Terre d'Israël
espace géographique, politique et religieux
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La Terre d'Israël (en hébreu : ארץ ישראל, Eretz Yisrael) est une étendue géographique comprenant les anciens royaumes d’Israël et de Juda, berceau du peuple juif selon la Bible.



Présentation
Dans la Bible, « Terre d'Israël » désigne :
- un terme religieux, car renvoyant à un don divin ; il est utilisé pour la première fois dans Samuel 1 13:19[1] ;
- un terme géographique. La définition géographique donnée par la Bible est d’ailleurs floue : dans certains textes bibliques, on parle de la Terre donnée comme allant du « fleuve d’Égypte jusqu’au grand fleuve, au fleuve d’Euphrate » (de l’Égypte à l’actuel Irak)[2], d’autres se limitent à une zone comprise entre la mer et le fleuve Jourdain, correspondant peu ou prou à la région appelée Palestine[3],[4],[5] ;
- un terme politique : c’est la terre donnée aux Juifs pour s’y installer, puis à partir du roi Saül pour s’y construire un État.
Ce terme est utilisé tant par les Juifs que les chrétiens au cours de l’histoire (pour l’étymologie de ce nom, voir Israël (Bible)). Cette Eretz Israel est également appelée « Terre promise » des Juifs en référence à la première promesse qu’a faite Dieu à Abraham, Isaac et Jacob de donner ce pays à eux et en héritage à leur descendance, dans la Genèse : « Et je t'ai donné à toi et à ta postérité la terre de tes pérégrinations, toute la terre de Canaan comme possession indéfinie » (Gn 17:8).
L'expression « Terre sainte » est souvent utilisée par les chrétiens en référence à la vie de Jésus en ces lieux.
À la suite de plusieurs exils, la nation juive est dispersée à travers le monde antique et plus tard à travers le monde. Un lien spirituel fort, invoqué notamment dans la Déclaration d’indépendance de l’État d’Israël de 1948, la rattache toujours à cette terre.
Appellations historiques
- La Terre de Canaan : Dans la Torah, la Terre d'Israël est généralement appelée la « Terre de Canaan », du nom de Canaan, fils de Cham et petit-fils de Noé.
- Terre d'Israël : le terme « Israël » figure sur une stèle égyptienne datant du XIIIe siècle avant notre ère[6],[7]. Avec la prise du territoire par les Israélites, elle est connue comme la Terre d'Israël.
- Judée : Avec la division de la terre d'Israël en deux royaumes (Judée et Israël), le nom « Israël » ne fait plus que référence au royaume d'Éphraïm. À l'époque perse, la terre d'Israël est connue comme l'« État de Judée » et lors de la période hasmonéenne la terre est connue comme « Terre de Juda » et ne comprend plus la Galilée.
- Palestine : Au Ier siècle de notre ère, les écrivains juifs Philon d'Alexandrie et Flavius Josèphe utilisent la terminologie grecque «Palestine» ou « Syrie-Palestine » pour désigner l'ensemble de la Terre d'Israël, mais ce n'est qu'au siècle suivant que l'empereur romain Hadrien, change ce nom et établit la province de Palestine après la destruction des Juifs de la terre d'Israël. Le mandat britannique sur la Palestine rétablit cette appellation dès son établissement en 1920.
- Terre promise : Dans les traditions abrahamiques, pour désigner la terre promise par Dieu (ou Allah) aux enfants d'Israël (ou Banû Isra'îl).
- Terre sainte : Dans la tradition chrétienne voire judéo-chrétienne, pour désigner le lieu de naissance et de la Passion de Jésus.
- Elle est également appelée dans la tradition juive : Le « pays des cerfs » (ארץ הצבי), « beau pays »(ארץ חמדה), la« terre des Hébreux » (ארץ העברים), ou simplement « la Terre » (הארץ).
Sources juives
Bible

La Bible mêle au long de ses 24 Livres injonctions et récits relatifs à la terre d’Israël, ainsi que de multiples définitions territoriales d’Eretz Israël. La première accompagne la promesse de Dieu faite à Abraham, dans la Genèse :
« C’est à ta descendance que je donne ce pays, du fleuve d’Égypte au grand fleuve, le fleuve Euphrate »[9].
Ailleurs, la Bible est moins précise :
« J’établirai ton territoire de la mer des Joncs à la mer des Philistins, et du désert au fleuve »[10].
