Castillonnais (cheval)

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Le Castillonnais, ou cheval de Castillon, est une race de petits chevaux de selle montagnards et rustiques d'origine française, qui doit son nom au village de Castillon-en-Couserans et à la région du Castillonnais, en Ariège. Connu et décrit au début du XXe siècle, ce petit cheval a failli disparaître en parallèle de l'adoption croissante de la motorisation, entre autres par le croisement avec des chevaux de trait. Il est sauvegardé de justesse par quelques éleveurs durant les années 1980 et 1990. Reconnu par les Haras nationaux en 1996, il reste à faible effectifs. Une association d'éleveurs et le haras national de Tarbes se mobilisent pour sauvegarder et préserver cette race.

RégionAriège, Drapeau de la France France
Taille1,35 à 1,55 m
Faits en bref Région d’origine, Région ...
Castillonnais
Castillonnais bai bâté à la foire agricole de Tarascon-sur-Ariège, 2025.
Castillonnais bai bâté à la foire agricole de Tarascon-sur-Ariège, 2025.
Région d’origine
Région Ariège, Drapeau de la France France
Caractéristiques
Morphologie Cheval de selle
Registre généalogique Oui (1996)
Taille 1,35 à 1,55 m
Robe Bai-brun ou bai foncé
Tête Profil rectiligne ou concave
Pieds Larges, corne noire et dure
Caractère Frugal, agile, résistant à l'effort
Autre
Utilisation Randonnée équestre, attelage
Fermer

De robe bai-brun ou bai foncé, il est très proche du Mérens avec lequel il partage de nombreuses caractéristiques, mais nettement moins connu. C'est un bon cheval de loisir qui peut être monté en randonnée et attelé avec succès. Il vit principalement à l'extrémité sud-ouest de l'Ariège, dans les Pyrénées, dans un terroir éponyme caractérisé par la vallée du Lez, près de Saint-Girons. Son élevage s'est étendu à d'autres régions de France, notamment en Franche-Comté.

Dénomination

Le Castillonnais doit son nom à la ville ariégeoise de Castillon-en-Couserans, en raison des foires et des marchés où ce cheval se vendait[1]. Il est également appelé « cheval de Biros » et « Saint-Gironnais », en référence à la vallée du Biros et à la ville de Saint-Girons, en Ariège[2], capitale du Couserans, où une grande foire aux chevaux se déroulait le lendemain de la Toussaint[3]. Il peut aussi être nommé « Ariégeois de Castillon »[4],[5],[6], « Montagnol », ou « cheval des Pyrénées », dans une autre vallée[1].

Histoire

Origine

Comme tous les chevaux domestiques modernes, il provient de la lignée dite DOM2, qui a émergé dans les steppes eurasiennes vers 2 200 à 2 000 ans av. J.-C. selon une vaste étude génomique publiée dans Nature[S 1].

Avec le Mérens, le Pottok, le Landais et les chevaux pyrénéens en général, le Castillonnais est souvent décrit comme un descendant des chevaux sauvages très anciens qui ont inspiré les peintures magdaléniennes comme celle de la grotte de Niaux[W 1],[7],[W 2],[8], malgré l’inadéquation entre cette idée et le consensus scientifique[Note 1].

Selon la légende, ce cheval viendrait de Grèce, tout comme le costume traditionnel des Bethmalais qui se sont installés dans la même vallée[W 1]. C'est un certain Jouanissou qui l'aurait ramené avec lui[W 1]. Au cours du XVIIe siècle, cet homme serait revenu de Grèce après y avoir fait fortune, rapportant des chèvres, des juments, des étoffes et des femmes[W 1]. Une légende locale similaire rapporte que François Ier chevauchait un animal « du Biros » lors de la bataille de Pavie, en 1525[W 1].

Au fil du temps, des croisements ont lieu principalement avec des chevaux ibériques[7],[9], cependant l'isolement limite les échanges de reproducteurs[10]. En effet, le berceau d'origine de ces chevaux est limitrophe d l'Espagne, loin des grands axes de circulation[10].

