Kumihama
établissement humain au Japon
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Kumihama (久美浜町, Kumihama-chō) est un ancien bourg de la préfecture de Kyoto, ayant existé jusqu'au , date de sa fusion avec les bourgs de Yasaka, Mineyama, Tango, Ōmiya et Amino pour former la ville de Kyōtango. Il faisait partie du district de Kumano, dont il était le chef-lieu. L'un des villages originaux de la province de Tango, il est promu au rang de bourg le , puis s'agrandit à trois reprises. Il s'agrandit d'abord le en absorbant le village de Kumitani (ja), puis le , en fusionnant avec ceux de Kawakami (ja), Kaibe (ja), Ta (ja), Kanno (ja) et Minato (ja), et finalement le , en absorbant le village de Sano (ja). Situé dans la péninsule de Tango face à la mer du Japon, on y trouve la plage de Shōtenkyō (ja) et la baie de Kumihama, toutes deux incluses dans le parc national de San'inkaigan. Ville frontalière avec la préfecture de Hyōgo, elle a été le site d'un plan pour une future centrale nucléaire dans les années 1970, avant qu'il ne soit refusé par les habitants.
| Kumihama-chō 久美浜町 | ||||
La plage de Shōtenkyō (ja) à Kumihama. | ||||
Symbole de Kumihama. |
Drapeau |
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| Administration | ||||
|---|---|---|---|---|
| Pays | ||||
| Région | Kansai | |||
| Préfecture | Kyoto | |||
| Code postal | 〒629-3492 | |||
| Démographie | ||||
| Population | 12 023 hab. (2003) | |||
| Densité | 83 hab./km2 | |||
| Géographie | ||||
| Coordonnées | 35° 36′ 12″ nord, 134° 53′ 42″ est | |||
| Altitude | 3,0[1] m |
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| Superficie | 14 504 ha = 145,04 km2 | |||
| Localisation | ||||
| Géolocalisation sur la carte : Japon
Géolocalisation sur la carte : Japon
Géolocalisation sur la carte : préfecture de Kyoto
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| Liens | ||||
| Site web | site officiel | |||
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Toponymie
Kumihama (久美浜) est un toponyme ancien et signifie « plage (浜) de Kumi (久美) ». Il est tiré de l'ancien canton de Kumi (久美郷), devenu la seigneurie de Kumi (久美庄) au Moyen Âge. Une des théories pour l'origine de « Kumi » est qu'il vient de l'épée du dieu Tamba-no-Michinushi-no-Mikoto (ja) (丹波道主命), vénéré au sanctuaire shinto local Kamitani-jinja. L'épée est appelée « 国見剣 », lu « Kunimi no tsurugi ». D'autres théories évoquent un lien avec le riz (米, kome) ou encore avec la partie « Kuma » du nom du district de Kumano. La partie « mi » peut également être le nom utilisé dans beaucoup de noms de sanctuaires et de divinités du Japon ancien[2].
