Landais (cheval)
race de chevaux
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Poney des barthes, Barthais
Ninja du Cassou, Landaise bai-brune de 11 ans, dans son pré en 2012. | |
| Région d’origine | |
|---|---|
| Région | Landes, France |
| Caractéristiques | |
| Morphologie | Poney |
| Taille | 1,15 à 1,48 m |
| Poids | 250 à 350 kg |
| Robe | Alezan, bai, bai-brun, noir |
| Tête | Fine, profil concave |
| Pieds | Solides et bien conformés |
| Caractère | Doux mais vif |
| Autre | |
| Utilisation | Loisirs et sports équestres |
| modifier |
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Le Landais, poney landais, poney des barthes ou Barthais, est une race de poneys originaire du département des Landes, en France. Souvent qualifié de « Pur-sang arabe miniature », le landais est un poney très ancien, à l'histoire riche. Il existe à l'origine deux populations de poneys sauvages dans les Landes, mais seule celle des barthes de l'Adour perdure jusqu'à nos jours, le poney du littoral ayant disparu au milieu du XXe siècle. Le Landais est réorienté vers l'équitation sur poney à destination des enfants durant les années 1970, ce qui assure désormais sa sauvegarde.
C'est un poney harmonieux à la robe sombre et unie, de bon caractère. S'il a perdu en rusticité, il reste adapté à la vie en semi-liberté. Il est monté pour l'équitation de loisir et lors de compétitions pour poneys. Certains représentants de la race ont obtenu des résultats remarquables à l'attelage, en saut d'obstacles et en concours complet. La majorité des éleveurs de landais se trouve désormais hors du berceau de la race. Les nouvelles naissances ont doublé entre 2005 et 2008. Avec moins de 200 femelles reproductrices et une vingtaine d'étalons, le landais reste critiquement menacé de disparition.
Dénomination
Le Landais est nommé en référence au département français des Landes[1],[2].
De nombreux auteurs auteurs, dont l'italien Maurizio Bongianni[3], l'anglaise Caroline Silver[4], l'autrichien Martin Haller[5], la tchèque Helena Kholová[6] et la française Lætitia Bataille[7] distinguent le Landais proprement dit, élevé dans les bois de pins proches de la côte du département des Landes, du Barthais de la plaine de Chalosse, élevé davantage dans les terres, au bord de l'Adour. Ces deux populations de poneys ont longtemps coexisté, mais évolué différemment[4],[6],[5]. D'après la majorité des sources, seul le poney des barthes de l'Adour est à l'origine de la race « Landaise » actuelle[S 1],[8],[9],[10] ; plus rarement, le Landais est présumé issu de ces deux souches[2].
Histoire
Si de nombreux poneys locaux utilisés au travail ont de tous temps existé en France, seules deux races du sud-ouest ont perduré, le Pottok et le Landais[P 1]. Le Landais est l'unique race de chevaux originaire du département français des Landes.
Origine
La Landais est toujours présenté comme très ancien, voire d'origine préhistorique[11]. Il n'est pas rare que des encyclopédies le comparent aux peintures rupestres des grottes de Lascaux[3],[12]. L'origine de tous les chevaux domestiques du monde est cependant établie dans la steppe pontique vers 2200 à 2000 ans av. J.-C. d'après une vaste étude publiée dans Nature en 2021, ce qui rend la thèse d'une origine préhistorique invalide[S 2]. Il provient d'une souche locale ancienne de petite taille, qui a ensuite été modifiée par différents croisements, l'Arabe et le Welsh ayant l'influence la plus importante et la mieux documentée[13].
Il est souvent présenté comme un descendant du Tarpan[14],[7],[11]. Le Dr Jacques Sevestre[15] et Elwyn Hartley Edwards[12] évoquent un cheval pyrénéen primitif au profil convexe, plus tard croisé avec l'Arabe. La première trace d'un ancêtre potentiel du Landais remonte au Ier siècle av. J.-C., avec la mention de guerriers montés fuyant à travers les marécages de la région[16].
À l'instar de nombreuses autres races françaises, les invasions musulmanes du VIIIe siècle sont également citées comme point d'origine de ces petits chevaux par certains auteurs[14],[11],[P 2], du moins l'influence de croisements est-elle évoquée. Il y aurait reçu l'influence arabe[7],[11], ou bien espagnole et barbe[14],[5] après l'abandon de nombreux chevaux de la cavalerie d'Abd al-Rahman ibn Abd Allah al-Ghafiqi et les invasions successives[7],[17]. En l'absence d'une étude génétique qui confirmerait la validité de l'une ou de l'autre de ces hypothèses, l'origine exacte du Landais reste méconnue[P 3]. Au Moyen Âge, des captures de chevaux sont citées dans les marécages des Landes[18].
Du XIXe au début du XXe
Un inspecteur des forêts du XIXe siècle, M. Grandjean, salue les qualités de ces petits chevaux rustiques doués « d'une résistance, d'une agilité et d'une sobriété peu communes, très appréciables dans ce sable mou où le pied s'enfonce à chaque pas »[S 3]. Jacques Sargos décrit leur mode de vie d'époque[P 4]. Chaque métairie des Landes possède deux à six poulinières[S 4]. En Chalosse, le propriétaire confie au métayer la reproduction des juments. Ces juments vivent en semi-liberté, parfois entravées et disposent d'un abri nommé « borde », cabane à toiture de chaume ou de brande. Elles produisent le fumier nécessaire aux cultures. Elles ne sont pas nourries par l'homme en hiver, et pâturent toute l'année[S 4]. Peu d'éleveurs nourrissent leurs animaux avec de la seigle et du son, car cela est réputé leur donner de l'embonpoint[P 5]. Dans son encyclopédie parue en 1875, Jules Trousset en décrit beaucoup dans l'arrondissement de Bazas et la lande de Bordeaux[H 1]. Leur taille flotte entre 1,20 et 1,30 m, ils sont « sobres, nerveux, sûrs, très-recherchés pour le service de la selle »[H 1].
