Wikiwand AI

Liste des comtes et ducs d'Alsace

page de liste de Wikimédia From Wikipedia, the free encyclopedia

La liste des ducs et comtes d'Alsace réunit les ducs, les comtes et les landgraves comtes provinciaux ») qui ont exercé leur autorité sur l'Alsace au Moyen Âge et à l'époque moderne, à travers l'administration du duché d'Alsace, des comtés de Nordgau et de Sundgau, puis des landgraviats de Basse et de Haute-Alsace.

Personnage richement habillé portant un drapeau représentant les armoiries de la Basse-Alsace
Lansquenet représentant le landgraviat de Basse-Alsace, par Jacob Koebel dans Wapen des heyligen Römischen Reichs Teutscher nation en .
(Bayerische Staatsbibliothek)

Histoire

Contrôlée par les Romains puis les Alamans à la fin de l'Antiquité, la plaine d'Alsace est conquise par Clovis Ier vers et rattachée au royaume des Francs à l'époque mérovingienne[1],[2]. Le nom « Alsace » apparaît pour la première fois un siècle plus tard dans la Chronique de Frédégaire vers [3].

Vers , le pouvoir royal crée le titre de duc d'Alsace pour assurer le commandement militaire sur le Rhin et garantir la sécurité du territoire franc[4]. Le duc, parfois assisté d'un comte, est chargé de s'occuper des levées militaires, de rendre la justice du roi et de percevoir les impôts jusqu'à la suppression de sa fonction vers . L'administration de la région est ensuite mal connue pour les VIIIe et IXe siècles. Le titre de duc réapparaît ponctuellement pour deux membres de la dynastie carolingienne[5].

Lors du partage de l'Empire carolingien, la région revient à la Lotharingie puis à la Francie orientale. En , le territoire alsacien semble être divisé en deux comtés, nommés plus tard Nordgau et Sundgau. Ils sont confiés à des comtes soumis aux ducs de Souabe à partir de . Ceux-ci rétablissent la fonction ducale en Alsace en [6], et portent le titre de « duc de Souabe et d'Alsace » jusqu'en [7],[8].

Les comtés disparaissent au XIIe siècle au profit des landgraviats de Basse et de Haute-Alsace au sein du Saint-Empire romain germanique. Le titre de landgrave de Haute-Alsace appartient à la dynastie des Habsbourg avant d'être accordé à Louis XIV par les traités de Westphalie en , permettant la création de la province d'Alsace au sein du royaume de France[9]. Le titre de landgrave de Basse-Alsace est détenu par différentes familles nobles au Moyen Âge[10], puis par les évêques de Strasbourg qui le conservent jusqu'à la Révolution française[11].

L'histoire des ducs et des comtes d'Alsace a été étudiée par de nombreux historiens : Philippe Dollinger, François-Jacques Himly, Michel Parisse, Bernard Vogler et Christian Wilsdorf en France; Michael Borgolte, Horst Ebling, Frank Legl, Franz Vollmer et Karl Weber en Allemagne; Hans J. Hummer aux États-Unis.

Ducs

Ducs mérovingiens

Nommés par le roi des Francs, ou le roi d'Austrasie lorsque le territoire franc est divisé, cinq ducs d'Alsace se sont succédé entre les VIIe et VIIIe siècles[12].

