Gaël Perdriau

homme politique français From Wikipedia, the free encyclopedia

Gaël Perdriau, né le à Cholet (Maine-et-Loire), est un homme politique français. Il est maire de Saint-Étienne et président de Saint-Étienne Métropole d’ à .

Élection
Réélection
PrédécesseurMaurice Vincent
SuccesseurSylvie Fayolle
Faits en bref Fonctions, Président de Saint-Étienne Métropole ...
Gaël Perdriau
Illustration.
Gaël Perdriau en 2013.
Fonctions
Président de Saint-Étienne Métropole

(11 ans, 7 mois et 9 jours)
Élection
Réélection
Prédécesseur Maurice Vincent
Successeur Sylvie Fayolle
Maire de Saint-Étienne

(11 ans, 7 mois et 29 jours)
Élection 4 avril 2014
Réélection 3 juillet 2020
Coalition UMP/LR-UDI-MoDem
Prédécesseur Maurice Vincent
Successeur Jean-Pierre Berger
Biographie
Date de naissance (53 ans)
Lieu de naissance Cholet (France)
Nationalité Française
Parti politique UDF-PR (1996-1997)
DL (1997-2002)
UMP/LR (2002-2022)
Diplômé de ESC Saint-Etienne
Profession Cadre au sein d'ERDF
Résidence Saint-Etienne (Rochetaillé)

Image illustrative de l’article Gaël Perdriau
Maires de Saint-Étienne
Fermer

Membre et vice-président des Républicains, il est exclu du parti politique en après avoir été mis en cause dans une affaire révélée par Mediapart de chantage politique à la sextape à l'encontre de son premier adjoint, Gilles Artigues.

Gaël Perdriau est condamné en à cinq ans de prison dont quatre ans ferme avec mandat de dépôt différé et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. Il est incarcéré en mais bénéficie près de deux mois plus tard d'une liberté sous contrôle judiciaire jusqu'à son procès en appel prévu en . Il démissionne de ses mandats locaux deux jours après sa condamnation.

Carrière politique

Parcours à l'UMP et chez LR

Membre du Parti républicain depuis 1996, il adhère à l'Union pour un mouvement populaire (UMP) dès sa création, en 2002.

Gaël Perdriau est nommé en 2012 chargé de mission de la fédération UMP de la Loire.

Il soutient Bruno Le Maire pour la primaire présidentielle des Républicains de 2016. En , il est nommé directeur de campagne régional pour l'Auvergne-Rhône-Alpes[1]. Le , dans le cadre de l'affaire Fillon et après le départ de Bruno Le Maire de l'équipe de campagne de François Fillon, il renonce à son tour à soutenir le candidat Les Républicains à la présidentielle[2].

Laurent Wauquiez ayant donné Saint-Étienne pour un exemple de « quartier perdu de la République », Gaël Perdriau lui retire son soutien pour les élections à la tête des Républicains[3].

Il est nommé vice-président des Républicains le . Le , il est démis de sa fonction par le président du parti, Christian Jacob, pour avoir dénoncé à nouveau la « droitisation » de son parti, et notamment le positionnement de la candidate Valérie Pécresse « qui envisage de gouverner avec Eric Ciotti », après l’élection présidentielle de 2022[4],[5]. Il souhaite également une rupture avec le sarkozysme[6]. Il se rapproche alors du parti présidentiel Renaissance[7]. Mis en cause dans un scandale de chantage à la sextape, il est exclu de LR en [8].

Maire de Saint-Étienne

Gaël Perdriau se présente aux élections municipales en 1995 à Saint-Étienne sur la liste du maire sortant Michel Thiollière. Il est élu[9], puis réélu en 2001. Il est ainsi en fonction de 1995 à 2008.

Président du conseil de quartier de Tarentaize-Beaubrun, il contribue à la rénovation urbaine de ces quartiers en grande difficulté aidés par l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU)[réf. nécessaire].

Gaël Perdriau occupe la 3e place sur la liste du maire sortant Michel Thiollière aux élections municipales de 2008. Michel Thiollière est battu dans une triangulaire par le socialiste Maurice Vincent. Gaël Perdriau devient conseiller municipal d'opposition, se présente aux élections cantonales de Saint-Étienne-Sud-Ouest-1 en 2011, et échoue au 2d tour[10]. Il préside dès lors le groupe d’opposition municipale « Union pour l’avenir des Stéphanois »[11] qui regroupe les représentants de l’Union des démocrates et indépendants (UDI), de l’UMP et de la société civile[12].

