Geertje Dircx
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Geertje Dircx [ˈɣɪːrcə dɪrks], née vers 1610 à Edam et morte en 1656, est une gouvernante et nourrice néerlandaise. Elle est connue pour s'être occupée Titus, fils de Rembrandt van Rijn, avec qui elle a eu une liaison suite à la mort de sa femme, Saskia van Uylenburgh. Cette relation aboutit à des années de conflits et de procès, à cause desquelles elle a inculpé de peines de prison ferme.
Plusieurs œuvres[Lesquelles ?] de l'artiste passent pour être des portraits de Geertje Dircx mais ce point reste discuté.
Biographie
Native d'Edam, Geertje Dircx travaille dans une auberge de Hoorn au cours des années 1630-1640. Elle se marie en 1634 avec un trompettiste de Marine de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales du nom d'Abraham Claesz[1]. Après la mort de celui-ci elle est engagée comme gouvernante par la famille Beets. Puis elle va vivre auprès de son frère, Pieter, charpentier de marine dans la commune de Waterland. Il se peut qu'elle ait fait la connaissance de Rembrandt par son intermédiaire.

Alors qu'elle a trente ans, elle entre au service du peintre en tant que nourrice de son fils, aux alentours de la mort de Saskia van Uylenburgh, l'épouse de Rembrandt, survenue en 1642. Elle vit sous son toit six années durant, dans la maison de la Breestraat à Amsterdam, en tant que gouvernante et nourrice de son fils Titus. Elle devient son amante, et vit maritalement avec Rembrandt pendant plusieurs années, bravant les mœurs du temps. La nourrice remplace l'épouse défunte de l'artiste, portant même ses bijoux, ce qui n'est guère du goût de la famille de Saskia[2]. Cependant, Rembrandt refuse de l'épouser car il perdrait alors ses droits sur l'héritage de Saskia. En 1648 Rembrandt exige de Geertje qu'elle rédige un testament en faveur de Titus, concernant les bijoux de Saskia[3].
Geertje perdit progressivement sa place auprès de Rembrandt après l’arrivée d’Hendrickje Stoffels. Le couple se sépare en , sans doute à cause de la liaison de Rembrandt avec sa nouvelle et jeune servante, Hendrickje, de vingt ans sa cadette[4]. Elle dut quitter la maison et engagea des démarches pour obtenir une pension. Le différend porta notamment sur des bijoux qu’elle avait conservés et qui étaient destinés à Titus, le fils du peintre[2].
Le peintre s'engage à dédommager Geertje Dircx sous la forme d'un capital de 160 florins, plus une rente annuelle de 60 florins jusqu'à la fin de ses jours[5]. Pourtant, Geertje Dircx quelques mois plus tard exprime son obligation de mettre ses bijoux au mont-de-piété pour survivre. Rembrandt lui verse alors 200 florins pour récupérer les bijoux et propose d'augmenter sa rente jusqu'à 160 florins par an[5]. Elle refuse, arguant que ces sommes s'avéreraient insuffisantes pour couvrir ses dépenses si elle tombait gravement malade. Elle le poursuit alors en justice, pour cause de rupture d'engagement[6], et obtient du tribunal que le montant de sa rente s'élève à 200 florins à condition que Titus soit son seul héritier.
Geertje Dircx persiste néanmoins à exiger de nouvelles sommes d'argent, peut-être en ayant recours au chantage[5]. Suite aux revendications et aux accusations, Rembrandt organise son internement en 1650[7], au Spinhuis de Gouda, maison de correction pour femmes d'Edam parfois décrite comme un asile d'aliénés[8]. Il semble que le frère et le neveu de Geertje Dircx, ainsi que des voisins, aient témoigné contre elle et en faveur de Rembrandt. Toujours est-il qu'elle se voit condamnée à 12 ans d'incarcération dans la prison pour femmes, décision dont elle fait appel sans succès. Cependant, en raison de sa mauvaise santé, elle est libérée au bout de cinq ans[9],[10].
Elle intente alors un nouveau procès à Rembrandt, cette fois pour cause d'incarcération abusive sur base de faux témoignages[9]. En , peu avant sa mort, elle est citée dans la liste des sept principaux créanciers du peintre.
La situation financière de Rembrandt s'est dégradée considérablement durant cette période et ses démêlés avec Geertje Dircx ont sans doute été déterminants dans sa ruine[5].
Dans l'œuvre de Rembrandt
Au cinéma
Le personnage de Geertje Dircx a été interprété plusieurs fois au cinéma. Le film Rembrandt d'Alexander Korda (1936), la décrit comme une femme antipathique, acariâtre. Elle est incarnée par Gertrude Lawrence dans l'une de ses rares apparitions à l'écran. Dans La Ronde de nuit de Peter Greenaway (2008), interprétée par Jodhi May, elle est présentée sous un jour tout aussi négatif. Dans le Rembrandt de Hans Steinhoff (1942), son rôle est joué par Elisabeth Flickenschildt.
Dans la littérature
En 2021, Simone van der Vlugt et Guillaume Deneufbourg dans un ouvrage intitulé La maîtresse du peintre, prétendent redonner une voix à Geertje Dircx, selon eux injustement désignée par l'histoire comme profiteuse et déséquilibrée. À l'encontre de l'image répandue d'un artiste visionnaire et intouchable, Simone van der Vlugt dresse de Rembrandt le portrait d'un homme sombre et manipulateur[12].