Du XIXe au XXe siècle

En 1861, Eugène Gayot et Louis Moll font l'éloge des chevaux pyrénéens pour les usages de la cavalerie légère, malgré leur physique qu'ils jugent ingrat :

« Le cheval pyrénéen de l'Ariège offre le type très accusé du cheval de montagne. Il a bien des raisons pour cela. En effet, il vit six mois de l'année sur des plateaux herbeux, élevés à 1 000 mètres d'altitude et plus au-dessus du niveau de la mer. Il y acquiert une grande agilité, beaucoup d'adresse, une merveilleuse sûreté dans la pose du pied, un tempérament robuste, une santé à toute épreuve, une ardeur infatigable. C'est le bénéfice d'une existence indépendante, plus sauvage que domestique. [...] On n'apprécie bien les chevaux de l'Ariège qu'après en avoir usé ; mais alors on est étonné de la dépense d'énergie dont ils sont capables, de la dureté qu'ils montrent au travail le plus fatigant et le plus durable. Leur réputation est faite dans les régiments de cavalerie légère ; ils y ont une excellente renommée, due aux bons services qu'on en obtient[11] »

À partir de la fin du XIXe siècle, le Castillonnais est croisé avec le Breton, ce qui accroit sa taille et sa puissance[10]. Ce cheval est étudié en 1908 par l'hippologue et président de la Société d'agriculture de l'Ariège Gabriel Lamarque, qui met en valeur la population chevaline autochtone[W 3]. Il décrit un effectif de juments très homogène, hautes d'1,40 m, de couleur bai-brune ou noire[12].

Le Castillonnais est utilisé pour la remonte militaire, pour tirer des diligences et par les paysans pour réaliser divers travaux agricoles[W 3],[6],[13],[P 1]. Contrairement au Mérens, soutenu par un syndicat d'élevage efficace et puissant qui le fait bénéficier du « phénomène poney », le Castillonnais n'est pas reconverti dans les années 1970[7],[14]. Ses effectifs diminuent jusqu'à sa reconnaissance officielle[7]. Le Castillonnais a failli disparaître en raison de croisements d'absorption avec des races lourdes, victime du dépeuplement de l'Ariège et de la perte de ses utilisations traditionnelles dans l'armée, l'agriculture et les transports, en résultante de la motorisation[7],[14],[8]. Dans Savage Frontier, Matthew Carr cite parmi les autres causes de la quasi-extinction des races de chevaux locales pyrénéennes la chasse, la construction de routes et de stations de ski, jusqu'à une prise de conscience à la fin du XXe siècle, qui mène à la création de programmes de sauvegarde[15]. Durant les années 1980, il ne reste qu'une cinquantaine de juments[6]. Olivier Courthiade, l'un des éleveurs investis pour sa préservation, déclare que la cause principale d'absence de reconnaissance de la race est d'ordre administratif[P 2].

Actions de sauvegarde

Dans une stabulation paillée d'un hall d'exposition, un cheval bai se tient de dos de trois-quart, la tête vers un autre congénère au fond.
Cheval Castillonnais au salon SISQA (agroalimentaire et agricole) de Toulouse en 2009.

Le conservatoire du patrimoine biologique régional de Midi-Pyrénées s'investit en faveur de cette race locale[S 2], en l'inscrivant à un programme de conservation génétique dès 1991[S 3]. L'Association pyrénéenne ariégeoise du cheval castillonnais (future « Association nationale du cheval castillonnais d'Ariège Pyrénées », ANCCAP) est créée l'année suivante, en 1992, avec le soutien du Haras national de Tarbes, du conseil général de l'Ariège et du conseil régional de Midi-Pyrénées[S 4],[W 4]. Cette même année, le haras de Tarbes chargé de relancer la race effectue un comptage, et acquiert un étalon Castillonnais[16].

En 1996, date de création de son registre généalogique[2],[17],[13],[W 4],[Note 2], le Castillonnais est reconnu officiellement comme « cheval de sang » par le ministère de l'Agriculture[W 1] grâce aux efforts de quelques éleveurs[7],[6]. Il est intégré aux races de chevaux dont les éleveurs peuvent bénéficier de la « Prime aux races menacées d'abandon » (PRME), mise en place en France en 1997, d'un montant de 100 à 150 € en 2004[P 3].