Le , la Commission nationale d’investiture (CNI) de l’UMP, coprésidée par Jean-François Copé et François Fillon, accorde à l’unanimité l’investiture à Gaël Perdriau[13] pour être la tête de liste sur la ville de Saint-Étienne aux élections municipales de 2014. Il forme alors une alliance avec le centriste Gilles Artigues, dont le maintien au second tour en 2008 avait contribué à la défaite de Michel Thiollière. La liste que conduit Gaël Perdriau l’emporte au second tour de ces élections avec 47,7 % des voix, contre la liste du maire sortant, Maurice Vincent, qui recueille 40,5 % des voix, et celle du Front national (11,8 %)[14]. Gaël Perdriau est élu maire par le conseil municipal le et président de la communauté d'agglomération Saint-Étienne Métropole le [15].

Après son élection, Gaël Perdriau critique la gestion du maire précédent, notamment concernant l’Opéra-théâtre de la ville, et accuse la direction de l'établissement d'avoir fait courir des risques aux personnels et spectateurs du théâtre municipal[16]. Depuis, la justice a donné tort à la ville et a obligé à la réintégration des membres de l'Opéra théâtre comme, entre autres, son chef d'orchestre en poste depuis 10 ans et son directeur[17],[18].

Fin , le journal Le Progrès publie une enquête intitulée « La grande valse des cadres »[19]. Depuis son élection à la mairie et sa prise de fonction à la présidence de la Métropole, Gaël Perdriau a vu 45 cadres des deux collectivités présenter leur démission, soit plus de sept départs par an. Le dernier départ en date est celui de Caroline Tisserand, directrice de la Cité du Design, partie avant la fin de sa période d'essai. Selon Le Progrès, c'est le cabinet du maire qui centraliserait le pouvoir au détriment des différents services.

En , la Commission nationale de l'informatique et des libertés adresse un avertissement à la municipalité de Saint-Étienne, dont les politiques sécuritaires sont « susceptibles de violer les textes relatifs à la protection des données à caractère personnel ». Gaël Perdriau avait fait installer une cinquantaine de micros sur la voie publique, un projet expérimenté sur les habitants du quartier populaire de Tarentaize-Beaubrun-Couriot. Parce qu’il est capable d’enregistrer les voix et les conversations des personnes se situant autour de lui, « le dispositif envisagé a nécessairement pour effet d’intervenir dans le champ d’autres droits fondamentaux des citoyens, et plus particulièrement dans celui de l’exercice de leurs libertés d’expression, de réunion, de manifestation, d’association et d’aller et venir », souligne la commission[20].

Il est réélu maire de Saint-Étienne le lors des élections municipales de 2020 avec 58,91 % des voix[21].

FranceInfo affirme dans un article paru en que Gaël Perdriau a favorisé une entreprise dirigée par des proches, en dehors de la procédure d’appel d’offres, dans le cadre de la politique culturelle de la ville[22].

En 2024, la chambre régionale des comptes Auvergne-Rhône-Alpes demande à Gaël Perdriau de « mettre fin à l’achat », avec l’argent public de sa collectivité, de sondages portant sur son image ou sa carrière politique. Environ 100 000 euros d’argent public ont été dépensés à cette fin depuis 2018[23].

Affaires judiciaires

Affaire dite du « chantage à la sextape »

Enquête pour « chantage, soustraction, détournement de fonds publics et une association de malfaiteurs »

En , Gaël Perdriau est mis en cause dans une enquête de Mediapart dans une affaire de chantage visant son premier adjoint, Gilles Artigues. Perdriau, qui voyait Artigues comme un rival potentiel, aurait cherché à le neutraliser en obtenant un moyen de pression sur lui[24]. Des proches de Gaël Perdriau auraient piégé Gilles Artigues en le filmant à son insu avec un « escort boy » recruté par leurs soins lors d’une soirée intime en 2014, à Paris, dans le but de faire pression sur lui sur le plan électoral[24]. Selon Mediapart, c'est un élu municipal de la majorité, Samy Kéfi-Jérôme, devenu ensuite vice-président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui a placé une caméra dans la chambre d'hôtel de Gilles Artigues et utilisé la technique du Kompromat[25]. Gilles Rossary-Lenglet, à l'époque compagnon de Samy Kéfi-Jérôme, déclare avoir conçu et organisé cette opération et touché avec lui 50 000  de la part de la municipalité, via des subventions versées à des associations stéphanoises[24].

