Guerre (fourmis)
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Des guerres ou des conflits peuvent éclater entre différents groupes chez certaines espèces de fourmis et ce pour diverses raisons. Ces affrontements violents engagent généralement des colonies entières, parfois alliées entre elles, et peuvent s'achever par un statu quo, une destruction complète d'un des belligérants, une migration d'un des groupes, voire, dans certains cas, l'établissement de relations cordiales entre les différents combattants ou l'adoption des membres du groupe perdant. Pour certaines espèces de fourmis, il s'agit même d'une stratégie sciemment entreprise, puisqu'elles nécessitent de capturer des nymphes d'autres espèces pour assurer la pérennité de leur colonie. Ainsi, il peut exister des évolutions biologiques spécifiques à certaines espèces destinées à les avantager dans le cadre de conflits de ce type. Dans certains de ces affrontements, les fourmis peuvent adopter un comportement ritualisé voire normé par certaines règles implicites, par exemple en organisant des duels entre les fourmis les plus importantes de chaque colonie ou dans le choix d'un lieu pour mener une bataille.
Ces conflits ne sont pas simplement internes aux fourmis, qui peuvent s'affronter, même au sein de la même espèce, mais aussi avec d'autres animaux, en particulier avec d'autres insectes eusociaux, comme les termites ou les guêpes. Au début du XXIe siècle, avec la propagation rapide de nombreuses espèces dans de nouveaux habitats favorisée par la colonisation humaine, des guerres importantes sont menées entre différentes supercolonies.
L'utilisation du terme de « guerre », qui se trouve dans la littérature scientifique[1],[2],[3], est une analogie anthropocentrique, tirée des guerres entre humains.
Causes et prévalence
Causes
Les raisons pouvant mener des colonies de fourmis à s'affronter sont diverses et varient en fonction des espèces, des lieux et des contextes. Pour un certain nombre d'entre elles, comme les fourmis coupe-feuille Atta laevigata, les fourmis des bois du genre Formica, certaines espèces du genre Carebara, ou les fourmis géantes Dinomyrmex gigas, il s'agit de questions relatives au territoire couvert, et donc à la nourriture disponible, par les différentes colonies[2],[3],[4],[5]. Il peut aussi s'agir de questions relatives à la surpopulation d'une même espèce dans la même zone à certaines périodes de l'année[3]. Dans d'autres cas, il s'agit pour certaines espèces de parvenir à capturer les nymphes d'un groupe adverse, pour les utiliser dans leur propre colonie par la suite[1].
Prévalence
Il est difficile d'évaluer la prévalence de ce type de comportement chez les fourmis, compte tenu la diversité très importante des espèces, attitudes, et la différence entre les situations. Certaines espèces subissent des évolutions spécifiques dont le seul but est de mener ces conflits, comme chez Polyergus rufescens, qui présente des mandibules en forme de faux[6]. L'émergence de supercolonies à partir du XIXe siècle, favorisée par les déplacements de l'humain, a certainement renforcé ces comportements chez les fourmis concernées[7]. Il semble par ailleurs que cela dépende du contexte dans lequel se trouvent les fourmis en question[7]. Ainsi, au sein de la même espèce, une colonie subissant des menaces extérieures d'une autre colonie de fourmis peut produire jusqu'à deux fois plus de larves soldats qu'une colonie ne subissant pas les mêmes pressions[7]. Certaines espèces sont quasiment exclusivement sur des stratégies défensives, à l'instar de Camponotus ligniperdus, qui est pacifique et occupe un petit territoire mais le défend ardemment contre toute incursion, même face à des espèces plus dangereuses ou meurtrières[8].