Domingo Cisneros

From Wikipedia, the free encyclopedia

Naissance
Nom de naissance
Domingo Cisneros Alarcon
Nationalité
Domingo Cisneros
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Naissance
Nom de naissance
Domingo Cisneros Alarcon
Nationalité
Activités
Autres activités
Recherche et expérimentation en Arts Forestiers
Formation
Universidad Autónoma de Nuevo León (UANL), Centro Universitario de Estudios Cinematográficos (CUEC) de la Universidad Nacional Autónoma de México (UNAM)
Maître
José Revueltas, Luis Buñuel, Gabriel García Márquez
Élève
Edward Poitras
Mouvement
Art-nature
A influencé
Edward Poitras, Guy Sioui Durand, Sonia Robertson
Distinction

Premier récipiendaire du Grand Prix de la Culture des Laurentides (1990)

Doctorat Honoris Causa, Faculté des Arts, Université du Québec à Montréal (2018)
Œuvres principales

Écrits :

  • Deathwatch/Veillée de mort (1981)
  • La Guerre des fleurs/Codex Ferus (1996)
  • La Coyota (2025)

Oeuvres :

  • Le Bestiaire Laurentien (1988)
  • Parole de Lauzes (2001)
  • Wampum 400 (2008)
  • Murets d'art (2019)

Domingo Cisneros est né le à Monterrey, Nuevo León, au Mexique. C’est un métis de la nation Tepehuanes. Se définissant comme un « guerrier culturel », il émigre au Québec (Canada) en 1968. Il s’installe à La Macaza en 1974, après s'être vu offrir un poste d’enseignant d'art au Collège Manitou. On lui confie bientôt la coordination du Département des Arts et Communication du Collège. C’est au contact de ce nouvel environnement qu’il trouve dans la forêt boréale québécoise un territoire à la mesure de sa force créatrice. Après la fermeture du Collège Manitou en 1976, il choisit de rester à La Macaza et d'y poursuivre son œuvre.

En 1984, il entreprend une première expédition artistique collective dans un désert du nord du Mexique, qui réunit douze créateurs du Canada et du Mexique issus de plusieurs disciplines : c'est le projet La Zona del Silencio, le premier « Art-Aventure », un concept qu'il développe avec sa compagne Wanda B. Campbell. En 1988, il fonde avec plusieurs artistes des Hautes Laurentides le collectif Boréal Multimédia, avec lequel il met sur pied plusieurs projets, expositions collectives et expéditions d'Art-Aventure. Il développe aussi le concept de «Territoire Culturel », dont il poursuivra le mise en œuvre avec un deuxième groupe d'artistes, Les Précambriens, avec qui le Territoire Culturel sera déclaré « projet prioritaire de développement régional » par la Municipalité régionale de comté (MRC) Antoine Labelle en 1993.

Cisneros mène parallèlement une carrière comme artiste visuel et participe aux grandes expositions nord-américaines des années 1990 coïncidant avec les 500 ans de la découverte des Amériques, et les 350 ans de la ville de Montréal.

L’année 1996 marque un moment décisif dans sa carrière. Son atelier-résidence est frappé par la foudre et brûle en quelques heures. Tout est détruit, seules ses archives personnelles entreposées à Montréal sont épargnées.

En 2000, en partenariat avec Antoinette de Robien, il fonde le collectif d’écrivains et d’artistes Groupe Territoire Culturel en Matawinie (Lanaudière, Québec) et le Centre de Recherche des Arts Forestiers (CREAF) dont la mission est d'expérimenter les propriétés, usages et dérivés de matières végétales de la forêt boréale, et de développer des produits pour les arts et la gastronomie principalement. Ensemble, ils créent L’Herbier Matawin, les Collections Thématiques et les Sentiers des Arts, afin de documenter le potentiel de la flore sauvage du nord lanaudois.

En 2016, Domingo Cisneros publie La guerre des fleurs / Codex ferus (Mémoire d'encrier), où s’expriment 50 ans de réflexion sur la préservation de lieux sauvages. C’est un manifeste environnemental et un manuel d'enseignements pratiques et spirituels de la vie en forêt écrit par un artiste engagé. Domingo Cisneros est considéré comme le pionnier de l’art socio-écologique et est salué pour sa contribution à la reconnaissance de l’art autochtone contemporain au Québec, au Canada et à l’international[note 1].