- Landais de 1850 à 1900
- Gravure de poneys landais dans l'ouvrage d'Eugène Gayot en 1850.
- Landais dans l'étude sur l'exposition universelle de 1867.
- Race landaise dans l'encyclopédie pratique de l'agriculteur, 1877
- La Mascotte, jument landaise de 7 ans, en 1894
Les poneys des pins qui vivent sur le littoral évoluent en liberté dans des troupeaux sauvages, mais les animaux d'un même troupeau appartiennent à différents propriétaires. En l'absence de clôture, ils se déplacent à leur gré et ne reçoivent jamais de complément de nourriture. De ce fait, ils se nourrissent d'extrémités de tiges d'ajonc en hiver[P 5]. Selon l'Association nationale du poney landais, des croisements entre les deux souches du poney landais ont existé au début du XXe siècle[W 1]. Les deux populations de poneys sont estimées autour de 2 000 individus au total, au début du XXe siècle[11]. Alors qu'elles vivent là depuis des siècles, le manque d'intérêt économique à la poursuite de leur élevage les conduit à l'extinction[11].
Extinction du poneys des pins
Décrit comme le véritable « Landais » par l'autrice anglaise Caroline Silver[4], le poney des pins, ou Lédon[10], vit sur la côte dans l'actuel département de la Gironde, dans les dunes de sable du littoral[S 5]. Il possède un corps fin, mince et léger[4],[S 5], mesure un peu moins d'1,20 m et sa robe est grise[4]. Son biotope a nettement évolué, passant de l'état de lande rase baignée de quelques rivières au début du XVIIIe siècle[S 5] à une pinède parsemée de lacs et d'étangs, sous l'influence humaine[S 6]. Les fétuques, les canches, la scirpe des marais et l'avoine pubescente forment alors sa principale ressource alimentaire[S 6], les sources naturelles d'eau douce et les marais étant encore fréquents[S 7]. Avec la plantation des pins, ces poneys se nourrissent des pousses[7]. La population ne cesse de diminuer en raison de la chasse au XIXe siècle[7],[10]. Au début du XXe siècle, seuls trois troupeaux perdurent. Ces poneys disparaissent entièrement après la Seconde Guerre mondiale[7]. L'automobile et l'absence de clôtures sont les causes directes de leur disparition[10].
Troupeau de Porges
Un troupeau de poneys des pins évolue près du Porges, sur la côte du Médoc[S 8] et compte 30 à 35 têtes avant sa disparition. La raison officielle de sa dissolution est la fuite d'une jument de trait mise au repos, qui aurait entraîné tous les poneys dans son sillage et dévasté ainsi de nombreuses terres cultivées. Ce troupeau est capturé dans un corral grâce à un avion, puis vendu aux enchères en 1913[S 9].
Troupeau de Vendays
Le second troupeau de poneys des pins vit aux alentours de Vendays, dans les lèdes (des dépressions humides bordant les dunes)[S 10]. Tout comme le précédent, il reste toute l'année en liberté et ne reçoit aucune nourriture de la main humaine[S 10]. Leur propriétaire étant inconnu, ces poneys sont capturés en cas de besoin avec un piège nommé baracq, consistant en un corral déployé sur leur chemin[S 10]. En 1944, bon nombre d'entre eux meurent sur les mines posées le long de la plage par les Allemands[S 9]. Ceux qui restent sont fréquemment abattus pour servir de nourriture à bas coût[S 9]. En 1953, les huit poneys survivants sont dispersés en raison d'un accident mortel à la suite d'une collision avec une automobile[S 9].
Troupeau de Contis
Le troisième troupeau fréquente les alentours du marais de Contis[S 10]. Les habitants locaux le surnomme « chevaux de braou » (braou désignant le marais dans le patois local)[S 10]. Sauvage jusqu'à la fin du XIXe siècle, ce troupeau devient semi-sauvage à la suite d'un arrêté du maire de Saint-Julien-en-Born qui, choqué par les fréquentes morts de poulains en hiver, impose aux propriétaires de ces poneys de les abriter pendant la mauvaise saison[S 10]. De ce fait, chaque année à la fin du mois de novembre, un rassemblement de bêtes est organisé pour les parquer dans des enclos puis dans des parcs, où chaque propriétaire récupère son animal[S 10]. Du foin leur est distribué, ce qui a la réputation de les rendre plus dociles et donc plus faciles à vendre[S 10]. Quand revient le printemps, étalons et juments sont relâchés dans le marais, à raison de deux étalons pour quarante juments[S 10]. Les mises bas ont surtout lieu au printemps[S 10].
En 1908, un journaliste se fait dire qu'un millier de ces poneys vivent près de Saint-Julien-en-Born et de Lit-et-Mixe[S 11]. Le maire de Saint-Julien-en-Born en recense 70 en 1930, 50 en 1950, puis seulement 10 en 1960[S 11]. D'après lui, les propriétaires se débarrassent de leurs chevaux car en l'absence de clôture, ils sortent du marais et se nourrissent dans les champs et les jardins, ce qui leur cause des ennuis[S 11]. Les accidents causés par des collisions avec des véhicules motorisés la nuit sont une autre cause de disparition[S 11].
