Fondation Giuseppe Iannaccone

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Fondation Giuseppe Iannaccone
Situation
Siège Corso Matteotti, 11
Milan, Italie

La Fondation Giuseppe Iannaccone (en italien : Fondazione Giuseppe Iannaccone ETS) est une organisation culturelle italienne à but non lucratif, fondée en 2023 à Milan[1]. Elle a pour vocation de promouvoir l'art contemporain et l'art italien de l'entre-deux-guerres, tout en développant des initiatives à impact social[2].

La fondation est issue de plus de trente années d'activité de la Collection Giuseppe Iannaccone, l'une des collections privées d'art italien du XXe siècle et d'art contemporain international en Italie[3]. La collection rassemble environ 500 œuvres, dont 125 pièces d'art moderne (1920-1945) et plus de 350 œuvres d'art contemporain[4].

Origines et formation de la collection

Giuseppe Iannaccone, né le à Avellino en Campanie, s'installe à Milan au début des années 1970 pour y poursuivre des études de droit[5]. Après avoir obtenu son diplôme, il fonde son propre cabinet d'avocats et se spécialise dans le droit pénal des affaires[3].

À la fin des années 1980, confronté au stress professionnel lié à des affaires judiciaires, Giuseppe Iannaccone trouve dans l'art une forme d'apaisement[6]. Il commence par étudier l'histoire de l'art à travers des ouvrages spécialisés avant d'acquérir sa première œuvre en 1989 : La sirena ferita de Claudio Bonichi, datant de 1987[7].

Développement de la collection

Au cours des années 1990, Giuseppe Iannaccone oriente ses acquisitions vers l'art italien de la période comprise entre 1920 et 1945, une époque qu'il considère insuffisamment représentée dans les collections institutionnelles[8]. Il privilégie les artistes qui ont développé des recherches picturales en marge de l'art officiel promu par le régime fasciste, notamment ceux affiliés au mouvement Corrente, à l'École de la Via Cavour et aux Six de Turin[9].

À partir de la fin des années 1990, le collectionneur élargit ses acquisitions à l'art contemporain international, tout en maintenant une cohérence thématique centrée sur la représentation de la figure humaine[6]. Cette double orientation constitue une particularité de la collection, qui établit des correspondances entre les préoccupations des artistes de l'entre-deux-guerres et celles des créateurs contemporains[10].

Création de la fondation

En , après plus d'une décennie d'activités d'exposition et de conservation, la Collection Giuseppe Iannaccone se transforme en fondation reconnue d'utilité publique (Ente del Terzo Settore)[11]. La nouvelle structure a pour objectif d'amplifier les activités culturelles existantes tout en développant des programmes à vocation sociale, considérant l'art comme un outil de soutien aux personnes en situation de fragilité[2].

Le conseil d'administration de la fondation comprend, outre Giuseppe Iannaccone en qualité de président, Alessia Iannaccone (vice-présidente), ainsi que Caterina Fatta, Claudio Guenzani, Tommaso Iannaccone, Letizia Moratti et Roberto Spada[1]. La direction générale et artistique est assurée par Daniele Fenaroli[11].

La collection

Art moderne italien (1920-1945)

La section consacrée à l'art moderne rassemble environ 125 œuvres réalisées entre 1920 et 1945[4]. Elle constitue, selon la revue Conceptual Fine Arts, l'une des collections privées les plus complètes sur cette période de l'art italien[12].

Les artistes représentés comprennent notamment :

Scipione occupe une place centrale dans cette section, Giuseppe Iannaccone ayant réuni plusieurs de ses œuvres, dont Natura morta con piuma (1929) et Autoritratto (1930)[13].

Art contemporain

La section d'art contemporain comprend plus de 350 œuvres datant des années 1970 à aujourd'hui[4]. Elle se caractérise par une forte représentation d'artistes féminines, d'artistes issus de minorités et de créateurs explorant les questions d'identité[16].

Parmi les artistes présents figurent Cindy Sherman, Francesco Vezzoli, Yasumasa Morimura, Zanele Muholi, Catherine Opie, Kehinde Wiley, Nan Goldin, Tracey Emin, Marlene Dumas, Kara Walker, Sarah Lucas, Mickalene Thomas, Njideka Akunyili Crosby, John Currin, Liu Xiaodong, Luc Tuymans, Neo Rauch, Wilhelm Sasnal, Lynette Yiadom-Boakye et Salman Toor[17], Iva Lulashi.

Activités et programmes

Expositions institutionnelles

La collection a fait l'objet de plusieurs expositions dans des institutions muséales :

Italia 1920-1945 à la Triennale de Milan (2017)

La première présentation publique d'envergure de la collection a lieu à la Triennale de Milan du au , sous le titre Italia 1920-1945. Una nuova figurazione e il racconto del sé[12]. L'exposition présente 96 œuvres de la section d'art moderne et constitue la première étude exhaustive de cette période réalisée à partir d'une collection privée[15]. La scénographie, conçue par le cabinet Oblò Architetti, évoque les intérieurs bourgeois de l'époque[12].

A New Figurative Art à l'Estorick Collection de Londres (2018)

Du au , l'Estorick Collection de Londres accueille l'exposition A New Figurative Art 1920-1945: Works from the Giuseppe Iannaccone Collection[18]. Cette présentation de 50 œuvres établit un dialogue avec la collection permanente du musée londonien, consacrée à l'art moderne italien[13].

Viaggio Controcorrente à la GAM de Turin (2021)

Du au , la Galerie d'art moderne de Turin (GAM) présente Viaggio Controcorrente – Arte italiana 1920-1945[9]. L'exposition réunit environ 130 œuvres provenant de trois collections : celle de Giuseppe Iannaccone (73 œuvres), celle de la GAM et celle de la Galerie Sabauda[14]. Une partie des recettes de l'exposition est reversée à la Fondation piémontaise pour la recherche sur le cancer[9].

Da Cindy Sherman a Francesco Vezzoli au Palazzo Reale de Milan (2025)

Du au , le Palazzo Reale de Milan accueille la première exposition consacrée à la section contemporaine de la collection[17]. Intitulée Da Cindy Sherman a Francesco Vezzoli. 80 artisti contemporanei, elle présente plus de 140 œuvres de 80 artistes internationaux[19]. L'exposition, organisée dans le cadre de la Milano Art Week, bénéficie du haut patronage du Parlement européen en raison des thématiques abordées (droits fondamentaux, égalité des genres, inclusion sociale)[17]. Elle est accompagnée d'une installation sonore de Dario Mangiaracina[10].

Siège et accessibilité

La fondation et la collection sont situées au no 11, Corso Matteotti, dans le centre de Milan, à proximité de la Piazza San Babila[2]. Les locaux occupent le deuxième étage d'un immeuble historique, l'un des premiers gratte-ciels de Milan[8]. Une partie des œuvres contemporaines est présentée dans les espaces du cabinet d'avocats de Giuseppe Iannaccone, accessibles lors de visites guidées et à l'occasion des expositions du programme In Pratica[15].

Reconnaissance

Giuseppe Iannaccone est membre du comité consultatif (Advisory Board) d'Arte Fiera de Bologne depuis l'édition 2020[5]. La collection est répertoriée par le ministère de la Culture italien dans le réseau des Luoghi del Contemporaneo (Lieux du contemporain)[4].

Publications

Notes et références

Voir aussi

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