Quête identitaire et engagement politique (1942 - 1974)

Domingo Cisneros est un métis dont l’ascendance maternelle est tepehuán, un nom qui signifie «habitants des montagnes» en langue nahuatl. Il est né en à Monterrey mais il passe son enfance à Durango au nord-ouest du Mexique. Son père, Eugenio Cisneros Morales, est commis voyageur au sein de l’entreprise familiale, un magasin général qui dessert les villes et villages des régions du nord du pays. Pendant des années, Domingo sillonne la Sierra Madre aux côtés de son père. Cette expérience nomade du territoire est déterminante pour lui. En 1959, il s’inscrit à la Faculté d'architecture de l’Université de Nuevo León à Monterrey. Animé d’un esprit de révolte, opposé aux valeurs bourgeoises et à l’autorité de l’état, il adhère à la philosophie de l’essayiste mexicain José Revueltas considéré comme le père intellectuel des soulèvements étudiants de 1968 au Mexique. Cisneros s'inscrit ensuite en philosophie et lettres à la Faculté de Lettres de l'Université. Avec ses camarades Ricardo Lozano Ramos et Humberto Martinez, il fonde La Rabia (La Rage), une revue littéraire indépendante, dont il assume la rédaction et l'édition. Il publie des poètes avant-gardistes et ses premiers poèmes, dont « En el verde » (1963). Les jeunes gens ouvrent une galerie d'art du même nom, optant pour une formule proche de l’esprit dada qui s’oppose aux lieux de diffusion de l’art officiel. Celle-ci n'aura qu'une brève existence : lors de son inauguration, Cisneros participe à l'évènement de façon provocatrice. Réprimandé pour ses gestes perturbateurs, il est expulsé de l’université. Dans les mois qui suivent, il réalise des courts-métrages et met sur pied deux ciné-clubs. En 1963, il est le récipiendaire de la première bourse d'études du CUEC, le tout nouveau Centre d'études cinématographiques de l'Université autonome de Mexico. Il s’inscrit au programme de direction cinématographique, étudie sous la direction de Luis Bunuel et Gabriel Garcia Marquez. Il fonde la revue Cine-Estudio, l'équivalent mexicain des Cahiers du Cinéma, rédige des critiques de film et des éditoriaux. Il participe à plusieurs courts métrages documentaires et de fiction. Son appui au mouvement étudiant en faveur de la grève à l’UNAM en 1966 entraine son renvoi de l’établissement.

Cisneros quitte alors le chaos de la métropole mexicaine et entreprend un pèlerinage durant lequel il explore les territoires du Mexique, du nord vers le sud, jusqu’au Guatemala. C’est le début d’une quête identitaire où il renoue avec son héritage autochtone. Il explore les propriétés géologiques et les cultures indigènes des territoires qu’il parcourt, en particulier celle des indiens Lacandon avec lesquels il vit un temps. À Mexico en 1967, Cisneros rencontre l’écrivaine américaine Wanda Blynn Campbell. Celle-ci s’adonne à un militantisme politique pacifiste. Ses parents, militants de gauche, sont des proches de Martin Luther King. C’est sur cette base que Campbell entreprend, avec Cisneros, une collaboration qui aboutira à des projets collectifs et pluridisciplinaires. Cette rencontre façonne sur le plan intellectuel et personnel leur démarche artistique engagée. Peu avant la répression violente du gouvernement de Gustavo Díaz Ordaz et le massacre de 1968 à la Place des Trois Cultures à Mexico, où plusieurs de ses camarades sont assassinés, Cisneros quitte le Mexique. Il émigre au Québec, et atterrit à Montréal le . Campbell le rejoindra quelques mois plus tard.

Au Québec, Cisneros et Campbell sont confrontés à une crise politique mettant en scène des indépendantistes et des fédéralistes. Ils se rangent du côté des militants pour un Québec libre et participent à diverses manifestations politiques, dont des mouvements de libération de l’Amérique latine. En1969, ils ouvrent et dirigent la librairie Ho-Chi-Minh à Montréal. Cette librairie se spécialise dans des publications internationales de gauche issues des mouvements latino-américains, de tendance anti-impérialiste. Ils publient un bulletin d’informations afin de faire connaître à l’international les enjeux de la lutte nationale menée au Québec. Toutefois, Campbell est déçue par la montée de la violence et par un nationalisme qui lui paraît clivé entre les seules communautés anglophone et francophone, oubliant les enjeux politiques liés aux Autochtones et aux nouveaux arrivants issus de l’immigration. Après les événements tragiques de la crise d’octobre en 1970, durant lesquels Cisneros est arrêté et incarcéré à la prison de Parthenais, durant les rafles qui saisissent plusieurs centaines d'artistes et de militants indépendantistes, le couple est contraint d’abandonner la direction de la librairie.

Le Collège Manitou à La Macaza (1974 - 1976)

C’est au Collège Manitou, premier établissement d’études postsecondaires de la province de Québec, dont les programmes sont axés sur l’émancipation politique et sociale des étudiants autochtones, que Cisneros trouve un emploi comme professeur d’art. Le Collège est situé en pleine forêt sur une ancienne base militaire de missiles nucléaires, tout juste rétrocédée par les Américains à l'armée canadienne, laquelle l'a cédée à l'Association des Indiens du Québec. Cisneros et Campbell s'installent en1974 à La Macaza, la municipalité au nord des Laurentides[1] qui héberge le Collège. Rapidement, Cisneros constate que le cursus de peinture classique eurocentriste ne conviennent pas aux étudiants autochtones. Il entreprend alors de transformer l'approche pédagogique du programme, pour revenir aux sources de chaque nation autochtone. Son enseignement porte sur l’exploration des ressources de la forêt boréale, l’étude des matériaux naturels (ossements, fibres, coquillages, peaux, plantes, racines) et l’apprentissage de diverses techniques artisanales autochtones, tels le tannage des peaux, le perlage, le tissage. Cisneros rédige et met sur pied le programme « Matériaux traditionnels, I & II », une formation professionnelle collégiale qui sera accréditée par le ministère de l'Éducation du Québec. En 1975, on lui confie la coordination du programme d’Arts autochtones et de Communication[2], soit la direction du Département. Le Collège embauche Campbell pour enseigner la philosophie de l’art et le journalisme et, par la suite, lui offre la coordination du programme pré-collégial ainsi que la publication du bulletin collégial. Pendant cette période, Cisneros acquiert une expérience sensible du territoire et une grande connaissance de sa faune et de sa flore. Il retrouve l’épinette, le pin, le sapin, le mélèze, le bouleau, le tremble, le peuplier, l’élan d’Amérique, le caribou, l’ours noir, le loup, le castor et le lièvre. Il ramasse, chasse et trappe pour nourrir sa famille, et collecte les résidus abandonnés par d'autres chasseurs et trappeurs. Dans son atelier, il redonne vie aux ossements animaux. Afin de les conserver, l’artiste met au point des vernis et des agents de conservation naturels dont les recettes et les techniques réinventent des savoirs ancestraux[3]. Il élabore sa propre méthode de momification. Durant trois ans, il mobilise toutes les ressources possibles pour organiser des événements, des ateliers, des conférences, des levées de fonds, des expositions, des formations de maîtres ; il invite des aînés à transmettre leurs savoirs, ravive chez les plus jeunes la fierté radicale et l'audace de créer ; sa passion et son engagement marquent les étudiants, pour qui il est un leader charismatique. Grâce à lui, plusieurs d'entre eux s'orientent vers la pratique artistique, notamment Christine Sioui Wawanoloath et Edward Poitras[4]. Le Collège leur a permet de se libérer du regard dominant sur l’art autochtone, vu comme folklorique et figé dans un passé mythique, tout en n’étant pas cantonné dans des formes ancestrales statiques.

À la suite de la fermeture brutale du Collège en 1976, Cisneros produit de grands projets sculpturaux (installations) qui s’inscrivent dans un processus à la fois cathartique, politique et spirituel. Les vingt prochaines années vont être d'une exceptionnelle intensité, Cisneros étant sur tous les fronts à la fois : expositions solos et collectives. Parallèlement, Cisneros et Campbell nourrissent l’ambition de constituer un collectif d’artistes afin de poursuivre, dans le cadre de projets artistiques et éducatifs, la vision de l’art ancrée dans une approche globale de l’environnement[5]. C'est ainsi que nait Boréal Multimédia puis, quelques années plus tard, Les Précambriens, deux groupes d'artistes en art-nature dans la région des Laurentides. Il faut souligner l'importance de Wanda Blynn Campbell qui, parallèlement à ses propres activités d’écriture, de musique et de performance, s’avère une collaboratrice inestimable aux plans intellectuel et professionnel, de leur rencontre en 1967 jusqu’à leur séparation en 1995.

Durant cette période, Cisneros expose ses œuvres magistrales (de grandes installations faites de peaux, plumes, bois, chaînes, écorces, crânes, ossements) à la Galerie des Beaux-Arts du Windham College (Vermont), à la Galeria de Arte Mexicano à Mexico, à la Galerie Charles H. Scott au Emily Carr College of Art (Vancouver), au Centre Saidye Bronfman (Montréal), à la Galerie Mira Godard (Montréal), au Centre national d'exposition de Thunder Bay (Ontario), au Musée de Québec, au Centre d'exposition du Vieux-Palais (St-Jérôme), au Woodland Indian Cultural Center à Brantford (Ontario), à la Mendel Art Gallery (Saskatoon), au Musée Carrillo Gil (Mexique), à la Galerie Mira Godard (Montréal), au Schenectady Museum (New York), à la Norman Mackenzie Art Gallery de l'Université de Regina (Saskatchewan), à la Galerie d'art du Musée de Québec, au Everson Museum of Art, Syracuse (New York), au Musée d'anthropologie de Durango (Mexique), au New Orleans Contemporary Art Centre (Louisiana), au Wallace Wenthworth Gallery (Washington), au Los Angeles Municipal Art Gallery, au Musée d'art de l'Université de l'État de Washington, à la Vancouver Art Gallery, à la Casa de la Cultura et au Centro Wilfredo Lam à La Havane (Cuba), à la Galerie Stodola (Varsovie) et la Galerie Labyrint (Lublin, Pologne), au Centre international d'art contemporain (Montréal), à la Galerie André Demedtshuis, Wielsbeke (Belgique), à la Galerie Kio Kunstnersenteret, Lillehammer (Norvège), à la Galeria Le Arie del Tempo, Genova (Italie), à la Galerie Circa (Montréal), au Musée d'art moderne de Tampere (Finlande), au Centre culturel de Burlington (Ontario), au Musée Heard de Phoenix (Arizona), à la Galerie d'Art de Windsor (Ontario), au Musée d'art de l'Université d'Oklahoma, à la Galerie d'art de l'Université Dalhousie, Halifax (Nouvelle-Écosse), au Musée canadien des Civilisations (Hull), au Musée des Beaux-Arts de Montréal, au Musée d'art de Tampere (Finlande), au Musée des Beaux-Arts du Canada, (Ottawa), au Lieu (Québec), à la Galeria Le Arie del Tempo (Genova, Italie), etc.

Les principales expositions auxquelles il participe sont : Renaissance Amérindienne (1976), From the Source / Aspects of Magic (1978), Macaza Cycle (1979), New Work by a New Generation (1982), Other Gods / Containers of Belief (1986), Estetica Difusa (1987), Take Position (1988), Natura Mater (1988), Facts of Imagination (1989), Beyond History (1989), De-Celebration (1989), Les Points Cardinaux (1990), Deadline / Ça Presse (1990), Interscope (1990), Savoir vivre, Savoir faire, Savoir être (1990), À force de terre (1990), Strengthening the Spirit (1991), Themes of Immanence (1992), Nouveaux Territoires, 350/500 Ans Après (1992), Indigena (1992), L'Art prend l'Air (1993), Land Spirit Power / Terre Esprit Pouvoir (1993), Boréalités (1994), Seconde Nature (1995), Présent Laurentides (2001), Marais d'eau douce Éphéméride 03 (2003), Wampum 400 (2004), Akaknhsa' Fabuleux Dédoublements (2013), Par la forêt (2018), Que Soufflent les Esprits (2018).

Cisneros réalise également plusieurs installations environnementales en nature sauvage, sur les rives du fleuve Saint Laurent à la Pointe à Chouinard (1983), dans des déserts au Mexique (Resurreccion Chichimeca, 1984, et Proyecto Chichimeca, 1994), au lac Mitchinamécus au Québec (1990), dans les montagnes de Grop Marka (1991), pour les Jeux olympiques d'hiver à Lillehammer (Norvège) sur le glacier de Maradalen (1993), sur les plages d'Alcoceber en Espagne (1994), au lac Enriquillo du Parc national de Pico Duarte en République Dominicaine (1995), aux Lapidiales en France (2017). Les expéditions d'Art-Aventure l'entraînent chaque fois plus loin : au lac Preston et au lac Champlain (États-Unis, 1989), au Glacier Peyto de la réserve de la nation Nakoda (1992), dans les montagnes de Kluane avec la Canadian Art Odyssey's Society (1993) et à nouveau dans le désert de La Zona del Silencio (Mexique), dix ans plus tard en 1994-95.

1996: la foudre!

C'est dans l'ancien hôtel Kaufmann, jadis un établissement de villégiature, que vivent Cisneros et Campbell à la Macaza. En , la foudre frappe le bâtiment et, en quelques heures, la maison, les œuvres et l’espace de travail ne sont plus que cendre. À l’exception de ses archives personnelles conservées à Montréal, la perte est totale. Alors âgé de 54 ans, après plus de vingt ans à La Macaza, Domingo Cisneros se retrouve du jour au lendemain sans outils, ni repères ni atelier. Il largue les amarres et parcourt l'ouest du Canada : il est invité à superviser une résidence de 70 artistes "Pop, Mass'n Sub Cultures" au Banff Centre for the Arts (Colombie Britannique), puis à enseigner au Boreal Forest Institute of Indigenous Arts (Keyano College, Fort McMurray, Alberta) où il incite les étudiants à se confronter aux sables bitumineux. Il expose au Saint Norbert Arts Centre (Winnipeg, Manitoba), donne des conférences à l'Alberta College of Arts, et encadre le projet "Kids in the Hall" avec de jeunes délinquants autochtones qu'il emmène camper dans la forêt du Strathcona Park avant d'exposer leurs œuvres à la Edmunton Art Gallery.

Cisneros quitte ensuite le Québec et disparaît plusieurs mois, en pleine rupture existentielle et personnelle[1]. Malgré la perte totale de son œuvre sculpturale, à l’exception de ses archives et manuscrits, tout n’est pas mort. La création d'un Territoire Culturel demeure son objectif artistique. Durant cette période d’errance Cisneros mesure, à chaque étape, à quel point le concept de Territoire Culturel est plus que jamais pertinent, utile et applicable dans différents points du globe[6].