Les contours de la Terre donnée sont donc partagés entre une version maximale[11] et une version minimale[12].
La Terre d'Israël est perçue comme ayant un lien religieux et métaphysique avec le règne divin, comme dans le Livre de Daniel 2:44 :
« Dans le temps de ces rois, le Dieu des cieux suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit, et ce royaume ne passera point à un autre peuple ; il brisera et anéantira tous ces royaumes-là, et lui-même subsistera éternellement. »
La terre d'Israël est décrite comme la « Terre de lait et de miel » (hébreu : אֶרֶץ זָבַת חָלָב וּדְבָשׁ), comme il est dit dans Deutéronome 7.9 : Car l'Éternel, ton Dieu, t'amène dans une bonne terre, une terre de ruisseaux et de sources dans la vallée et la montagne : blé et orge, vigne et figue et grenade, terre d'olivier et miel : une terre qui, sans danger, etc.
Il existe également de nombreuses lois régissant la manière de traiter la terre d'Israël. Ces lois s'appliquent à tous les Juifs, et l'attribution de la terre elle-même dans l'alliance s'applique à tous les Juifs, y compris les convertis[13].
Littérature rabbinique
Selon la loi religieuse juive (Halakha), certaines lois ne s'appliquent qu'aux Juifs vivant en Terre d'Israël et dans certaines régions de Jordanie, du Liban et de Syrie (faisant partie de l'Israël biblique et actuellement, pays limitrophes). Il s'agit notamment des lois agricoles telles que la Chemita (année sabbatique) ; des lois sur la dîme (Maaser rishon, Maaser sheni, Maaser ani) ; des pratiques charitables pendant l'agriculture ; et des lois concernant la fiscalité. Une source populaire énumère 26 des 613 mitsvot comme étant liées à la Terre d'Israël[14].
Selon le philosophe Menachem Lorberbaum, les frontières consacrées de la Terre d'Israël comprises par les exilés de retour différaient à la fois des frontières bibliques et préexiliques[15]. En cartographiant le territoire conformément aux traditions bibliques tout en reflétant simultanément l’étendue de la colonisation juive dans la région à leur époque, la littérature rabbinique a non seulement sanctifié le territoire mais a également établi une continuité symbolique qui a lié les communautés juives contemporaines à leurs ancêtres à l’époque biblique[16].
Le Talmud de Jérusalem (traité Shabbat) déclare : « Quiconque se trouve sur la Terre d'Israël... et parle la Langue Sainte, et récite le Shema matin et soir, se voit promettre la vie dans le monde à venir »[17].
Selon certaines autorités religieuses juives, chaque Juif a l'obligation de résider en Terre d'Israël et ne peut la quitter que pour des raisons autorisées (par exemple, pour se marier)[18].
De nos jours
De nombreuses lois religieuses qui étaient en vigueur dans l'Antiquité en terre d'Israël ont été rétablies dans l'Israël contemporain. D'autres en revanche n'ont pas été rétablies car l'État d'Israël n'adhère pas à la loi juive traditionnelle. Cependant, des parties du territoire actuel d'Israël, comme la Arabah, sont considérées par certaines autorités religieuses comme étant situées en dehors de la Terre d'Israël aux fins de la loi juive, et selon elles, les lois religieuses ne s'y appliquent pas[19].
De nos jours, la Terre d’Israël continue d’occuper une place importante dans la vie religieuse, culturelle et identitaire de nombreux Juifs, qu’ils vivent en Israël ou au sein de la diaspora. Dans le judaïsme traditionnel, elle conserve un statut particulier en tant que terre associée à une grande partie des récits bibliques, à l’histoire des anciens royaumes d’Israël et de Juda ainsi qu’aux principaux lieux saints du judaïsme, notamment Jérusalem, Hébron, Safed et Tibériade.
Cette importance se manifeste également dans la liturgie et les pratiques religieuses contemporaines. De nombreuses prières font référence à Jérusalem, à Sion ou au retour sur la Terre d’Israël. Certaines fêtes et observances religieuses conservent un lien étroit avec les cycles agricoles et les commandements traditionnellement associés à la terre. Chaque année, de nombreux pèlerins et visiteurs juifs se rendent en Israël afin de visiter des sites historiques, archéologiques ou religieux liés à l’histoire du peuple juif.