En 1998, l'ANCCAP indique que 180 chevaux sont recensés[W 5] ; cette même année, le Castillonnais est référencé par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO)[18]. Une thèse caractérisant sa morphologie est publiée par le docteur en médecine vétérinaire Arnaud Roncière[S 5]. Environ 20 élevages sont dénombrés en Ariège en 1999, quelques-uns dans l'Aude et les Pyrénées-Orientales, pour une quarantaine de juments saillies et 7 étalons en activité, tous privés[16]. Les Haras nationaux recensent ensuite un effectif d'environ 200 chevaux en 2002[P 4]. En 2005 et en 2011, l'ANCCAP reçoit des subventions du conseil général pour réaliser sa mission de sauvegarde[P 5].

Description

Dans une carrière d'exposition, un cheval bai brun de profil se déplace au trot monté par une jeune fille les cheveux détachés.
Castillonnais bai-brun monté au trot au Salon international de l'agriculture de 2013, Paris, France.

C'est un cheval de montagne rustique, que ses éleveurs recherchent d'extérieur harmonieux, typé selle de taille moyenne, avec de l'os, des allures amples et un caractère facile et sûr[14],[W 6]. Le Castillonnais est bien proportionné[19].

Morphologie

La race castillonnaise est restée peu homogène pendant sa reconstitution[7]. Il est très proche du célèbre cheval de Mérens, dont il ne diffère que par la couleur de robe[W 1],[6],[13]. Certains représentants de la race ont « du sang », avec une allure générale proche des chevaux ibériques[7]. Les tissus sont recherchés fins et soyeux[W 7]. La morphologie est généralement « près de terre »[7].

Photographie d'un cheval marron et noir, légendée
Morphologie du Castillonnais.

La fourchette de tailles va de 1,35 à 1,55 m[6],[14], avec une moyenne estimée à 1,45 m selon le Guide Delachaux (2016)[6], alors que Ravazzi estime cette taille de 1,50 à 1,55 m[8], et Daniel Babo de 1,35 à 1,47 m[19]. La base de données DAD-IS indique cependant une moyenne de 1,40 m[2]. Au contraire, Guillaume Henry estime que la fourchette de taille va de 1,50 à 1,55 m[13]. Le poids va de 450 à 550 kg[14].

Tête

La tête est longue[6] et proportionnée au corps[19]. Son profil est rectiligne ou concave (camus)[6], le plus souvent droit[19]. Le front est large[6],[14] et plat[20],[19]. Les yeux sont recherchés d'expression douce, soulignés par des arcades sourcilières légères[14]. Les naseaux sont ouverts[19].

Les oreilles sont petites[19] et plutôt courtes, très poilues à l'intérieur et bien dessinées[14].

Avant-main, corps et arrière-main

L'encolure est recherchée moyennement longue, bien orientée (sans forme renversée dite de cerf), et dotée d'une attache légère avec la tête[14], une encolure courte étant sanctionnée[W 7]. L'épaule est recherchée relativement longue et inclinée[14], mais elle est souvent droite[19]. Le poitrail est bien ouvert[W 7],[8] et profond[8]. Le garrot, généralement peu sorti[6], doit être relativement sorti et se prolonger vers l'arrière[14],[W 7]. Le dos est large[6],[8] et bien soutenu[14],[W 7], souvent long[19]. Les flancs sont recherchés pleins et descendus, avec des côtes de forme ogivale[W 7].

Le rein est recherché bien attaché, large et musclé[14],[W 7]. La croupe est ronde[6],[20],[19] et simple (non-double)[14], une croupe double, tranchante ou courte étant sanctionnée[W 7].

Membres et crins

Pieds d'un cheval roux et noir, vus de dessous.
Membres du Castillonnais.

Les avant-bras sont recherchés musclés, et les cuisses bien descendues[W 7]. Les membres sont recherchés solides, bien articulés et trempés[14], avec des genoux larges[19]. Ils tendent à être relativement épais[8]. Les jarrets sont souvent clos[19]. Les pieds sont larges, dotés d'une corne noire[14],[6], très dure[19].