C'est avec Antoinette de Robien, sa nouvelle compagne, qu'il revient au Québec et reprend peu à peu ses activités artistiques et, surtout, littéraires. Après l’incendie qui a anéantit toute sa production, Cisneros se retire un temps des réseaux de diffusion en arts visuels, et se plonge dans l'écriture. Ses manuscrits rescapés avant l'incendie (fiction, essais, poèmes, déclarations d'artistes, manifestes), soit plusieurs milliers de pages, sont identifiés, inventoriés et traduits de l'espagnol au français par Antoinette qui s'attèle à reconstituer les fragments d'œuvres éparses, à éditer les dizaines de versions d'un même texte parfois. Réinstallé au nord de la Matawinie, à Saint-Ignace-du-Lac, dans l'ancienne école du village inondé, là où la route asphaltée s'interrompt et devient un chemin de terre qui s'enfonce dans la réserve faunique Mastigouche, le couple fait sienne la devise du village le plus proche, Saint-Michel-des-Saints : « La forêt t'oblige ».

Activités artistiques

Le Bestiaire laurentien (1974 - 1996)

Dimego Cisneros a une relation organique au territoire et au monde animal. Cet état l’amène à réaliser entre 1974 et 1996 des sculptures et des installations constituées d’assemblages de matériaux naturels recyclés et d’ossements d’animaux qui sont des résidus de la chasse. Sous le titre Le bestiaire laurentien, présenté pour la première fois à la Thunder Bay Art Gallery en 1988, Cisneros crée 12 figures mythiques construites à l’aide d’ossements d’animaux et de branches accompagnées de légendes mettant en dualité le monde animal et humain. Fortement engagé, il poursuit par la présentation d’une installation lors de l’exposition collective Indigena en 1991. On y voit des ossements de pattes d’orignal suspendus à un sécateur et à des poulies qui fonctionnent comme une sorte de balance mesurant le poids de la consommation, valeur dominante des économies capitalistes. Lors de l’exposition Art contemporain 1990: Savoir-vivre, savoir-faire, savoir-être au Centre international d’art contemporain de Montréal, Cisneros dresse une barricade devant son installation composée de sculptures faites d’ossements et intitulées Ululations/Ululements. Ce titre rappelle le gémissement et la plainte des oiseaux nocturnes. Dans une action performative, Cisneros entaille son bras et asperge l’installation de son sang. Souillées, les bêtes mythiques confinées derrière un barrage évoquent la douleur ressentie lors de la crise d’Oka de l’été 1990. Hochelaga, je me souviens est une installation majeure de Cisneros présentée pour la première fois en1992 à Montréal, puis l’année suivante à la Mendel Art Gallery de Saskatoon. On y voit un renard écorché et empaillé reposant sur une structure recouverte d’une peau de vache. Un brancard est suspendu depuis le plafond de la galerie par des chaînes et des madriers de bois. L’animal semble pousser un cri, un élément qui parcourt tout le travail de Cisneros depuis La Rabia en passant par les trois œuvres de jeunesse intitulées El Grito (1977), réalisées en hommage au peintre scandinave Edvard Munch. Ces œuvres visent symboliquement à rompre les chaînes de l’oppression colonialiste dont souffrent les populations autochtones d’Amérique du Nord, tout en conjurant l’éveil d’une force intérieure et d’une conscience historique. C’est ce corpus de sculptures, produit entre 1974 et 1996 dans les Laurentides, et aujourd’hui majoritairement détruit, qui vaut à Domingo Cisneros une reconnaissance des milieux de l’art contemporain autochtone et allochtone au Canada[note 2].

Art-Aventure (1984 - 1995)

L’Art Aventure, c’est la création d’œuvres en nature. Pour ce faire, il faut réunir un groupe d’artistes de toute catégorie de disciplines et organiser une expédition dans un lieu inhabité et isolé ayant des particularités géographiques et géologiques extrêmes. Le but est de créer des œuvres éphémères dont le processus est documenté. Les dimensions immersive et communautaire de cette pratique la distinguent clairement du Land Art et de l’Art environnemental. L’Art-Aventure est envisagé comme une expérience existentialiste et militante qui inclut une dimension participative. Il s’agit d’une expérience de partage et de survie dans une situation d’immersion dans la réalité complexe et distincte d’un lieu géographique hors du commun. L’Art-Aventure vise une transformation globale par l’art. Il attribue à l’art un pouvoir de cohésion sociale et de transformation des rapports entre l’homme et son environnement. Il vise aussi la reconnaissance culturelle d’un groupe dans un habitat primitif comme lieu vital. L’Art-Aventure a donné naissance à un certain nombre de projets concrets dont Cisneros fut l’initiateur.

C’est le cas du projet intitulé Écart : art aventure, organisé au lac Mitchinamécus à l’extrême-nord de la région des Laurentides au Québec pendant l’été 1990, durant la crise d'Oka. Écart vise la restauration écologique et l’immersion créatrice in situ. Le projet réunit plusieurs artistes dont le norvégien Egyl Martin Kurdol, Wanda B. Campbell, Domingo Cisneros, Silvy Panet-Raymond, Lise Labrie, Ayesha Cisneros, Robin Poitras, Eric Longsworth, Antoinette de Robien, Royce Dendler, Jeanne Fabb, Jan Swidzinski et Edward Poitras[7].

La Zone du Silence et Écart

La Zona del Silencio est la première expédition artistique collective d’Art-Aventure et devient le prototype d'une expérience multiculturelle, existentielle et immersive. La Zona del Silencio réunit douze créateurs issus de plusieurs disciplines et vise la réalisation d’œuvres éphémères dans un milieu inhabité, choisi pour ses particularités géographiques et géologiques. dans le désert au carrefour des États de Durango, Chihuahua et Coahuila, au nord du Mexique, entre et . Cette intervention est à l’origine de la fondation en 1988 du collectif d’artistes Boréal Multimédia[1]. Le groupe réalise plusieurs expéditions en nature, qui sont à la fois pluridisciplinaires et pluriculturelles.Les participants sont Domingo Cisneros, écrivain et artiste en arts visuels mexicain et canadien, Wanda B. Campbell, écrivaine canadienne d’origine américaine, Silvy Panet-Raymond, chorégraphe, danseuse et professeure, Richard Martel, artiste québécois en arts visuels, Lise Labrie, sculpteure québécoise, Jeanne MacDonald-Poirier, poète d’origine nehiyawak et québécoise, Carlos Majul, photographe et cinéaste mexicains, Norbert Ruebsaat, poète-écrivain canadien d’origine allemande, Hildegard Westerkamp, compositrice canadienne d’origine allemande, Gloria Cano, historienne mexicaine et Francisco García Pérez, artiste visuel et poète mexicain ainsi que les enfants des participants[8]. À ce groupe pluridisciplinaire, plurilingue et pluriculturel, se joint ponctuellement le trio U. Calitkay, formé des musiciens de Durango, Felipe Palacio, José Gamiz et Jesus Baraza. Cette expérience artistique se déroule pendant un mois en plein désert du Mexique, à l’intersection des états de Chihuahua, Durango et Coahuila. Autour du solstice d’hiver en et , les artistes réalisent des œuvres collectives et d’autres individuelles : photographies, installations éphémères, une trentaine d’heures d’enregistrement audio, vidéo et de film super-8, de la poésie, des performances et des textes littéraires. Par la suite, l'événement La zone du silence est présentée dans trois expositions. Les artistes publient un catalogue avec l’appui du ministère des Affaires culturelles du Québec. La Galerie du Musée à Québec accueille l’exposition La zone du silence en 1985. L’année suivante, en 1986, la Galerie de l’École d’art d’Ottawa présente La zone du silence : aventure artistique. La création d’objets et l’expérience de création isolée cèdent ici à une vision décentralisée et basée sur une approche inclusive de l’art qui se fait et se vit. Selon l'historienne de l'art Édith-Anne Pageot, « le projet Zone de silence peut sans doute être rapproché d’une vision alternative de l’art contemporain soit l’idée que l’art a une vocation sociale capable de relier des communautés »[9].

Cinq ans plus tard, le projet inspire un autre Art-Aventure : le projet intitulé Écart : art aventure, organisé au lac Mitchinamécus à l’extrême-nord de la région des Laurentides au Québec pendant l’été 1990. À l'invitation de Cisneros, une douzaine d'artistes se lance en expédition en canot pour atteindre la rive nord du réservoir où ils camperont durant deux semaines, tandis qu'en toile de fond, l'inquiètude règne en raison de la crise politique qui se déroule simultanément à Oka, qui oppose la communauté Kanien’kehá:ka (Mohawk) au gouvernement du Québec puis du Canada, à laquelle plusieurs artistes réagiront par leurs œuvres. Bien qu' Écart vise la restauration écologique et l’immersion créatrice in situ, le cœur n'est pas vraiment à la fête. Le projet réunit plusieurs artistes dont le norvégien Egyl Martin Kurdol, Wanda B. Campbell, Domingo Cisneros, Silvy Panet-Raymond, Lise Labrie, Ayesha Cisneros, Robin Poitras, Eric Longsworth, Antoinette de Robien, Royce Dendler, Jeanne Fabb, Jan Swidzinski et Edward Poitras[7]. Certaines œuvres créées sur place témoignent de leur solidarité à la communauté Mohawk.

En 1994, Domingo Cisneros et Richard Martel décident de fêter les 10 ans du projet : un nouvel Art-Aventure est lancé, intitulé « Zone du Silence, dix ans après ». Plusieurs artistes et écrivains se joignent au groupe d'origine, parmi lesquels : la poétesse Angéline Neveu, l'artiste italienne Luisella Carreta, Antoinette de Robien, Ayesha Cisneros. Les artistes campent et réalisent leurs œuvres non loin du Cerro San Ignatio et des ruines du village apache de Mohovano.

Territoire Culturel et le Centre de Recherche et d'Expérimentation des Arts Forestiers (2000 -)

En 2000, Cisneros et sa conjointe Antoinette de Robien fondent le collectif Groupe Territoire Culturel (qui regroupe des écrivains et artistes de Montréal et d'ailleurs, en Matawinie) et le Centre de Recherche et d’Expérimentation en Arts Forestiers.

Selon l’artiste Lise Létouneau de l’organisme Les Précambriens, « un territoire culturel permet la création d'œuvres avec des matériaux issus de la nature et a le potentiel de devenir un grand musée à ciel ouvert »[6].  Les artistes pourraient s’y installer temporairement pour créer en plein air. Les amateurs, les familles, les curieux pourraient quant à eux s’initier à l’art nature et essayer de créer leurs propres œuvres. Le territoire culturel a une vocation éducative et écologique[5]. Mais pour Domingo Cisneros, c’est plus que cela. Pour lui, un Territoire Culturel, c’est un projet de vie, un projet d’art socio-écologique. C’est-à-dire un combat qui propose, au-delà de sa dimension artistique, une quête environnementale, liée aux aléas géographiques, politiques et humains. Une œuvre en soi, grandeur nature, un défi nécessaire, un espace virtuel à la recherche d’un ancrage dans le paysage, aux multiples conséquences sociologiques, tant sur les plans communautaires et territorial qu’identitaire. Une quête de réconciliation entre nature vierge et impact anthropique, dans différentes régions du monde, mais encore plus dans la forêt boréale[6].

Tandis qu'Antoinette de Robien obtient des financements au fonctionnement du Conseil des Arts du Canada, du CRÉ Lanaudière, du CLD de Matawinie, de la SADC Matawinie, du ministère des Ressources naturelles, et l'appui d'une soixantaine d'organismes régionaux pour développer les projets élaborés avec Cisneros, qu'elle crée le Bureau Multimédia (qui accueillera en résidence une vingtaine d'artistes en arts médiatiques) et les programmes La Septième Parole (formation en scénarisation de long-métrage) et Les Enseignants Errants (formation en cinéma pour les communautés éloignées géographiquement), Cisneros poursuit la recherche en arts forestiers.

Le CREAF est engagé dans la recherche de solutions durables et originales face aux défis que posent la crise forestière au Québec et les difficultés pour les milieux ruraux d’avoir accès à des équipements culturels de qualité[10]. Il agit comme un laboratoire en nature qui propose l'invention de nouvelles formes d'art et d'artisanat issues de la forêt, omniprésente en Matawinie. Le CREAF semble tout droit sorti des expérimentations de Domingo Cisneros et de son obsession à faire naître, parallèlement à ses œuvres, des formes d’art populaire, à partir des ressources naturelles d’une région. C’est dans ce cadre qu’il développe L’Herbier Matawin, consacré à la flore sauvage de la région de Lanaudière et à ses possibles utilisations artistiques. La démarche implique l'expédition, l'enquête, la collecte, l'observation, la conservation et l'inventaire des ressources forestières. Poursuivant ses recherches, Cisneros fabrique des produits artisanaux à partir des déchets et résidus de l’exploitation forestière, dont la tisane Annedda[note 3] (boisson officielle pour l'inauguration du 400e anniversaire de la Ville de Québec (2008), offerte à 5000 invités), des torches de survie, des produits gastronomiques à base de conifères : des forestibles. Il invente « l’argile végétale », une argile qui ne nécessite aucune cuisson, et le « cacao forestier », directement produit à partir de matières ligneuses aux propriétés nutritives. Le CREAF dispose d'un système d'archivage électronique des connaissances recueillies. Ce système d'archivage, entièrement numérique et disponible en ligne, se déploie en Collections thématiques et inclut L'Herbier Matawin.

À l’automne 2008, l’Atelier québécois de géopoétique La Traversée, en lien avec l'UQAM (Université du Québec à Montréal) s’associe avec Groupe Territoire Culturel pour réaliser son huitième atelier nomade, axé sur le thème du végétal. L’objectif est d’explorer les plantes et les mots, de mettre les sens à l’épreuve, de palper les écorces, les feuilles et les mousses, de capter les couleurs et les sons de la forêt et par la suite de confectionner des mets, des objets, des textes, des dessins, des cartes, autrement dit de donner libre cours à la créativité. À la suite de discussions avec Domingo Cisneros, chercheurs et étudiants décident d’expérimenter les arts forestiers à partir d’une plante sauvage, la Verge d’or, considérée au Québec comme une mauvaise herbe. Elle pousse surtout dans les terrains vagues, en bordure des routes ou dans les champs. De cet atelier de quatre jours est issue une œuvre collective et une publication intitulée Derrière l’écorce, réalisée par une trentaine de personnes réunies dans un esprit transdisciplinaire : des géographes, des écrivains, des artistes, des enseignants et des étudiants. Elle contient des poèmes, des essais, des récits, des fragments, des photos, des dessins, une Verge d’or séchée et une autre numérisée[11].