Au-delà de sa dimension religieuse, la Terre d’Israël occupe également une place centrale dans la culture et la mémoire collective juives. Pour beaucoup, elle représente le lieu où la langue hébraïque a retrouvé un usage quotidien, où se concentrent aujourd’hui d’importantes institutions éducatives, religieuses et culturelles, et où vivent une part importante des Juifs du monde. Cette relation à la Terre d’Israël peut prendre des formes diverses selon les individus et les courants du judaïsme, allant d’une attache principalement religieuse à une identification davantage historique, culturelle ou nationale. Malgré cette diversité d’approches, la Terre d’Israël demeure un élément majeur de référence dans la conscience collective juive contemporaine.
Christianisme
Au début du Ve siècle, le théologien Augustin d'Hippone soutient dans sa Cité de Dieu que le royaume terrestre ou « charnel » d'Israël a atteint son apogée sous les règnes du roi David et de son fils Salomon[20]. Il poursuit cependant en précisant que cette possession de la Terre promise est conditionnelle : « ... la nation hébraïque devait rester sur la même terre par la succession de la postérité dans un état inébranlable même jusqu'à la fin de cet âge mortel, si elle obéissait aux lois du Seigneur son Dieu »
Sources islamiques
Coran
Le Coran fait référence implicite ou explicite à la terre d'Israël octroyée par Allah aux banû Israîl (enfants d'Israël), à plusieurs reprises :
- Dans la sourate Al-A'raf (Les Murailles) 7:137, concernant les enfants d’Israël[21],[22] : « Et les gens qui étaient opprimés (ou « considérés comme faibles », selon Ibn Kathir[23]), Nous les avons fait hériter les contrées orientales et occidentales de la terre que Nous avons bénies [correspondant à la terre d'Israël[21],[24]]. Et la très belle promesse de ton Seigneur sur les enfants d'Israël s'accomplit pour prix de leur endurance. [25]. »
- Dans la sourate Al-Ma'ida (La Table servie) 5:21, Moïse dit : « Ô mon peuple, entre dans la terre sainte [correspondant à la terre d'Israël[26],[27]] qu'Allah a décrété pour toi, et ne te rebelle pas à moins que tu ne deviennes perdant »[28]. Mais Allah leur interdit ce pays pendant quarante ans « durant lesquels ils erreront sur la terre »[29]. De plus, dans la sourate Les Poètes (verset 26:57-59), après que les enfants d'Israël sortirent d'Égypte, Allah leur donna en héritage « des jardins, des sources, des trésors et d'un lieu de séjour agréable » en terre d'Israël[30].
- Dans la sourate Al-Isra (Le voyage nocturne) 17:104 « Et après lui, Nous dîmes aux fils d’Israël : Habitez la terre [correspondant à la terre d'Israël[31]] et lorsque s’accomplira la promesse de la vie future, Nous vous ferons revenir en foule »[32].
- Dans la sourate Yunus (Jonas) 10:93 « Certes, Nous avons établi les Enfants d'Israël dans un endroit honorable [correspondant à la terre d'Israël[33]], et leur avons attribué comme nourriture de bons aliments. Par la suite, ils n'ont divergé qu'au moment où leur vint la science. Ton Seigneur décidera entre eux, au Jour de la Résurrection sur ce qui les divisait »[34].
Exégèse et commentaires
Les exégèses (Tafsir) définissent la terre appartenant aux enfants d’Israël[35] comme étant la région de la Palestine[36],[37],[38], comprenant parfois la Jordanie ainsi que parfois la région de Syrie en fonction des moufassirs.
