Le district de Takeno(竹野郡, Takeno-gun?) est un ancien district de la préfecture de Kyoto, au Japon. L'un des comtés originaux de la province de Tamba après l'application du système ritsuryō au VIIesiècle, il est déplacé avec les quatre autres districts du nord du Tamba dans la nouvelle province de Tango en 713. Il disparaît le lors que ses trois dernières municipalités, les bourgs de Yasaka, de Tango et d'Amino, sont intégrées dans la ville de Kyōtango.
Le mention la plus ancienne du district de Takeno « 竹野郡» apparaît sur une tablette de bois mise au jour dans les fouilles du palais Fujiwara, capitale du Japon entre 694 et 710, aujourd'hui à Kashihara, dans la préfecture de Nara[1]. Elle porte l'inscription «旦波国竹野評鳥取里大贄布奈»; la première partie signifie « province de Tamba, comté de Takeno, village de Tottori»[1]. Dans l'Engishiki (延喜式) et dans la version publiée du Wamyō ruijushō, la lecture du nom du comté est donnée comme « Takano» (多加乃)[1]. Cependant, il semble que « Takeno» s'est plus tard imposée comme prononciation[1].
Le comté tirerait son nom du village du même nom qui s'y situe[1]. Un sanctuaire shinto portant les mêmes caractères, « 竹野神社», à Miya dans le bourg de Tango, est quant à lui prononcé «Takano-jinja(ja)»[1].
Géographie
Topographie
Étendue du district de Takeno sur une carte de la préfecture de Kyoto dans ses tracés du .
Le district de Takeno se trouve au nord de la péninsule de Tango[1]. Il borde la mer du Japon au nord, et sa côte s'étend du cap Kyō(ja) (経ヶ岬) à l'est jusqu'à Kumihama à l'ouest[1]. À l'est, on trouve le plateau d'Ikari (碇高原), traversé par la chaîne des monts Nariai (成相山脈), qui débute au sud-est à Ōmiya, dans le district de Naka, et termine au nord-est au mont Take (岳山), près du cap Kyō[1]. À l'ouest, on trouve une petite chaîne de montagnes reliant les monts Gongen (権現山) ou Yoshiwara (吉原山), à Mineyama dans le district de Naka, et Tossaka (トッサカ山)[1].
Il est traversé par trois fleuves qui se jettent au nord dans la mer du Japon, l'U(ja) (宇川), qui coule à partir de la vallée de Noma (野間谷), le Takeno(ja) (竹野川), qui tire sa source à Ikaga(ja) (五十河), dans le district de Naka, et le Fukuda(ja) (福田川), qui coule depuis Kirihata et Shinjo, à Amino[1]. Les plaines alluviales formées par ces fleuves forment le grenier de la péninsule de Tango[1].
En 1982, il occupait une superficie de 220,15 kilomètres carrés[1]. Au moment de sa dissolution, il était composé des trois bourgs de Yasaka, Tango et d'Amino[1]. Le district correspond maintenant au nord et au nord-est de la ville de Kyōtango.
Districts limitrophes
Historiquement, le district de Takeno est bordé à l'est par le Yosa (与謝郡) dans la même province de Tango, au nord par la mer du Japon, à l'ouest par le district de Kumano (熊野郡), aussi dans la province de Tango, et au sud par le district de Naka (中郡)[1],[N 1]. Après l'abolition du système han en 1871, les districts de Naka, de Kumano et de Yosa rejoignent la nouvelle préfecture de Kyoto avec le district de Takeno[2]. Le , la ville de Miyazu (宮津市) devient voisine du district de Takeno, après sa promotion à partir du district de Yosa[2].
Durant la première partie de la période Kofun apparaissent plusieurs kofun en forme de trou de serrure, notamment ceux de Shinmeiyama(ja) (神明山古墳), à Tango[1], de Chōshiyama(ja) (網野銚子山古墳), à Amino[1], et de Kurobe Chōshiyama(ja) (黒部銚子山古墳), à Amino[1], qui, étant les plus grands du côté de la mer du Japon, témoignent de la présence d'importants clans à cette époque dans la région[1]. On y trouve aussi le kofun d'Ubusunayama(ja) (産土山古墳) à Tango, édifié durant la seconde partie de la période kofun, et ceux d'Ōnaru(ja) (大成古墳群), datant de la période kofun tardive[1].