Dates Ducs Dynastie Notes
v.  Gondoin d'Alsace Gondoinides Premier duc d'Alsace, nommé vers sous le règne de Dagobert Ier. Fondateur de l'abbaye de Moutier-Grandval dans la vallée de la Sorne[13]. Père de Leudinus Bodo, évêque de Toul, et de sainte Salaberge, fondatrice de l'abbaye Saint-Jean de Laon[14].
v.  Boniface d'Alsace inconnue Duc mentionné comme premier donateur de l'abbaye de Wissembourg en et comme fondateur de l'abbaye de Munster en [15],[16].
v.  Etichon-Adalric d'Alsace Étichonides Duc mentionné en , probablement nommé sous le règne de Childéric II. Commandant militaire lors du siège de Lyon pendant la guerre civile qui suivit la mort de ce roi, puis lors d'une expédition menée contre l'abbaye de Moutier-Grandval[17]. Fondateur de l'abbaye de Hohenbourg avec sa fille présumée sainte Odile. Mentionné pour la dernière fois comme duc d'Alsace en , mais peut-être en fonction jusqu'à la fin du VIIe siècle[18]. Secondé par des comtes : d'abord Éric et Robert vers , puis son propre fils Adalbert en [19].
v.  Adalbert d'Alsace Étichonides Fils du précédent. Mentionné en tant que comte vers [20], probablement devenu duc vers à la suite de son père. Fondateur de l'abbaye Saint-Étienne de Strasbourg au début du VIIIe siècle, puis de l'abbaye de Honau vers -[21]. Assassiné vers par un serviteur, selon La Vie de sainte Odile[22].
v.  Liutfrid d'Alsace Étichonides Fils du précédent. Dernier duc de l'époque mérovingienne, mentionné pour la dernière fois dans une charte de Wissembourg en , sans plus d'informations sur sa mort[23]. Secondé par un comte, son frère Eberhard, entre et [24].

La disparition du titre de duc d'Alsace à l'époque mérovingienne intervient entre et [25].

Ducs carolingiens

Supprimé vers , le titre de duc d'Alsace est ponctuellement rétabli au profit de membres de la dynastie carolingienne au IXe siècle. Il disparaît à nouveau en lors du rattachement de la région au royaume de Francie orientale sur lequel les Carolingiens règnent jusqu'en . Après cette date, deux nouveaux ducs d'Alsace semblent être cités de manière éphémère sans plus d'informations[26].

Dates Ducs Dynastie Notes
Charles le Chauve Carolingiens Nommé duc d'Alsace, d'Alémanie et de Rhétie par son père Louis le Pieux, empereur d'Occident, avant de lui succéder comme roi de Francie occidentale en [27],[28].
Hugues Carolingiens Fils illégitime de Lothaire II, roi de Lotharingie, et nommé duc d'Alsace par son père[29],[30].
v.  Udo et Hermann Mentionnés comme ducs par François-Jacques Himly sans plus d'informations[26].

Ducs de Souabe et d'Alsace

En , l'Alsace est rattachée au duché de Souabe dont les souverains portent le titre de « duc de Souabe et d'Alsace » à partir de [N 1],[6],[8].

Dates Ducs Dynastie Notes
Conrad Ier de Souabe Conradiens Duc de Souabe à partir de , puis également duc d'Alsace en [6].
Hermann II de Souabe Conradiens Fils du précédent. Connu pour avoir établi la capitale de son duché à Strasbourg en tant que duc de Souabe et d'Alsace[7].
Hermann III de Souabe Conradiens Fils du précédent.
Ernest Ier de Souabe Babenberg Époux de la sœur de Hermann III.
Ernest II de Souabe Babenberg Fils du précédent.
Hermann IV de Souabe Babenberg Frère du précédent.
Henri Ier de Souabe Saliens Petit-fils de Hermann II de Souabe et roi de Germanie puis empereur du Saint-Empire sous le nom d'Henri III.
Otton II de Souabe Ezzonides Nommé duc par le précédent.
Otton III de Schweinfurt Luitpoldinger Nommé duc par Henri III.
Rodolphe Rheinfelden Nommé duc par l'impératrice Agnès de Poitiers, veuve de Henri III.
Frédéric Ier de Souabe Hohenstaufen Nommé duc par l'empereur Henri IV.
Frédéric II de Souabe Hohenstaufen Fils du précédent.
Frédéric III de Souabe Hohenstaufen Fils du précédent, roi de Germanie et empereur sous le nom de Frédéric Ier Barberousse.
Frédéric IV de Souabe Hohenstaufen Cousin du précédent et petit-fils de Frédéric Ier de Souabe.
Frédéric V de Souabe Hohenstaufen Fils de Frédéric Ier Barberousse.
Frédéric VI de Souabe Hohenstaufen Frère du précédent et dernier à porter le titre de « duc de Souabe et d'Alsace »[8].