Géographie
Topographie et hydrographie

Kumihama se trouve à l'extrémité nord-ouest de la préfecture de Kyoto[3],[4],[5]. Il correspond maintenant à la partie ouest et sud-ouest de la ville de Kyōtango[6],[5]. Il faisait partie du district de Kumano, dont il couvre la totalité depuis 1958[6],[3],[5],[7]. Il borde au nord la mer du Japon[6],[4],[5] et est limitrophe de la préfecture de Hyōgo (anciennement la province de Tajima) à l'ouest et au sud[6],[5],[7]. En son centre se trouve la baie de Kumihama, dont l'accès à la mer est presque entièrement bloqué par un étroit banc de sable appelé Shōtenkyō (ja) (小天橋), laissant un mince détroit appelé Mitoguchi (水戸口), et la baie est donc considérée comme un lac[6],[3],[4],[5],[7]. Au centre de la baie se trouve le cap Daimyōjin (大明神岬)[7]. La baie couvre une superficie de 7,18 kilomètres carrés[3],[8],[4], mais sa superficie est en réduction dû aux sédiments provenant des fleuves Sanotani, Kawakamidani, Tochidani et Kumitani[9]. Les fleuves Kawakamidani (ja) (川上谷川) et Sanotani (ja) (佐濃谷川) y coulent à partir du sud pour se jeter dans la baie de Kumihama[6]. Le territoire est couvert à majorité de forêts et par les monts Tango (ja) (丹後山地), à l'exception des plaines formées par le Kawakamidani et le Sanotani[6]. La majorité de la population est concentrée autour de la baie de Kumihama[3]. Le centre de Kumihama se trouve dans la plaine en aval des fleuves Jinya (陣屋川), Tochidani (栃谷川) et Kumitani (ja) (久美谷川), au sud de la baie du même nom. chacune à 250 mètres de l'autre[7],[10]. Au nord de la baie se trouve Minatomiya et son port, à l'embouchure vers la mer du Japon[9]. On retrouve sur le territoire de Kumihama les monts Kabuto (兜山/甲山) ou « Gongen » (権現山), d'une hauteur de 191,7 mètres, et Nyoiji (如意寺岳)[7]. Au sud, le territoire est caractérisé par des montagnes d'entre 500 et 600 mètres de haut, dont le mont Kōryūji (ja) (高竜寺ヶ岳), point culminant, à 697 mètres de haut[11]. Le climat y est tempéré, dû au courant de Tsushima, avec des étés frais et des hivers doux, mais de fortes précipitations incluant des fortes chutes de neige, caractéristiques de la région de San'in[11].
Le bourg occupe une superficie de 145,04 kilomètres carrés au moment de la fusion de 2004[3],[12], mais occupait 144,85 kilomètres carrés vers 1981[7]. Le bourg est divisé en cinquante-trois quartiers, ceux de Kumihama (久美浜), Ashiwara (芦原), Ama (海士), Anyōji (ja) (安養寺), Izusumi (出角), Ichinono (市野々), Ichiba (市場), Ichibu (壱分)[N 1], Urake (浦明), Endonji (円頓寺), Ōi (大井), Ōmukai (大向), Okumaji (奥馬地), Kazurano (葛野), Kanaya (金谷), Kano (鹿野), Kamai (蒲井), Kanzaki (神崎), Kandani (神谷), Kuchimaji (口馬地), Kōnashi (河梨), Kōyama (甲山), Koguwa (小桑), Gō (郷), Sakai (坂井), Sakadani (坂谷), Sano (ja) (佐野), Sanbu (三分), Shima (島), Shinjō (新庄), Jōgahata (尉ケ畑), Suda (須田), Seki (関), Takefuji (竹藤), Tani (谷), Tochidani (栃谷), Tomoshige (友重), Nagadome (永留), Nagano (長野), Niidani (新谷), Nyō (女布), Nonaka (ja) (野中), Hashizume (橋爪), Hata (畑), Hirata (平田), Futamata (二俣), Hotaino (布袋野), Honde (品田), Maruyama (丸山), Mitani (三谷), Minatomiya (湊宮), Mihara (三原) et Yuike (油池)[14],[15],[16]. Le quartier de Tochidani contient à son tour le sous-quartier de Kōsaka (甲坂), tandis que le quartier de Mitani contient les sous-quartiers de Kuchimitani (口三谷) et d'Okumitani (奥三谷)[14],[17],[18]. Kumihama est subdivisé à son tour avec les sous-quartiers de Doi (土居), Sakae-machi (栄町), Shin-machi (新町), Jūraku (十楽), Naka-machi (仲町), Nishi Hon-machi (西本町), Higashi Hon-machi (東本町) et Mukō-machi (向町), auxquels s'ajoute parfois celui de Shinbashi (新橋)[N 2],[7],[14],[2],[16]. Après la fusion municipale a été créé le nouveau quartier de Mukaiso (向磯)[19].