Certains commentateurs proposent cependant que les Israélites héritèrent (aussi) de la souveraineté de la terre d'Égypte[24]. Ils s'appuient notamment sur la sourate Le Récit (28:5-6) : « Mais Nous voulions favoriser ceux qui avaient été faibles sur terre et en faire des dirigeants et en faire les héritiers, et les établir [les Israélites] puissamment sur terre, et faire voir à Pharaon, à Haman, et à leurs soldats, ce dont ils redoutaient » (la Syrie et l'Égypte d’après le Tafsîr Al Jalalayn et la terre d'Égypte d'après Ibn Abbâs[39]). Cette interprétation est largement contestée et cette problématique se retrouve dans la sourate La Vache (2:61) : « …Descendez donc à n'importe quelle ville… », « à n'importe quelle ville » (misr) est traduit par un certain nombre de traducteurs par « en Égypte »[40]. D'après Tabari, il n'y a pas d'indication dans le Coran ou dans les Hadiths qui permettraient de décider laquelle des interprétations est la vraie, cependant Tabari préfère l'interprétation de Ubayy et d'Ibn Masud ainsi que d'Al-Basrî et Ibn al-Rabi selon laquelle il est question de l'Égypte[41]. Abu Muslim al-Khawlani (en) et Ibn Zayd proposent qu'il est question de la ville sainte (Jérusalem)[41]. Al Suddi, Quatadah et Mujahid proposent qu'il est question d' « une ville du pays »[41]. Muhammad Asad suggère que la phrase ne soit pas prise au sens littéral[42]. Concernant la sourate La Fumée (44:25-28) « Que de jardins et de sources ils laissèrent [derrière eux], que de champs et de superbes résidences, que de délices au sein desquels ils réjouissaient. Il en fut ainsi et Nous fîmes qu'un autre peuple en hérita », à savoir, les enfants d’Israël, d’après le Tafsîr Al Jalalayn et Ibn Abbâs[43].
La faune et la flore
La Bible regorge de références aux paysages de la Terre d'Israël, à sa faune et à sa flore. Bien qu'elle relate l'histoire du peuple d'Israël et se concentre principalement sur l'homme, elle révèle de nombreuses informations sur les animaux, notamment sur les liens qui les unissent à l'homme : ceux qui le servent et ceux qui lui nuisent. D'après les descriptions bibliques, la faune de la Terre d'Israël à cette époque est riche et diversifiée ; la Bible mentionne environ 130 espèces animales dont un tiers d'oiseaux et un tiers de mammifères. Dans le Cantique des Cantiques, chapitre 2, on trouve de nombreuses images de la faune et de la flore de la Terre d'Israël. Le Livre des Psaumes, chapitre 14, offre une description visuelle saisissante de l'écosystème de la région. La Bible décrit également les habitats et leurs liens avec les animaux qui les habitent : paysages aquatiques, montagnes rocheuses, déserts, forêts et steppes. Elle mentionne parfois des groupes d'animaux. La classification des animaux dans la Bible repose principalement sur des caractéristiques externes, conformément à la classification ancienne et contrairement à la taxonomie moderne[44],[45],[46],[47].
Flore

La Terre d'Israël relie l'Afrique, l'Asie et l'Europe. En dépit d'une superficie relativement restreinte, sa végétation se caractérise par une grande diversité due à la multitude de zones climatiques différentes, de la région irano-touranienne au nord au climat désertique du Néguev au sud[48],[49].
Il existe trois types de végétation sur cette terre : la flore méditerranéenne se rencontre principalement dans les régions montagneuses du nord et du centre du pays ; la végétation irano-turque[50] est présente dans le pays le long des marges orientales de la chaîne montagneuse centrale, dans le nord du Néguev et les monts Néguev[51] ; la végétation désertique se rencontre dans le Néguev, dans l'Arava et sur les sables de la plaine côtière[48].
La flore de la Terre d'Israël[52] comprend environ 2 600 espèces de plantes, en dehors des plantes cultivées. Parmi ces plantes, plus de 264 sont protégées. Les formes de végétation les plus courantes sont les forêts, terres boisées et broussailles méditerranéennes. Les arbres typiques et emblématiques sont l'olivier (hébreu זית, zayit)[53], le chêne (אלון, alo)[54], le pistachier térébinthe (אלה אטלנטית, elah-atlantite)[55], le figuier (תאנה), le caroubier (חרוב, kharoub, qui a donné le mot « carat » en français), l'eucalyptus (אֵקָלִיפְּטוּס, akliptus) et l'acacia (שיטה). Dès la création de l'État d'Israël en 1948, le KKL commence à planter de nombreuses forêts, pour la plupart des forêts de conifères.
Faune
L’Académie nationale des sciences d’Israël publie depuis 1975 une collection de monographies en anglais intitulée Fauna Palaestina (« Faune de la Terre d’Israël »), régulièrement mise à jour[56], qui décrit la faune d’Israël et de ses environs immédiats. La collection est divisée en plusieurs sous-collections (telles que Insectes, Mouches, Mammifères...) et chaque volume est consacré à un groupe d’animaux décrivant en détail sa morphologie, son écologie et sa zoogéographie.
