Griquas

population de langue afrikaans vivant en Afrique du Sud From Wikipedia, the free encyclopedia

Les Griquas (ou Gricquas ou Griekwas en afrikaans) sont une population de langue afrikaans vivant en Afrique du Sud. Ils sont issus d'un groupe spécifique de Bastaard qui, au tournant du XVIIIe siècle et avec l'aide de la London Missionnary Society, tente de s'organiser en communauté autonome de la colonie du Cap. Ils tirent leur nom d'une tribu khoïkhoï, les Gurirgiqua (ou Grigriqua) dont ils sont en partie les descendants. Ils descendent également de populations esclaves, européennes et sotho-tswana (en). Au cours du XIXe siècle, ils créent plusieurs États indépendants à la frontière de la colonie du Cap, avec laquelle ils entretiennent des relations complexes. Ces États sont annexés par cette dernière à la fin du XIXe siècle, sous pression des nouvelles républiques boers. Une identité griqua perdure toutefois jusqu'à aujourd'hui. Durant l'apartheid, le gouvernement sud-africain considérait les Griquas comme une sous-division de la catégorie « Coloured ».

Langues Afrikaans
Ethnies liées Basters, Coloured, Khoisan, Nama
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Griquas
Gricquas
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Nicolaas Waterboer, chef griqua et homme politique (années 1890)
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Terminologie

L'ethnonyme « Griqua » n'est adopté qu'en 1813 pour désigner des populations installées à la frontière nord de la colonie du Cap et issues d'un processus de métissage et de créolisation entre les colons européens, les populations khoisan, sotho-tswana (en) et esclaves. Jusqu'à cette date, on parle de Bastaards (signifiant bâtards en néerlandais, plus tard orthographié baster en afrikaans)[1].

Le terme de bastaards apparait initialement au XVIIIe siècle dans la colonie du Cap pour désigner les individus issus des relations, le plus souvent illégitimes, entre colons et femmes khoisan. Il a aussi servi à désigner les enfants issus de relations entre Khoisan et esclaves, parfois qualifiés plus spécifiquement de bastaards hottentots (terme aujourd’hui considéré comme insultant). Plus largement, d'après l'historien Robert Ross : « Les Griquas descendent des premiers pionniers boers, des survivants des tribus khoisan — chasseurs, cueilleurs et éleveurs —, d’esclaves ayant fuit les exploitations viticoles et céréalières du sud-ouest du Cap, de Noirs libres de la colonie qui n’y trouvaient pas leur place, ainsi que de membres de tribus africaines, séparés de leur clan par la guerre ou par choix »[2].

Cette population utilise comme langue véhiculaire un créole néerlandais qui deviendra l'afrikaans. Plus qu’un label indiquant le métissage, le terme de « bastaard » devient rapidement un statut socio-économique, permettant de désigner des individus considérés comme « plus civilisés » car plus proches des Européens[3], c’est-à-dire chrétiens et n’occupant pas les emplois les plus déconsidérés. Cet usage du terme « bastaard » se développe particulièrement au sein des communautés qui se construisent au XVIIIe siècle aux marges de la colonie du Cap[1]. Le mot est aujourd’hui considéré comme injurieux et les Griquas abandonnent cette terminologie en 1813 (cf. partie « Histoire » ci-dessous). Toutefois, certains groupes, comme les « Basters de Rehoboth » (vivant aujourd'hui en Namibie) revendiquent toujours ce terme comme autoethnonyme[4].

Histoire

Des Bastaards aux Griqua (1751-1813)

Précédant les trekboers et le front pionner de la colonie du Cap, un groupe de Bastaards s'installe au nord du fleuve Orange, s'affirme comme « Griqua » et tente d'établir son autorité sur ce territoire frontière.