Comtes

Comtes d'Alsace

Vers , des comtes apparaissent dans les textes et assistent les ducs dans l'administration de l'Alsace à l'époque mérovingienne[19]. La fonction de comte d'Alsace semble d'abord être confiée à de simples subalternes, avant d'être contrôlée par la famille des Étichonides et attribuée des proches des ducs[20].

Dates Comtes Dynastie Notes
v.  Éric Au service du duc Etichon-Adalric dans la vallée de la Sorne, également connu sous les noms Erich, Ericho ou Erichus[31].
v.  Robert Administrateur de la région autour de Colmar, également connu sous le nom Rodebert[32].
v.  Adalbert Étichonides Comte avant de succéder à son père Etichon-Adalric, comme duc d'Alsace vers [33].
v.  Eberhard Étichonides Frère du duc Liutfrid d'Alsace, mentionné comme domesticus puis comme comte[34].

À la disparition du duché d'Alsace vers , l'administration de la région est mal connue pendant plus d'un siècle, notamment sous l'Empire carolingien. En , le Traité de Meerssen mentionne l'existence de deux comtés en Alsace sans les nommer[35],[36]. Leurs noms n'apparaissent dans les textes que quelques années plus tard : le Nordgau en et le Sundgau en [37],[38].

Comtes du Nordgau

Apparu avant , le comté du nord de l'Alsace, appelé « Nordgau » en , est administré par des comtes prénommés Hugues ou Eberhard, pour la plupart, qui forment la famille des Eberhardiens et constitueraient une branche probable des Étichonides[39],[7].

Dates Comtes Dynastie Notes
v.  Hugues Eberhardiens Fils de Liutfrid Ier, duc de Locate dans le royaume d'Italie[40], et petit-fils d'Hugues de Tours, comte de Tours, possible descendant du duc Etichon-Adalric d'Alsace[41],[42]. Mentionné comme l'un des comtes se trouvant en Alsace en [43] et encore en fonction avant [44].
v.  Eberhard Ier Eberhardiens Probable descendant d'Hugues de Tours[45]. Mentionné comme comte du Nordgau en [46], et également comme comte d'Ortenau et de Haute-Argovie[47],[48].
v.  Hugues Eberhardiens Fils du précédent[49],[50].
v.  Eberhard II Eberhardiens Fils du précédent[46] et comte de Nordgau[51].
v.  Hugues dit l'Enroué Eberhardiens Fils du précédent[46] et comte de Nordgau[44],[52], dit Hugues l'Enroué[24] ou Hugues Raucus[51].
v.  Eberhard Eberhardiens Fils du précédent[24].
v.  Hugues Eberhardiens (Eguisheim) Frère du précédent et fils d'Hugues Raucus[46]. Père de Bruno d'Eguisheim qui devient pape sous le nom de Léon IX[51],[53]. Comte du Nordgau et également « comte d'Eguisheim » depuis , nommé d'après le château de Haut-Eguisheim[53]
v.  Hugues Eberhardiens (Eguisheim) Fils du précédent et comte de Nordgau[44].
v.  Henri Eberhardiens (Eguisheim-Dabo) Fils du précédent, comte du Nordgau, comte d'Eguisheim et de Dabo[44],[53].
v.  Gérard Eberhardiens (Eguisheim-Dabo) Fils du précédent[51], comte de Nordgau[44].
v.  Hugues Eberhardiens (Eguisheim-Dabo) Frère du précédent[51], probable dernier comte de Nordgau issu de la dynastie Eguisheim-Dabo, mort sans enfant en [54].
v.  Gottfried Parfois orthographié Gotfrid[44], probablement issu des comtes de Blieskastel et ancêtre de la famille de Hunebourg[10].