Déclin du poneys des barthes
Plus grand et épais que le poney des pins, le Barthais vit à l'intérieur des terres, dans les prairies et les marécages bordant l'Adour[19],[2],[7]. Son aire d'origine comprend les rives de l'Adour et le Luy, vers Pontonx-sur-l'Adour[S 4]. Au contraire du précédent, son biotope est constitué de landes et de bois, mais aussi de terres fertiles cultivées. Les barthes sont les prairies naturelles qui bordent l'Adour. Les débordements de la rivière permettent d'irriguer ces terres. Les poneys affectionnent aussi les bois de chênes des alentours et s'y nourrissent de glands[S 12]. Le Landais de cette région est croisé avec l'Arabe vers 1913[20],[14],[11],[21].
Au milieu du XXe siècle, il vit en amont et en aval de Dax[7],[S 10]. Il n'est pas laissé en totale liberté, un contrôle étant exercé sur sa reproduction[S 10]. Les poulains mâles sont séparés du troupeau à deux ans au plus tard, et les métayers surveillent régulièrement l'état de leurs troupeaux[S 10]. Moins sauvages que les poneys des pins, certains Barthais répondent à l'appel humain[S 10]. Le , M. Mézerac fournit une première description du type de ce poney fin à la robe foncée, mesurant moins de 1,35 m de haut[S 13]. Il se caractérise par une tête fine et sèche, de petites oreilles pointues et mobiles, une crinière longue, un garrot bien sorti, un dos et des reins courts et droits, et une queue attachée bas[S 13]. La couleur de robe recommandée est le bai foncé[S 13].
Les Barthais connaissent un déclin similaire à celui des poneys du littoral[S 11], passant de 700 individus avant la Première Guerre mondiale (en 1913)[21] à 200 en 1952, selon la chambre d'agriculture des Landes[S 11]. Un instituteur de Pey répertorie 300 poneys en 1900[S 14]. En 1970, il ne reste que 50 juments et deux étalons dans le berceau de race, ainsi qu'une cinquantaine de poneys en Anjou[S 11]. Ils sont précisément recensés et marqués à partir de 1944[S 11]. De six ou huit étalons en 1950, le cheptel passe à seulement deux en 1961, puis un seul étalon en 1966, nommé Couscous[S 11]. Aucun Landais n'est conservé dans les haras nationaux à l'époque[22]. L'attitude des haras au début du XXe siècle, considérant qu'il faut croiser les chevaux pour obtenir des poulains plus beaux, a sans doute contribué au déclin de la race[S 11]. De plus, la fin de la traction hippomobile pousse les éleveurs des Landes à croiser leur cheptel avec des chevaux lourds destinés à la boucherie, notamment le trait breton, afin d'obtenir des animaux plus rentables[S 11]. Ces croisements avec des races lourdes sont nombreux après 1946[3],[11] ; Bongianni les accuse d'avoir « abâtardi » le Landais[3]. Alors qu'il ne reste plus qu'un unique étalon (en 1967), un plan de sauvegarde se met en place[S 11].
Sauvegarde
Les éleveurs s'investissent dans la sauvegarde de la race, mais attachent aussi de l'importance aux débouchés et à la rentabilité de leur élevage[S 15]. La première tentative de sauvegarde remonte à 1951, avec la création du Syndicat d'élevage du poney barthais qui définit le type de la race et organise un premier concours, ainsi que des recensements de femelles marquées au fer rouge[S 16]. L'initiative ne perdure pas en raison de la baisse de valeur marchande des poneys, croisés pour devenir des animaux de boucherie[S 16],[W 2]. Le Dr Soulé, vétérinaire dans la région de Saubusse, joue un grand rôle dans la sauvegarde de la race originelle[S 16],[W 2]. Il acquiert sept femelles en 1966 et fonde l'Association française du poney landais avec quelques éleveurs de la région[S 16]. Le renommage de la race vise à mieux la situer géographiquement, les barthes de l'Adour étant moins connues du public que le département des Landes[S 16].
Le Landais doit sa survie à ce groupe d'éleveurs, qui en 1967 (soit plus tôt que pour la majorité des plans de sauvegarde de races animales domestiques en France[S 17]) décide de sauver les derniers descendants de la race[S 18]. Le recensement des animaux correspondants au type originel permet de retenir une cinquantaine de poneys, dont certains en dehors du berceau, en Maine-et-Loire et en région parisienne[S 18]. La démarche est similaire aux plans de sauvegardes de toutes les races animales à faibles effectifs[S 19]. Il reste seulement quatre étalons reproducteurs landais, avec Couscous (né en 1958), Caïd (né en 1959), Troubadour (né en 1962) et Sire de Ligne (né en 1960)[S 18]. Malgré l'agrément de tous les fils de Couscous pour la reproduction, ce dernier est forcé à saillir ses propres filles et ses demi-sœurs, entraînant une forte consanguinité[S 20].
