morts liées directement ou non aux fortes chaleurs[13],[14].

Ces trois canicules rapprochées ont des conséquences importantes. Les écosystèmes sont mis à rude épreuve : cours d'eau à sec, sècheresse et feux de forêts, destruction des cultures et surmortalité de la faune sauvage. Des millions d'animaux d'élevages sont également décimés. La durée des canicules a entrainé des vagues de chaleur marines « extrêmes », affectant le sud de la mer du Nord et certaines parties de la Manche, ce qui affecte la vie marine[15]. Au niveau social, les effets des canicules sont exacerbées par les inégalités, entre les personnes disposant de climatisation et celles vivant dans des bouilloires thermiques et des îlots de chaleur urbains. Plusieurs milliers de personnes meurent à cause de la chaleur et les systèmes de santé de nombreux pays se retrouvent surchargés. Le sous-continent européen enregistre un taux de mortalité par habitant lié à la chaleur plus élevé que toute autre région du monde[16]. Les canicules ont également des conséquences économiques importantes : des infrastructures électriques subissent des pannes, la productivité diminue et de nombreux évènements, festivals et manifestations sont annulés.

Les débats publics ont porté plus sur l'adaptation au changement climatique que sur les efforts pour le contenir ou la trajectoire de réduction des émissions nettes. Ils ont ciblés en particulier la nature des toits, le manque de stores ou volets dans de trop nombreux bâtiments ainsi que sur les mesures palliatives comme la climatisation (et ses effets en ville).

Il s'agit de la 54e vague de chaleur en France depuis 1947[17].

99 départements sont concernés par une mise sous surveillance pouvant faire l'objet de restrictions à l'usage de l'eau, dont 62 considérés comme « en crise »[18].

Situation météorologique

Mai 2026 (première canicule)

En , une première canicule inédite, très précoce et très intense pour la saison touche l'Europe de l'Ouest et plus particulièrement la France et le Royaume-Uni. À partir du , l'air chaud venu du sud de l'Europe et du Maroc arrive en Europe de l'Ouest, puis un dôme de chaleur, une zone de hautes pressions, se forme au-dessus de l'ouest de l'Europe et maintient l'air chaud au même endroit pendant plusieurs jours[19],[20].

Les températures maximales atteignent jusqu'à 39 °C localement en France, 35 °C localement au Royaume-Uni et 34,8 °C à Londres, du jamais vu pour un mois de mai. Treize départements sont placés en vigilance orange pour canicule en France le . Il n'était jamais arrivé de déclencher la vigilance jaune ou orange pour canicule en France pendant le mois de mai[21],[22].

Durant la canicule du mois de mai, l'Autriche enregistre 46 températures les plus hautes jamais mesurées dans le pays, avec notamment 33,3 °C à Lienz le . La ville passe huit jours d'affilée avec des températures égales ou supérieures à 30 °C, alors qu'elle n'en avait jamais connu plus de trois d'affilée (en 2001)[23]. Le mois de mai est le cinquième plus ensoleillé en Autriche tandis que les précipitations sont inhabituellement faibles : elles correspondent, selon les régions, aux deux tiers voire seulement à la moitié de la moyenne établie en prenant comme point de comparaison la période 1991-2020[23]. En Belgique, le , la ville d'Uccle mesure une température de 30,3 °C, la plus haute mesurée pour ce jour de l'année depuis 1985[24].

Juin et début juillet 2026 (deuxième canicule)

En , une nouvelle vague de chaleur s'annonce. Une « plume de chaleur » se forme et apporte à nouveau de l'air chaud en Europe de l'Ouest[20]. Un anticyclone puissant se forme au-dessus de la mer du Nord et tient éloignées les masses d'air frais qui s'y trouvent, de sorte que l'air chaud est maintenu aux mêmes endroits pendant plusieurs jours[25].

En France, la canicule fait d'abord basculer l'Île-de-France ainsi qu'une partie du centre-est du pays en vigilance orange pour la journée du . Le lendemain, la vigilance orange s'étend à 50 départements (la moitié de la France). Pour la journée du 20 juin, 60 départements du Grand-Est au sud-Ouest sont placés en vigilance orange.

Le , 35 départements de la façade atlantique basculent en vigilance rouge[26]. Le 22 juin, elle s'étend à 49 départements, une situation totalement inédite ; c'est ainsi la quasi-totalité de l'Ouest de la France qui est placée en vigilance rouge et cette vigilance s'étend même jusqu'au centre-est du pays avec des nuits exceptionnellement chaudes ainsi que des journées avec des records quotidiens. La vigilance orange cesse de s'étendre et concerne la quasi-totalité des départements, à l'exception de quelques départements aux bords de la Méditerranée placés en vigilance jaune canicule.

Le mardi , cinq nouveaux départements sont placés en vigilance rouge. C'est « la journée la plus chaude jamais enregistrée » depuis le début des relevés météorologiques dans le pays[27] ce qui en fait une journée totalement inédite et historique en France. Elle est détrônée dès le lendemain, avec un indicateur thermique national (ITN) de 30 °C[28],[29] et 58 départements concernés par la vigilance rouge. On y a enregistré la plus forte anomalie de températures au monde vis-à-vis des valeurs de référence à cette période de l'année, calculée sur la période 1991-2020, avec des écarts de 20 °C dans l'ouest de la France[30]. Le , 72 départements français sont en vigilance rouge, ce qui constitue un record depuis le début des vigilances Météo-France, tous évènements confondus[31], alors que l'ITN se maintient à 30 °C[32]. Seul le territoire de Belfort n'a pas dépassé les 40 °C[33]. Ce , cent millions d'Européens subissent des températures supérieures à 35 °C[34]. Le est aussi la nuit la plus chaude jamais enregistrée en France, avec un indicateur thermique des températures minimales de 22 °C, et des records de températures minimales dans plusieurs stations météorologiques : 27,2 °C à Nantes, 27,1 °C à Orly, 26,8 °C à Bordeaux, 26,4 °C à Paris, et 26,2 °C à Vannes[32].