Adam Kok I : les origines bastaards

Carte des migrations Griquas aux XVIIIe et XIXe siècles

Le groupe bastaard duquel ont émergé les Griquas se forme véritablement après 1751. À cette date Adam Kok I (1710-1795), devenu relativement riche grâce à la chasse d'éléphants, conduit un groupe de Bastaard et de Khoikhoi vers l'importante ferme qu'il a achetée au nord de la colonie du Cap, à Piketberg. La motivation du départ de la colonie du Cap semble avoir été la difficulté d'obtenir un statut social satisfaisant dans les zones dominées par les colons néerlandais. C'est à Piketberg que le groupe d'Adam Kok I se liera avec la tribu Khoikhoi des Gurirgiqua (ou Grigriqua), qui donnera son nom à la communauté en 1813[5].

En 1771, les terres d'Adam Kok I lui sont retirées au profit de colons européens. Malgré des recours auprès des autorités coloniales, il ne parvient pas à les récupérer. A l'âge de 61 ans, il est contraint de migrer vers le nord-ouest avec sa famille et ses partisans. Ils s’installent à Kamiesberg, puis à Pella dans la région du Namaqualand, près du fleuve Orange. Sa communauté est confrontée à des conflits avec des groupes voisins, notamment des Oorlam menés par la famille Afrikaner, ainsi qu’à des attaques de fermiers boers[5].

À le mort d'Adam Kok I en 1795, il laisse une importante richesse en bétail et une groupe de fidèles bien organisé. La communauté est structurée en un système de « démocratie oligarchique » centrée sur le pouvoir des kapteyns (« capitaines »), ce qui permet un certaine autonomie politique et de résister aux pressions exercées par les colons blancs et différents groupes dans le contexte particulier des marges de la colonie du Cap[6].

Installation à Klaarwater et fondation d'un proto-État

À la fin du XVIIIe siècle, l’annexion de territoires par la colonie du Cap dans le petit Namaqualand pousse l’avancée des trekboers et du front pionner dans la vallée de la rivière Orange mettant en présence dans un espace de plus en plus restreint de nombreuses populations : Oorlams, Bastaards, Sotho-Tswana (en), Khoisan, etc. Ce phénomène est accentué par les déplacements de population causée par le Mfecane suite à l'arrivée au pouvoir de Chaka Zoulou. De nombreux groupes qui arrivent à obtenir des armes à feu se tournent alors vers une économie de prédation basée sur les raids. Au demeurant, les autorités de la colonie du Cap tentent d'enrôler certains Bastaards dans les kommandos ou dans un régiment, le Korps Pandoeren (en), ce à quoi nombreux d'entre eux s'opposent puisqu'ils y seraient relégués au rang d'« Hottentots[7] »[8]. Dans ce contexte, des grandes familles Bastaards vont tenter de normaliser les relations avec la colonie. Un groupe mené par Cornelius Kok I (fils d'Adam Kok I) et Barend Barends quitte en 1800 le petit Namaqualand. Autour de 1804-1805, ils s'installent de manière pérenne autour de plusieurs puits et fondent Klaarwater (aujourd'hui Griekwastad). En échange de la sécurisation de la frontière, ils réclament une autonomie relative par rapport aux autorités du Cap, des droits de propriété et le contrôle d’un territoire situé dans la boucle du fleuve Orange. Dans ce processus, ils reçoivent à partir 1801 le soutien des missionnaires de la London Missionnary Society (LMS), représentée notamment par William Anderson, et se redéfinissent en 1813 comme « Griqua »[9]. Ils posent ainsi les jalons d'un État relativement indépendant, qui deviendra plus tard le Griqualand Ouest.

Les interactions entre autorités coloniales, missionnaires de la LMS et groupes Bastaards sont marquées par de nombreuses tensions : les Bastaards ont besoin de la colonie (notamment pour l'accès aux armes à feu) mais souhaitent conserver une certaine autonomie dans leurs choix commerciaux et de défense ; les administrateurs coloniaux souhaitant contrôler les Bastaards et limiter leur indépendance ; les missionnaires sont pris entre ces deux volontés contradictoires et sont dans le même temps de plus en plus impliqués, par le mariage et par leurs églises, dans les luttes de pouvoir au sein du groupe Bastaards (entre les grandes familles et les nouveaux dirigeants proches de la LMS)[10].