Différents facteurs notamment géologiques et climatiques expliquent l'immense diversité d'Israël qui compte environ 90 espèces de reptiles, 100 espèces de mammifères et plus de 500 espèces d'oiseaux[48]. Le désert du Néguev est peuplé par des espèces animales désertiques, les champs par de petits animaux et parmi les espèces sur le mont Hermon figure la vipère. Il existe 33 espèces de chauves-souris, des dauphins méditerranéens et des requins du golfe d'Aqaba sont parfois observés dans les eaux qui détient également un récif corallien.
Israël est sur le chemin de la migration des oiseaux dont les grues, les cigognes, les pélicans et divers canards. Beaucoup d'entre eux s'arrêtent en Israël pour se reposer, hiberner et se nourrir, en particulier dans la région des étangs de la vallée de la Houla. La terre d'Israël est devenue ainsi une importante destination mondiale pour l'observation des oiseaux. Avec 500 espèces répertoriées, Israël demeure sans comparaison avec d'autres régions du monde : par exemple, l'Angleterre n'abrite que 489 espèces d'oiseaux, alors que sa superficie est huit fois supérieure à celle de la terre d'Israël[48].

Espèces disparues
Depuis l'époque antique, les nombreuses espèces éteintes localement, précédemment citées dans la Bible, comprennent le lion asiatique[57] (disparu de la région vers le XIIIe siècle), le guépard, la panthère perse[58], l'ours brun syrien, l'hippopotame[59], le crocodile du Nil ou le zèbre[48].
Introduction par l'homme
L'homme a introduit en Israël, volontairement ou non, des plantes et des animaux originaires de diverses régions du monde. Il est fort probable que la plupart des animaux présents en Israël n'y aient pas évolué mais qu'ils proviennent d'ailleurs. Ces régions pourraient être des zones plus froides d'Asie et d'Europe d'où ils parviennent.
Des grands efforts sont fournis pour conserver les animaux d'Israël et, dans certaines circonstances, les réintroduire pour ramener la diversité animale de l'Israël antique ou celle citée dans la Bible hébraïque. Des variétés de cerfs, de chevaux sauvages, d'ânes et d'autres animaux sont introduites ; on peut également citer par exemple le triton rayé, l'étourneau sansonnet et le grèbe. Certaines espèces sont même endémiques (exclusivement présentes) de la région d'Hermon, comme la vipère d'Hermon ou l'écureuil doré (proche du Callospermophilus lateralis). Parmi les espèces originaires de la région irano-touranienne, on trouve par exemple le casarca ou le renard des falaises. Viennent d'Afrique, le ratel, le héron cendré ou le lièvre des rochers. Des régions tropicales d'Asie proviennent des espèces comme le chat des marais, le porc-épic et la moufette à poitrine blanche. Des espèces animales du désert venues du Sahara et de la péninsule arabique colonisent les zones désertiques du sud du pays d'Israël. Certaines de ces espèces se répandent vers le nord, à travers les sables côtiers – par exemple, la gerbille des sables, la moufette des sables et la moufette commune[48]. Par ailleurs, des animaux comme le ragondin, originaire d'Amérique du Sud a été importé en Israël pour la production de fourrure ; le platane bleu-vert, un arbre ornemental originaire d'Australie, importé lui aussi, se propage désormais dans tout le pays[48].
Le zoo biblique de Jérusalem, fondé en 1940, présente une collection d'animaux vivant à l'époque antique et originaires de la Terre d'Israël, dont certains sont mentionnés dans la Bible mais avaient disparu, comme le lion d'Asie, l'ours brun de Syrie, la panthère de Perse et le crocodile du Nil[58]. L’objectif est d’offrir aux 2 200 animaux relevant de 270 espères[60] des conditions de vie aussi proches que possible de leur milieu naturel, de la savane africaine à la forêt tropicale humide en passant par le monde souterrain des souris ou des insectes[61]. Le zoo participe également à des projets de réintroduction dans la nature d'espèces précédemment disparues comme le bélier blanc ou le léopard de Perse, ou alors menacées en Israël dans leur milieu naturel, comme l'âne sauvage (onagre de Perse), avec un programme d'élevage d'espèces en voie de disparition[62]. Chaque animal du zoo mentionné dans la Bible a un verset biblique en hébreu, en arabe et en anglais ajouté à sa fiche d'information[63]
