Charles-Albert Cingria

From Wikipedia, the free encyclopedia

Décès (à 71 ans)
Genève
Nationalité Suisse
Activité principale
Charles-Albert Cingria
Naissance
Genève, Suisse
Décès (à 71 ans)
Genève
Nationalité Suisse
Activité principale
Famille
Auteur
Langue d’écriture français
Mouvement Panlatiniste
Genres

Charles-Albert Cingria est né à Genève le et mort le dans la même ville. C'est un écrivain, poète et musicien suisse[1].

Bien que né en Suisse, sa famille n'est pas originaire de Suisse et il a des ascendances turques, picardes et polonaises. La famille de son père Albert Cingria était originaire de Raguse (aujourd'hui Dubrovnik) et vivait à Constantinople, et sa mère Caroline Stryjenska (1846-1913), née à Carouge (Genève), était une peintre d'origine franco-polonaise. Son frère aîné Alexandre Cingria (1879-1945) était peintre, verrier, mosaïste, décorateur et écrivain. Ils ont une sœur cadette, Anne.

Charles-Albert Cingria nait à Genève dans une famille catholique. Il suit des études secondaires (inachevées) à Saint-Maurice et à Engelberg. Il étudie ensuite la musique à Genève et à Rome. À ce moment-là, Cingria rencontre des jeunes écrivains, tels que Ramuz, qui fréquentaient son frère Alexandre[1]. En 1904, il cofonde la revue La Voile latine avec son frère, Ramuz, Adrien Bovy et Gonzague de Reynold[2]. Il contribue à la revue jusqu'à sa disparition en 1910[2]. L'année suivante, il fonde ensuite la revue La Voix Clémentine[3], avant de rejoindre la rédaction de la revue de son frère Les Idées de demain[4].

Entre 1902 et 1909, il voyage en Suisse, en France, en Italie, en Allemagne, en Espagne, en Afrique, en Turquie, avant de s'établir à Paris en 1915[5]. En 1914, Cingria adopte un style de vie bohème à Montparnasse, où il entretient des rapports avec Claudel, Satie, Modigliani, Artaud, Stravinski, et Max Jacob[6]. À Paris, Cingria était un contemporain du peintre Jean Dubuffet, et les deux hommes se sont rencontrés[7].

La Première Guerre mondiale l’oblige à retourner en Suisse. Après un passage à Lausanne et à Genève, il s’établit à Fribourg où il trouve une misérable chambre de bonne. Après la guerre, il vit dans la pauvreté, mais garde son intérêt pour la musique de l'Antiquité[6]. Il est également passionné par le Moyen-Âge.

Dans les années 1920, Cingria est un ami de Blaise Cendrars, mais leur rapport se détériore dans les années 1940 pour plusieurs raisons littéraires et culturelles[8].

En 1926, alors qu'il se trouve en Italie, Cingria est arrêté et emprisonné pendant trois mois par la police de Mussolini pour un incident avec de jeunes hommes à la plage d'Ostie[6]. Il est libéré grâce à l'intervention de Gonzague de Reynold[9].

En 1928, son premier livre, Les autobiographies de Bruno Pomposo, est publié. En 1932, Cingria reçoit le Prix Schiller pour La civilisation de Saint-Gall. Dans cet ouvrage, Cingria développe une réflexion approfondie sur le rythme et la musique, à partir du chant grégorien et de la séquence médiévale. Il y élabore la notion de « musical pur », qui dépasse le cadre musical proprement dit et fonde sa poétique ainsi que son rapport au monde[10]. En 1935, le Prix Rambert lui sera attribué pour Pétrarque[11].

Bien qu'une grande partie du travail de Cingria ait concerné l'amour, l'intimité et les relations, on en sait très peu sur sa propre vie privée. Il n'évoque jamais son homosexualité.

Pendant son séjour en Suisse, Cingria sillonne le pays à vélo. Il survit en publiant dans diverses revues de la presse locale, y compris les journaux publicitaires de la maison de vente Charles Veillon, et en donnant des conférences sur la musique[6]. En 1944, il retourne en France. Par la suite, il vit tantôt à Paris et à Aix-en-Provence, tantôt en Suisse. En 1954, il est rapatrié d’urgence à Genève, où il meurt d’une cirrhose le , jour de la fête nationale suisse[6].

Cingria est connu pour avoir écrit sur tout matériel qu'il pouvait trouver: menus, billets, papier toilette, etc.[6] Aussi, Cingria est largement connu pour ses voyages à pied et à vélo, qui ont inspiré son écriture descriptive[12].

Œuvres

Voir aussi

Notes et références

Related Articles

Wikiwand AI