C'est pour résoudre ces tensions que John Campbell, directeur de la LMS en visite dans la colonie du Cap, propose en 1813 plusieurs réformes. Premièrement, il propose au groupe une constitution qui répartit les pouvoirs entre les kaptyns (capitaines) des grandes familles Bastaards et les nouvelles élites proches de la LMS qui prennent des postes de dirigeants administratifs et religieux. Secondement, il soumet l'idée que cette communauté change de nom pour devenir les « Griqua » et que Klaarwater soit rebaptisée Griquatown (Griekwastad en afrikaans), en référence au clan Khoikhoi /Karihur (« Chariguriqua » ou « Grigriqua ») dont la majorité des membres du groupe seraient d’après lui des descendants. Si la véracité de cette affirmation est difficile à vérifier, ce changement de nom vise à créer une nouvelle identité insistant sur des racines indigènes communes à l'ensemble du groupe et à dépasser les divisons entres Bastaards revendiquant une ascendance européenne et groupes non-européens (Oorlam, Kora, San, etc)[11].

Si on en croit les rapports de l'époque, l'expansion Griqua s'est parfois accompagnée d'exactions contre les populations autochtones (San), mais aussi s'est aussi accompagnée de processus de rencontre et de créolisation. Les gravures du XIXe siècle décrivant les bourgs Griquas sont ainsi révélatrices d'une société composée de strates plus ou moins anciennement « occidentalisées » : des maisons à l'européenne voisinent avec des cases traditionnelles Khoikhoi (en forme de dôme), des Griquas habillés à l'européenne se mêlent à des Griquas (sans doute d'origine plus récente) habillés comme des autochtones[réf. souhaitée].

Développement du Griqualand (1813-1840)

Au début du XIXe siècle, le Griqualand devient donc un État relativement autonome au nord de la colonie du Cap qui tente, non sans difficulté, d'imposer son autorité sur les autres populations de la région : sotho-tswana (en), khoisan et progressivement des fermiers boers. Malgré les tentatives d'unification (menées notamment par la LMS), les conflits sont constants entre chefs (kaptyns) qui se partagent un territoire en expansion. En 1826, pour résoudre ces tensions, une nouvelle entité territoriale Griqua est ainsi créée autour de la mission de Philippolis. D’après l’historien Martin Legassick (en), le pouvoir des Griqua sur les zones frontières qu’ils contrôlent atteint son apogée dans les années 1830 et 1840 avant que les colons anglais et afrikaners n’étendent progressivement leur emprise économique et politique sur ces espaces[12].

Expansion et division

Trois personnages et un chien se tiennent devant une grande chaumière.
Gravure représentant la Old Mission House à Griquatown vers 1820.

Le Griqualand se développe initialement sous l'autorité de deux kaptyns : Cornelius Kok I (auquel succède son fils Adam Kok II (af) en 1813) et Barend Barends. Le centre administratif est Griquatown mais des groupes s'installent aussi dans ce qui deviendra Campbell (en), Danielskuil (en) ou Boetsap (en)[13].

La société griqua est traversée de nombreuses tensions et plusieurs facteurs rendent instables les anciennes structures d'autorité claniques des deux chefs griquas. Leur domination économique est remise en question par de nouvelles élites qui commercent directement avec les populations sotho tswana et les trekboers, desquelles elles obtiennent notamment des armes. De même, de nombreux individus se convertissent au christianisme et certains apprennent à lire et à écrire grâce au travail de la LMS, ce qui les rend plus légitime aux yeux de la société coloniale et leur permet d'obtenir des postes administratifs dont les prérogatives empiètent sur celles des patriarches. Pour finir, l'afflux constant et continu de populations bastaards, khoisan, tswana, etc. affaiblit la primauté des liens familiaux/claniques sur lesquelles repose l'autorité des anciens kaptyns[14].

