Elsie Howey
suffragette britannique
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Rose Elsie Neville Howey (1er décembre 1884 – 13 mars 1963), connue sous le nom d' Elsie Howey, est une suffragette britannique, née le 1er décembre 1884 à Finningley et morte le 13 mars 1963 à Malvern. Militante et membre de la Women's Social and Political Union, elle est emprisonnée au moins six fois entre 1908 et 1912.
Finningley
Malvern
| Nom de naissance | Rose Elsie Neville Howey |
|---|---|
| Naissance |
Finningley |
| Décès |
(à 78 ans) Malvern |
| Nationalité | britannique |
| Activité principale | |
| Formation |
Biographie
Jeunes années
Rose Elsie Neville Howey naît à Finningley en 1884, fille de Thomas Howey, recteur de la paroisse, et d'Emily Gertrude (née Oldfield). À la mort de son père en 1887, la famille s'installa à Malvern, dans le Worcestershire. En 1902, elle commence des études d'anglais, de français et d'allemand à l'université de St Andrews, dans le Fife, en Écosse. Elle quitte l'université en 1904 pour se rendre en Allemagne, où elle découvre le mouvement féministe[1].
Activisme

En 1907, Elsie Howey rejoint la Women's Social and Political Union (WSPU), une organisation militante pour le droit de vote des femmes.
En février 1908, avec sa sœur, Mary Gertrude Howey, elles sont arrêtées avec d'autres membres de la WSPU après s'être cachées dans une camionnette qui pénétra dans l'enceinte de la Chambre des communes[2]. Après sa libération, elle rejoint Annie Kenney et Mary Blathwayt pour faire campagne lors d'une élection partielle dans le Shropshire en mai 1908. Peu après, elle est de nouveau emprisonnée pendant trois mois pour avoir manifesté devant le domicile du Premier ministre de l'époque, H.H. Asquith, et condamnée à six semaines de prison. Ses manifestations deviennent plus audacieuses, notamment lorsqu'elle se cache toute la nuit dans l'orgue du Colston Hall, une salle de concert située à Bristol, avant le discours du député Augustine Birrell[3] avec l'aide de Vera Holme à l'intérieur et de Minnie Baldock[4].
Le 5 septembre 1910, Howey et deux autres suffragettes, Vera Wentworth et Jessie Kenney, agressent le Premier ministre Asquith et Herbert Gladstone alors qu'ils jouent au golf[5], et poursuivent Asquith jusqu'à sa résidence secondaire, où elles déposent des pancartes de protestation, portant l'inscription « Libérez Patricia Woodlock », ainsi que d'autres tracts suffragistes dans son jardin[4].
Les méthodes violentes de Howey furent critiquées par certains membres de la WSPU qui demandèrent son exclusion de l'organisation[6]. En réaction à ces évènements, la mère de Mary Blathwayt, Emily Blathwayt, démissionne de la WSPU et son père, Linley, écrit des lettres de protestation à Christabel Pankhurst, Howey et Wentworth. Pankhurst est informée que Howey et Wentworth ne sont plus autorisées à se rendre chez les Blathwayt. Wentworth leur envoie une longue réponse exprimant ses regrets quant à leur réaction, mais notant que « si M. Asquith ne reçoit pas de délégation, elles le frapperont à nouveau »[7].

À partir de 1910, Elsie Howey milite pour la WSPU à Liverpool[8]. Le 14 janvier 1910, Lady Constance Bulwer-Lytton est emprisonnée et alimentée de force à la prison de Walton. En réaction, Howey brise les vitres du bureau du directeur de la prison afin qu'elle soit, elle aussi, incarcérée en soutien à Lytton. Lytton qualifia alors Howey de « vaillante » et de « la plus chère de nos membres »[1],[9].
Le 17 avril 1910, Howey attire l'attention nationale après avoir mené « une manifestation de la WSPU à travers Londres, vêtue d'une armure complète et déguisée en Jeanne d'Arc », à cheval sur une monture blanche[6],[10]. La suffragette Emmeline Pethick-Lawrence écrit que Howey, dans le rôle de Jeanne d'Arc, portait « une oriflamme violette, blanche et verte », les couleurs des suffragettes[11]. Le rôle de Jeanne d'Arc fut également interprété par la jeune actrice Marjery Bryce, âgée de dix-neuf ans[12], lors d'autres manifestations de la WSPU.
En juillet 1910, Howey est de nouveau arrêtée pour avoir manifesté à Penzance, en Cornouailles. Elle est emprisonnée pendant sept jours, période durant laquelle elle entame une grève de la faim et jeûne durant 144 heures[6]. Plus tard en 1910, Howey introduit le mouvement pour le suffrage féminin à Plymouth et à Torquay[1],[13].
Lors du recensement de 1911 du Royaume-Uni, elle participe au boycott de ce dernier par les suffragettes et refuse d'être recensée, écrivant « Votes for women » (« Droit de vote aux femmes ») sur son formulaire[14].
Emprisonnée au moins six fois au cours de sa participation au mouvement des suffragettes[1],[15], Howey entame souvent des grèves de la faim en prison et subit des gavages[1] ; lors d'une de ces grèves, il lui faut quatre mois pour se remettre de blessures à la gorge qui en résultent[16]. Sa dernière arrestation a lieu en décembre 1912[1], après avoir déclenché une alarme incendie. Condamnée à quatre mois de prison[6], elle est ensuite libérée prématurément après une longue grève de la faim qui entraîne la fracture de presque toutes ses dents à cause du gavage[1].
Elsie Howey reçoit une médaille de grève de la faim (en anglais : Hunger Strike Medal) « pour bravoure » décernée par la WSPU[17].
Fin de vie
Howey se retire de la vie publique avec la fin progressive des actions militantes des suffragettes en 1914, causées par le début de la Première Guerre Mondiale et le revirement patriotique de la WSPU en réponse à la libération de toutes les suffragettes prisonnières[18]. Elle vit à Malvern jusqu'à la fin de sa vie et y mourut en 1963 d'une sténose du pylore chronique, une affection est très rare chez l'adulte[19], et probablement une conséquence de ses multiples épisodes d'alimentation forcée.