Le matin du , un phénomène rare de coup de chaleur est observé à Belle-Île-en-Mer. La température est passée rapidement de 26 °C à 34 °C lorsque l’air chaud issu de la dissipation d’un orage a déferlé à plus de 100 km/h. Cette variation de température s’est produite en moins d’une heure[35].

Météo France indique notamment qu'entre le et le , les deux tiers des stations météorologiques du territoire ont enregistré leur record mensuel de température ; un quart d'entre elles ont relevé leur record absolu[36]. Ainsi, la plus haute température enregistrée sur la période a été relevée par la station de Pruniers, dans l'Indre, avec 45,2 °C[37],[38]. Plusieurs grandes métropoles ont également établi leur record de chaleur absolu, notamment Cherbourg avec 37 °C (ancien record de 33,7 °C), Nantes (42,2 °C), Rennes (41,5 °C), Bordeaux (42,5 °C), Poitiers (41,8 °C), Saintes (43,8 °C)[39],[40],[41]. Paris a également battu son record absolu de températures avec 42,2 °C au jardin du Luxembourg[37].

À partir du , l'air à haute pression formant le dôme de chaleur à l'origine de la canicule commence à être chassé vers l'est[42], mettant progressivement fin à la canicule en France tout en l'intensifiant en Europe centrale et de l'Est. Ainsi, la façade atlantique quitte la zone rouge le à la suite des précipitations alors que 61 départements restent concernés[43] ; le , seuls les deux départements alsaciens restent en rouge[44], et le , plus aucun département n'est en vigilance rouge  l'Île-de-France et le sud-est du pays restent en vigilance orange[45]. Metéo-France annonce la fin de la vague de chaleur le [32].

Températures au sol, (données du satellite Sentinel-3).
Thermomètre de pharmacie affichant 44 degrés à Paris le .

Le , l'Allemagne est en vigilance violette sur la quasi-totalité de son territoire[46], et les records de température y sont battus à trois reprises avec 41,3 °C le [47], 41,5 °C le , et 41,7 °C le [48]. Aux Pays-Bas, les plus hautes températures pour un mois de juin sont enregistrées le , avec 38,2 °C à Eindhoven[49], et une température minimale record de 26,3 °C est mesurée en Slovaquie. Le 27 juin, le Danemark bat lui aussi un record de température, avec 36,6 °C au nord d'Odense[50]. En Tchéquie, un record de température est établi le à 40,6 °C[51], puis un autre le lendemain à 41,1 °C[51]. Le sud de la Suède subit une courte vague de chaleur du au , le pic étant atteint le avec une température maximale de 36,8 °C[52]. La nuit du au est la plus chaude jamais enregistrée dans plusieurs stations du nord-est de la France, avec notamment 24,8 °C à Besançon, 23,5 °C à Nancy et 23,4 °C à Colmar[53]. Le , la Pologne connait ses plus fortes températures jamais mesurées avec 40,5 °C à Słubice[54]. Au total, 191 millions d'Européens subissent des températures supérieures à 35 °C le [55], et 130 millions sont encore concernés le , principalement en Europe centrale et de l'Est[56].

En Bulgarie, la plaine du Danube, dans la moitié nord du pays, enregistre des températures approchant des 38 °C fin juin[57]. La température à Roussé approche même les 39 degrés.

L’Irlande connait une journée exceptionnellement chaude avec des températures de 31 °C, et même jusqu'à 32,1 °C le [58],[59].

Au Royaume-Uni, les plus hautes températures jamais enregistrées sont mesurées mercredi avec des températures allant jusqu'à 37,7 °C[34],[60].

La Roumanie connait des nuits tropicales. Le pays est d'ailleurs passé en alerte rouge pendant la phase la plus critique de la vague de chaleur sur la quasi-totalité du territoire national. Les températures atteignent 35 °C dans l'Ouest de la Roumanie et les 41 °C sont approchés, voire dépassés très localement.

L'ouest de l'Ukraine est aussi très concerné par cette canicule, avec des températures maximales de 38 °C, le 28 et le [61].

Selon Météo-France, la canicule de est de même durée que la canicule européenne d'août 2003, mais d'intensité plus forte[62],[63].

Juillet 2026 (troisième canicule)

Début juillet, un anticyclone se forme et passe au large du Portugal et des îles britanniques[64]. Une troisième canicule frappe l'Espagne et le Portugal à partir du 2 juillet 2026, alors que s'achève la deuxième canicule. Les températures dépassent les 40 °C en Espagne et au Portugal[65]. Le Portugal entre le en état d'alerte canicule et incendie ; l'alerte est maintenue jusqu'au 7[66].

La France est touchée à son tour par cette troisième canicule, qui y dure du 4 au 19 juillet[67]. Les Pyrénées-Orientales et l'Hérault sont les premiers touchés par des températures caniculaires et entrent en vigilance orange canicule dès le samedi . Le dimanche , 7 départements du pourtour méditerranéen entrent en vigilance orange canicule le [68]. Une nouvelle vague de chaleur démarre le lundi 6 juillet avec des températures atteignant 38 voire 40 °C. La température maximale en France le est de 42,8 °C, atteints à Argeliers (Aude)[69],[70]. La chaleur est la plus forte dans l'ouest et le sud-ouest, notamment le Languedoc[64]. Le , 61 départements français sont placés en vigilance orange[71], 67 le [72] et 72 le 9 juillet[73]. Des feux de forêt, dus à la chaleur sèche et aux vents forts, se déclarent au Portugal, en Espagne, en France (dans les Pyrénées-Orientales[74]) et en Grèce, et brûlent au total environ 20 000 hectares en date du  ; plusieurs milliers de personnes doivent être déplacées pour être mises à l'abri[75]. Le , 9 départements du centre-ouest sont placés en vigilance rouge canicule. Ils sont 24 le [76], 37 en vigilance rouge et 46 en vigilance orange le 12 juillet[77],[78], ce qui constitue l'apogée de cet épisode de chaleur dans le pays[67].