Le , le premier adjoint à la mairie porte plainte contre Gaël Perdriau pour « chantage aggravé, guet-apens en bande organisée, détournement de fonds publics et non-dénonciation de faits délictueux », ce qui conduit le parquet de Lyon à ouvrir une information judiciaire[26],[27]. Gaël Perdriau dément toute implication[28]. Mediapart publie le des enregistrements qui établissent l'implication directe du maire dans le chantage, appuyé par son directeur de cabinet Pierre Gauttieri[29],[30],[31].

Un élu d'opposition de Saint-Étienne, Pierrick Courbon, dépose une plainte contre X pour escroqueries au jugement, les subventions qui auraient servi à rémunérer l'organisateur du guet-apens ayant fait l'objet d'une mise au vote en conseil municipal[32],[33]. À la suite de ces révélations, deux autres figures politiques locales indiquent avoir fait l'objet de pressions et de chantage de la part de Gaël Perdriau et de son entourage[34].

Le , Gaël Perdriau obtient du tribunal judiciaire de Paris une ordonnance interdisant par avance à Mediapart de publier de nouvelles informations issues de ces enregistrements mais cette ordonnance fait l'objet d'une rétractation 12 jours plus tard[35],[36],[37],[38]. Mediapart publie les informations révélant que Gaël Perdriau a lancé une rumeur calomnieuse accusant le président de région Laurent Wauquiez de pédocriminalité[39]. Gaël Perdriau reconnait que ses accusations sont « sans fondement », et Laurent Wauquiez porte plainte pour diffamation[40].

Le , après une journée de garde à vue, Gaël Perdriau, son ancien directeur de cabinet, son ex-adjoint à l’Éducation et l'ancien compagnon de ce dernier sont mis en examen pour différents chefs d'accusation et placés sous contrôle judiciaire. Le maire Gaël Perdriau est quant à lui mis en examen pour chantage et pour détournement de fonds publics par un dépositaire de l’autorité publique. Le suivant, l'édile est condamné à régler une caution de 60 000 euros afin de ne pas être placé en détention provisoire[41],[42],[43],[44],[45],[46]. Le , Mediapart révèle qu'une nouvelle vidéo en lien avec l'affaire judiciaire, datant de 2016, a été découverte courant 2022[47].

Le , Mediapart révèle qu’une autre opération avait été envisagée, à l’été 2015, cette fois contre Michel Thiollière, ancien maire de la ville avec lequel Gaël Perdriau avait eu des divergences politiques par le passé. Le piège imaginé par MM. Rossary-Lenglet et Pierre Gauttieri aurait consisté à le compromettre gravement en utilisant une prostituée mineure de 16 ans originaire des pays de l'est et le filmer à son insu[48].

Au cours de son audition le , Pierre Gautieri, directeur de cabinet et jusque là déniant toute responsabilité du maire, déclare à Mediapart qu'il a menti lors des premières auditions et avoue que Gaël Perdriau est bien l'instigateur du kompromat visant Gilles Artigues[48]. En , la mise en examen de Gaël Perdriau est étendue aux chefs d'« association de malfaiteurs » et de « détournement de fonds publics »[49]. En , après deux années d'instruction, le maire de Saint-Étienne est renvoyé devant le tribunal correctionnel [50],[51].

Condamnation pour chantage, association de malfaiteurs et détournement de fonds publics

Le procès de Gaël Perdriau se déroule fin au tribunal correctionnel de Lyon pour « chantage, soustraction, détournement de fonds publics par un dépositaire de l'autorité publique et participation à une association de malfaiteurs », l'association Anticor se porte partie civile[52],[53].

Le , il est reconnu coupable de chantage, d’association de malfaiteurs et de détournement de fonds publics, et condamné à cinq années de prison dont une avec sursis avec mandat de dépôt à effet différé, et à cinq années d’inéligibilité avec exécution provisoire et fait appel[54].

Gaël Perdriau est incarcéré au centre pénitentiaire de Bourg-en-Bresse le [55],[56]. Le , il obtient une remise en liberté sous contrôle judiciaire jusqu’à son procès en appel prévu du au , devant la cour d’appel de Lyon[57]. Il a néanmoins obligation de s'enregistrer tous les quinze jours au commissariat de Saint-Étienne et a interdiction de quitter le territoire français[58].

