Hugues XI de Lusignan

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Hugues XI le Brun[1], naît vers 1221 et décède le lors de la bataille de Fariskur au cours de la septième croisade[2]. Il est membre de la haute aristocratie poitevine, de la première moitié du XIIIe siècle, issu de la maison de Lusignan dont il est l'héritier direct.

Hugues XI le Brun est seigneur du Pallet[3] et comte de Penthièvre[4] (de jure uxoris)[5] par son mariage avec Yolande de Bretagne en 1236[6]. Il hérite du comté d'Angoulême en 1246, au décès de sa mère. En 1248, son père lui lègue le comté de la Marche et la seigneurie de Lusignan mais en garde l'usufruit de son vivant[7],[8],[9].

Famille

Hugues XI le Brun est le fils de Hugues X de Lusignan (v. 1182-), comte de la Marche et d'Isabelle Taillefer (v. 1188/1192-), comtesse d'Angoulême et reine consort d'Angleterre, veuve du roi Jean sans Terre (1166-1216)[10]. Hugues XI le Brun est de ce fait le frère utérin du roi Henri III d'Angleterre (1207-1272) et de Richard de Cornouailles (1209-1272), roi des Romains[11].

Ses frères cadets, Guillaume Ier de Valence (v. 1227-1296) et Aymar de Lusignan (1228-1260) deviennent respectivement comte de Pembroke (1247-1296) et évêque-élu de Winchester (1250-1260) en Angleterre[10].

Son beau-frère est le comte de Richmond, duc de Bretagne, Jean Ier (1217/18-1286), fils de Pierre Mauclerc et d'Alix de Thouars[12].

Fiançailles et union

Hugues le Brun est fiancé, en 1225, avec la fille du comte de Toulouse, Jeanne ; mais le roi de France Louis VIII et le légat du Pape font obstacle à cette alliance. Un autre projet de mariage, décidé lors du traité de Vendôme en 1227, avec Isabelle de France[13], sœur de Louis IX, reste également sans exécution[14].

En 1236 ses parents signent une alliance avec Thibaut IV de Champagne, roi de Navarre, et Pierre Mauclerc duc-baillistre de Bretagne, comte de Richmond[15],[16]. La même année, Hugues le Brun épouse finalement Yolande de Bretagne, fille de Pierre Mauclerc[17]. Ce dernier dote sa fille de la seigneurie du Pallet[3],[18] et du comté de Penthièvre[4], à l'exception de Jugon[19], confisqué à son rival Henri Ier d'Avaugour en 1214[20],[21].

La guerre de Saintonge

Hugues le Brun participe au soulèvement de la noblesse saintongeaise et poitevine, organisé par ses parents, contre Alphonse le nouveau comte de Poitou, frère de Louis IX. Hugues X et Isabelle d'Angoulême reçoivent le soutien d'Henri III d'Angleterre qui souhaite reconquérir l'héritage familial aquitain. À la fin du mois de , à Tonnay-Charente, Henri III débarque sur le continent et adoube deux de ses demi-frères[22].

Cependant, la réaction capétienne est foudroyante : Louis IX et son frère Alphonse attaquent les châteaux de Geoffroy II de Lusignan. Fontenay est pris en peu de temps et Vouvant est investi le , marquant la reddition de Geoffroy[23]. Mais surtout l'ost royal s'empare de la forteresse de Frontenay considérée comme inexpugnable à l'époque et défendue pendant deux semaines par le demi-frère aîné d'Hugues le Brun, fils naturel[24] de son père[25],[26].

La bataille de Taillebourg

Le , à Taillebourg, les armées française et anglo-saintongeaise se font face de chaque côté du pont qui relie les rives de la Charente. Le , la bataille de Taillebourg se résume en une charge massive des chevaliers français qui déboulent du château et bousculent leurs adversaires, contraints de fuir[27],[28],[29].

La bataille de Saintes

Le , sous les murs de Saintes, se déroule la bataille décisive. Hugues le Brun participe aux combats aux côtés de son père et de ses frères Guy et Geoffroy. Ils attaquent les fourrageurs français qu'ils mettent en déroutent[30],[31]. Cependant, les Anglo-Saintongeais sont défaits et abandonnent Saintes[32],[33]. L'ensemble des membres de la famille Lusignan est vaincu.