Les nuits sont très chaudes, encore plus chaudes que pendant la canicule de juin, avec plusieurs communes où la température ne descend pas en dessous des 30 °C la nuit comme à Vivès, dans les Pyrénées-Orientales où il faisait 30,6 °C au plus « frais » de la nuit le 9 juillet. Il n'était jamais arrivé d'avoir des nuits où la température ne descend pas en dessous de la barre des 30 °C en France[79],[70]. Le 25 juillet à 6 heures du matin, 19 départements sont encore en vigilance jaune[3],[80]. Météo France estime cette vague de chaleur « elativement comparable à la vague de chaleur que le pays avait connue en 2025, du 19 juin au 4 juillet »[67] (voir Sécheresse et canicule de 2025 en Europe).

En Suisse, la chaleur reprend aussi avec des températures maximales entre 31 et 34 °C le dimanche . Le record de température pour un est battu à Locarno avec 34 °C[81].

Fin juillet 2026 (quatrième canicule)

Seulement trois jours après la troisième canicule, une quatrième canicule est se forme en France à partir du mardi 28 juillet[82],[83]. Ce jour-là il y a 20 départements en vigilance jaune ; le mercredi, 16 département en vigilance orange et 64 en vigilance jaune[84],[85].

Sous l’effet de l’arrivée de l’air chaud du Maroc qui créera un nouveau dôme de chaleur, les prévisions annoncent « sur une grande partie de la France, des températures de 37 à 40 °C, avec des pointes localement supérieures »[86].

Le 28 juillet, la canicule arrive en France par le pays Basque avec 40,2 °C relevés dans la vallée des Aldudes[87].

Le , elle gagne les départements des Landes et de la Gironde (en lutte contre le mégafeu)  où les 40 °C sont dépassés[88] pour la sixième fois en 2026 puis se dissipe dès le lendemain  et la région lyonnaise et plus généralement l'Est de la France où elle s'installe le 29 juillet avec vigilance orange[89].

Tableau des températures maximales relevées par pays

Davantage d’informations nom du pays, température maximale ...
nom du pays température maximale date
Allemagne 41,8 °C à Möckern-Drewitz[90] 27 juin
Autriche 40,1 °C à Bad Deutsch-Altenburg[91] 29 juin
Biélorussie 40,4 °C à Pinsk[92] 29 juin
Belgique < 38 °C dans les grandes villes[93] 25 juin
Bosnie-Herzégovine 41 °C à Mostar[94] 28 juin
Bulgarie < 41 °C[95] 30 juin
Croatie 41 °C à Knin[96] 30 juin
Danemark 37 °C à Beldringe (Odense) et Ødum (Aarhus)[97] 27 juin
Espagne 45,1 °C à Andújar[98] 22 juin
France 45,2 °C à Pruniers (Indre)[37],[38] 22 juin
Hongrie 40,7 °C près de Budapest[99] 28 juin
Irlande 32,1 °C à Athenry[59] 25 juin
Italie 39,6 °C à Orte[100] 28 juin
Lituanie 36,3 °C à Druskininkai[101] 28 juin
Luxembourg 41,4 °C à Remich[102] 27 juin
Moldavie 41 °C dans le sud du pays[103],[104] 30 juin
Pays-Bas 39,4 °C dans plusieurs stations[99] 26 juin
Pologne 40,5 °C[105] 26 juin
Portugal 42 °C à Lisbonne[106] 29 juin
Roumanie 41 °C[107] 29 juin
Royaume-Uni 37,7 °C[60] 26 juin
Serbie 40,9 °C[108],[109] à Kikinda 30 juin
Slovaquie 41,3 °C[110] 30 juin
Slovénie 38,7 °C[111] 29 juin
Suède 36,8 °C[52],[112] 27 juin
Suisse 39,0 °C à Bâle/Binningen[113],[99],[114] 27 juin
Tchéquie 41,9 °C[115] 28 juin
Ukraine 38 °C[61] 28 juin
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Canicules marines

Dès mai 2026, l’ensemble des façades maritimes françaises sont touchées par des canicules marines exceptionnellement précoces pour la saison. Les anomalies de températures sont déjà supérieures à 5°C en Méditerranée dans l'Océan Atlantique[116]. La lagune de Thau a atteint 25,4 °C fin mai en Méditerranée, soit bien au-dessus des 20,1 °C habituels. À Brest, la température de l'océan a grimpé à 19,3 degrés le 27 mai, contre une normale de 15,7 °C pour la saison. À Arcachon, les températures ont oscillé entre 16 et 24 °C, quand les normales se situent entre 13,4 et 17,8 °C.[117]

Le mois de juin est marqué par des canicules marines encore plus intenses avec des records de température[6],[5],[4]. Le nord-ouest de la Mer méditerranée est plus chaude 5 à 7 °C avec une moyenne de 5,2°C, et même 8°C localement quand le Golfe de Gascogne enregistre une anomalie de température de plus de 6°C.[6],[5],[4],[118] Le 14 juin la température de la Mer Méditerranée atteint 28,2 °C au large de Cannes, une anomalie de température de 5,7 °C puisque les normales sont de 22,5°C.[119] Au large des côtes françaises, dans le Golfe de Gascogne, le thermomètre a grimpé jusqu'à 24,5 °C, contre une moyenne de 18°C. La Manche enregistre 17,4 °C quand la normale est de 14,6°C, les anomalies de températures atteignent 3,5°C localement[5].

Causes

La précocité, l'intensité et la fréquence des vagues de chaleur augmentent à cause du réchauffement climatique d'origine anthropique, selon des mécanismes connus et annoncés par les climatologues[120]. En France, la moitié des vagues de chaleur des 80 dernières années ont eu lieu depuis 2010[121],[63]. Une équipe de recherche du CNRS estime le que les températures en Europe auraient été de 2 à 4 °C moins élevées sans le réchauffement climatique[122]. Des chercheurs du World Weather Attribution calculent que la probabilité d'une canicule comme celle de aurait été quasi nulle durant un mois de juin cinquante ans plus tôt[123]. Le réchauffement climatique a aussi pour effet de rendre les vagues de chaleur plus précoces : survenant traditionnellement en juillet et en août, elles peuvent désormais apparaître dès la mi-juin et continuer à se produire plus longtemps, jusqu'en septembre[122].