Villes limitrophes
Entités territoriales limitrophes à la date de la fusion du [20],[21]. Selon la chorographie Tanka Fushi (ja) (丹哥府志), rédigée de 1763 à 1841, Kumihama se trouvait à 3 ri de Mineyama (environ 12 kilomètres), à 9 ri de Miyazu (environ 36 kilomètres), à 15 ri de Tanabe (environ 60 kilomètres), à 3 ri de Kinosaki, à 3 ri de Toyooka et à 3 ri d'Izushi[16]. À l'origine, Kumihama est bordé à l'ouest par les villages de Hatagami (畑上村) et de Mihara (三原村), tous deux du district de Kinosaki (ja) dans la préfecture de Hyōgo[7]. Il est bordé au nord par le village de Minatomiya (湊宮村), incluant son exclave de Kacchi (河内), du même district de Kumano, et par la baie de Kumihama[7]. Il est bordé à l'est par la baie de Kumihama et les villages de Kazurano (葛野村)[N 3], Kano (鹿野村), Urake (浦明村), Kanzaki (神崎村), Kōyama (甲山村) et Yūke (油池村)[N 4], tous dans le district de Kumano[7]. Il est bordé au sud par les villages de Tochidani (栃谷村), Mitani (三谷村), Kuchimaji (口馬地村) et Kandani (神谷村)[N 5], tous dans le district de Kumano[7].
Au , Kumihama est entouré, à partir de l'ouest, du village de Minato (ja) (港村) (contient les anciens villages de Mihara et Hatagami), dans le district de Kinosaki de la préfecture de Hyōgo, du village de Minato (ja) (湊村) (contient les anciens villages de Kazurano et Minatomiya), dans le district de Kumano, de la baie de Kumihama, et des villages de Kanno (ja) (神野村) (contient les villages de Kōyama, Kanzaki, Urake et Kano), de Kaibe (ja) (海部村) (contient l'ancien village de Yūke) et de Kumitani (ja) (久美谷村) (contient les anciens villages de Tochidani, Mitani, Kuchimaji et Kandani), tous trois du district de Kumano[20],[21],[7],[22]. Au , il n'est plus voisin du village de Kumitani, et devient voisin de la ville de Toyooka (豊岡市), dans la préfecture de Hyōgo, et du village de Kawakami (ja) (川上村), dans le district de Kumano. Au , il ne devient plus voisin de Kaibe, Minato (湊村), Kanno et Kawakami et devient voisin des villages de Kamiyoshi (ja) (神美村), d'Aihashi (ja) (合橋村) et de Shimo (ja) (資母村), tous trois dans le district d'Izushi (ja) de la préfecture de Hyōgo[20],[21]. Il devient également voisin du village de Sano (ja) (佐濃村), dans le même district de Kumano, et du bourg d'Amino (網野町), dans le district de Takeno[20]. Le de la même année, Minato (港村) est absorbé par la ville de Toyooka[20],[21]. Le , Shimo et Aihashi fusionnent avec le village de Takahashi (ja) (高橋村) pour former le bourg de Tantō (ja) (但東町)[20],[21]. Le , Kamiyoshi est divisé entre la ville de Toyooka et le bourg d'Izushi (ja) (出石町), du district du même nom, qui devient voisin de Kumihama[20],[21]. Au , Kumihama n'est plus voisin de Sano, mais devient voisin du bourg de Mineyama (峰山町), du Naka[20].