Le traité de Pons (1242)

Le , Hugues le Brun se rend au camp du roi de France à Pons pour négocier la fin des hostilités. Il est retenu en otage en attendant la reddition de ses parents[34]. Le à Pons, Hugues X de Lusignan et Isabelle d'Angoulême se soumettent avec leurs enfants à Louis IX avant de rendre hommage à Alphonse de Poitiers[35].

Le , le règlement de la révolte féodale est sévère pour les Lusignan : un tiers des domaines familiaux est confisqué[36]. Le 3, Louis IX impose en outre à Hugues X la remise pour quatre ans de ses châteaux de Merpins et Château-Larcher, pour huit ans du château de Crozant, à charge pour ses parents de payer les frais de garde[37],[38],[39],[40]. De plus, ses quatre frères devront prêter hommage au comte de Poitou pour les possessions qu'ils recevront de leurs parents[41],[42], affaiblissant encore plus le lignage principal dont il est l'héritier.

Vie politique

En 1246, Hugues XI est à la tête d'une ligue formée par la noblesse de France pour arrêter les entreprises du clergé[43],[44].

Avant que son père accompagne Louis IX en croisade, il obtient d'Alphonse de Poitiers, en , qu'il recevoir Hugues le Brun pour qu'il lui prête hommage pour le comté de la Marche[7],[45]. Le , à Paris, du vivant de son père parti en Egypte, Hugues XI fait hommage à Alphonse, comte de Poitiers pour le comté de la Marche et la seigneurie de Lusignan[8],[9]. Il en devient le titulaire au décès de son père l'année suivante.

Le , son demi-frère, Henri III, lui assigne une rente de 400 marcs d'argent[46],[47].

Croisade, décès et sépulture

Le , sont minutieusement réglées les conditions auxquelles le nouveau comte de la Marche doit servir le comte de Poitiers à la croisade avec une compagnie de onze chevaliers[48],[49]. Alphonse, en retour, lui verse une rente héréditaire de 600 livres tournois[50],[51]. Sous la bannière d'Alphonse de Poitiers, Hugues XI le Brun arrive en Égypte alors que les croisés ont déjà pris Damiette. Armée de renforts, entourée de chevaliers poitevins ainsi que de Pierre Mauclerc et de chevaliers de Bretagne, cette arrivée permet aux croisés de reprendre l’offensive le et de remporter une victoire à la Pyrrhus à Mansourah, au prix de nombreuses vies[52]. Privée de sa flotte, coulée par les navires ayyoubides, atteinte par la famine et les épidémies, l'armée croisée bat en retraite le vers Damiette.

Le l'avant-garde de l'armée royale, dans laquelle se trouve Hugues XI le Brun, est décimée à Fariskur par les forces mamelouks de Baybars. Hugues XI décède lors de cette bataille[2] et le roi est fait prisonnier.

Hugues XI le Brun semble avoir été enseveli à l'Abbaye Notre-Dame de La Couronne dans la chapelle des apôtres[53],[54].

Mariage et descendance

Yolande de Bretagne

Hugues XI le Brun épouse, en 1236, Yolande de Bretagne (1218-), comtesse de Penthièvre, fille de Pierre de Dreux dit Mauclerc (v. 1187-1250), et d'Alix de Thouars (1200-1221), duchesse de Bretagne et comtesse de Richmond en Angleterre (1203-1221)[19],[55]. Yolande est issue de la maison capétienne de Dreux et descend du roi Louis VI le Gros (1081-1137). Elle est la nièce de Yolande de Dreux (1216-1239), seconde épouse de Raoul II d'Exoudun (v. 1207-1246), comte d'Eu, lui-même cousin d'Hugues X de Lusignan (1182-1249)[56].

Yolande fut jusqu'en [57] l'unique héritière du duché de Bretagne et fut fiancée à de nombreuses reprises à de grands seigneurs : Henri III d'Angleterre (1225), Jean de France (1227) et Thibaut IV de Champagne (1231)[58].

Postérité

De cette union naissent six enfants :

Ascendance

Sceaux et armoiries

Notes et références

Sources et bibliographie

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