Les di indigetes étaient une catégorie de dieux de la Rome antique, qui s'opposait aux di novensides (ou novensiles) empruntés à d'autres peuples. Ils étaient les dieux d'origine de la religion et de la mythologie romaines primitives. Cette catégorisation est due au philologue allemand et spécialiste de l'histoire de Rome Georg Wissowa. Elle est aujourd'hui partiellement abandonnée.
Aux origines de la Rome antique, les Romains n'avaient pas les mêmes croyances que durant l'époque classique. En effet, une multitude de dieux les accompagnait en toute chose, sans qu'il y ait une vraie mythologie établie pour chacun d'entre eux[réf.nécessaire], et il faudrait parler de «divinité» plutôt que de dieu ou de déesse. La religion des premiers Romains était plutôt de type animiste (un dieu ou un esprit est responsable d'une chose), et attribuait à une puissance supérieure et incontrôlable chaque événement de la vie[réf.nécessaire]. Les dieux et les déesses n'étaient pas non plus clairement définis physiquement[réf.nécessaire] comme pouvaient l'être les principaux dieux du Panthéon que l'on retrouve durant l'Empire romain, ce qui explique leur quasi-disparition au profit des dieux majeurs bien mieux connus[réf.nécessaire]. Cette religion était dans les premiers temps, et dans le cas des di indigetes, une religion privée, sans clergé, et chacun invoquait l'un ou l'autre dieu selon ses besoins.
La plupart des di indigetes sont des divinités mineures qui personnifiaient les activités quotidiennes et les valeurs romaines originelles, et que l'on invoquait lorsqu'on en avait besoin. Seuls quelques-uns sont des dieux majeurs que l'on retrouve dans la mythologie romaine classique. Ils démontrent l'importance accordée, aux origines de Rome, aux éléments qu'ils incarnent. Les offrandes et prières étaient alors scrupuleusement respectées. La plupart des fonctions et des rôles attribués aux di indigetes étant soit des fonctions féminines, soit correspondant à un nom commun au féminin, une grande majorité des di indigetes sont des divinités féminines.
Indiges est un terme de latin classique qui s'applique notamment à Sol (dieu solaire primitif) et au Jupiter de Lavinium, puis à Énée. Ce terme contient une notion d'origine selon Wissowa[1], mais cette étymologie est actuellement rejetée. Deux hypothèses quant au sens cohabitent aujourd'hui. La première suppose que cela signifie «celui à qui l'on parle à l'intérieur de soi» et pourrait être liée aux pratiques religieuses établies avant la mise en place d'un clergé. L'autre hypothèse évoque un sens possible de «celui qui montre la voie (à prendre)» (on pourrait alors rapprocher le terme Indigitamenta).
Dieu qui se manifesta sous la forme d'une voix sortant des cieux prévenant les Romains de l'invasion des Gaulois de la tribu des Sénons en 390 av. J.-C.
Déesse de la guerre identifiée par la suite avec la déesse grecque Ényo. Parfois considérée comme l'épouse ou la sœur de Mars. Elle est aussi appelée Duellona. Elle représente la guerre sanguinaire.
Dieu des grains, qu'ils soient dans le sol ou le grenier. Célébré principalement chez les paysans. Ils le célébraient deux fois par an, pendant le mois de Sextilis et celui de décembre. Il est lié à la déesse Ops, célébrée cinq jours après lui.
Déesse invoquée lors des noces pour que les mariés arrivent sains et saufs dans leur nouvelle demeure. Associée à Domiducus, puis identifié à Junon (Junon Domiduca).
Domiducus
Dieu invoqué lors des noces pour que les mariés vivent en paix dans leur nouvelle demeure. Associé à Domiduca.
Déesse de la guerre identifiée par la suite avec la déesse grecque Ényo. Parfois considérée comme l'épouse ou la sœur de Mars. Elle s'appelle aussi Bellona.
Edusa
Déesse de la nourriture qui veillait sur les jeunes enfants lorsqu'ils mangeaient leurs premiers aliments solides.
Déesse des femmes parturientes. Son pouvoir et sa qualité étaient d'abord attribuées à Diane. En effet, «Lune» est un nom proche de Lucina (Diana Lucina). Mais en général, c'est le nom de Junon que les femmes invoquaient à Rome (patrona parturientium feminarum fuit cuius vis virtusque primo Dianae attributa est: nam nomen Luna proximum est nomini Lucinae (Diana Lucina). Sed saepius cognomen Iunonis est quae mulierum patrona Romae maxima erat).
Dieu qui faisait des nœuds dans la tige des céréales.
Nona
Déesse invoquée par les femmes pendant leur neuvième mois de grossesse. Une des trois Parques avec Decima et Morta, pendant romain de la déesse grecque Clotho.
Dieu qui veille sur le premier départ et le retour d'un enfant hors du domicile familial. Aussi nommé Statulinus ou Statilinus, parfois associé à sa femme Statana.