Croisements avec le Welsh et l'Arabe

La sauvegarde du Landais ne suit pas de programme et ne repose sur aucune méthode scientifique[S 21]. À cause du taux de consanguinité et de la menace d'extinction qui pèse sur la race, il est décidé conjointement (le ) avec le directeur du Haras national de Pau-Gelos de croiser des chevaux arabes et des poneys Welsh B[S 22],[11]. Les étalons choisis sont le Welsh des haras nationaux Springbourne Care Not (en 1971) et l'Arabe national In Chaalah, pour leur taille et l'absence de robe grise[P 6]. Le croisement avec Springbourne Care Not donne d'intéressants résultats en ce qui concerne l'utilisation sportive des poulains demi-arabes et demi-landais[S 22]. Deux ans plus tard, l'étalon Iricho, autorisé en croisement, donne lui aussi une lignée intéressante[S 22]. D'autres étalons arabes bais, Pomerant, Saïd d'Espiens et Slowski Polski, influencent aussi la race bien que les deux derniers n'aient pas fait naître à leur tour d'étalon reproducteur[S 20]. Ces étalons de croisement sont choisis sur leur taille et leur robe, la rusticité et le caractère n'entrent pas en ligne de compte[S 20].
Le Dr Soulé s'occupe des modifications du standard de la race[S 23], qui en 1971, est officialisé. Le registre généalogique (stud-book) est approuvé le [23]. Il augmente la taille maximale acceptée à 1,42 m et autorise des robes plus claires[S 13]. Il définit aussi deux livrets, le A pour les poneys de moins de 1,35 m conformes au type historique et le B pour ceux qui vont jusqu'à 1,42 m, issus de croisements avec le Welsh et l'Arabe[S 13]. Le nouveau standard de race précise désormais que la tête est « arabisée ». Il définit également le berceau d'élevage[24], situé dans la vallée de l'Adour et au confluent du Luy[S 24]. Jusqu'en , tous les poneys correspondants au standard et dont l'ascendance landaise peut être prouvée sont inscriptibles à titre initial au stud-book, qui est ensuite limité aux poneys provenant du berceau de race[S 24].
Bongianni estime que ces croisements ont pour but d'annuler les conséquences de l'influence des races lourdes après 1946, en rendant au Landais un modèle plus proche de son type originel[3].
Depuis les années 1970
Le livret A est réservé aux poneys de plus de 1,18 m mais de moins de 1,35 m ayant plus de 75 % d'origines landaises[S 24]. Le B est réservé à ceux dont la taille va jusqu'à 1,48 m, ayant entre 50 et 75 % d'origines landaises[S 24]. La sélection porte depuis sur l'homogénéisation[S 20]. À partir de 1999 et jusqu'en 2003, le standard est rendu plus concis[25] mais la classification des poneys au livre A ou B de la race demeure, en reposant sur les mêmes critères[S 25]. La taille reste aussi très importante, les poneys étant mesurés à trois ans pour déterminer leur appartenance à l'un ou à l'autre des livrets[S 26]. L'inscription à titre initial est maintenue, mais le berceau de race n'entre plus en compte[S 26]. Ces mesures visent à respecter le standard du Landais tout en gardant une sélection suffisamment ouverte aux apports extérieurs pour le prémunir contre la consanguinité[S 5].
Les éleveurs rencontrent toutefois des difficultés pour renouveler les courants de sang, car à la fin du XXe siècle, l'agrément des nouveaux étalons reproducteurs par le Haras national de Pau-Gelos est suspendu[S 27]. Hormis Démon Landais, les étalons nationaux sont peu appréciés[S 27].
Orientation vers l'équitation sur poney
La période des années 1970 et 1980 coïncide avec la démocratisation de l'équitation, et les prémices du développement rapide de l'équitation sur poney. Le Landais devient une monture pour enfants, aussi bien pour la compétition que pour le loisir. Le standard défini par les deux livrets évolue, la taille acceptée pour le landais augmente jusqu'à 1,48 m pour favoriser les compétitions. En compétition sur poney, le Landais appartient principalement aux catégories B (1,07 à 1,30 m) et C (1,30 à 1,40 m). Seuls les enfants de moins de 14 ans peuvent monter des poneys B en championnat et ceux de moins de 16 ans les poneys C. La demande est plus forte pour des poneys D (1,40 à 1,48 m), rares parmi la race landaise, ce qui la pénalise en comparaison des autres poneys de sport. Certains éleveurs souhaitent sélectionner la race pour faire naître des poneys plus grands, d'autres défendent le type originel. C'est pourquoi, en 1993, l'Association nationale du poney landais (ANPL) est scindée, avec la création du Syndicat de l'élevage du poney landais des barthes (SEPLB), qui désire garder une taille moyenne de 1,30 m. Cette démarche ressemble à celle des éleveurs de Pottok[S 28]. L'Association française des éleveurs de Pottok de type original rejoint la SEPLB et fonde avec elle la Fédération française des éleveurs de poneys de races françaises de type original le [S 28].
Évolution des effectifs
Le nombre d'étalons landais augmente régulièrement, malgré un petit recul dans les années 1980[S 29]. En 1997, le Landais fait partie des races de chevaux dont les éleveurs peuvent bénéficier de la « Prime aux races menacées d'abandon » (PRME), d'un montant de 100 à 150 €[P 7]. Cependant, le nombre d'étalons est divisé par deux entre 1998 et 2002[26]. Les effectifs de ce poney restent faibles, les landais ne représentent que 1 % du total des poneys élevés en France en 1999[27]. Une autre source de problèmes est l'arrêt d'élevages dont les propriétaires sont âgés et partent à la retraite[28]. Le nombre de poulinières a nettement baissé au début des années 2000[S 27]. Les éleveurs dépendent des subventions de l'état français pour la conservation des races menacées[S 27]. Pour faire remonter les effectifs, un programme d'élevage est mis en place et permet une importante remontée des naissances jusqu'en 2007[29]. Le Landais est pris en charge jusqu'en 2007 par le programme européen Equisave, visant à préserver les races régionales menacées des pays européens proches de l'Océan Atlantique[30],[21]. Une étude génétique menée en 2008 en partenariat avec l'INRA considère néanmoins toujours la race comme « en voie de disparition », ainsi que quatre autres races françaises. Elle suggère que le Landais devrait être placé en conservation prioritaire afin de maintenir au maximum la diversité génétique des effectifs français[S 30]. Le Landais tombe à une trentaine de naissances annuelles vers 2005, mais en 2009, grâce à la mobilisation d'éleveurs, ce chiffre a doublé[P 8].