Moyen Âge
Le Shoku Nihongi, écrit en 797, indique que la province de Tango est créée le 3e jour du 4e mois de la 6e année de l'ère Wadō (713), par scission des cinq comtés du nord de la province de Tamba, qui en avait onze, incluant le comté de Takeno (avec ceux de Tanba (ou Naka), Kasa, Yosa et Kumano)[1]. Selon le dictionnaire Wamyō ruijushō édité en 938, le comté compte six cantons (郷), ceux de Kitsu (木津郷), Amino (納野郷)[N 2], Totori (鳥取郷), Ono (小野郷), Taiza (間人郷) et Takano (竹野郷)[1]. Un document du Shōsō-in, le bâtiment du trésor du Tōdai-ji, à Nara, daté du 10e mois de la 11e année de l'ère Tenpyō (739), mentionne le comté comme faisant partie de la province de Tango « 丹後国竹野郡»[1]. Dans le registre d'esclaves du Tōdai-ji datant du 19e jour du 12e mois de la 1re année de l'ère Tenpyō-shōhō (749), est listée une esclave du nom de « Matama» (真玉), originaire de ce comté[1]. Un document relatif à la construction du Tōdai-ji, rédigé le 25e jour du 10e mois de la 4e année de Tenpyō-shōhō (752) mentionne le « canton d'Amino, province de Tango, [avec] 51 foyers» (丹後国伍拾戸竹野郡網野郷)[1]. En tant que fief du temple, cinquante foyers du canton d'Amino dans le comté de Takeno payent un loyer au temple pour leurs terres[1]. Dans le Kojiki (712), dans l'entrée sur l'empereur Itoku (懿徳天皇), il est parlé d'un clan Take no wake (竹別), qui contrôlait le canton de Takano (竹野郷), dans le comté de Mikumi(ja) (美含郡), dans la province de Tajima. Sachant que Tajima est proche du Tango, il est possible que toute la région s'appelait Takano (Takeno), ou encore que l'influence des Take no wake s'est étendu jusque dans la province de Tango[1].
De nombreuses pièces en bois flotté de la Chine et la Corée anciennes ont aussi été retrouvés échoués dans le district[3]. Ils étaient utilisés probablement comme briquets. Des noix de coco ont aussi été retrouvées, suggérant un lien possible avec les pays de l'Asie du Sud-est[3]. Le comté était un lieu de commerce avec les pays étrangers dû à sa présence sur la côte de la mer du Japon[3].
En 1604, un cadastre de la province de Tango recense 37 villages et 29 hameaux dans le comté de Takeno[1]. En 1620, la province de Tango est divisée pour être administrée par trois domaines différents, ceux de Mineyama, de Miyazu et de Tango-Tanabe(ja), mais Takeno reste administré par Miyazu[1]. Après l'éviction du clan Kyōgoku du domaine de Miyazu en 1666[1], il est administré par la suite par le clan Nagai (永井氏), qui y possède 64 villages entre 1669 et 1680, puis par le clan Abe (阿部氏), qui y possède 69 villages entre 1681 et 1697, suivi par le clan Okudaira (奥平氏) entre 1697 et 1717, qui y possède 71 villages[1]. Le clan Aoyama (青山氏) entre 1717 et 1758, contrôle sept villages, puis le clan Matsudaira (松平氏) ou Honjō (本庄氏) contrôle 22 villages vers 1766[1]. Entre 1768 et 1833, neuf villages étaient contrôlés par le domaine d'Izushi(en) de la province voisine de Tajima[1]. Le reste du territoire était contrôlé directement par le shogunat Tokugawa[1]. En 1822, une révolte dû aux impôts éclate dans le domaine de Miyazu et les maisons de chefs de villages et de fonctionnaires sont brûlées à Mizotani, Kibashi, Jōganji, Tokumitsu, Shimamizokawa, Amino, Asamogawa et Okada[1].
Époque moderne
Siège du district de Takeno, à Amino.