Plusieurs autres collaborations se poursuivent avec l'UQAM et d'autres organismes, donnant lieu à des projets regroupant artistes et universitaires en nature, comme Éphéméride 03 qui se déroule dans la Réserve de la Biosphère du Lac St-Pierre (2003), Les Trois Frères, réalisé avec Ælab, Hexagram, et la Chaire de recherche Médiane Canada en arts, écotechnologies de la pratique et changements climatiques (2020), avec Van Grimde Corps Secrets (2025). Chercheur associé au GRIVE (Groupe de recherche interdisciplinaire sur le végétal et l'environnement), Cisneros participe aux travaux du ReVe (Reconnecter avec le Végétal et l’environnement) qui constitue le pôle « Reconnecter avec l’environnement » de Figura, Centre de recherche sur les théories et pratiques de l’imaginaire. Il intervient également comme formateur dans le cadre de formations professionnelles données pour l'Association forestière de Lanaudière et la SADC de Matawinie (2013), le Parc Sacré du Musée Amérindien de Mashteuiatsh, le RAIQ (Regroupement des arts interdisciplinaires du Québec, 2019).

Les œuvres pérennes (2001 - 2025)

Parallèlement, Cisneros réalise plusieurs installations in situ mais, cette fois, pérennes :

  • Parole de Lauzes (2001), une œuvre réalisée pour l'inauguration de la Vallée culturelle inspirée du Territoire Culturel pour l'ouverture du Parc naturel des Monts d’Ardèche en France, soit 30 sculptures en pierre, d'une part alignées sur un muret réhabilité à flanc de montagne, d'autre part ancrées sur un pic rocheux et enfin, scellées dans un ancien bassin de lavandières.
  • De Mineralis (2003), au Centre géologique du Mont-Saint-Hilaire au Québec : une œuvre réalisée avec les minéraux de l'une des dix collines montéregiennes. Le magma vieux de 125 millions d'années a donné un pluton extrêmement dur à sculpter.
  • Wampum 400 (2008), la plus grande œuvre en végétaux tressés jamais créée, installée aux Jardins Éphémères du 400e anniversaire de la ville de Québec[6] au bord de la rivière Saint-Charles, réalisée en collaboration avec l’artiste ilnue Sonia Robertson.
  • Murets d'art (2019) : une série de sculptures en pierre sur les flanc de la Viale à Bourdeaux dans la Drôme, en France.

L'écriture, encore et toujours

Tout au long de ces années, Domingo Cisneros ne cesse d'écrire. Outre ses déclarations d'artistes, manifestes, fictions courtes publiés dans la revue Inter (Québec), et la réédition du Bestiaire laurentien en 1995, Cisneros publie dans les revues Les Écrits, Apulée, Moebius, ExoPlanète, et participe à l'ouvrage collectif Aimititau ! Parlons-nous, un recueil de correspondance entre écrivains autochtones et québécois, dirigé par Laure Morali (Mémoire d'encrier, 2009). L'échange épistolaire avec le romancier Louis Hamelin prend la forme d'une joute amicale ironique et caustique entre un "pure fourrure" et "Carcasse d'Anjou"[12].

Après la parution de La guerre des fleurs / Codex Ferus (2016), un manifeste de combat et de création artistique également préfacé par Laure Morali, Cisneros renoue avec la fiction. En 2025, il publie un recueil de nouvelles : La Coyota. Femmes résistantes, passeurs clandestins, travailleurs sylvicoles, enquêteurs autochtones, robots jardiniers... peuplent cet univers où les plus humbles survivent en marge des régions rurales. De la forêt boréale au désert du Mexique, La Coyota dit les voix oubliées de l'Amérique du Nord[13].

Publications (sélection)

  • 1988, Le bestiaire laurentien, éditeur : Thunderbay Art Gallery.
  • 1995, Le bestiaire laurentien, éditeur: Les Précambriens, 49 pages, (ISBN 298-0-457-205)
  • 2016, La Guerre des fleurs - Codex Ferus, éditeur: Mémoire d'encrier, collection: Récit, 158 pages, (ISBN 978-289-712-408-3)
  • 2025, La Coyota, éditeur: Mémoire d'encrier, collection: Récit, , 254 pages, (ISBN 978-2-89712-978-1)

Filmographie (sélection)

  • Sky Bones, un long-métrage documentaire de Mariella Nitoslawka (1998), prix du meilleur documentaire artistique au Festival international du film documentaire (Hot Docs). Nitoslawska plonge dans le processus créatif de Cisneros et s'imprègne de l'environnement forestier qui entoure l'artiste, traduisant en image les thèmes de prédilection de l'artiste : la mort, le renouveau et la survie.
  • Parole Amérikoise, un long-métrage documentaire de Pierre Bastien (2013), qui explore l'appartenance à l'Amérique du Nord à travers des rencontres entre des écrivains québécois et autochtones. Le film est tourné en partie à Ékuanitshit sur l'île de la rivière Romaine.
  • Hommage à l'artiste Domingo Cisneros (2018), un reportage de Azeb Wolde-Giorghis, Radio-Canada.
  • Les Trois Frères, un vidéo de Gisèle Trudel (2020). Le film en relief des aspects méconnus du potentiel gastronomique de la forêt boréale. Partant de sa pratique in situ, Domingo Cisneros montre les propriétés des trois frères (épinette, cèdre et sapin) et leurs potentiels de transformation.

Bibliographie (sélection)

Distinctions

Notes et références

Related Articles

Wikiwand AI