| Toyooka (préfecture de Hyōgo)[21] | (Mer du Japon) | Amino[20] | ||
| Toyooka (préfecture de Hyōgo)[21] | N | Amino[20] Mineyama[20] | ||
| O Kumihama E | ||||
| S | ||||
| Toyooka (préfecture de Hyōgo)[21] | Izushi (ja) (préfecture de Hyōgo)[21], Tantō (ja) (préfecture de Hyōgo)[21] | Tantō (ja) (préfecture de Hyōgo)[21] |
Histoire

Kumihama a longtemps été le centre de sa région[6]. Durant la période Yayoi, le lieu était déjà habité et on y pratiquait déjà la sidérurgie et la riziculture. Dû à son emplacement stratégique face à la mer du Japon, il était un point de connection avec le contient asiatique, comme le témoignent les artéfacts trouvés au site de Hakoishihama[23],[11]. Il correspond au canton de Kumi (久美郷) de la province de Tango, mentionné dans le Wamyō ruijushō (938), devenu au Moyen Âge la seigneurie de Kumi (久美庄)[7]. Les anciennes routes de Toyooka Kaidō (豊岡街道), Yushima Kaidō (湯島街道), Amino Kaidō (網野街道) et Kumihama Kaidō (久美浜街道) partaient toutes de Kumihama, faisant de lui un carrefour important entre la baie de Kumihama et la mer du Japon[7]. Le toponyme « Jūraku » (十楽) retrouvé à Kumihama montre qu'il s'agissait auparavant d'une ville portuaire où se trouvait un marché libre (ja) (« rakuichi » 楽市) durant le Moyen Âge tardif[7]. Le 8e rouleau de la deuxième section de la biographie illustrée du moine itinérant Ippen, dont l'histoire se déroulerait en 1285, fait état d'un dragon qui apparaît devant Ippen alors qu'il est à Kumihama[7]. Le « Kumihama » mentionné, ou « plage de Kumi », évoquait un territoire large et il est inconnu s'il correspond exactement avec l'actuel Kumihama[2]. Alors faisant partie du domaine de Miyazu, il devient administré directement par le shogunat Tokugawa en l'an 6 de Kanbun (1666), puis est retourné au domaine de Miyazu en l'an 9 de Kanbun (1669), puis est de nouveau sous administration du shogunat en l'an 8 d'enpō (1680)[16]. De retour sous l'égide de Miyazu en l'an 1 de Tenna (1681), il est définitivement cédé au shogunat en l'an 10 de Genroku (1697)[16]. En l'an 20 de Kyōhō, Kumihama est placé dans la magistrature de Kumihama (ja) (久美浜代官所), dont il devient la capitale[6],[12],[16],[5]. À cette époque, Kumihama administre alors plus de 67 000 koku de terres dans les provinces de Tango et de Tajima[16]. L'impôt prélevé à Kumihama s'élevait à 971 koku selon un registre de village de l'ère Keichō (1596-1615), mais dans le Kyūdaka Kyūryō Torishirabe-chō (ja) (旧高旧領取調帳), rédigé au début de l'ère Meiji (vers 1868), il avait monté à plus de 1 357 koku[16]. Le 19e jour du 4e mois de la 4e année de l'ère Keiō (), la magistrature de Kumihama devient la nouvelle division du tribunal (ja) de Fuchū (ja) (府中裁判所)[22],[16]. Le 28e jour du 4e mois de la même année (), le tribunal de Fuchū devient la préfecture de Kumihama (ja) (久美浜県), dont Kumihama est la capitale[6],[22],[16]. En l'an 3 de Meiji (1870), l'école primaire préfectorale de Kumihama est ouverte[16]. L'année suivante y sont construits l'hôpital préfectoral, une caserne militaire et la foire de produits locaux (ja). On y comptait également vingt auberges, ce qui faisait de Kumihama une ville assez prospère à l'époque[16]. Selon le Kyōbu Seihyō (共武政表), document militaire rédigé en l'an 13 de Meiji (1880), la population de Kumihama était de 1917 habitants[16].