Le phénomène d'origine naturelle El Niño, qui se produit en moyenne tous les 2 à 7 ans dans l'Océan Pacifique équatorial, contribue à des températures plus élevées partout dans le monde les années où il a lieu. Dans l'état des connaissances météorologiques au début du mois de , avant la canicule de juin, l'Organisation météorologique mondiale estime qu'il y a de fortes probabilités qu'un El Niño d'intensité moyenne ou forte soit en formation début 2026 et ait lieu à partir de l'été 2026[124],[125]. Cependant, à la fin de la canicule de juin, Météo-France calcule qu'El Niño n'y a encore joué aucun rôle, ce qui fait que le seul responsable est le réchauffement climatique[126].

Conséquences

Conséquences environnementales

La vague de chaleur de aggrave la pollution de l'air. En France, elle coïncide, dans plusieurs régions, avec un pic de pollution à l'ozone[20].

De nombreux feux de forêt éclatent en Europe, facilités par une végétation très sèche, comme ici à Peña Montañesa en Espagne, le 16 juillet 2026.

La chaleur augmente aussi les risques de feux de forêt[127]. En France, deux incendies se déclenchent le à Boussès et à Durance, dans le Lot-et-Garonne, et ravagent respectivement 88 hectares et 6 hectares avant d'être éteints par les pompiers[128]. En Allemagne, à Gohrischheide, le , un feu se déclenche dans une forêt où se trouvent des munitions de la Seconde Guerre mondiale, ce qui rend le feu plus difficile à maîtriser[129]. La troisième canicule, début juillet, exacerbe le risque d'incendies et donne lieu à un début de saison des feux de forêt particulièrement précoce au Portugal, en Espagne et en France[130]. Dans le nord du Portugal, un feu de forêt démarre le à Vouzela et dévaste au moins 13 000 hectares. En Espagne, un incendie survient le près de la Costa Brava et réduit en fumée environ 2 200 hectares avant d'être maîtrisé. Un important feu de forêt se déclare le en France près du mont Canigou, dans les Pyrénées-Orientales : il ravage plus de 4 500 hectares et provoque le déplacement de 10 500 personnes habitant le massif des Aspres et Ille-sur-Têt[130]. Un autre feu important se déclare en Gironde le 22 juillet[131]. En Espagne, plusieurs incendies importants se déclarent dans la région de Madrid fin juillet[132]. Une augmentation du nombre de feux de forêt est observée en France fin juin par rapport à la même période les années passées[50]. En date du 25 juillet, la France dénombre 312 feux de forêt pour le début de l'été 2026, un nombre en rapide augmentation depuis vingt ans, et compte au moins 71 700 hectares brûlés, un record en vingt ans[133]. En Grèce, on dénombre le environ 60 incendies, la plupart maîtrisés rapidement, le plus important ayant lieu à Thessalonique où un feu de forêt atteint deux usines[130].

Véhicules et bâtiments calcinés dans un camping à Canet-en-Roussillon après l'incendie du 2 juillet 2026.

En Suisse, la chaleur accélère le rythme de la fonte des glaciers, si bien que les glaces accumulées durant l'hiver 2025-2026 ont entièrement fondu d'ici le . C'est la deuxième année de fonte la plus rapide de ces glaciers depuis 2022[134],[135].

En Italie, le fleuve atteint un niveau historiquement bas pour cette période de l'année : le débit de l'eau passe, le , sous la barre des 300 mètres cubes par seconde, contre une moyenne de 1 500 m3/s en juin, selon l'Aipo, l'agence interrégionale de surveillance du Pô. Cela fait craindre une sécheresse précoce dès le début du mois de juillet, qui affecterait les cultures et la production du jambon de Parme[136].

En Belgique, les canicules amènent un début de sécheresse. En Wallonie, le niveau d'alerte est "relativement élevé" à la mi-juillet[137] et des restrictions d'eau sont mises en place et maintenus jusqu'à la fin juillet[138]. La région de Bruxelles passe au niveau jaune de vigilance sécheresse le 23 juillet[139].

En , le déficit pluviométrique a atteint environ 45 % à l’échelle du pays. Les sols sont historiquement secs dans de nombreux départements. L’eau disponible pour les sols est en déficit extrême de la Vendée à la Bourgogne, avec - 95 %. Il ne reste plus que 0,02 % d’eau sur les premiers mètres du sol à Paray-le-Monial[140].

Infrastructures

Plaque de la Bibliothèque interuniversitaire de médecine-ondontologie. En dessous affichette manuscrite annonçant la fermeture de la bibliothèque à cause de la chaleur.
Annonce de la fermeture d'une bibliothèque universitaire pour cause de forte chaleur le .
affichette en anglais et français « BHVP en raison de la canicule, la bibliothèque adapte temporairement ses horaires : ouverture 9 h fermeture 15 h Veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée. »
Adaptation des horaires en raison de la canicule à la Bibliothèque historique de la ville de Paris en .

Les températures élevées mettent les réseaux électriques sous pression : les câbles enterrés et les transformateurs surchauffent, entraînant des pannes de courant[141]. En France, dans le Finistère, plusieurs communes subissent des coupures d'électricité le par suite de l'explosion d'un transformateur de RTE sous l'effet de la chaleur[142]. Sur l'ensemble du territoire français, jusqu’à 106 000 foyers sont privés d'électricité[143]. D'autres coupures de courant sont causées par les orages qui ont lieu dans la nuit de samedi 27 à dimanche  : jusqu'à 56 000 foyers sont privés d'électricités pendant la nuit, dont 28 000 le sont encore dans la journée du dimanche[144].