Comme chez le Mérens, les crins sont drus, rêches, abondants et parfois crêpelés (forme ondulée)[14],[6]. La crinière peut être simple ou double, mais elle est préférée simple[14],[W 7]. La queue est très longue et recouvre le plus souvent entièrement les membres postérieurs[19].

Robe

Ce cheval peut avoir deux couleurs de robe, le bai foncé ou le bai-brun[6],[14],[13],[9],[W 8],[8]. Le bai-brun (administrativement : « noir pangaré ») est la plus recherchée, avec des marques à feu sur les flancs et un « nez de renard »[20],[14]. On trouve aussi le bai foncé, avec les mêmes marques[6]. Chez les animaux prétendant à une inscription au registre généalogique à titre initial, la robe baie uniforme est interdite[W 7]. Elle est tolérée chez des animaux issus de parents eux-mêmes Castillonnais[W 7].

Il possède souvent des reflets miroités[7]. Des variantes peuvent apparaître avec les saisons[20],[14], mais toutes les autres couleurs de robes sont exclues par le standard de la race[W 9]. Un poulain qui naît noir ou plus généralement d'une autre robe que bai et bai-brun est exclu de la race castillonnaise[W 8].

L'organisme CAB International indique à tort (en 2002 et en 2020) que l'alezan serait une robe autorisée[4],[5],[Note 3].

La taille des marques blanches doit être limitée à un petit en-tête et une seule petite balzane[W 7].

Tempérament

Le Castillonnais est réputé frugal, agile, résistant à l'effort et de caractère facile, grâce à la sélection effectuée par les paysans ariégeois[W 1],[6],[13]. Lætitia Bataille le décrit comme vif et plein de personnalité[7]. Familiarisé à la montagne dès son plus jeune âge, il possède un pied sûr[20],[21]. Il résiste à la fois aux intempéries pyrénéennes et à la chaleur[10].

Sélection

Logo représentant la tête d'un cheval bai de profil entouré d'un fond rond bleu et vert au-dessus duquel est marqué « le Castillonnais ».
Logo de l'Association Nationale du Cheval Castillonnais d'Ariège Pyrénées (ANCAPP).

L'Association nationale du Cheval castillonnais d'Ariège Pyrénées (ANCAPP) a pour but de valoriser cette race[W 5],[W 4]. Son siège se trouve historiquement dans la mairie de la commune de Castillon-en-Couserans[S 4]. Elle organise un marché-concours annuel au mois d'août, à Castillon-en-Couserans, où les meilleurs chevaux reproducteurs sont classés, comparés, et primés[W 5]. Chaque année, cette association élit un champion de race qui représente ensuite le Castillonnais lors des grandes manifestations équestres[W 10]. Olivier Courthiade signale l'existence passée d'un syndicat de producteurs d'équidés du Courseran qui incluait des éleveurs de Castillonnais, mais n'a pas perduré[22].

En 2014, l'ANCCAP compte une soixantaine d'adhérents[P 6]. Un plan de gestion génétique a été adopté en collaboration avec l'INRA et le haras national de Tarbes, permettant de garder de jeunes mâles entiers et d'augmenter la taille de la jumenterie[23]. En 2023, après le décès du président historique de l'association Laurent Levoyer, c'est Sylvain Salaméro qui reprend la présidence de l'ANCAPP[P 7],[P 8]. Ce dernier modifie les critères du registre généalogique afin d'autoriser les chevaux issus d'un croisement avec le Mérens, et d'augmenter ainsi la diversité génétique, en modifiant la sélection initiale qui visait au contraire à distinguer le plus possible le Castillonnais du Mérens[P 7]. L'ANCAPP recommande aussi aux éleveurs de monter leurs chevaux à l'estive durant l'été[W 11]. L'insémination artificielle est utilisée pour la reproduction vers des régions éloignées du berceau de race, mais elle est réputée peu efficace, avec 20 % de succès cités en presse locale en 2023[P 9].