Le «Kyūdaka Kyūryō Torishirabe-chō(ja)» (旧高旧領取調帳), type de registre sur l'état des villages, de la province de Tango, rédigé au début de l'ère Meiji (1868-1912), recense 75 villages dans le comté de Takeno[1]:
Le 19e jour du 4e mois de la 4e année de l'ère Keiō (), les villages dans la magistrature de Kumihama sont déplacés dans la nouvelle division du tribunal(ja) de Fuchū(ja) (府中裁判所)[1],[4]. Le 28e jour du 4e mois (), les villages contrôlés par le tribunal de Fuchū sont dès lors administrés par la nouvelle préfecture de Kumihama(ja) (久美浜県)[1],[4]. Durant la 4e année de l'ère Meiji, le 14e jour du 7e mois (), le système hanest aboli, et les villages administrés par le domaine de Miyazu passent dans la nouvelle préfecture de Miyazu (宮津県)[1],[4]. Le 2e jour du 11e mois de la même année (), après la première fusion de préfectures, l'entièreté du comté de Takeno, incluant les préfectures de Kumihama et de Miyazu, passe dans la nouvelle préfecture de Toyooka(ja) (豊岡県)[1],[4].
Carte des municipalités de la péninsule de Tango, incluant le district de Takeno, en 1889 (31. Amino, 32. Asamogawa, 33. Hamazume, 34. Kitsu, 35. Gō, 36. Shimazu, 37. Tottori, 38. Yoshino, 39. Mizotani, 40. Fukada, 41. Tokumitsu, 42. Yagi, 43. Taiza, 44. Takeno, 45. Kamiukawa, 46. Shimoukawa, 47. Noma).
Le , dû à la deuxième fusion de préfectures, l'entièreté du comté passe dans la préfecture de Kyoto[1],[4]. La même année, Nishitani et Uchigaki sont fusionnés dans le village de Yoshinaga, Kurumano est fusionné dans Ueno [2], Tono est fusionné dans Mizotani et Gangōji est fusionné dans Miya, réduisant le nombre de municipalités à 70[1]. Le , la nouvelle loi municipale(ja) est appliquée dans la préfecture de Kyoto et le comté de Takeno devient le district de Takeno, une division administrative[1]. Le siège du district est le village d'Amino[1]. En 1881, Ueno [1], Okada, Nakadachi et Wadaueno fusionnent pour créer le village de Kitsu(ja) (木津村)[1]. En 1887, Inoue est fusionné dans Hei et Hamazume absorbe ses villages annexes de Shioe et d'Iso, réduisant le nombre de municipalités à 66[1].
Le , à l'adoption de la loi municipale moderne(ja), le nombre de municipalités est réduit à seize villages après des fusions municipales[1]:
Nakahama, Kyūso, Taniuchi, Ueno [2], Ueyama, Owa et Sodeshi.
Le , lorsque la loi sur les districts(ja) (郡制) est adoptée dans la préfecture, des assemblées de district ont maintenant lieu dans le district de Takeno[1]. Le , une partie du village de Noma(ja) (野間村), du district voisin de Yosa, consistant en une section de l'ancien village de Nonaka(ja) (野中村), est intégrée dans le village de Yagi et en devient l'ōaza(ja) (大字)[N 18] d'Ōishi (大石)[1],[9]. Originellement, lors de la création des municipalités de 1889, une partie de Nonaka, l'ōaza d'Ōishi, avait déjà annoncé son désir d'intégrer le nouveau village de Yagi dû à leur proximité géographique, mais un conflit concernant la cession des actifs avait mis en pause le transfert d'Ōishi[9]. Le , Amino est promu au rang de bourg[7],[1]. Le , Amino absorbe Asamogawa[7],[1]. Il était prévu dès 1889 pour Amino de fusionner avec Asamogawa, Shimooka et Kobama, mais en raison de litiges concernant le partage des eaux du bassin du fleuve Fukuda(ja), Asamogawa, Shimooka et Kobama avaient opté pour fusionner entre eux[7]. Finalement, pour le développement du port d'Asamogawa, la fusion entre Amino et Asamogawa est devenue nécessaire[7]. Le , Taiza est à son tour promu au rang de bourg[1],[9]. Le , les assemblées de district sont abolies[1]. Le , Tokumitsu et Yagi fusionnent pour créer le village de Toyosaka(ja) (豊栄村), pour baisser le fardeau financier des deux villages, victimes de l'exode rural des agriculteurs de montagne[1],[9]. Le siège de district est aussi aboli le , et le district de Takeno ne devient plus qu'une division géographique[1]. Le , Fukada, Mizotani, Tottori et Yoshino fusionnent pour créer le village de Yasaka (弥栄村)[1],[8]. Une fusion avait déjà été considérée auparavant, dû aux coutumes similaires des quatre villages, mais certains hameaux s'étaient opposés, car ils ne s'entendaient pas sur l'emplacement de la nouvelle mairie[8]. Après des ententes, les hameaux ont accepté la fusion[8]. Le , le village de Noma, auparavant dans le district de Yosa, est transféré dans le district de Takeno[10],[1],[8]. Le transfert avait été envisagé déjà depuis l'ère Meiji, car une majorité de services comme la police, l'association des maires, les services de communication et la poste relevaient déjà du district de Takeno[8]. Seul le bureau des impôts et les assemblées préfectorales quand elles existaient encore relevaient du district de Yosa[8]. Une majorité de la population de Noma, à l'exception du koaza(ja) (小字)[N 19] de Narudani (成谷), plus proche du village de Higaya(ja) (日ケ谷村) dans le district de Yosa, a donc décidé d'être transférée dans le district de Takeno[8]. Le même jour, Narudani est intégré dans Higaya et demeure dans le district de Yosa[8],[11].