Le 2e jour du 11e mois de la 4e année de l'ère Meiji (), après la première fusion de préfectures, l'entièreté du territoire de l'actuel Kumihama est intégrée dans la préfecture de Toyooka (ja) (豊岡県)[22]. Le de la 9e année de l'ère Meiji (1876), la préfecture de Toyooka est supprimée et intégrée dans la préfecture de Kyoto[22]. Du , après l'application de la loi municipale japonaise de 1878 (ja), jusqu'au , Kumihama est le chef-lieu du district de Kumano, qui devient brièvement une division administrative[22]. Le , à l'adoption de la loi municipale moderne (ja), le village de Kumihama est recréé[22],[20],[12],[7]. Le reste du district de Kumano est alors réorganisé en huit villages[7]. Kumihama n'était alors pas constitué en ōaza (ja) (大字)[N 6][16]. En 1893, l'école primaire municipale de Kumihama (久美浜尋常小学校), devient l'école primaire municipale associée de Kumihama et de Kumitani (久美浜村久美谷村組合立久美尋常小学校)[16]. La même année, le commissariat de Kumihama (久美浜警察署) est ouvert[N 7],[16].
Kumihama est promu au rang de bourg le [16],[20],[12],[5]. La pratique de l'élevage de palourdes commence en 1916[7]. En 1921, la baie de Kumihama est désignée site historique national[9]. En , un séisme (en) frappe le nord de la région du Tajima (Toyooka, Kinosaki) et détruit 69 habitations et cause sept morts à Kumihama[16]. À peine deux ans plus tard, un second séisme frappe le nord de la région du Tango et fait six morts, mais détruit plus de 417 habitations sur 1 473 à Kumihama[16]. Le chemin de fer arrive à Kumihama en 1929, lorsqu'une gare reliant le bourg à Toyooka est construite[16]. En 1932, le chemin de fer relie Kumihama à Miyazu à l'est avec la complétion de la ligne Miyazu[16]. En 1950 est débutée l'ostréiculture à Kumihama, notamment au hameau de Kacchi[7]. Le , Kumihama absorbe le village de Kumitani (ja) (久美谷村)[22],[20],[12],[5]. Le , en fusionnant avec ses voisins Kawakami (ja) (川上村), Kaibe (ja) (海部村), Ta (ja) (田村), Kanno (ja) (神野村) et Minato (ja) (湊村), Kumihama s'agrandit considérablement[22],[20],[12],[5]. Dû au fait que les six municipalités avaient consolidé leurs collèges en un collège commun, il a été proposé que les municipalités du district de Kumano fusionnent ensemble pour créer une grande municipalité[12]. L'emplacement de la future mairie et l'éloignement des villages ont notamment été un sujet de contention entre les anciennes municipalités[12]. Sano (ja) (佐濃村), qui venait de naître d'une fusion il y a à peine quatre ans, décide de se retirer du comité de fusion[12]. Le village de Sano, qui avait alors moins de 5000 habitants, était divisé entre ceux qui était en faveur et ceux qui étaient contre la fusion[12]. Le , avec la médiation de la préfecture, Sano accepte d'être intégré dans Kumihama[22],[20],[12],[5]. La même année, les premières filatures textiles apparaissent à Kumihama, devenant un emploi d'hiver pour les agriculteurs, en tant que contracteurs pour les tisserands du Nishijin à Kyoto[4],[6].