Gottfried semble être le dernier comte de Nordgau connu avec certitude[10]. Peu de temps après, le titre de landgrave de Basse-Alsace apparaît au début du XIIe siècle, remplace la fonction de comte et se trouve détenu successivement par Dietrich et Gottfried de Hunebourg. Toutefois, deux comtes de Nordgau semblent être mentionnés sous les noms Eberhard et Hugues vers , sans plus d'informations[44].

Comtes de Sundgau

Apparu avant , le comté du sud de l'Alsace, appelé « Sundgau » en , est d'abord administré par un comte prénommé Bernard puis par différentes familles, notamment les Liufrides et les Habsbourg qui descendraient des Étichonides[55].

Dates Comtes Dynastie Notes
v.  Bernard Erchangarides Fils d'un certain Bernard[43], peut-être Bernard de Septimanie[56], ou possible membre de la famille des Erchangarides, mais pas des Étichonides[57]. Mentionné comme l'un des comtes se trouvant en Alsace en [43] et encore en fonction en [57].
v.  Liutfrid Liutfrides Comte du Sundgau[58],[59].
v.  Liutfrid Liutfrides Fils du précédent[58], possible comte de Sundgau[60],[61].
v.  Liutfrid Liutfrides Comte de Sundgau[59],[62],[61].
v.  Liutfrid Liutfrides Comte de Sundgau peut-être à distinguer du précédent[46].
v.  Eudes Comte de Sundgau dont l'existence est incertaine[61].
v.  Otton Comte de Sundgau dont l'existence est incertaine[61].
v.  Gilbert Comte de Sundgau dont l'existence est incertaine[61].
avant Liutold Conradiens Probable fils du duc Conrad Ier de Souabe[63].
v.  Otton Conradiens Fils du précédent.
v.  Béranger Conradiens Fils d'Otton. Comte de Sundgau dont l'existence est incertaine[61].
v.  Otton Ier de Habsbourg Habsbourg Fils de Radbot, petit-fils de Lanzelin de Habsbourg et descendant de Gontran le Riche, lui-même issu de la famille des Eberhardiens et comtes de Nordgau.
v.  Cunon Comte de Sundgau dont l'existence est incertaine[61].
v.  Henri Comte de Sundgau dont l'existence est incertaine[61].
avant Otton II de Habsbourg Habsbourg Comte du Sundgau[64].
avant Albert II de Habsbourg Habsbourg Comte du Sundgau[64].
avant Werner II de Habsbourg Habsbourg Également connu sous le nom de Werner III[64].

Appelé « comte d'Alsace » au milieu du XIIe siècle, Werner II est probablement le dernier comte de Sundgau[10].

Landgraves

Landgraves de Basse-Alsace

Le titre de landgrave de Basse-Alsace remplace celui de comte de Nordgau au début du XIIe siècle. Il est d'abord détendu par la famille des comtes de Hunebourg qui descendent probablement de Gottfried, dernier comte de Nordgau vers [10].

Dates Landgraves Dynastie Notes
v.  Dietrich de Hunebourg Hunebourg Comte de Hunebourg et premier à détenir le titre de landgrave de Basse-Alsace, avec certitude depuis (parfois cité dès sans preuve fiable), n'est plus cité après [65].
v.  Gottfried de Hunebourg Hunebourg Fils du précédent, mentionné comme landgrave à partir de [66].