Les éleveurs de Castillonnais établis en France peuvent recevoir des primes agri-environnementales destinées aux races menacées d’abandon (PRM)[W 5]. Historiquement, les Castillonnais étaient marqués sur la cuisse au fer rouge, d'une marque représentant le sabot pointu de Bethmale[14]. Les éventuelles maladies génétiques touchant le Castillonnais ne sont pas connues, dans un contexte où le cheval de Mérens compte des membres souffrant de myopathie à stockage de polysaccharides de type 1[21]. Depuis 2017, les étalons stationnés en France doivent être dépistés de la métrite contagieuse, de la grippe et de la rhinopneumonie[21].

Utilisations

La race est apte à l’utilisation aussi bien montée qu'attelée, dans le domaine des loisirs comme des activités rurales[6],[2],[W 12]. Le Castillonnais est adapté à l'équitation de loisir sous toutes ses formes[6], pouvant être monté par des adultes comme par des enfants[2]. Malgré sa taille réduite, ses performances de portage sont comparées à celles des mulets[6],[10]. Ce petit cheval permet d'emporter des vivres et du matériel dans des cabanes de berger autrement seulement accessibles par hélicoptère[P 10]. Diverses activités de tourisme équestre avec des Castillonnais se sont développées dans la région ariégeoise[W 1].

Oli de Carbouneros, champion de la race en 2005, a reçu le trophée Senior au salon Equita'Lyon de 2010, en se classant second sur un parcours testant son mental[P 11]. Le Castillonnais peut être monté en voltige en cercle, et pour pratiquer toutes les disciplines équestres classiques à petit niveau, telles que le saut d'obstacles, le dressage et le concours complet d'équitation[21],[W 12].

Il est aussi utilisé à l'attelage et à la traction[W 1],[2],[W 12]. Durant les étés 2012, 2013 et 2014, Oyez, un cheval territorial Castillonnais, tracte le véhicule de collecte des déchets en carton à Saint-Girons, mené par Fabrice Bourianne[P 12],[P 6],[P 13] ; cette activité est reconduite et perdure en 2015, servant de modèle à une initiative similaire à Saint-Gaudens[P 14]. En 2022, une paire de Castillonnais est testée avec succès à la traction d'une roulotte par François Guamis, vice-président de l'ANCCAP[P 15]. Durant l'été 2023, des navettes d'attelage gratuites de Castillonnais sont mises en place pour emmener qui le souhaite vers le marché de Saint-Girons[P 16].

Quatre juments castillonnaises sont accueillies en 2015, avec leurs poulains, à la maison du Parc naturel régional Pyrénées Ariégeoises de la ferme d'Icart[P 14]. Le Castillonnais est en effet parfaitement adapté aux pratiques d'écopastoralisme[21],[W 12].

En 2007, un Castillonnais est employé au ski joëring dans la station de sports d'hiver de Guzet, dans les Pyrénées[P 10],[P 6]. L'un de ces animaux a été monté par Laurent Gallinier de la troupe Andjaï, qui a effectué avec lui un spectacle de voltige cosaque pendant le seizième marché-concours de la race cette même année[P 10],[P 17]. L'agriculteur de montagne Daniel Le Coutour d'Antras, qui ne travaille qu'avec la traction animale, a fait une démonstration de débardage réussie avec le cheval Embrun lors de ce même marché-concours[P 10],[P 17].

Enfin, le Castillonnais est jugé excellent pour l'accompagnement thérapeutique (équithérapie)[P 6],[W 12].

Historiquement, les juments castillonnaises étaient parfois hybridées avec l'Âne des Pyrénées, pour donner naissance à la mule des Pyrénées[24].

Diffusion de l'élevage

Photographie de la tête d'un cheval marron et noir monté par une jeune femme costumée.
Castillonnais monté à la Foire agricole de Tarascon-sur-Ariège en 2025.

En 2006, 52 juments Castillonnaises ont été saillies, dont 47 pour donner un poulain de cette race, par l'un des sept étalons en activité[25]. En 2014, une estimation d'effectifs à moins de 400 chevaux est transmise à la FAO[2]. L'élevage a souffert des annulations de concours pendant la pandémie de Covid-19 en France[W 13]. En 2021, la FAO recense 603 individus sur la base DAD-IS[2], l'estimation de l'année suivante transmise à la presse locale donnant un cheptel compris entre 500 et 600 chevaux, essentiellement réparti entre l'Ariège et la Haute-Garonne[P 18].