Les fortes chaleurs affectent le système de refroidissement des centrales nucléaires. En France, le , EDF met temporairement à l'arrêt le réacteur numéro 2 de la centrale nucléaire de Golfech, en raison de la chaleur[145]. Trois jours plus tard, EDF met à l'arrêt le réacteur numéro 3 de la centrale nucléaire du Bugey ainsi que l'unité 1 de la centrale nucléaire de Nogent[146]. En Suisse, la centrale nucléaire de Beznau arrête provisoirement ses deux réacteurs le 26 juin[147].

La chaleur affecte également les centres de données informatiques (data centers). En France, le , l'hôpital de Dole, dans le Jura, est frappé par une panne informatique causée par la surchauffe de son centre de données, situé ailleurs en France, et qui abrite ses serveurs informatiques ; le plan blanc puis le dispositif ORSAN sont mis en place et la situation revient à la normale le lendemain[148].

Les infrastructures de transport sont également affectées. En Allemagne, fin juin, la Deutsche Bahn évoque des risques accrus liés à l'état des voies, des dispositifs de signalisation et des lignes électriques à cause de la chaleur, des feux de forêt et des orages ; elle adapte ses conditions d'annulation des billets sans frais pour la durée de la canicule[50]. En France, entre les 19 et , la chaleur provoque des pannes électriques dans plusieurs trains et la SNCF doit annuler 74 trains Intercités pour éviter des pannes de climatisation. Ces incidents sont liés en partie à la dilatation des rails et des caténaires sous l'effet de la chaleur. D'autres risques sont liés à l'ancienneté de certains modèles de trains, les Corail et les Intercités, qui ne sont pas équipés d'une climatisation adaptée aux périodes de canicule[149]. Cela entraîne des suppressions préventives de trains et parfois la restriction des horaires de circulation aux seules heures les moins chaudes de la journée[150].

D'autre part, 77 départements français subissent des restrictions d'eau à cause de la sécheresse, dont 16 « en crise »[151].

En France, les 25 et , les pompiers peinent à faire face aux nombreux appels[152]. Le préfet de police de Paris annonce le que les hôpitaux de la capitale sont saturés[153]. L'agence régionale de santé déclenche le plan blanc pour tous les hôpitaux le [152]. Les soignants dénoncent le manque de moyens des hôpitaux pour faire face aux fortes chaleurs, notamment l'absence de climatisation[154]. Ils évoquent le risque d'un manque de lits disponibles en cas d'autres fortes chaleurs durant l'été, les fortes chaleurs de fin juin ayant nécessité de reporter certaines opérations chirurgicales pour accueillir en urgence des patients affectés par la chaleur[155]. Le 26 juin, le gouvernement déclenche une commande de 30 000 climatiseurs destinés aux hôpitaux[156].

La canicule affecte également l'enseignement secondaire en raison des températures élevées relevées dans les établissements scolaires[157],[158]. En France, lundi 22 juin, 845 écoles et collèges sont fermés et 1800 autres doivent aménager leurs horaires en libérant les élèves en début d'après-midi[159]. Les syndicats de l'enseignement secondaire dénoncent le mauvais état du bâti scolaire et le manque de prévoyance, estimant que cela met en danger les élèves et les personnels ; ils appellent les personnels à user de leur droit de retrait ou de leur droit de grève si nécessaire[160]. Des mesures d'urgence locales sont prises : des barnums ou des tuyaux d'arrosage sont installés dans les cours de récréation, ou bien les élèves sont parfois accueillis hors des établissements scolaires, notamment dans des salles des fêtes, des mairies[161], des salles de concert ou des salles climatisées dans des stades[162]. En Belgique, des cours sont suspendus dans les écoles communales à Charleroi du 24 au 28 juin[163]. Au Royaume-Uni, où l'état du bâti scolaire le rend également vulnérable aux fortes chaleurs[158], 80 écoles ferment temporairement à partir du à cause la chaleur tandis que d'autres n'ouvrent leurs portes que le matin[164] ; le lendemain, plusieurs centaines d'écoles ferment dans l'ouest du pays[165],[166]. En Allemagne, dans plusieurs Länder, les écoles ferment dans le cadre du « congé de chaleur », le Hitzefrei, lorsque la température atteint un seuil fixé localement, par exemple 27 °C dans les classes en Rhénanie-du-Nord-Westphalie[167].

La durée de cette vague de chaleur a entraîné des vagues de chaleur marines « extrêmes », affectant le sud de la mer du Nord et certaines parties de la Manche, ce qui pourrait avoir des impacts potentiellement négatifs sur la vie marine[15].

Conséquences sanitaires

Les fortes chaleurs causent plusieurs types de décès. Des morts par noyade surviennent. Durant la canicule du mois de mai, au Royaume-Uni, au moins 15 personnes se noient en essayant de se rafraîchir[168]. De même, en France, 274 personnes meurent de noyade entre le 1er mai et le 15 juillet[169]. Il s'agit principalement d'enfants et d'hommes, souvent âgés d'entre 11 et 30 ans, qui se baignent dans un cours d'eau et sont emportés par le courant[170]. De jeunes enfants meurent d'hyperthermie après être restés enfermés dans des voitures exposées au soleil. En France fin juin, quatre nourrissons décèdent de cette façon[171]. Une autre décède en Allemagne[172]. Des décès par crise cardiaque sont également déplorés[51].

Les hôpitaux français, déjà dans une situation dégradée avec un manque de moyens et de personnel, se retrouvent très vite saturés. Les patients vivent dans des conditions difficiles, car la plupart des établissements de santé n'ont pas la climatisation[173]. Après sept jours consécutifs de canicule (où les températures restent élevées même la nuit, ne permettant pas de récupérer), de nombreux patients âgés ou à la santé fragile ne parviennent plus à résister à la chaleur ; des personnes jeunes sont également touchées[174]. Les décès dans les hôpitaux s'accélèrent, certains soignants évoquant un « point de basculement » atteint le [175]. En région parisienne, la hausse de mortalité entraîne une saturation des services funéraires le et des moyens provisoires supplémentaires sont mis en place[176]. En Belgique, le vendredi voit deux fois plus d'appels que d'habitude au numéro d'urgence 112 et les services de gériatrie sont saturés[177]. Au Royaume-Uni, une étude d'opinion menée le par YouGov pour Greenpeace indique que deux personnes sur trois ont perdu des heures de sommeil parce que la chaleur les empêchait de dormir, et que 44 % des personnes interrogées se sentaient en danger chez elles à cause de la chaleur[178].

