À Madagascar, le terme «Gouverneur» peut désigner deux hautes fonctions distinctes. Il s’applique d’une part à la fonction élective à la tête de l’exécutif d’une collectivité territoriale décentralisée, et d’autre part à la haute fonction dirigeant la Banque Centrale.
Pour les Régions, la fonction élective est définie par le décret du , venant compléter la loi du , qui attribue le titre de «Gouverneur» au Chef de Région. Cette appellation s’inscrit dans une tradition historique, la fonction de Gouverneur ayant toujours été à la tête de l’exécutif des Provinces depuis 1822. Par ailleurs, depuis 1973, la banque centrale est dirigée par un Gouverneur, succédant au titre de directeur de l’institution d’émission de la République malgache[1].
Monarchie (1822-1897)
Rafaralahy, gouverneur Merina de Mahavelona dans les années 1830.
Dès 1822, Radama Ier mit en place une administration territoriale en nommant des gouverneurs issus de la noblesse, des Maroseranana, pour le représenter et administrer les villes portuaires stratégiques, véritables relais du pouvoir royal. Cette structure préfiguratrice fut formellement institutionnalisée et rationalisée en 1881, sous le règne de la reine Ranavalona II, durant lequel la fonction est renommée Governor[2],[3],[4].
La fonction fonction a été restaurée sous la période transitoire dirigée par le chef d'État conservateur Gabriel Ramanantsoa, en , pour désigner la tête de l'exécutif des six provinces.
Au cours de la Troisième République, le Président Didier Ratsiraka fait réviser la Constitution par référendum, engageant le pays vers la mise en place de provinces autonomes. L’exécutif de ces provinces devait être exercé par un Conseil de Gouvernorat, composé d’un Gouverneur et de Commissaires Généraux. Le Gouverneur, élu par le Conseil Provincial pour un mandat de cinq ans renouvelable, en aurait été le chef et le chef de l’administration provinciale, avec le pouvoir de nommer et de révoquer les Commissaires Généraux. Ce système a été abandonné suite à l’élection présidentielle de décembre 2001 et à l’accession au pouvoir de Marc Ravalomanana.
Cette élection réfutée par Ratsiraka a conduit à la Sécession des cinq provinces dirigées par son parti, alors érigées en «États fédérés». Ces derniers étaient secondés par des gouverneurs militaires pour les six chefs-lieux de province[1].
La Constitution de la Quatrième République, proclamée le , établit dans son article 154 que la fonction exécutive au niveau régional est exercée par un organe dirigé par un Chef de Région élu au suffrage universel. Toute modification de cette terminologie, par exemple pour instaurer un «Gouverneur de région», nécessiterait une révision constitutionnelle. Néanmoins, le , Andry Rajoelina a modifié par décret la désignation du chef de région, restituant alors la fonction de Gouverneur.
Par ailleurs, sous la Haute Autorité de transition, le gouverneur de région cumulait les fonctions de chef de l'exécutif et de représentant de l'État, en lieu et place du préfet.
↑François Callet, G. S. Chapus et Emmanuel Ratsimba, «Histoire des Rois. Traduction du Tantaran' Ny Andriana du R. P. Callet. Tome Cinq. Troisième période. Les règnes de Radama I, de Ranavalona, de Radama II, et de Rasoherina», Collection IDERIC, vol.5, no1, , p.0–0 (lire en ligne, consulté le )
↑Simon Ayache, «Pouvoir central et provinces sous la monarchie au XIXe siècle», Publications de la Société française d'histoire des outre-mers, vol.5, no2, , p.835–856 (lire en ligne, consulté le )