Du fait de cette situation, en 1816, un groupe de jeunes hommes qui rejettent la domination des kaptyns se rassemblent près de la rivière Harts (en) et lancent des attaques sur Griquatown. Cette rébellion des Hartenaars, menée par Andries Waterboer (en), pousse Adam Kok II et Barend Barends à quitter Griquatown en 1819. Suite à ce conflit le Griqualand est divisé entre plusieurs chefferies : Andries Waterboer, soutenu par la LMS, est élu kaptyn de Griquatown, Adam Kok II s'impose à Campbell et Barend Barends à Danielskuil où des petites communautés griquas existent depuis peu[15]. A eux trois, ils contrôlent un territoire d’environ 40 000 km2 de superficie[16]. Les différentes tentatives de le LMS pour établir des accords entre les trois chefs sont des échecs, et Adam Kok II et Barend Barends n'hésitent par exemple pas à soutenir la rébellion des Bergenaars qui, entre 1822 et 1827, tente (sans succès) de déstabiliser le pouvoir d'Andries Waterboer à Griquatown[17]. Ces rivaux s'allient tout de même parfois, comme en 1823 pour mener la bataille de Dithakong contre des populations nguni déplacées par le Mfecane[18].

Émergence de l’État griqua de Philippolis

En 1825, John Philip (en), surintendant de la LMS, parvient à un accord entre les trois kaptyns. Toutefois, celui-ci ne satisfait personne et la majorité de son contenu restera donc lettre morte. Andries Waterboer est mécontent puisque l’accord reconnait l’autorité d’Adam Kok II et de Barend Barends au même titre que la sienne. L’accord prévoit cependant de céder la mission de la LMS à Philippolis aux deux anciens chefs. Adam Kok II s'y installe donc avec ses partisans l'année suivante. Barend Barends, décide quant à lui de ne pas se rendre à Philippolis mais s'installe plus au nord en 1827, quittant Danielskuil (en) pour Boetsap (en), où il restera jusqu'à sa mort. De ce fait, après sa victoire sur le rébellion des Bergenaars en 1828, Andries Waterboer devint le principal Kapteyn du Griqualand[19].

La mission de Philippolis était consacrée par la LMS aux populations san mais comptait également des « Bastaard Hottentots » venus majoritairement de la mission de Bethelsdorp (en). Après l'arrivée d'Adam Kok II, en 1827, la population est estimée à 60 familles griquas et « bastaard hottentots », 20 familles kora et 180 familles sotho-tswana (en). D'autres groupes kora, san et sotho-tswana vivent également sur le territoire revendiqué par le chef griqua : depuis Ramah à l’ouest jusqu’à Caledon au nord-est, et jusqu’aux rivières Riet et Modder au nord (environ 21 000 km2). Au même moment, des colons boers installés au sud du fleuve Orange commencent également à utiliser la région comme pâturage et font pression pour obtenir des droits d’établissement plus permanents[20].

Dès ses débuts le projet de nouvel État griqua est traversée de forte tensions, notamment entre Griqua/Bastaards et Kora/San, les premiers souhaitant s'organiser en communauté agricole sédentaire quand les seconds préfèrent un mode de vie plus nomade et basé sur le raid. Les Griqua/Bastaards voient donc les boers comme des rivaux pour l'accès aux terres quand les Kora/San les envisagent comme d'éventuels partenaires commerciaux[21],[22]. C'est finalement l'empiètement progressif des colons blancs sur le territoire de Philippolis qui aura raison de l'existence de ce jeune État quelques années plus tard (cf. partie suivante).

