Chansons de la guerre civile espagnole

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Les chansons de la guerre civile espagnole font pleinement partie de la propagande politique de l'époque. Si quelques-unes ont été écrites pour la guerre, des mélodies traditionnelles ont également été adaptées avec de nouvelles paroles, de nouveaux poèmes. Diffusées rapidement et efficacement par la transmission orale, l'origine et les auteurs d'une grande partie de ces chansons sont inconnus.

Pendant le conflit, elles ont été chantées par les sympathisants et combattants des deux camps, du côté "républicain", partisan du Frente Popular et de la Seconde République espagnole, et du côté "national" avec l'armée et les insurgés commandés par le général Francisco Franco et ses partisans (requeté, Phalange etc.) . Certaines d'entre elles sont encore interprétées et demeurent dans la mémoire collective des Espagnols, avec parfois une portée internationale[1].

Ces chansons servaient à maintenir le moral des troupes dans les tranchées et les barricades urbaines, à diffuser des messages idéologiques, insister sur les raisons de la lutte, renforcer le sacrifice. Les membres des Brigades internationales et de diverses tendances idéologiques (anarchistes, socialistes, communistes, libéraux pour les républicains ; fascistes, nationalistes, catholiques et carlistes pour les insurgés) les ont utilisées pour s'identifier mutuellement selon l'origine ou l'affinité politique (entre partis mais aussi entre factions au sein d'un même camp).

Les versions ont subi plusieurs modifications pendant et après la guerre civile.

Dans le premier cas, il s'agit de difficultés idiomatiques (des milliers de miliciens étrangers ne connaissaient pas l'espagnol ou une autre langue que leur langue maternelle - polonais, anglais, français, etc.) et des changements en accord avec les différentes situations (par exemple: "si me quieres escribir / ya sabéis mi paradero / en el frente de batalla / primera línea de fuego", est aussi chanté "si me quieres escribir / ya sabéis mi paradero / Tercera Brigada Mixta / primera línea de fuego"). Dans une autre version : "ya sabes mi paradero / en el frente de Gandesa / primera línea de fuego".

Dans le second cas, en raison de diverses circonstances, dans le but d'échapper à la censure franquiste (dans le cas des chansons républicaines), de petites et successives variations s'opèrent lors de la transmission orale. Les versions sont également transposées à d'autres contextes socio-politiques (comme dans les années 1960 et 1970 en Amérique latine, notamment au Chili et en Argentine).

La plupart des chansons est elle-même issue de modifications ou d'appropriations d'anciennes œuvres, selon les orientations politiques et idéologiques des Espagnols et des courants révolutionnaires (telles que l'Himno de Riego, L'Internationale ou La Marseillaise). Des chansons postérieures à la guerre mais qui font référence à cette époque sont à leur tour confondues avec les chansons écrites durant la guerre, parmi lesquelles celles de Chicho Sánchez Ferlosio et reprises par Joaquín Sabina, Quilapayún ou Víctor Jara, comme "Círculos viciosos", "Gallo rojo, gallo negro", "Por allí viene Durruti" et "La hierba de los caminos". De même, le poème "Vientos del pueblo", écrit par Miguel Hernández en 1937 a été mis en musique a posteriori.