Durant les grandes fusions (1950-1960) de l'ère Shōwa, le nombre de municipalités passe de douze à trois. Le , Amino fusionne avec Hamazume, Kitsu, Gō et Shimazu pour recréer le bourg d'Amino[1],[7]. Il avait été au début envisagé pour Amino de seulement fusionner avec Shimazu, Gō et l'ancien village d'Iso dans le village de Hamazume et pour Kitsu de fusionner avec le reste de Hamazume, mais en cours de négociations, une fusion rapide est entérinée entre Kitsu et Hamazume, et Shimazu, Gō et Amino décident donc de se joindre à eux[7]. En 1955, deux fusions ont lieu: le , Taiza, Toyosaka, Takeno, Kamiukawa et Shimoukawa fusionnent pour créer le bourg de Tango (丹後町)[1],[9], tandis que le , Yasaka et Noma décident de fusionner pour créer le bourg de Yasaka (弥栄町)[1],[8]. La fusion de Yasaka et de Noma avait déjà été envisagée lors de la création du village de Yasaka en 1933, dont les anciens villages voulaient plutôt former un bourg, mais le fait que Noma soit dans un district différent était un facteur préventif[8]. Après la passage de Noma dans le district de Takeno, la fusion est devenue plus facile[8].
Durant les fusions municipales de l'ère Heisei (2000-2010), le district de Takeno finira par disparaître[12]. Yasaka, Tango et Amino entretiennent des ententes avec leurs voisins dans la péninsule de Tango. En , un conseil réunissant six municipalités de la péninsule de Tango est formé et l'entente pour la fusion est signée en [13]. Le , Yasaka, Tango, Amino et les bourgs d'Ōmiya (大宮町) et de Mineyama (峰山町), tous deux du district de Naka, ainsi que le bourg de Kumihama (久美浜町), du district de Kumano, fusionnent pour créer la ville de Kyōtango (京丹後市)[N 20],[2].
↑Seul le bourg d'Ine (伊根町), du district de Yosa, qui avait brièvement rejoint les discussions de fusion, opte pour rester indépendant et ne rejoint pas la nouvelle ville.
Références
(ja) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en japonais intitulé «竹野郡 (京都府)» (voir la liste des auteurs).
(ja) Rizō Takeuchi (dir.) et 角川日本地名大辞典編纂委員会, 角川日本地名大辞典(ja): XXVI: 京都府 [«Grand dictionnaire Kadokawa des noms de lieux du Japon 26 - Préfecture de Kyoto»], vol.I, Kadokawa Shoten, , 1515p.
(ja) Rizō Takeuchi (dir.) et 角川日本地名大辞典編纂委員会, 角川日本地名大辞典(ja): XXVI: 京都府 [«Grand dictionnaire Kadokawa des noms de lieux du Japon 26 - Préfecture de Kyoto»], vol.II, Kadokawa Shoten, , 838p.
(ja) 丹後史料叢書刊行会 (trad.Collection de documents historiques du Tango), 丹後史料叢書, vol.I-V, 丹後史料叢書刊行会,.