1830-1840 : apogée griqua et contestation

Pièce de monnaie sur laquelle est inscrit « 10 » et « Griquatown » sur un face et un oiseau sur l'autre face
Pièce de monnaie griqua (monnaie qui n'a toutefois jamais été mise en circulation[23])

Au tournant des années 1830, les troupes ndébélé de Mzilikazi font pression sur la région au nord des États griqua et poussent de nombreuses populations à trouver refuge sur les territoires d'Andries Waterboer (en) et d'Adam Kok II (af). Face à cette menace, en 1832, le surintendant de la LMS, John Philip (en) établit une charte pour une « république chrétienne griqua » qui doit s’imposer aux autres population de la région et servir d’État tampon entre la colonie et les populations africaines. Un traité est signé en ce sens en 1834 par Waterboer avec les autorités du Cap mais ses dispositions sont difficiles à mettre en œuvre. Waterboer n’arrive en effet pas à s’imposer sur ces rivaux au Griqualand Ouest, et ne parvient pas non plus à déposer Adam Kok II à Philippolis[24]. Adam Kok II se rend alors également au Cap pour signer un traité du même genre mais meurt sur le chemin du retour, ce qui engendre une guerre de succession entre ces deux fils Abraham et Adam III. Ce dernier finit par s’imposer et Waterboer signe un traité avec lui en 1838 qui délimite les frontières entre leur deux États[25]. Adam Kok III signe également un traité avec la colonie en 1843 avec les mêmes missions de protections que celles définies pour Waterboer[26].

Malgré le soutien de la LMS et de la colonie du Cap les Griqua ne parviennent toutefois pas à imposer leur autorité sur les populations sotho-twana et font preuve d'arrogance face à des populations qu'ils envisagent comme « non-civilisées ». Le départ des troupes de Mzilikazi vers le nord dans la seconde moitié des années 1830 réduit la nécessité pour les Sotho-Tswana de se réfugier sous la protection des armes Griquas et Waterboer finit par signer un traité en 1842 avec un chef Tlhaping qui reconnait pour la première fois une limite septentrionale au Griqualand[27].

Même si la domination des Griqua n'a jamais été complète sur leurs territoires, les années 1840 et l'avancée des colons blancs vont, selon Martin Legassick (en), marquées « la fin d'une période durant laquelle les activités des pionniers bruns [ie les Griquas] dominent l'histoire de la frontière nord »[28].

Marginalisation, déclin et annexion des États griquas (1840-1880)


Le fils d'Andries Waterboer, Nicolaas Waterboer, lui succéd après sa mort, en 1852 (jusqu'en 1871). Avec la disparition de Barend Barends en 1839, puis celle de Cornélius Kok II en 1857, le Griqualand ouest se retrouva unifié sous la « dynastie » des Waterboer[réf. souhaitée].

En 1845, une guerre oppose les Boers de l'État libre d'Orange (en formation, État reconnu par les Britanniques en 1852) aux Griquas de Philippolis soutenus par les Britanniques. En 1848, l'État Libre annexa cependant avec l'accord des Britanniques l'est du territoire de Philippolis.

En 1861, Adam Kok III, considérant que la pression de l'État libre devenait insupportable, décida de vendre son territoire aux Boers de l'État libre d'Orange. Il mena alors 2 000 Griquas vers le territoire alors nommé le no man's land, qui sera alors rebaptisé Griqualand est. La majorité des Griquas de Philippolis restèrent cependant à Philippolis.

Après la découverte de diamants dans la région de Kimberley en 1867 (à la frontière entre Philippolis et le Griqualand ouest), la pression britannique sur la zone devint très forte. Tout en conservant l'essentiel de Philippolis, l'État libre d'Orange dut céder la zone de Kimberley au Royaume-Uni en 1871. La population attirée par la « ruée vers l'or » y était désormais très importante.

La région obtint un statut spécifique en 1872, avec un conseil exécutif nommé et un conseil législatif partiellement élu. Ce statut et ces institutions (qui n'étaient pas spécifiquement Griquas) furent supprimés quand le territoire fut rattaché à la colonie britannique du Cap en 1880.

Davantage d’informations Liste des Kapteyn de l'État Griqua de Philippolis ...
Liste des Kapteyn de l'État Griqua de Philippolis
Adam Kok II - 1825-1835
Abraham Kok - 1835-1837 déposé
Adam Kok III - 1837-1860[29]
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Le Griqualand Est

Adam Kok III, vers 1870.

