Chevauchée d'Édouard III (1339)
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| Date | - |
|---|---|
| Lieu | Nord de la France |
| Philippe VI de Valois | Edouard III |
Batailles
- Chronologie de la guerre de Cent Ans
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La chevauchée d’Édouard III en 1339, (en anglais : Thiérache campaign) est un raid dévastateur mené par le roi d'Angleterre Édouard III à l'encontre du royaume de France. Cette expédition commence le 20 septembre en partance d'Anvers et s'achève à Buironfosse le 22 octobre.
Il s'agit de la première chevauchée de la Guerre de Cent Ans, elle dévaste le Nord de la France et est consécutive à la montée des tensions entre le roi d'Angleterre et son rival Philippe VI de Valois.
L'expédition est amorcée par le débarquement des troupes d'Edouard III à Anvers, puise poursuit avec le siège de Cambrai. Après avoir échoué à prendre la ville, les Anglais alliés aux flamands poursuivent leur marche destructrice à travers la Thiérache et le Vermandois. La chevauchée prends fin après la rencontre de l'armée anglaise avec les troupes françaises à Buironfosse.
Les incursions navales françaises
Cette première chevauchée anglaise en France est la conséquence des fortes tensions entre Édouard III et Philippe VI, à l’aube de la Guerre de Cent Ans. Pendant les premières années de la guerre, il n'y a pas de grandes conquêtes ou de batailles décisives. Durant cette période, les deux rois rivaux se consacrent alors à la consolidation de leurs places fortes et de leurs forces armées. Ainsi pendant qu’Édouard III fortifiait ses positions en Aquitaine, Philippe VI travaillait au développement de ses forces navales. Ainsi, en 1337, le roi de France disposait d’au moins 50 navires de guerre et d’un arsenal opérationnel à Rouen[1]. Fort de cette puissance navale conséquente, les bateaux français et leurs alliés génois s’en prennent aux côtes anglaises dès 1338. Durant cette année, les Français prennent Portsmouth, Guernesey et Southampton tout en interceptant des navires marchands anglais à destination des Flandres[2].
L'embargo contre les Flandres
De son côté, le roi Edouard III avance ses premiers pions dans le début du conflit en prenant certaines mesures d’ordre économique. En 1336, il obtient d’abord l’approbation du parlement de Nottingham pour financer ses projets militaires. La même année, il décide de faire pression sur les Flandres en interdisant les exportations de laines anglaises vers cette région. Il parvient dans le même temps à rallier le soutien de plusieurs seigneurs du nord de la France et même l'assentiment de l’empereur Louis de Bavière[3]. Au départ, le comte de Flandre était très réticent à l’idée de se rallier au roi d’Angleterre dans sa guerre contre le roi de France. C’est pour contraindre les Flamands à gagner sa cause qu’Edouard III ordonne en 1336 l’embargo des exportations de laines vers les Flandres. Dans les villes où les tisserands flamands dépendaient de la laine anglaise, des épisodes de révoltes éclatent contre le comte de Flandre. À Gand, Jacques Van Artevelde convainc les habitants de la ville, en plus de ceux d’autres villes flamandes, de plaider le ralliement aux Anglais[4].
Déroulement
Effectifs et objectifs de la chevauchée
La chevauchée d’Édouard III intervient en réponse aux incursions navales françaises. Après avoir débarqué à Anvers, le roi d'Angleterre et ses troupes ravagent le nord de la France en adoptant la stratégie de la Chevauchée, préalablement utilisée contre les Écossais dès 1334[5]. L'armée d'Edouard III compte environ 15 000 hommes, son armée est divisée en 3 corps d’armée. On y dénombre environ 1600 hommes d'armes et 1650 archers anglais[6], à ces effectifs anglais s'ajoutent les quelques 800 mercenaires et contingents flamands[7]. À raison d'une vingtaine de kilomètres par jour, l'armée d'Edouard III pille les ressources tout en détruisant fours, vergers et autres moyens de production[6]
Du siège de Cambrai au non-affrontement de Buironfosse
La chevauchée débute le 20 septembre 1339 lorsqu'Edouard III et son armée se mettent en branle en direction de Cambrai. Sur le chemin, l'armée fait notamment halte à Valenciennes, où Edouard III vient chercher l'appui du comte de Hainaut Guillaume II, ce qu'il obtient[8].
Le lendemain, l'armée reprend sa marche vers Cambrai, qu'elle atteint le 24 septembre, commence alors le siège de la cité. Pendant que le gros de l'armée tentait de prendre la ville, une partie des effectifs était répartie dans la région pour tenter de prendre d'autres places fortes. Ainsi le chevalier Gautier de Mauny prend la ville de Thun-l'Évêque, tandis que Jean de Hainaut ravage le Cambrésis mais échoue à prendre le château d'Oisy[9].
De son côté Edouard III ne parvient pas, malgré de vigoureuses tentatives, à s'emparer de Cambrai. Son conseil de guerre l'enjoint alors à lever le siège et à poursuivre l'expédition. Ainsi, l'armée d'Edouard III quitte Cambrai et poursuit sa chevauchée en traversant le Vermandois et la Thiérache[10].
La progression de la chevauchée prend fin lorsque Philippe VI marche à la rencontre de son rival en compagnie de ses nombreux vassaux. Les deux rois s'entendent alors pour livrer bataille le vendredi 22 octobre à Buironfosse. Cependant, cet affrontement n'eut jamais lieu car Philippe VI choisit d'écouter ses conseillers qui arguaient que livrer bataille serait inutile et imprudent. En effet, l'issue de la bataille, même victorieuse, n'aurait que peu de conséquences sur le conflit et les chevaux étaient trop assoiffés pour charger l'ennemi[11].
Constatant que son adversaire ne se montrait pas après deux jours, Edouard III se résout à son tour à renoncer à affronter le roi de France. Edouard III et son armée rebroussent alors chemin et regagnent Bruxelles dans la nuit du 23 au 24 octobre[6].
Conséquences
Après ces évènements le pape Benoît XII décide d'intervenir pour inciter les deux rois à conclure une trêve et aider au rétablissement économique du paroisses affectées. Le souverain pontife dépêche le nonce apostolique dans les régions éprouvées par la guerre afin d'en constater le délabrement. Ainsi sur les quatre diocèses touchés par les destructions, celui de Cambrai comporte au moins 200 villages dévastés. Au total, la chevauchée d'Edouard III aurait causé la morts d'un milliers de personnes, alors même qu'aucune grandes batailles ne s'y est déroulée. Constatant l'ampleur des dégâts, un plan de redressement est donc élaboré, il comprends une aide financière doublée d'un soutient caritatif[7]. Pour soutenir le rétablissement des campagnes françaises, le pape accorde une aide financière de 9200 livres tournois pour relever les paroisses lésées de la région[12].
A côté des conséquences économiques, cette chevauchée a permis à Edouard III de renforcer ses liens avec les villes flamandes, avec lesquelles il conclu une alliance contre le comte de Flandres à la fin de l'année. Dès 1340 le roi d'Angleterre modifie ses armoiries pour y adjoindre les fleurs de lys françaises, afin de renforcer symboliquement ses revendication sur le trône de France. Cette même année 1340 voit la repise des hostilités, notamment marquée la la victoire anglaise de l'Écluse qui anéantis la flotte française. Parallèlement à cette victoire navale, Edouard III reprends ses expéditions en France, dans les alentours de Tournay et de Saint Omer, avec le soutient de ses nouveaux alliés flamands[13].