Surmortalité

Un premier bilan tiré par l'Organisation mondiale de la santé estime qu'entre le 21 et le , 1 300 décès supplémentaires sont survenus en Europe à cause de la canicule[179]. En Espagne, entre le 21 et le , l'institut de santé Carlos III estime que 212 personnes sont mortes à cause de la chaleur[180] ; ce chiffre est mis à jour pour atteindre 327 morts entre le 21 et le [181]. En France, une première estimation de Santé Publique France indique qu'entre le 24 et le , la canicule a entraîné au moins 1 000 décès avec une hausse de l'ordre de 40 % des morts à domicile[182]. Ces décès touchent toutes les classes d'âge, bien que les personnes de plus de 65 ans soient davantage concernées. Ils ont lieu plus souvent dans les départements en vigilance rouge, et plus souvent à domicile que dans les hôpitaux ou les Ehpad[183]. Il semble que les Ehpad français n'aient pas enregistré de pic de décès, ce qui s'explique par la mise à disposition d'espaces climatisés depuis la canicule de 2003 durant laquelle un grand nombre de décès étaient survenus dans les Ehpad[183]. Un nouveau rapport de Santé publique France le estime qu'entre le 22 et le , au moins 2 025 décès supplémentaires, attribuables à la canicule, ont été enregistrés en France par rapport aux décès de la semaine précédente, ce qui représente une hausse de 29,1 %. Presque un tiers de ces décès supplémentaires ont eu lieu en Île-de-France, et les autres dans toutes les autres régions de France sauf l'Occitanie et l'Auvergne-Rhône-Alpes. Les décès à domicile ont augmenté de 91 %, les décès dans les Ehpad de 37 %, les décès à l'hôpital et dans les cliniques (public et privé confondus) de 19,7 %[184]. Les chiffres sont amenés à être réévalués à la hausse, car les décès dus à la chaleur se prolongent généralement pendant plusieurs jours ou semaines après la fin de l'épisode de chaleur[185]. Une estimation publiée par l'Agence France-Presse à la mi-juillet indique qu'environ 10 000 décès excédentaires sont survenus entre le 22 et le 28 juin dans sept pays d'Europe (France, Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, Suisse, Espagne)[186]. Le 22 juillet, Santé publique France revoit ses chiffres à la hausse et estime qu'entre le 17 juin et le 2 juillet, il y a eu en France 5 764 morts en excès par rapport à la normale, dont plus de la moitié entre les 25 et 27 juin, et a provoqué des décès dans toutes les classes d'âges à partir de 15 ans : la mortalité a augmenté de 29,6% chez les 15-44 ans (118 décès) et de 55,4% chez les 45-64 ans (979 décès en excès)[187],[188].

Santé publique France estime que 5 764 décès supplémentaires ont été enregistrés en France du 17 juin au 2 juillet 2026 soit une surmortalité de 30 % entre 15 et 44 ans, 55 % entre 45 et 64 ans, 37,5 % entre 65 et 74 ans et 33 % chez les 75 ans et plus[189]. La Belgique estime la surmortalité à 2 000 décès supplémentaires lors de la vague de chaleur du mois de juin et des premiers jours de juillet, soit une surmortalité de 48 %[190].

Une enquête de Greenpeace Italie et la Confédération générale italienne du travail le prévient que 1,5 million de travailleurs italiens sont menacés par les fortes chaleurs, en particulier les livreurs et ouvriers du bâtiment. Sur l'asphalte, la température peut monter jusqu’à 80 °C[191].

La santé mentale est également affectée par la chaleur. Les visites aux urgences psychiatriques et les tentatives de suicide sont plus nombreuses pendant les fortes chaleurs, et certains médicaments comme les antidépresseurs peuvent avoir des conséquences très néfastes sur la santé en cas de fortes chaleurs[192].

La canicule provoque également la mort de millions d'animaux d'élevage en France[193], particulièrement en Bretagne et en Pays de la Loire. Les autorités autorisent exceptionnellement l'enfouissement des cadavres, les services d’équarrissage étant saturés[194]. Les volailles, particulièrement à risque car elles n'ont pas la capacité de réguler leur température par la sudation[194], sont fortement touchées avec des pertes évaluées en millions d'individus[195]. D'une manière générale, les rendements agricoles sont attendus en baisse dans de nombreux domaines (élevage, lait, œufs, maraichage[196], baies, oléagineux et, dans une moindre mesure, céréales, vignes[197]).

Les animaux de compagnie sont également affectés par la chaleur : en France, le réseau 3115 Urgences vétérinaires signale une hausse des appels et de la mortalité durant la canicule[198]. Les animaux sauvages sont aussi fortement affectés. En France, pour la première fois, le , les centres de soin aux animaux sauvages sont débordés, par manque de personnel plutôt que par manque de place[199]. Les espèces les plus vulnérables sont les oiseaux nichant sous les toits, comme les martinets et les hirondelles, ainsi que les chauve-souris. Les oiseaux échassiers évoluant en plein soleil, comme les hérons, sont aussi affectés. La canicule étant survenue en période de nidification, elle met en danger les oisillons[200],[201].

En contrepartie, les piqûres de moustique ont diminué du fait de l'assèchement des points d'eau, des ventilateurs et du maintien des fenêtres fermées en soirée et début de nuit[202].

Conséquences sociales

Plusieurs fenêtres avec des protections type couverture de survie
Protection improvisée contre le rayonnement solaire à Paris en juillet 2026.