Après la conquête du Griqualand ouest, beaucoup de Griquas restèrent dans la région de Philippolis, sous contrôle de l'État libre, mais d'autres (on parle de 2 000 personnes) préférèrent émigrer en 1863 vers la région dite du no man's land, sous la conduite d'Adam Kok III, ancien Kapteyn de Philippolis. Cette région deviendra connue sous le nom de Griqualand est.

Ce territoire de 19 000 km2 faisait partie par traité des territoires du souverain africain Fazu, mais celui-ci avait évacué la zone de sa population, pour créer une zone neutre et vide entre ses territoires et ceux du Natal britannique.

L'émigration fut difficile, car les Griquas durent traverser les montagnes du Drakensberg.

La ville de Kokstad, fondée en 1872, devint le siège du gouvernement et du parlement.

La zone connut rapidement la pression démographique d'autres populations, en particulier celle de colons britanniques qui rachetèrent une forte proportion des terres Griquas, et de populations africaines.

Adam Kok III mourut accidentellement en 1875. Les Britanniques décideront alors de prendre le contrôle de la région. La région sera rattachée à la colonie britannique du Cap en 1880. La colonie britannique du Natal tenta également d'obtenir le territoire, mais échoua.

Annexion par les Britanniques

En 1871, le Griqualand ouest, soumis à une forte pression des Boers de l'État libre d'Orange, préféra négocier son annexion par la colonie britannique du Cap. L'annexion s'était accompagnée d'une promesse de garantir les terres Griquas. Mais après de nombreux empiètements sur leurs terres, les Griquas se soulevèrent en 1878-1879, avant d'être vaincus par les Britanniques.

Liste des Kapteyn Griqua

Liste des Kapteyn Griqua aux XVIIIe et XIXe siècles

Les Griquas au début du XXe siècle

En 1897-1897, des troubles éclatèrent au sein de la population Griqua, semble-t-il sur la base de revendications agraires. Le chef de file du mouvement, Andrew Andries Stockenstrom Le Fleur (Le Fleur est le nom de famille), sera arrêté et condamné par un tribunal britannique à 14 ans de bagne. Après sa libération le , celui-ci établit la Griqua National Conference of South Africa. En 1927, il mènera une émigration partielle de Griquas du Griqualand est vers de nouvelles terres.

Il meurt en 1941, et est toujours aujourd'hui considéré comme un héros national Griqua. Ses descendants sont toujours parmi les actuels dirigeants communautaires Griquas. Andrew Andries Stockenstrom Le Fleur ayant épousé la fille d'un neveu d'Adam Kok III, la famille Le Fleur descend aussi de la famille Kok. Le maintien de cette influence familiale à travers 250 années d'histoire est à noter.

La région fait aujourd'hui partie de la province sud-africaine du KwaZulu-Natal.

Les Griquas du Griqualand est, cette zone avancée du peuplement Griqua, ont aujourd'hui largement disparu, par émigration (en particulier celle menée par Le Fleur en 1927) ou assimilés par la population locale.

Les Griquas sous l'apartheid

Aujourd'hui

Actuelle province du Cap-du-Nord.

Les Griquas contemporains sont 100 000 à plus de 300 000 individus (selon les sources), demeurant surtout dans la province sud-africaine du Cap-du-Nord, dans l'ancien Griqualand ouest.

Les Griquas de Griqualand Est, qui ne furent jamais très nombreux, ont émigré vers d'autres régions, ou se sont assimilés à la population xhosa sur place.

Au cours de leurs migrations, les Griqua se sont fortement mélangés avec les populations noires des régions traversées, et ont vu leurs caractéristiques ethniques originelles évoluer. Bien que les Griqua soient toujours culturellement un mélange d'influences européennes et khoïkhoï, les analyses génétiques indiquent que la majorité de l'actuelle population Griqua est un mélange de Khoïkhoïs et de peuples africains (principalement des Tswanas), avec seulement de petites contributions de gènes San et européens[30].

Notes et références

Annexes

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