Description

Très proche du poney Welsh[10], le Landais est souvent qualifié de « Pur-sang arabe miniature »[P 9],[11],[17],[16] en raison de ses traits orientaux[5]. En effet, avec les croisements, la race s'est nettement arabisée[21]. Il provient de la même région géographique que le Pottok, mais ces deux races ne sont pas comparables[31].
Taille et poids
C'est un poney de taille moyenne[5]. L'auteur italien Maurizio Bongianni indiquait en 1987 une taille de 1,15 à 1,33 m[3], assez proche de celle indiquée par l'auteur anglais Elwyn Hartley Edwards en 2016 et par CAB International (1,14 à 1,32 m)[13],[9], tandis que l'Américain Nicola Jane Swinney indique 1,10 à 1,30 m[17]. L'auteur autrichien Martin Haller indique une moyenne de 1,25 à 1,35 m[5]. Pour les auteurs des équiguides, le véritable Landais ne dépasse pas 1,35 m[2].
Selon le standard officiel de la race dans les années 2010, la taille au garrot des sujets modernes va de 1,18 à 1,48 m[32],[33],[34],[21], avec une moyenne de 1,35 m[20]. Le nouveau standard indique une fourchette de 1,15 à 1,48 m[W 1]. Ces différences de taille relativement importantes s'expliquent par les croisements et le manque d'homogénéité[7],[21]. Cependant, seuls des étalons de moins de 1,40 m (de moins de 1,45 m selon le site officiel de l’association de race[W 1]) sont autorisés à la reproduction en pure race landaise[33].
Le poids médian va de 250 à 300 kg selon Brengard[33], de 250 à 350 kg selon Tsaag Valren[21].
Morphologie
Le modèle est médioligne[3]. C'est un poney à la morphologie de petit cheval de selle[31],[7],[35], jugé élégant[35] et harmonieux[33],[34], tout en restant « costaud »[31] et compact[32]. Son type de poney de selle se caractérise par une allure générale décrite comme « noble »[21].
Tête
La tête est fine[12],[14],[33],[34],[21], petite selon Bongianni et Edwards[3],[12], plutôt longue selon Haller[5], alors qu'Edwards la décrit au contraire comme carrée[12]. Le profil est rectiligne[3],[14],[2]. Sèche, elle est bien ciselée[33],[21]. Elle est proche de celle de l'Arabe[14], avec un front large au niveau de ses grands yeux[3],[2],[35],[33],[21], qui sont souvent expressifs et très écartés[3],[12].
- Tête du Landais
- Landais bai au Salon international de l'agriculture de 2011.
- Landais alezan au Salon international de l'agriculture de 2014.
- Landais bai-brun au Salon international de l'agriculture de 2014.
- Landais au salon Equita'Lyon de 2018
La tête est surmontée de petites oreilles[34],[21] courtes et pointues, typiques d'un poney[3],[12],[14]. Les joues ne sont pas empâtées[12]. Les naseaux sont mobiles[14] et grands[5].
Avant-main, corps et arrière-main
L'encolure doit être bien orientée (pas d'encolure de cerf) et relativement longue[3],[21]. Elle est droite[4],[32] ou bien arquée, plutôt épaisse et forte, large à sa base[3],[17],[32], fondue avec un garrot bien sorti[3],[20],[5]. La longueur de rênes très correcte[12],[14] compense de possibles faiblesses des épaules[12]. L'épaule est oblique[3],[33],[21], longue et bien ancrée[5], mais souvent lourde[12],[14].
Le poitrail est le plus souvent ouvert[7],[33], mais il arrive qu'il soit peu développé[3]. Le dos est porteur[33],[21], court[3],[34], large[3] et rectiligne[3],[17],[32]. Cette ligne du dos parfois trop plate peut rendre problématique la mise en place d'une selle, bien que le garrot soit assez relevé[36]. Le poids du corps est généralement porté par l'avant-main, plutôt que par l'arrière-main[36]. Le ventre est rond[3].
Le rein est bien attaché[21], d'apparence puissante[5]. La croupe est simple[33],[21], courte et ronde vue de l'arrière[9],[2], et légèrement inclinée (avalée)[3],[14],[5],[32],[9]. La puissance de l'arrière-main des poneys originels a été renforcée par les croisements. Par contre, ces croisements avec l'Arabe ont parfois donné à certains poneys une arrière-main trop faible[36].
Membres et crins
Les membres sont secs[5],[33] et robustes[20] et solides[3],[21]. Le standard de la race a exigé un temps un tour de canon entre 16,5 et 18 cm[36],[14], bien que des poneys aux membres plus faibles existent[36]. Les poneys aux coudes fermés manquent d'amplitude dans leurs mouvements[36]. Les cuisses sont généralement bien musclées[9]. Les paturons sont souvent ornés de quelques fanons courts[14],[9]. Les pieds ont des sabots solides et sont bien conformés[3],[14],[35], héritage des origines sauvages de la race[36]. Ces sabots sont de petite taille[5].