Le dernier landgrave issu de la famille des Hunebourg n'est plus cité après et n'a pas d'enfants. À sa mort et à défaut d'héritiers, le titre de landgrave revient alors au souverain du Saint-Empire. En , il est détenu par Henri VI du Saint-Empire qui le confère vers aux comtes de Werde, famille implantée en Alsace depuis le XIe siècle et issue des comtes de Sarrebruck[67]. Ils reçoivent très probablement ce titre en raison du mariage entre le comte Sigebert de Werde et une sœur de Gottfried de Hunebourg[68].

Dates Landgraves Dynastie Notes
v.  Sigebert IV de Werde Werde Nommé landgrave de Basse-Alsace par Henri VI du Saint-Empire[67].
v.  Henri Ier de Werde Werde Fils du précédent[67].
Sigebert IV de Werde Werde Également appelé Henri, fils posthume du précédent[67] et participant à la bataille de Hausbergen de .
Jean Ier de Werde Werde Fils du précédent et frère d'Ulrich de Werde avec qui il exerce la fonction de landgrave[67].
Simon de Werde Werde Fils du précédent et associé à son père comme landgrave de Basse-Alsace[11].
Ulrich de Werde Werde Oncle du précédent et frère de Jean Ier de Werde. À la mort de son frère et de son neveu en , il gouverne seul. Nommé Landvogt du Grand-Bailliage d'Alsace en par Louis IV du Saint-Empire. Ruiné, il vend probablement le titre de landgrave de Basse-Alsace à son gendre Frédéric II d'Oettingen et au frère de celui-ci[69],[70].
Jean II de Werde Werde Fils du précédent, gouverne le landgraviat avec les comtes Frédéric et Louis d'Oettingen, ses beaux-frères, avec qui il vend la charge de landgrave à l'évêque de Strasbourg en  ; il meurt en [71].
Frédéric et Louis d'Oettingen Oettingen Beaux-frères du précédent, investis comme landgraves de Basse-Alsace par l'empereur Louis IV du Saint Empire dès  ; gouvernent le landgraviat avec Ulrich puis avec Jean II de Werde jusqu'à la vente de la charge de landgrave en [71].

Au XIVe siècle, les comtes de Werde et les comtes d'Oettingen vendent leur charge de landgraves de Basse-Alsace en à Jean II de Lichtenberg, évêque de Strasbourg, avec l'accord de l'empereur Charles IV du Saint-Empire en [11]. Ni cet évêque ni ses successeurs immédiats ne portent toutefois le titre de landgrave. En , un nouvel évêque, Frédéric de Blankenheim, obtient de Wenceslas Ier du Saint-Empire la reconnaissance du landgraviat comme fief de l'Empire. L'un de ses successeurs, Robert de Palatinat-Simmern, intègre durablement ce titre à sa titulature au milieu du XVe siècle. Dès lors, le titre de landgrave de Basse-Alsace demeure attaché à la dignité d'évêque de Strasbourg jusqu'à la Révolution française[72].

Dates Landgraves Dynastie Notes
Frédéric de Blankenheim Évêque de Strasbourg reconnu comme landgrave de Basse-Alsace par Wenceslas Ier du Saint-Empire en [72].
Guillaume II de Diest Successeur du précédent comme évêque de Strasbourg, et détenteur probable de la fonction de landgrave, bien que jamais cité comme tel.
Conrad IV de Bussnang Bussnang Successeur du précédent et détenteur probable de la fonction de landgrave.
Robert de Palatinat-Simmern Wittelsbach Successeur du précédent, détenteur du titre de landgrave qu'il intègre définitivement à sa titulature transmise à ses propres successeurs[72].
Albrecht von Pfalz-Mosbach Wittelsbach Successeur du précédent.
Guillaume III de Hohnstein Hohnstein Successeur du précédent.
Érasme de Limbourg Schenk de Limpurg-Gaildorf Successeur du précédent.
Jean de Manderscheid Successeur du précédent.
Jean Georges de Brandebourg Hohenzollern Successeur du précédent.
Charles de Lorraine Lorraine Successeur du précédent.
Léopold V d'Autriche-Tyrol Habsbourg Successeur du précédent.
Léopold-Guillaume de Habsbourg Habsbourg Successeur du précédent.
François-Egon de Fürstenberg Fürstenberg Successeur du précédent ; maintenu dans ses fonctions d'évêque de Strasbourg par Louis XIV après l'intégration de la Basse-Alsace au royaume de France en [73].
Guillaume-Egon de Fürstenberg Fürstenberg Frère et successeur du précédent.
Armand-Gaston-Maximilien de Rohan Rohan Successeur du précédent.
Armand de Rohan-Soubise Rohan Petit-neveu et successeur du précédent.
Louis-Constantin de Rohan Rohan Neveu et successeur du précédent.
Louis-René de Rohan Rohan Neveu et successeur du précédent ; dernier landgrave de Basse-Alsace présumé, réfugié dans ses possessions hors de France en , conservant le tire d'évêque de Strasbourg jusqu'à sa mort en [74].

En , la Basse-Alsace est rattachée au royaume de France dans le cadre de la politique des Réunions menée par Louis XIV. Les évêques de Strasbourg, jusque-là princes du Saint-Empire, se placent alors sous la suzeraineté du roi de France. Ils conservent toutefois le titre honorifique de landgrave de Basse-Alsace jusqu'à la Révolution française et à l'abolition des titres de noblesse en [75],[11].

Landgraves de Haute-Alsace

Le titre de landgrave de Haute-Alsace remplace celui de comte de Sundgau à partir de Adalbert III de Habsbourg.

Dates Landgraves Dynastie Notes
Adalbert III dit le Riche Habsbourg Fils de Werner II de Habsbourg, comte de Sundgau[76].
Rodolphe II dit l'Ancien Habsbourg Fils du précédent[76].
Albert IV dit le Sage Habsbourg Fils du précédent et frère de Rodolphe III, comte de Habsbourg-Laufenbourg, avec qui il gouverne les possessions familiales[76].
Rodolphe IV Habsbourg Fils du précédent. Mentionné comme landgrave de Haute-Alsace (en latin : landgravius Alsatiae superioris) dans une charte établie à Strasbourg le [77]. Devenu roi des Romains en sous le nom de Rodolphe Ier, il cède le titre de landgrave à ses trois fils.
Albert V Habsbourg Fils de Rodolphe IV et frère de Hartmann de Habsbourg, mort en , et de Rodolphe V de Habsbourg, mort en , avec qui il gouverne les possessions familiales. Devenu roi des Romain en sous le nom d'Albert Ier, il cède le titre de landgrave à ses fils aînés.
Rodolphe VI dit le Débonnaire Habsbourg Fils du précédent et frère de Frédéric Ier de Habsbourg dit le Bel avec qui il gouverne les possessions familiales.
Frédéric Ier dit le Bel Habsbourg Frère de Léopold Ier de Habsbourg dit le Glorieux avec qui il gouverne les possessions familiales à la mort de leur frère Rodolphe VI en .
Léopold Ier dit le Glorieux Habsbourg Frère du précédent, devenu roi des Romains en .
Albert VI dit le Sage Habsbourg Frère du précédent et de Othon III de Habsbourg avec qui il gouverne les possessions familiales.
Rodolphe VII dit le Fondateur Habsbourg Fils du précédent, il gouverne avec ses frères Léopold II et Albert VII.
Léopold II dit le Juste Habsbourg Frère du précédent et fils de Albert II, il gouverne avec ses frères Rodolphe VII et Albert VII.
Albert VII Habsbourg Frère du précédent et fils de Albert II. À la mort de ses frères en et en , il gouverne seul.
Léopold III Habsbourg Neveu du précédent et fils de Léopold II.
Frédéric II Habsbourg Frère du précédent.
Sigismond dit le Riche Habsbourg Fils du précédent.
Maximilien Ier Habsbourg Roi des Romains en , il succède à son cousin Sigismond comme landgrave de Haute-Alsace.
Charles Quint Habsbourg Petit-fils du précédent. Devenu roi des Romains en puis empereur en , il cède le titre de landgrave à son frère.
Ferdinand Ier Habsbourg Frère du précédent.
Ferdinand II Habsbourg Fils du précédent.
Rodolphe II Habsbourg Neveu du précédent. Roi des Romains en et empereur en , il cède le titre de landgrave à son frère.
Maximilien III Habsbourg Frère du précédent.
Albert Habsbourg Frère du précédent. Il renonce au titre de landgrave au profit de son cousin, l'empereur Ferdinand II du Saint-Empire, qui le cède en à son frère Léopold V d'Autriche-Tyrol.
Léopold V Habsbourg Cousin du précédent.
Ferdinand-Charles Habsbourg Fils du précédent.