La chaleur affecte différemment les gens selon le logement occupé. En France, selon la Fondation pour le logement, une habitation sur deux enregistre des températures entre 27 et 30 °C durant les épisodes de canicule, ce qui en fait une « bouilloire thermique »[203]. Cela peut être dû à l'absence de protections telles que des volets ou des stores, ou à une ventilation insuffisante[204]. Les logements situés sous les toits (en étage) sont particulièrement exposés, notamment les petits appartements dits « chambres de bonne » dans des villes comme Paris. Les vagues de chaleur de mai et juin entraînent des conditions de vie particulièrement pénibles, imposant de vivre dans le noir tous volets fermés dès le matin, de faire tourner ventilateur ou climatiseur en permanence ou de déplacer son lit dans le salon quand la chambre est trop chaude[205]. Leurs occupants sont parfois contraints d'aller se loger provisoirement chez des amis, ou de louer des nuits d'hôtel[206]. Les usagers des réseaux sociaux y partagent leurs idées et ont recours à l'humour pour garder le moral[207],[208].

Les personnes qui n'ont pas la possibilité de quitter leur domicile ou dont le lieu de travail n'est pas équipé correctement ont recours à des expédients variés pour limiter la chaleur ou pour se rafraîchir. Certains utilisent du blanc de Meudon, poudre à base de craie capable de réfléchir la lumière, et dont on badigeonne les vitres pour limiter la hausse de température à l'intérieur. En France, cela entraîne une rupture de stock de cette substance à certains endroits le [209],[210]. Certains personnels apportent leurs propres ventilateurs sur leur lieu de travail afin de le rafraîchir et de pouvoir travailler, ce qui soulève des problèmes juridiques dans les établissements publics, où l'utilisation d'appareils électriques est cantonnée aux équipements fournis par la ville, qui doit s'assurer de leur bonne qualité pour éviter les accidents[211].

Les conditions de travail se détériorent en cas de fortes chaleurs, mais tous les métiers ne sont pas affectés au même point. Les personnes travaillant en extérieur (ouvriers du bâtiment, livreurs...) sont particulièrement affectées[212], ainsi que celles qui travaillent à proximité d'appareils produisant de la chaleur, comme dans les usines automobiles[213].

Les détenus des prisons françaises sont très exposés en raison du mauvais état du bâti pénitencier, ancien et inadapté aux fortes chaleurs, et à la surpopulation carcérale[214].

Les personnes sans-abri sont particulièrement exposées aux fortes chaleurs, autant que pendant les grands froids : 30 % des décès de sans-abris ont lieu pendant l'été[215],[216]. Les sans-abris recherchent la fraîcheur dans des parcs, aux douches municipales ou dans les médiathèques climatisées[217].

Conséquences économiques

Les fortes chaleurs entraînent des conséquences globalement négatives sur la croissance économique[218]. Selon une étude menée par des chercheurs pour le groupe d'assurances Allianz et parue en , les canicules ont un impact négatif sur l'économie européenne au point de former un « risque économique structurel »[219]. En effet, au-delà de 30 °C, la gêne liée à la chaleur entraîne une perte de productivité tandis que les dépenses nécessaires pour s'adapter à la chaleur, en particulier pour refroidir bâtiments et appareils, augmentent fortement[219]. En Belgique, chaque degré supplémentaire entraîne une chute de productivité d'environ 2 %, selon un chercheur de l'UCLouvain[220].

Certains secteurs du commerce, liés aux produits dits « météo-sensibles », connaissent de fortes progressions, qui ne compensent pas le ralentissement global[218]. C'est notamment le cas des produits surgelés, dont les glaces, mais aussi les aliments qui peuvent se consommer frais, comme les fruits et les salades. ; les crèmes solaires et les insecticides sont également recherchés[218]. Les ventilateurs et les climatiseurs se vendent plus vite depuis la fin du mois de mai[221],[222]. Il y a en juin des ruptures de stock de ventilateurs et de climatiseurs dans plusieurs régions en France[223] et en Belgique[224]. Au Royaume-Uni, la vente au détail augmente d'1,2 % pendant la canicule du mois de mai par comparaison au mois d'avril, en particulier les ventes de ventilateurs et de piscines gonflables[225]. La fréquentation des salles de cinéma en France augmente fortement, avec +70 % dimanche alors que la fête de la musique occasionne d'habitude une baisse de fréquentation[226], et une augmentation de 50 % du nombre de tickets de cinéma vendus entre les 17 et par rapport à la même période l'année précédente[227]. Cette augmentation s'explique par la climatisation des salles de cinéma, qui en fait des refuges pour les gens qui souffrent de la chaleur[228]. À l'inverse, les boutiques de textile prêt-à-porter souffrent de la chaleur, qui n'incite pas la clientèle à venir faire des achats en magasin[218].

Les analyses de la fréquentation touristique amènent à déceler les signes de la mise en place, au milieu des années 2020, d'un « tourisme de la fraîcheur » ; en France, en , il amène les habitants des régions du Sud à chercher le frais dans des régions moins affectées par la chaleur, comme les Hauts-de-France[229],[230].

La sécheresse « historique » à laquelle est confrontée la France se traduira par des coûts supérieurs aux 5,6 milliards d’euros estimés pour celle de 2022[231]

Couverture médiatique

Selon une enquête de Tagaday, les mots « canicule » et « climatisation » n'ont, depuis 2014, jamais été autant employés dans les médias français qu'en [232]. Les médias mettent beaucoup en avant les records de température, qui constituent des indicateurs objectifs et factuels du dérèglement climatique et permettent d'effectuer des comparaisons d'une canicule ou d'une vague de chaleur à l'autre. La comparaison avec les moyennes de saison et l'impact sur la santé sont également souvent évoqués[233],[234].

Les débats publics ont porté sur l'adaptation au changement climatique, les objectifs de zéro émission nette et le rôle de la climatisation en Europe, où cette technologie est beaucoup moins utilisée qu'en Chine et aux États-Unis[réf. nécessaire].

Réponses institutionnelles et politiques

Plans canicule

Le , la Belgique déclenche une alerte canicule nationale[235] de niveau orange[236]. Une alerte rouge est émise pour les 24 et par les autorités sanitaires du Royaume-Uni (la deuxième dans l'histoire du pays)[236]. En Italie, 18 villes sont placées en vigilance rouge, notamment Rome, Milan, Florence et Turin[237]. Les Pays-Bas sont en alerte rouge le , la première fois de leur histoire[238].