La queue est attachée bas[9], mais habituellement portée haut et en panache lorsque le cheval est en mouvements[36],[17]. La queue et la crinière (simple ou double[W 1]) sont longues et fournies[4],[14],[33],[34], il n'est pas rare que la queue touche le sol[36],[37]. La crinière est épaisse et soyeuse[9].
Robe

Les robes admises sont le bai (clair ou foncé), le noir, le bai-brun, l'alezan (y compris alezan brûlé) et le « chocolat »[3],[35],[32],[33],[21],[W 3]. Toutes les autres robes (en particulier le gris, l'aubère, le rouan et le pie[36],[7],[W 3]) sont interdites. Balzanes et marques en tête sont autorisées[33],[34],[21], mais ne doivent pas être trop étendues[W 1]. Les yeux vairons sont interdits[21],[W 1].
Tempérament et entretien
C'est un poney de bon caractère[32],[21], intelligent et d'utilisation facile[3],[P 10], mais qui peut présenter un caractère indépendant[3], voire têtu[17]. S'il peut sembler à tort apathique[31], il a souvent du sang, ce qui demande un certain niveau de compétence au cavalier[21]. D'après ses éleveurs, il est à la fois doux et vif[P 11].
Animal rustique[3],[8],[11],[34] (bien que la mention de l'adjectif « rustique » ait disparu de sa description officielle[38]), il est habitué à la vie au plein air et s'adapte à tous les climats[3],[11], avec un sens de la survie typique des poneys[31]. Il s'élève traditionnellement dans les barthes de l'Adour[39], une zone marécageuse où il n'est pas rare que ces poneys pataugent jusqu'aux genoux pour brouter[P 12]. Les poneys y vivent rarement en liberté toute l'année, et sont rentrés en hiver ou lors des inondations[S 31],[11]. Certains éleveurs leur tiennent un abri à disposition en semi-liberté, pour qu'ils puissent y rentrer s'ils le désirent[P 13]. Les jeunes mâles sont écartés des autres poneys pour prévenir les saillies accidentelles[S 32]. De manière générale, le Landais peut vivre en extérieur toute l'année avec un simple complément de nourriture l'hiver[S 33]. Il est possible de ne pas le ferrer aux membres postérieurs grâce à la bonne qualité de ses pieds, même sur sol dur et en compétition[S 33].
Sélection

L'Association nationale du poney landais, nommée « Syndicat d'élevage du poney landais » en 1967 puis « Association française du poney landais » depuis 1969, a pris son nom actuel en 1971[W 2]. Elle s'occupe de la promotion nationale de la race lors de manifestations et de l'information à son sujet, ainsi que de la tenue du stud-book[S 34],[40]. La distinction entre livret A et B est désormais plus limitée, ce qui fait que les poneys issus de croisements ne sont plus distingués de ceux de race pure[21]. L'insémination artificielle et l'utilisation de la semence d'un étalon mort sont autorisées pour la reproduction[S 5],[W 1], mais pas le clonage[W 1]. Dans les faits (vers 2001), la monte en main et la monte en liberté sont largement plus utilisées[S 32]. L'agrément des étalons reproducteurs est soumis à un examen comprenant des épreuves qui favorisent les animaux sportifs suivant leurs aptitudes en saut d'obstacles, dressage ou encore attelage[S 5].
Le problème de la sélection actuelle porte sur le risque de disparition définitive du type originel dans les croisements pour la formation du poney français de selle[S 35]. Les éleveurs doivent choisir entre le modèle sportif de grande taille qui est le plus recherché, ou le poney rustique originel qui doit trouver de nouveaux débouchés, notamment en entretien de zones protégées ou en attelage de loisir[S 35]. Cette situation entraîne des tensions entre éleveurs partisans de l'une ou de l'autre solution[21]. L'un des étalons modernes les plus influents est Démon Landais, né en 1991, père de 80 poulains de la race[16].
La consanguinité reste préoccupante, car les reproducteurs sont trop peu nombreux[P 1]. Les éventuelles maladies génétiques spécifiques au landais ne sont pas connues, faute d'études[21]. Les animaux souffrant de dermite estivale récidivante ou de vices rédhibitoires sont écartés de la reproduction[W 1].
Utilisations
Le Landais est avant tout un poney de sport pour enfants[34],[21] particulièrement polyvalent, apte à la fois à la selle et à la traction légère[3],[41]. Son endurance en fait aussi une bonne monture de famille, de tourisme équestre, de randonnée ou de promenade[41].
Malgré ses aptitudes sportives, sa morphologie comparable à celles du poney Welsh et sa présence au plus haut niveau de compétition, il est rare sur les terrains de concours[7],[42]. Les éleveurs traditionnels des barthes de l'Adour n'ont pas la possibilité de débourrer eux-mêmes leurs poneys, et les vendent parfois à la boucherie avant un an, ou bien à des marchands de chevaux[S 36]. La majorité des éleveurs vend toutefois ces poneys à l'âge de 3 à 5 ans après débourrage pour des particuliers, des centres équestres, beaucoup plus rarement aux haras nationaux[S 36]. Il est apprécié dans les centres équestres pour cette polyvalence permettant l'initiation à de nombreuses disciplines équestres, dont les Pony games[43]. Les poneys valorisés en concours le sont le plus souvent par des éleveurs hors du berceau de race[40]. Ils participent aux concours d'élevage et de modèles et allures (à Mont-de-Marsan et à Dax), ainsi qu'aux aux cycles classiques poneys[S 36], qui permettent une bonne valorisation sur performances, allant jusqu'à dix fois la valeur du poney non débourré si ce dernier atteint la finale[S 37].