Dû à la proximité de la région du Tango avec les grandes villes du Keihanshin, Kansai Electric a envisagé durant les années 1970 la construction de grandes centrales nucléaires dans la région, qui était censée devenir le plus grand centre de production d'électricité par fission nucléaire du pays, devant les centrales de Kashiwazaki-Kariwa[25]. Des plans pour des centrales à Kumihama, Miyazu et Maizuru ont été élaborés par la société[25], qui envoie des employés dans les secteurs de Kamai et Asahi (旭)[26] à Kumihama en 1973 faire des inspections[27]. Ils sont surpris par des habitants, qui questionnent alors le maire de l'époque, Ri'ichirō Kotani[27]. Kotani annonce formellement le contrat avec Kansai Electric pour la construction d'une centrale nucléaire à Kumihama en , mais le , une pétition lancée par le chef de quartier de Kamai fait écho parmi la population[28]. Kotani avait été élu en 1961 par recommendation des partis communiste et socialiste, connu pour leur positions contre le nucléaire. Sa position était donc contraire à celle des partis le soutenant, et il est théorisé qu'il en a fait ainsi pour recevoir des subventions de Kansai Electric pour renflouer les coffres de Kumihama[29]. Les citoyens de Kumihama ont été catégoriques dans leur opposition au plan et Kotani est défait aux élections de 1977, remplacé par le conservateur Takeshi Ijiri[30]. Le plan de centrale nucléaire n'avancera pas sous les mandats d'Ijiri et de ses successeurs Katayama et Yoshioka[30] et sera finalement abandonné le , deux ans après la fusion[25],[31],[26],[32]. Durant les fusions municipales de l'ère Heisei (2000-2010), le bourg de Kumihama entretient des ententes avec ses voisins dans la péninsule de Tango. En , un conseil réunissant six municipalités de la péninsule de Tango est formé et l'entente pour la fusion est signée en [33]. Le , les municipalités situées dans la péninsule de Tango, nommément les bourgs d'Ōmiya (大宮町) et de Mineyama (峰山町), tous deux du district de Naka, les bourgs d'Amino (網野町), de Tango (丹後町) et de Yasaka (弥栄町), tous du district de Takeno, et le bourg de Kumihama, du district de Kumano, fusionnent pour créer la ville de Kyōtango (京丹後市)[N 8],[20],[5],[4],[3],[6]. Le district de Kumano disparaît le même jour[5].
Politique et administration
Démographie

Éducation
Au moment de la fusion de 2004, on y trouvait sept écoles primaires et deux collèges, ainsi qu'un lycée. Les écoles primaires sont l'école primaire municipale de Kumihama (久美浜町立久美浜小学校), l'école primaire municipale de Kawakami (久美浜町立川上小学校), l'école primaire municipale de Kaibe (久美浜町立海部小学校), l'école primaire municipale de Sano (久美浜町立佐濃小学校), l'école primaire municipale de Tamura (久美浜町立田村小学校), l'école primaire municipale de Kanno (久美浜町立神野小学校) et l'école primaire municipale de Minato (久美浜町立湊小学校)[40]. Les écoles de Kaibe, Kawakami et Sano sont fusionnées après la création de Kyōtango en pour créer l'école primaire municipale de Kōryū (京丹後市立高龍小学校)[40]. Les écoles de Tamura, Kanno et Minato fusionnent en pour créer l'école primaire municipale de Kabutoyama (京丹後市立かぶと山小学校)[40]. Les deux collèges sont le collège municipal de Kumihama (ja) (久美浜町立久美浜中学校), ouvert en 1949 après la fusion des anciens collèges municipaux de Minato (湊村立湊中学校), de Matsue (神野村田村組合立松江中学校) et de Kumi (久美浜町久美谷村組合立久美中学校), et le collège municipal de Kōryū (久美浜町立高龍中学校), créé en 1949 par la fusion de ceux de Sano (組合立佐濃中学校) et de Kumano 1 (組合立熊野第一中学校). Le collège de Kōryū est fusionné dans celui de Kumihama en [41],[42]. Le seul lycée est le lycée préfectoral de Kumihama (ja) (京都府立久美浜高等学校), fondé en 1902 sous le nom d'école agricole du district de Kumano (熊野郡立農林学校). Le , le lycée préfectoral de Kumihama est fusionné pour devenir le lycée préfectoral de Tango Ryokufū (ja) (京都府立丹後緑風高等学校)[43],[44].