Le , le Premier ministre français Sébastien Lecornu annonce l’activation du niveau 2 du dispositif ORSAN, une première à l’échelle nationale[239]. D’après le ministère de la Santé, ce dispositif a pour objectif « d’organiser la réponse du système de santé face aux situations sanitaires exceptionnelles »[239]. Deux jours plus tard, le , Sébastien Lecornu annonce l'activation du niveau 3 du dispositif ORSAN EPI-CLIM[240]. Le plan blanc est décrété en Île-de-France le 26 juin[241].

Emmanuel Macron appele à « rester unis » et à « se battre pour gagner la bataille » contre le feu, tout en reconnaissant qu’il faut « rester humble » et que « les semaines à venir seront dures ». « On ne fait pas le retour d’expérience en plein milieu de la bataille. On reste unis et on se bat pour gagner la bataille partout »[242].

Emmanuel Macron préside une cellule interministérielle de crise consacrée aux incendies le [243].

Le président français Emmanuel Macron a réaffirmé le plein engagement de l’État pour faire face à la saison exceptionnellement intense de feux de forêt sur le territoire national[244].

Annulations et report d'événements

Arrosage public à Cologne, en Allemagne, le .

De nombreux événements doivent être reportés ou annulés au mois de juin[245]. En France, environ 5 000 élèves de lycées voient leurs oraux du baccalauréat reportés de quelques jours en raison de la chaleur[246]. Un report des épreuves du diplôme national du brevet est envisagé mais pas acté[247]. Une partie des événements prévus pour la Fête de la musique le ne peut pas avoir lieu[248]. Plusieurs marches des fiertés sont reportées ou annulées : celles de Paris et de Lyon, prévues initialement pour le samedi , sont reportées au mois de septembre[249]. L'édition 2026 du festival de musique Solidays, qui devait commencer le 26 juin, est annulée[249]. En Belgique, une reconstitution de la bataille de Waterloo est annulée[238]. Aux Pays-Bas, le festival de musique Defqon.1 est annulé[250]. En Allemagne, des événements sportifs comme le semi-marathon de Hambourg et la course de l’Ironman de Francfort sont annulés[51].

La canicule de début juillet affecte également les événements publics. En France, la préfecture des Pyrénées-Orientales organise l'étape locale du Tour de France le à huis clos en raison d'un feu de forêt déclaré à 70 kilomètres de l'arrivée de l'étape, aux Angles, qui présente un risque pour le public qui se serait massé au bord de la route[251]. Certains feux d'artifice prévus pour la fête nationale française sont annulés afin de limiter les risques de départs de feu[252].

Mesures sanitaires

Message d'avertissement « Canicule niveau rouge » dans le métro parisien, le 13 juillet 2026.

Des dispositifs d'alerte canicule préexistants sont activés dans plusieurs pays d'Europe. En France, la vigilance météorologique de Météo-France a été créée en 2001 et le système d'alerte canicule et santé, fin 2003. En Allemagne, des points d'eau et des dispositifs de rafraîchissement sont mis en place dans les espaces publics afin que tout le monde puisse se rafraîchir[55]. En Pologne, où la chaleur arrive le week-end des 27-, le gouvernement envoie des conseils à la population par sms[129].

En France, le , en raison de victimes à Paris et de la saturation des services de santé, des interdictions de la consommation d’alcool sur la voie publique sont prononcées dans les départements placés en vigilance rouge canicule[253],[254].

En France, le ministère du Travail renforce au mois de juin les contrôles opérés par l'inspection du Travail pour s'assurer que les entreprises prennent les mesures attendues durant la canicule. Environ 1 400 contrôles ont lieu en moins d'un mois et 75 entreprises reçoivent des mises en demeure[255].

Des mesures d'accueil des sans-abris sont mises en place. À Paris, où 3 800 sans-abris ont été recensés lors de la Nuit de la solidarité en 2026, la préfecture de police annonce l'ouverture de 100 places d'hébergement d'urgence supplémentaires, pour une capacité totale d'accueil de 427 places[215]. À Lille, la mairie accueille des élèves dans la journée et des sans-abris la nuit[256].

En France, en raison de l'état du bâti des mosquées, l'Union des mosquées de France adresse des recommandations aux présidents de mosquées visant à adapter la prière du vendredi afin d'assurer la sécurité des fidèles, en abaissant la jauge maximale d'accueil ou en raccourcissant la durée des prêches[257],[258].

En Hongrie, le , le gouvernement mobilise l'armée pour procéder à des distributions de milliers de bouteilles d'eau lors d'événements publics dans les petites villes[51].

Plusieurs institutions adaptent leurs codes vestimentaires. En France, à l'Assemblée nationale, la conférence hebdomadaire des présidents des groupes parlementaires autorise, dans la semaine du , les députés à retirer leur veste dans l'hémicycle dont le système de climatisation est à la peine[259],[260]. En Allemagne, la Philharmonie de Berlin autorise les musiciens à ôter leurs vestes et à retrousser leurs manches par 41 °C[51].

Le gouvernement envisage des mesures exceptionnelles pour sécuriser l’accès à l’eau potable[261].

Réactions

En 2025, Oxfam dénonçait les atermoiements du gouvernement concernant MaPrimeRénov’ en rappelant : « Les passoires et bouilloires thermiques coûtent cher »[262].

Le climatologue Jean Jouzel dresse un « cinglant bilan écologique du président »[263] Emmanuel Macron : « Le Président a entubé tout le monde »[264]. Selon lui, le pays manque « d'un décideur politique qui ait une vision à long terme »[264].

Pour le climatologue Christophe Cassou, nous allons vers des canicules « FLIP » (fréquentes, longues, intenses, précoces). « On n'est pas capable de s'adapter sans casse » à la trajectoire de réchauffement actuelle. Nous sommes dans un « déni de responsabilité et un déni de vulnérabilité »[265].

Notes et références

Voir aussi

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