Prix Rambert
From Wikipedia, the free encyclopedia
Le prix Eugène-Rambert est un prix littéraire, créé en 1898 par la section vaudoise de la Société suisse d’étudiants de Zofingue. Plus ancien prix littéraire romand[1], il est décerné tous les trois ans à un auteur suisse d'expression française[2]. Il a récompensé plusieurs écrivains et écrivaines qui ont marqué l'histoire de la littérature en Suisse romande[3],[4].
À sa fondation, la Section vaudoise de Zofingue ne voyait dans la littérature qu'un moyen permettant de dépasser le régionalisme et de restaurer les libertés perdues à la suite de la Restauration[5]. Il en résulta que la littérature avait comme objectif premier l'exaltation de la partie, de ses beautés et de sa grandeur[4]. Ce n'est qu'après 1840, notamment sous l'impulsion d'Eugène Rambert ou d'Henri Durand que les écrits prennent une autre dimension, plus littéraire, et délaissent petit à petit leur seul but patriotique, mais embrassent également des préoccupations d'ordre moral et glorifient l'environnement montagnard[2],[6]. Petit à petit, la littérature prit une place importante dans la vie de la Section vaudoise de Zofingue, si bien que dans les années qui précèdent la création du prix Eugène Rambert (1898), des auteurs tels que Henri Warnery, Samuel Cornut ou Eugène Rambert lui-même présentaient leurs textes au sein de la Section[2].
À la mort de Rambert en 1886, actif dans la société de 1849 à 1853 et dans laquelle il publia ses premiers écrits, Zofingue décide d'honorer sa mémoire[7]. Renonçant à l'érection d'un monument, les zofingiens décident de créer une distinction littéraire portant son nom[3],[8]. Le règlement d'origine prévoit que « le prix sera alloué à l'ouvrage qui, écrit par un Suisse et en français (…), aura été jugé le plus méritant par le jury, quelle que soit la matière traitée, pourvu que le travail ait une valeur littéraire »[7].
C'est en 1903 que le prix est décerné pour la première fois[4]. Il est attribué, à titre posthume[4], à Henri Warnery pour Le Peuple vaudois, marqueur de l'esthétique patriotique alors en vogue au sein de la Section vaudoise de Zofingue[9]. Cependant, les jurés s'affranchissent rapidement de cette esthétique afin de couronner des ouvrages pour leurs seules qualités littéraires[3],[4]. Dès 1926, selon l'historien de la littérature Yves Bridel, les critères littéraires s'imposent[5].
Depuis lors, le prix est remis régulièrement, tous les trois ans, hormis une exception liée à la Première guerre mondiale (Prix en 1915 puis 1920)[10]. C.-F. Ramuz fut couronné deux fois (1912 et 1923), Pierre Kohler également (1920 et 1932)[10]. Beaucoup de noms prestigieux figurent également parmi les auteurs primés : Philippe Jaccottet, Charles-Albert Cingria, pour son Pétrarque, Robert Pinget, Paul Budry, Denis de Rougemont, Gustave Roud, Jacques Mercanton, Catherine Colomb, Jean Starobinski, pour L’Invention de la Liberté, Nicolas Bouvier, pour Japon, Jean Vuilleumier, Étienne Barilier, Claude Delarue ou Anne-Lise Grobéty[11].
En 2010, sous l’impulsion d’un jury largement renouvelé et comptant une forte proportion de jeunes (deux tiers des membres sont âgés de moins de trente-cinq ans), le prix a entamé une collaboration avec le Centre de recherches sur les lettres romandes (CRLR) de l’Université de Lausanne. Parallèlement, le prix Eugène-Rambert a lancé des changements structurels, avec la création d’une association du prix Eugène-Rambert, afin de rendre le prix plus visible, d’assurer son indépendance juridique et d’adapter ses structures aux exigences de transparence et de gouvernance actuelles.