Ferdinand-Charles, archiduc d’Autriche antérieure, est le dernier landgrave de Haute-Alsace. Nommé en , il administre une région ravagée par la guerre de Trente Ans et occupée par les troupes de Bernard de Saxe-Weimar, alors au service du royaume de France. Ce dernier espérait obtenir un « landgraviat d’Alsace » en récompense de ses conquêtes, mais sa mort en met fin à ce projet[78]. Les territoires occupés passent sous influence française, avant d'être annexés à la suite des traités de Westphalie de . La Haute-Alsace devient alors une possession personnelle du roi de France, Louis XIV en assumant la fonction de landgrave à titre honorifique. Le titre n’est pas repris par ses successeurs, et la province d'Alsace, nouvellement constituée, devient une province française parmi d’autres[9].

Héraldique

La naissance des armoiries en Occident s'amorce progressivement au XIIe siècle. À cette époque, l'Alsace appartient à la dynastie des Hohenstaufen dont les membres sont à la fois ducs de Souabe et ducs d'Alsace. Bien qu'ils détiennent deux titres ducaux, ils n’utilisent qu'un seul blason car les armoiries ne sont encore que familiales et ne symbolisent pas encore un territoire ou une titulature. Le titre de duc d'Alsace n'a ainsi jamais eu d'armoiries ni à l'époque mérovingienne, ni à l'époque carolingienne, ni au sein du duché de Souabe[79],[8].

Les titres de comte de Nordgau et de comte de Sundgau, disparus au XIIe siècle, n’étaient pas davantage assortis d’armoiries. La blason du landgraviat de Basse-Alsace apparaît au XIIIe siècle et dérive des armoiries personnelles des comtes de Werde. Elles figurent pour la première fois sur le sceau de Sigebert de Werde. Celui-ci l'a apposé sur un parchemin en pour entériner son alliance avec la ville libre de Strasbourg révoltée contre son prince-évêque, à l'époque de la bataille de Hausbergen. Ces armes deviennent alors celles du landgraviat de Basse-Alsace. Les couleurs de l'écu sont décrites pour la première fois par un rôle d’armes anglais à la fin du XIIIe siècle. Le blasonnement se présente ainsi : de gueules à la bande d’argent accompagnée de deux cotices d’or fleuronnées[80].

Les premières représentations héraldiques associées au landgraviat de Haute-Alsace remontent à deux sceaux d’Albert III de Habsbourg, datés de . Ces sceaux montrent le lion rampant des Habsbourg, emblème que la dynastie conserve dans ses armes de landgraves jusqu’au début du XVe siècle. Les armes du landgraviat apparaissent pour la première fois dans le sceau du duc Ernest Ier de Habsbourg en . Le blasonnement se présente ainsi : de gueules à la bande d'or accompagnée de six couronnes du même, trois en chef et trois renversées en pointe. Les couleurs reprennent celles des armes de Habsbourg, mais interverties[81].

Notes et références

Annexes

Related Articles

Timelines

Top Qs

Fact Checks