Culture et patrimoine
Les côtes de Kumihama font partie du parc national de San'inkaigan, incluant sa baie et la plage de Shōtenkyō[6],[3],[4],[5]. La plage naturelle est un attrait populaire pour les baigneurs[8]. Au nord du bourg se trouve le site de Hakoishihama (ja) (函石浜遺物包含地), datant des périodes Jōmon à Heian, où ont été mises au jour de la poterie et des pièces de monnaie de Chine continentale datant du règne de Wang Mang[6],[3],[4],[5],[45]. On y retrouve aussi le site du château de Matsukura (松倉城), ou de Kumihama (久美浜城跡), un ancien château de colline à 57 mètres de haut dont le site offre une vue panoramique de Kumihama[46]. La salle municipale de Kumihama (久美浜公会堂) construite en 1930 pour commémorer les victimes du séisme de 1925 et l'ancienne mairie de Kumihama, construite en 1927 en tant que mairie pour l'ancien village de Kumitani et utilisée en tant que mairie de Kumihama de 1951 à 2004, sont deux bâtiments patrimoniaux de l'époque moderne[47],[48]. La gare de Kumihama, inaugurée en 1929, est une reproduction du bâtiment de la préfecture de Kumihama lors de son abolition en 1871[46]. L'ancienne maison marchande de la famille Inaba (ja) (豪商 稲葉本家), où se trouve une confiserie réputée pour ses botamochi, est ouvert aux touristes et est un bien culturel enregistré[49]. Des quatre brasseries opérées par cette même famille Inaba, longtemps influente sur l'économie locale, une seule subsiste, la résidence Inaba-est[46].
Le sanctuaire shinto Kamitani-jinja (ja) (神谷神社), aussi connu sous le nom « Tachi no miya » (太刀宮), est recensé parmi les sanctuaires du comté de Kumano dans l'Engishiki (écrit en 927)[16]. Il s'agit du seul sanctuaire shinto au Japon où Tamba-no-Michinushi-no-mikoto est la divinité principale[50]. Deux statues de pierre qui s'y trouvaient ont été plus tard transférées au temple Enshō-ji après la séparation du bouddhisme du shintoïsme[16]. On y trouve les temples bouddhistes Enton-ji (円頓寺) et Hongan-ji (ja) (本願寺), qui renferment des biens culturels importants désignés : une statue de Yakushi Nyorai assis datant de la période Heian à l'Enton-ji et deux statues, une de Nikkō Bosatsu et l'autre de Gakkō Bosatsu, toutes deux datant de la période Heian, ainsi que le bâtiment principal au Hongan-ji[4],[5],[16],[51],[45]. Un autre bien culturel désigné à Kumihama est une épée à têtes de dragons mise au jour à la deuxième tombe de Yubunezaka (ja) (湯舟坂2号墳), dans le groupe de kofun de Yubunezaka (湯舟坂古墳群)[5],[45]. D'autres temples bouddhistes à Kumihama incluent le Sōun-ji (宗雲寺), fondé par le moine Chiune (千畝), descendant de la famille Konoe, et qui est un temple de la secte du Nanzen-ji (à Kyoto) et est aussi connu pour son jardin japonais, l'Enshō-ji (圓照寺)[N 14] et le Chōmyō-ji (長命寺)[N 15],[16],[52]. Un autre des temples de Kumihama, le Nyio-ji (ja) (如意寺), est réputé pour l'observation des fleurs et contient une statue d'Amida Nyorai enregistrée comme bien culturel de Kyōtango[53],[2].
- Lieux d'intérêts à Kumihama
- Fouilles au site de Hakoishihama en 1918.
- Salle Sōshi-dō du temple Hongan-ji.
- Porte principale du temple Enton-ji.
- Sanctuaire shinto Kamitani-jinja.