Le Landais s'illustre tout particulièrement aux épreuves poney à Lamotte-Beuvron en 2009, avec 19 classements, 8 podiums et 4 titres de champion de France[P 14]. Lors du salon international de l'agriculture de 2024, c'est le Landais Cap à Cap à Peylin et sa cavalière Rose Olivier qui remportent le trophée des poneys et chevaux de races reconnues[P 15].
Historiques
Le Landais issu des prairies marécageuses des barthes de l'Adour est utilisé au XIXe siècle pour les menus travaux des champs[16],[Note 1] et les déplacements de commodité en l'absence de routes carrossables[32],[16]. Chaque métairie dispose alors d'au moins une poulinière qui porte les denrées au marché, parfois même le métayer et son épouse en croupe. La hardiesse de ces petits chevaux maigres est soulignée par des auteurs d'époque[H 2]. Avec la création de routes, ces petits chevaux sont attelés tant par les paysans que par les commerçants de la région. Plus rarement, ces poneys échoient à des enfants ou sont mis à l'attelage par des châtelains[S 33]. Des courses d'endurance attelées sont populaires jusqu'au début du XXe siècle, et les Landais y excellent[S 9]. Les juments deviennent parfois des « guitères » : elles servent de leurre à des chasseurs qui posent leur fusil sur le dos de leurs bêtes et tirent ainsi le gibier, notamment les canards[S 9],[8],[2]. Le Landais est exploité à plus grande échelle dans les mines du Royaume-Uni, vers lesquelles des troupeaux entiers sont exportés[P 10]. Il sert aussi parfois à la récolte des sangsues[S 38].
Attelage
Le landais est un excellent poney attelé et un remarquable trotteur[20], y compris en trot attelé pour poney, sur les hippodromes[40],[43]. Il bénéficie en effet d'une très ancienne sélection pour l'attelage. Plus d'un auteur ancien relate les performances de ce petit cheval. Il est favorisé par la régularité et la rapidité de ses allures, ainsi que son endurance. Friquet, un Landais bai de 1,26 m, a parcouru un kilomètre en 2,11 min[S 31]. Les performances de Petit Faust, un alezan testé sur une piste de trot, ont elles aussi été signalées pour la brillance et la régularité des allures, en deux minutes sur un kilomètre[S 31].
Le record de la race appartient à Jongleur, un étalon exceptionnel[44] de 1,34 m qui, en 1979, a parcouru un kilomètre au trot en 1,466 min sur l'hippodrome d'Arras[7],[45],[43]. Ce même Jongleur est devenu le champion de France d'attelage à un poney en 1981 et 1982[S 31],[43]. Il renouvelle un exploit le , en reliant les 100 kilomètres qui séparent Fontainebleau de Chartres en six heures et vingt-deux minutes, soit une moyenne de 15 km/h[S 31]. La race continue à s'illustrer dans les disciplines de l'attelage et du trot attelé grâce à des champions comme Takirou (en 1988) et Duc de Pouy, quatrième du championnat de France d'attelage[P 16]. Kadence de Pouy est devenu vice-champion du monde de marathon attelé en 2007 et 3e à l'international de Saumur[43],[42].
Concours complet
C'est en particulier en concours complet d'équitation que cette race s'illustre. Crac Landais a participé aux championnats d'Europe de 1999[46],[21]. Ses qualités sont très appréciées pour les trois disciplines du complet, en particulier sur le cross qui demande de l'endurance, de la franchise et une bonne classe de galop[S 39]. Les champions de la race incluent Vent des Landes, qui a participé à deux championnats d'Europe et plusieurs concours internationaux, et le poney de Grand Prix Crac Landais[S 39]. Rêve Landais est devenu champion de France de la discipline en 2001[S 39],[21]. De nombreux poneys de la race finissent régulièrement classés[47].
Dressage et saut d'obstacles
Le Landais s'illustre aussi en saut d'obstacles[21]. Les enfants l'apprécient grâce à sa docilité plus grande que celle de la majorité des poneys anglais ou très proches de l'Arabe. Les poneys de moins de 1,30 m peuvent être montés par de jeunes enfants en compétition[S 40]. La race s'est distinguée au championnat de France de la discipline en 1991, grâce à Hardi Petit (quatre fois champion de France) et Hardi, devenu champion de France à l'âge avancé de 20 ans[S 40]. Démon Landais, fils de Jongleur né en 1991, étalon national et l'un des « grands noms de la race »[16], a été trois fois finaliste du championnat de France des quatre, cinq et six ans en cycle classique, dont vice-champion de France en 1995[S 40],[16]. Babette Landaise a été vice-championne de France de CSO en 2000. En 2007, l'étalon national Hardi Landais obtient d'intéressants résultats en se distinguant par son fort coup de saut[W 4].
Bien qu'aucun représentant de la race n'ait atteint les plus hauts niveaux en compétition de dressage, le poney landais est favorisé par son caractère et ses allures amples, régulières et toniques, tout comme par son aspect plus proche du cheval en modèle réduit que du poney[S 31]. Fandago de Pouy a été vice champion de France en dressage cycle classique des quatre ans à Fontainebleau. Colonel Landais, un fils de Jongleur, a brillé en dressage C1[S 39].