Conséquences politiques

L'émotion parmi les Stéphanois est telle qu'une centaine d'agents de la ville manifestant le devant l'hôtel de ville en forcent l'entrée pour demander une rencontre avec l'édile[59]. Le , acculé par sa majorité, il décide de limoger son directeur de cabinet[60]. Samy Kéfi-Jérôme démissionne de ses mandats de conseiller municipal et métropolitain[61] après l'annonce de la diffusion par Mediapart d'un nouvel enregistrement accablant[62]. Gaël Perdriau refuse pour sa part de démissionner, se met en retrait de ses fonctions à la métropole en [63],[64]. En , il est exclu à l'unanimité du parti Les Républicains[8]. Par ailleurs, l'accumulation des affaires judiciaires impliquant le maire et des membres de sa majorité municipale aurait contribué à une perte d’attractivité de Saint-Étienne[65].

Manifestation devant la mairie de Saint-Étienne contre Gaël Perdriau pendant le Conseil municipal du 25 septembre 2023

Cette affaire, et le refus de Gaël Perdriau de démissionner, divise profondément la majorité municipale, dont une dizaine d’élus ont officiellement demandé sa mise en retrait en attendant le procès. Le , six d’entre eux ont dénoncé, dans un communiqué, des « pratiques mafieuses » instaurées, selon eux, par son ancien directeur de cabinet. Un conseiller municipal réputé proche du maire a démissionné en évoquant un « profond malaise qui n’a fait que grandir ». Un ancien adjoint UDI, proche de Gilles Artigues siège dans l’opposition à la suite de nouvelles révélations concernant l'affaire imaginée contre l’ex-maire Michel Thiollière. Une trentaine d'autres élus de la majorité reste fidèles au maire[7].

De plus en plus d'élus quittent le groupe du maire pour siéger dans l'opposition, voire démissionnent du conseil municipal. Les vexations et sanctions exercées par le maire se multipliant, des élus de la majorité décident collectivement, en juin, de ne plus exercer leur fonction d'adjoints ou de délégués, en quittant la majorité[66]. Le but de ce nouveau groupe d'opposants est alors, grâce à un nombre de départs de la majorité qu'ils espèrent suffisant pour atteindre un quota avant le , de provoquer l'obligation juridique d'élections municipales anticipées, car il n'y aura plus alors pour la majorité de réserve de personnes en nombre suffisant pour pourvoir ces postes vacants, parmi ceux qui étaient dans la liste des candidats de Gaël Perdriau lors des dernières élections municipales[67].

Des élections municipales anticipées se profilent alors à l'horizon mais mi-, les élus ayant quitté le groupe majoritaire annoncent finalement ne pas vouloir démissionner du conseil municipal car ils craignent que de nouvelles élections apportent la victoire des partis « extrêmes »[68]. Il est également reproché à Gaël Perdriau et ses avocats de retarder la date du procès via des demandes d’actes complémentaires, afin que celui-ci ait lieu après les élections municipales prévues en 2026 puisqu'il risque une peine inéligibilité avec exécution provisoire, ce qui l'empêcherait de se représenter à la mairie[69],[70]. Il démissionne le lendemain de sa condamnation, cette démission est acceptée par la préfète le [71],[72], et Jean-Pierre Berger, son premier adjoint, est élu maire de Saint-Étienne le suivant[73].

Lors des élections municipales de 2026, les deux anciens adjoints de Gaël Perdriau sont éliminés dès le premier tour. La « liste d’union de la gauche et des écologistes hors LFI » de Régis Juanico est élue au second tour[74].

Détail des fonctions et mandats

  • À la Ville de Saint-Étienne :
    • Conseiller municipal délégué, chargé de la Politique de la Ville de 1995 à 2001
    • Élu référent du Conseil de quartier de Beaubrun-Tarentaize de 1997 à 2008
    • Conseiller municipal délégué chargé de la Cohésion sociale, des Gens du voyage et du Renouvellement urbain de 2001 à 2008
    • Conseiller municipal de au (dans l’opposition d' à )
    • Maire du jusqu’au
  • Président de l’association d’insertion par l’emploi « Tremplin 42 » de 1997 à 2003
  • Saint-Étienne Métropole :
    • Conseiller métropolitain d’ jusqu’au
    • Président de la Métropole du jusqu’au
    • Membre (de droit en tant que Président de la Métropole) du conseil d'administration de l’Office métropolitain de l’habitat (OPH) « Habitat & Métropole » du au
  • Président de l’association citoyenne « Saint-Étienne 2014 » de 2008 à 2013
  • Président du Cerema du au (il quitte ce poste en protestation à la suite des restrictions budgétaires devant affecter l’établissement en 2018[75])
  • Vice-Président du parti Les Républicains d' à .

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI