Gustave Roud
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Prix Rambert () Prix de la Ville de Lausanne (d) |
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Gustave Roud, né le à Saint-Légier, au-dessus de Vevey, et décédé le à l'hôpital de Moudon, est un poète et un photographe suisse romand.
A l'âge de 11 ans, Gustave déménage à la campagne avec sa famille en 1908 à Carrouge dans le Haut-Jorat, dans une ferme héritée du grand-père maternel. Il y passa toute sa vie avec sa sœur Madeleine, son aînée de quatre ans, jusqu'à sa mort[1],[2].
Au collège, Gustave Roud assiste notamment aux cours d'Ernest Ansermet, par ailleurs chef d'orchestre, pour les mathématiques, et de l'écrivain romand Edmond Gilliard pour le français. Il suit ensuite des études classiques à Université de Lausanne et obtient une licence ès lettres en 1915. Vivant de sa plume, il traduit les poésies de Hölderlin, Novalis et Rilke. Collaborateur aux Cahiers vaudois et à la Revue Romande, il participe activement aux activités du journal Aujourd'hui (1929-1931) ainsi qu'aux éditions de la Guilde du livre[1], fondées en 1936.
Vivant dans la ferme familiale de Carrouge avec sa sœur, il se consacre à la poésie tout en pratiquant la traduction des romantiques allemands. S'il peut écrire que la poésie est "sa seule passion", la réalité est plus complexe. Comme l'atteste son Journal, tenu de 1916 aux années 1970[3], Roud exprime dans son art poétique les tourments métaphysiques et existentiels que lui inspirent la vie et la contemplation de la nature, mais aussi ce qu'il qualifie lui-même de sa "différence"[4]. Le poète vit en effet son homosexualité à la fois comme une grâce et comme une souffrance sans remède. Il trouve dans la compagnie platonique de ses amis les paysans une consolation à l'inachèvement de sa passion pour la beauté masculine, dont il héroïse l'image dans ses textes, dans son Journal mais aussi par les photographies qu'il réalise de ses amis, Olivier (son grand amour idéal), Fernand, Robert etc. Le tragique d'une vie vécue "par procuration", selon ses propres mots, hante le poète dont le Journal témoigne du tempérament douloureux et fataliste. Gustave Roud publie de nombreux recueils et entretient de nombreuses amitiés avec des artistes, des poètes, des hommes de lettres et des musiciens (c'est un mélomane averti) : Charles Ferdinand Ramuz, Ernest Ansermet et René Auberjonois, Maurice Chappaz. Gustave Roud a exercé une influence considérable sur de nombreux poètes contemporains : Philippe Jaccottet, Jacques Chessex ou Anne Perrier.
Considéré comme l'un des plus grands poètes de Suisse romande, Gustave Roud, tente par sa poésie consacrée à un sujet extérieur, les paysages du Haut-Jorat, d'accéder à la perception d'un ailleurs, d'un paradis perdu qui n'est pas que naturel, mais aussi humain[5].
« Méditations lentes, patientes, soutenues par le rythme de la marche ou suggérées par un paysage, les proses roudiennes décrivent les conditions d'apparitions des signes du paradis, des messages venus d'ailleurs. »
— Roger Francillon, vol. III, p. 116.
Après son décès, une Association des Amis de Gustave Roud se constitue et publie, depuis 1982, les Cahiers Gustave Roud comprenant de nombreux textes inédits[6]. Vingt-six ans après la mort de l'écrivain, l'édition parisienne le redécouvre et la collection de poche Poésie/Gallimard publie en un volume son Air de la solitude ainsi que son premier poème paru Adieu, puis Pour un moissonneur et Requiem[7], dédié à sa mère. Le même éditeur publie la correspondance entre le poète de Carrouge et Philippe Jaccottet.
Le , dans la série Une vie une œuvre, France Culture diffuse une émission consacrée à Gustave Roud, produite par Catherine Soullard, dans laquelle interviennent Maurice Chappaz, Jacques Chessex et Philippe Jaccottet.
Il a réalisé environ 13 000 photographies, principalement de paysages et de corps (masculins) au travail des champs, dont seulement 200 ont été publiées[8].
Le Conseil d'État du canton de Vaud dédie l'année 2015 à Gustave Roud. Un site[9] est mis en ligne à cette occasion et quatre expositions sont organisées[10].