Randonnée et endurance
Un auteur du milieu du XXe siècle raconte de manière élogieuse les deux étapes de 25 km qu'il a effectuées depuis Saint-Julien-en-Born avec des ponettes landaises, dont une croisée Arabe ou Anglo-arabe, la seconde de pure race[P 4]. De nombreux auteurs anciens ont reconnu l'endurance de la race : en 1976, le poney landais « Dragon » réalise un tour de France de 3 000 km en cent jours, en portant jusqu'à cent kilos de chargement (bagages et cavalier)[S 41],[9]. L'étalon Dagobert a terminé la première course d'endurance de Florac en 1976 à raison de 117 km en 9 heures[S 40]. En équitation de loisir et d'instruction, le poney landais peut être employé en centre équestre et les plus grands sujets sont capables de porter des adultes sans problèmes[S 33].
Ecopâturage
Enfin, le Landais un poney adapté aux zones de pâture humides[48] et de ce fait, il est employé avec succès comme tondeuse écologique dans des zones protégées, notamment à la réserve naturelle nationale de l'étang de Cousseau en Gironde, où des poneys transhument depuis 1990[S 33], ou encore à la réserve naturelle nationale des marais de Bruges[S 42].
Croisements
Le Landais entre en croisement pour donner le poney français de selle[14],[9],[49],[50], il a joué un rôle relativement important dans la création de ce dernier[5].
Diffusion de l'élevage

Le Landais est considéré comme une race indigène de la France en danger critique d'extinction, tant selon la FAO (statut « C » de la Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture)[W 5],[W 3], que d'après Edwards en 2016[9], et selon l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE), qui a analysé sa situation en 2023[P 17]. Par ailleurs, l'ouvrage Equine Science (4e édition de 2012) le classe parmi les races de poneys peu connues au niveau international[51]. C'est l'une des races de chevaux françaises les plus menacées[34].
Le Landais est essentiellement élevé en France[52]. Les éleveurs sont principalement des retraités utilisant les prairies communales avec peu de moyens, ou bien des éleveurs récents, y compris hors berceau, qui valorisent leurs produits[53]. Les populations de Landais se trouvent surtout en Aquitaine[W 3], principalement dans la circonscription de Pau et dans le berceau de race, le département des Landes[34]. On trouve aussi des Landais en Occitanie, en région parisienne[42], en Bretagne, dans l'Est de la France[16] et en région Centre-Val de Loire[42]. Le berceau d'élevage initial, défini en 1971 dans le registre généalogique, comprend les cantons de Tartas-Bégaar, Pontonx-sur-l'Adour, Saint-Jean-de-Lier, Dax-Candresse, Heugas, Mées, Oeyreluy, Rivière, Saint-Vincent-de-Paul, Saubusse, Siest, Herm, Tethieu, Yzosse, Peyrehorade-Orist, Pey et Saint-Étienne-d'Orthe[S 24]. Les élevages sont généralement de petite taille, comptant moins de cinq poulinières[S 43].
En 2000, seuls treize éleveurs de poney landais produisent dans le berceau de la race[S 31]. On dénombre 40 éleveurs de ces poneys en activité actifs en France en 2013[42]. Un troupeau est maintenu par le conservatoire des races d'Aquitaine[34]. Historiquement, le Landais a aussi été conservé au haras national de Pau-Gelos[54],[9], qui gardait quatre étalons reproducteurs en 2001[54].
Effectifs
En 2011, on recense 52 naissances de poneys landais, soit 1 % du total des naissances de poneys en France[42], et 26 étalons en activité[33]. La moyenne des naissances est alors d'une soixantaine chaque année[33]. Le nombre de naissances a dangereusement chuté ensuite, passant à seulement 34 en 2015[42].
Les femelles capables de se reproduire étant moins de 170 sur toute la fin du XXe siècle, cela place le Landais dans la catégorie des races à très faibles effectifs[S 44]. En comparaison, les effectifs du Pottok et du Mérens ont augmenté six fois plus[S 45]. La désaffection du début du XXIe siècle s'explique aussi par un phénomène de mode, le poney français de selle éclipsant nettement le Landais sur les terrains de concours[9],[42].
Communication
D'après différentes sources des années 2000, le poney landais souffre alors d'un manque de communication[P 18]. L'association de race étant limitée financièrement, les éleveurs comptent beaucoup sur le bouche à oreille[S 37]. Cela rend le Landais peu présent sur les grands événements nationaux et internationaux, comme le salon du cheval de Paris ou le salon international de l'agriculture, mais également dans la presse spécialisée[S 46]. De ce fait, l'association des éleveurs dispose de peu de pouvoir décisionnel[S 46].
Dans la culture
Le zoologue allemand Alfred Edmund Brehm cite une anecdote du milieu du XIXe siècle, quand un étalon landais du bassin d'Arcachon gagne une solide réputation en échappant durant quatre ou cinq ans à toutes les tentatives pour capturer son troupeau de 8-10 individus ; monté par l'humain pendant deux ans puis retourné à l'état sauvage, il est surnommé le « Napoléon des chevaux »[H 3]. S'il était menacé, il gagnait le sommet d'une dune landaise élevée avec son groupe parfaitement discipliné, et se déplaçait sur les crêtes, où les chevaux plus lourds montés par des cavaliers ne pouvaient suivre sans s'enfoncer dans le sable[H 3],[18].
Cet étalon landais est le personnage principal du roman de Claire Veillère paru en 2011, La Capture[P 19].