Économie

L'activité économique principale de Kumihama est l'agriculture, dont la riziculture, la culture de tulipes et de fruits comme les pastèques, les poires, les pêches et le raisin, entre autres, près de la mer du Japon[6],[3],[4],[5]. La pêche, notamment de sériole du Japon, de Lateolabrax japonicus (en), de pagre tête noire et flétan, et l'aquaculture sont aussi des activités économiques importantes, en particulier l'ostréiculture et l'élevage de crevettes kuruma, pratiquée dans la baie de Kumihama[6],[3],[4],[8],[9]. Les spécialités culinaires de Kumihama incluent les biscuits tai senbei (ja) (鯛せんべい) et le konoshiro-zushi (ja) (このしろ寿し)[45]. L'industrie textile est encore pratiquée par plusieurs, depuis l'introduction de filatures dans les années 1950 et 1960, avec la production entre autres de Tango chirimen[6],[3],[5]. Le quartier de Mukōmachi dans le centre de Kumihama était réputé pour son artisanat du bambou, et durant l'ère Taishō (1912-1926), plus de trente familles pratiquaient l'artisanat du bambou. Dans les années 1980, il n'en restait qu'une poignée[16]. Dû à la présence de plages et de la baie de Kumihama, le tourisme, en particulier l'hébergement touristique, est important à Kumihama, attirant des visiteurs de partout au Kansai[6],[4]. Les sports nautiques, en particulier grâce au parc national de San'in Kaigan, comme le canoë-kayak, sont aussi pratiqués par les touristes[45]. On y retrouve aussi des sources chaudes, Kumi no Hama Onsen (ja) (久美の浜温泉), de renommée nationale[5]. Kumano Shuzō (ja) (熊野酒造) est une brasserie de saké locale à Kumihama, ayant repris les opérations de la famille Inaba après la Seconde Guerre mondiale[46].
Transports
Kumihama est desservi par la ligne Miyatoyo exploitée par Kyoto Tango Railway (auparavant Kitakinki Tango Railway), aux gares de Shotenkyo, de Kabutoyama et de Kumihama[6],[3],[4],[5]. Les routes nationales 178 (ja), 312 (ja) et 482 (ja) passent par Kumihama[6],[4],[5].
Symboles
Le symbole de Kumihama a été adopté le [54]. Il représente trois fois une version stylisée du kanji « 久 », premier kanji du nom du bourg, associés ensemble, trois étant lu « mi », comme le deuxième caractère de Kumihama[54],[45]. Le symbole a également été utilisé par le lycée local. Le drapeau a été adopté le , et a un rapport de 1;1,4, représentant le symbole municipal en rouge sur un fond blanc[54]. La charte municipale a été adoptée le [54].
La « chanson du bourg de Kumihama » (久美浜町歌) a été composée le par Akira Iwasaki (岩崎 晃) et écrite par Masashi Teraya (寺谷 正)[54]. La mascotte locale est Hiryū-kun (飛竜クン) depuis le , représentant un personnage sur un kayak avec une rame et portant un casque avec la lettre k[54]. Le slogan municipal est « un bourg chaleureux et tranquille, unie par la mer, les villages et la montagne » (「うみ・さと・やま」交流でおりなす、うるおいとやすらぎのまち)[54].
L'arbre local est le prunier, et la fleur locale est la tulipe[N 16] depuis le [54],[45].
Personnalités liées

- Shōko Hamada (en) (浜田 翔子, Hamada Shōko, 1986-), personnalitée de la télévision, y est née[55] ;
- Kō Hamada (ja) (はまだ こう, Hamada Kō, 1987-), personnalitée de la télévision et sœur de Shōko, y est née[55] ;
- Kaoru Ijiri (ja) (井尻 薫, Ijiri Kaoru, 1975-), pilote automobile, y est né[56] ;
- Inaba Ichirōemon XII (ja) (12代目 稲葉 市郎右衛門, Jūnidai-me Inaba Ichirōemon, 1846-1915), homme d'affaires et homme politique, y est né[57] ;
- Inaba Ichirōemon XIII (ja) (13代目 稲葉 市郎右衛門, Jūsandai-me Inaba Ichirōemon, 1882-1954), homme d'affaires et homme politique, fils du 12e y est né[58] ;
- Masahiro Maeda (ja) (前田 正博, Maeda Masahiro, 1948-), céramiste, y est né[59] ;
- Yorikane Masumoto (桝本 頼兼, Masumoto Yorikane, 1941-), homme politique, y a grandi durant ses années d'école primaire[60] ;
- Azuma Okuda (ja) (奥田 東, Okuda Azuma, 1905-1999), agronome, en est originaire, mais est né à Unebi (ja) (préfecture de Nara)[N 17],[61] ;
- Kazu Saitō (ja) (斉藤 和, Saitō Kazu, 1960-), artiste peintre, y est né[62].