Chansons du camp républicain

Chansons républicaines

Drapeau de la Seconde République espagnole
  • ¡Ay, Carmela! est une chanson populaire du XIXe siècle des guérilleros espagnols dans leur lutte contre les troupes de Napoléon. Plusieurs versions existent, mais les plus populaires sont celles consacrées au paso del Ebro et à la XV Brigade internationale. Il s'agit également du titre d'un film réalisé par Carlos Saura.
  • El paso del Ebro est l'une des versions de ¡Ay, Carmela! chantée lors de la bataille de l'Èbre.
  • ¡Viva la Quince Brigada! est l'une des versions de ¡Ay, Carmela!, Consacrée à la XV Brigade internationale, elle a été enregistrée par Pete Seeger. C'est également le titre d'une chanson composée en 1983, d'abord intitulée ¡Viva la quinta brigada! par l'artiste irlandais Christy Moore rendant hommage aux combattants irlandais des Brigades Internationales.
  • Puente de los Franceses : la mélodie de cette chanson sur la défense de Madrid est inspirée de celle de la chanson Los cuatro muleros.
  • El tren blindado, aussi connue sous le nom de El pino verde ou Anda, jaleo a été composée en 1936, à partir d'une chanson populaire copiée par Federico García Lorca, Los contrabandistas de Ronda. Cette version relate les actions d'un train blindé avec trois des généraux insurgés contre le gouvernement de la République : Francisco Franco, Emilio Mola et Gonzalo Queipo de Llano. Les trains blindés ont été des machines de guerre utilisées par les républicains. La chanson mentionne un train vers l'Andalousie[2].
  • L'Himno de Riego, composé en 1820 avec des paroles de Evaristo San Miguel, est proclamé hymne officiel de la Seconde République espagnole. Sa version anticléricale est également connue : "Si los curas y frailes supieran / la paliza que van a llevar / subirían al coro cantando / libertad, libertad, libertad".
  • La plaza de Tetuán tire son origine de la guerre hispano-marocaine de 1859-1860.
  • Si me quieres escribir, aussi connue sous le titre de Ya sabes mi paradero ou El frente de Gandesa.
  • Cabo de Palos : aussi connue comme Frente al Cabo de Palos ou ¿Qué será? traite de la victoire républicaine lors de la Bataille du Cabo de Palos, bataille navale la plus importante de la guerre civile. Dans la chanson, le personnage espagnol de la marine républicaine est opposé aux étrangers de la marine insurgée "Tanto alemán que tienen, tanto italiano, y a un español le basta con una mano". La mélodie est inspirée d'une chanson populaire enfantine, Arrión tira del cordón.
  • En el pozo María Luisa
  • Los campesinos
  • En el barranco del Lobo
  • Alas rojas : hymne de la FARE.

Chansons anarchistes

Chansons socialistes et communistes

Emblème du Cinquième Régiment
Emblème des brigadiers.

Chansons des Brigades internationales

  • Bandiera rossa (Drapeau rouge) est une chanson populaire utilisée comme hymne par les socialistes et les communistes italiens. Elle est la chanson de lutte de ce pays la plus connue à l'internationale avec Bella ciao. La version la plus diffusée est Avanti popolo, qui est celle du Parti Communiste Italien.

Chansons nationalistes

  • Els Segadors est une chanson historique populaire catalane, chantée à l'origine en mémoire du soulèvement paysan contre le roi Felipe IV. Elle a été déclarée hymne national de Catalogne, l'un de ses symboles nationaux avec les fêtes et le drapeau, en 1993.
  • Eusko gudariak : durant la guerre et la dictature, cette chanson acquiert le statut d'hymne national du Pays basque, bien que le gouvernement basque de 1936 ait désigné une autre mélodie. Aujourd'hui, la gauche abertzale continue de la chanter comme hymne basque.

Chansons du camp national

Chansons phalangistes

  • Cara al sol : hymne officiel de la Phalange espagnole des JONS, paroles d'Agustín de Foxa inspirées de l'hymne du fascisme italien "Giovinezza".
  • Canción del Flecha : chanson du Frente de Juventudes
  • Falangista soy (Canción del falangista) : de Fernando Moraleda Bellver, cette chanson est très connue jusqu'aux années qui suivent la guerre. C'est la chanson phalangiste la plus caractéristique de la période 1936-1939.
  • Himno del bandera gallega de la Falange
  • Isabel y Fernando : chanson du Frente de Juventudes
  • La centuria Ruiz de Alda : chanson du Frente de Juventudes, version espagnole de la chanson des Jeunesses Hitlériennes, Unsere Fahne flattert uns voran.
  • Marchando
  • Himno del trabajo
  • Camarada
  • Prietas las filas

Chansons militaires

Chansons carlistes

  • Marcha de Oriamendi est l'hymne de la tendance politique traditionaliste et antilibérale connue sous le nom de carlisme, qui a intégré le mouvement insurgé avant d'être persécuté par le franquisme.
  • Alto! ¿Quién vive?
  • Cálzame las alpargatas : c'est une chanson née lors de la troisième guerre carliste.
  • Por el río Nervión
  • Eta tira eta tunba

Documents

Notes et références

Liens externes

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