Davantage d’informations Année, Estimation FAO (DAD-IS) ...
Année Estimation FAO (DAD-IS)[2] Estimation ANCCAP Estimation CAB International
1998 180[W 5]
2002 ~ 200[P 4] pratiquement éteint [4]
2008 > 360[W 5]
2014 < 400 ~ 500[P 19]
2018 528
2020 576 pratiquement éteint[5]
2021 603
2022 733[P 7]
Fermer

Il est toujours classé comme une race de chevaux d'origine française[26], notamment dans le programme des Galops (édition 2019)[27]. En 2010, le Castillonnais est référencé comme race locale française par la FAO, alors sans avoir fait l'objet d'une évaluation de son niveau de menace[W 14]. En 2023, il est décrit par l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE) comme une race chevaline française menacée d'extinction[P 20], à la suite d'une étude qui croise les critères définissant une race menacée selon la FAO avec la taille de la population selon les données du registre généalogique[W 15]. Son statut dans DAD-IS (en 2025) est celui de race locale indigène de France en danger d’extinction, faisant l'objet de mesures conservatoires[2].

L'essentiel des éleveurs se trouve dans le berceau de la race, en région Occitanie, et plus précisément dans les zones de montagne autour de Castillon-en-Couserans, en Ariège[2]. En 2013, l'élevage de cette race s'étend à la Bretagne[P 21], et en 2016, à la Franche-Comté[23]. En 2024, des propriétaires de Castillonnais sont référencés en Corse et en Allemagne[W 13]. Cette même année, le seul élevage de Claude Marconot, à Champagney, compte une quinzaine de chevaux de cette race élevés avec des Vosgiennes[P 22],[P 23].

Le Castillonnais est invité d'honneur au concours national du cheval de trait Comtois à Maîche, en septembre 2025[P 24].

Dans la culture

Vu de face, un cheval marron et noir dans une stalle paillée
Excalibur, Castillonnais représentant la race au Salon international de l'agriculture de 2019.

Moins connu que le Mérens[6],[P 25], le Castillonnais est fréquemment confondu avec ce dernier[28],[3]. Il est régulièrement présent à Equita'Lyon et au festival Equestria de Tarbes[W 4], notamment en 2009[P 26] et 2011[P 27]. La route de l'ardoise, organisée en 2011 par l'association Autrefois le Couserans avec des chevaux castillonnais, des mules et des ânes, rappelle le rôle historique joué par ces animaux pour transporter des matériaux[P 28]. Le Castillonnais est présent toute l'année à l'écomusée d'Alzen, qui s'investit dans la sauvegarde des savoir-faire paysans[29].

Ce cheval est régulièrement présenté au Salon international de l'agriculture[W 4]. L'étalon Vé t'Aqui d'Autet, champion suprême Castillonnais en 2012, représente l'Ariège lors du cinquantième Salon[P 7]. En 2014, c'est au tour de l'étalon Viktor d'Equivita, champion suprême de 2013 élevé par Charles et Freïa à Espezel[P 29]. En 2019, c'est l'étalon Excalibur, élevé dans la Haute-Saône par Claude Marconot, qui est montré à Paris[P 30]. En 2020, la jument Samba élevée par Morgane Boutin aux écuries du Chot, à Escosse, est choisie en compagnie des champions suprêmes de 2013 et de 2019, Viktor d'Equivita et Éveil d'Equivita[P 31],[P 32]. Pour l'édition de 2024, c'est l'étalon Kleos du Serroux, élevé par Claude Marconot, qui représente la race[P 33],[P 23], ce qui en fait alors le seul cheval de Haute-Saône sélectionné pour ce salon[P 34]. En 2025, l'étalon Laouzeto de Leyane est attelé et mené par Didier Dupuy, apparaissant en plus du salon dans les rues de Paris, et sous la tour Eiffel[P 35].

Notes et références

Annexes

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