Igue de l'Aussure

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Igue de l'Aussure
Localisation
Coordonnées
Pays
France
Département
Massif
Localité voisine
Caractéristiques
Type
Altitude de l'entrée
380 m
Longueur connue
389 m
Dénivelé
176 m
Température
13 °C
Localisation sur la carte du Lot
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Localisation sur la carte de France
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L' igue de l'Aussure est une cavité souterraine naturelle. Elle se développe dans le secteur de la Braunhie, sous le territoire de la commune de Caniac-du-Causse, dans le département du Lot dans la région Occitanie en France[1].

L'entrée de l'igue de l'Aussure de trouve dans la forêt de la Braunhie, dans le triangle formé par les communes de Fontanes-du-Causse, Quissac-en-Quercy et Caniac-du-Causse.

De Caniac-du-Causse prendre la route de Fontanes (RD42) sur 2,5 km environ, puis tourner à droite sur le chemin carrossable qui part à l'est en face de la route de Poujade et de Las Combes. Un panneau de direction au bord de la RD42 indique le parking de l'igue de Planagrèze. Continuer le chemin en laissant à droite cette dernière, jusqu'au carrefour cote 358 situé à 1,2 km de la RD42. Prendre le chemin qui monte à droite direction sud-est sur environ 400 m jusqu'à une petite place au sol rocheux située au point haut. Franchir le muret à droite et se diriger 90 m ouest-nord-ouest par un petit sentier. L'igue de l'Aussure est au fond d'une petite doline de 8 m de profondeur, entourée d'une clôture et présente une impressionnante ouverture au sol de 1,5 m sur m[1].

Toponymie

Risques

L'igue de l'Aussure présente plusieurs dangers :

Géologie et Spéléogénèse

Carte géologique et hydrologique
Schéma du Bassin versant de l'Ouysse et du Célé.

Selon Seronie-Vivien qui a décrit la géologie de de l'igue de l'Aussure en 1958. La partie supérieure se développe dans les calcaires lusitaniens lités formant des parois à redans qui contrastent avec les calcaires callovo-oxfordiens, massifs de l'étage inférieur[3].

Seronie-Vivien distingue les zones suivantes[3] :

  • De -8 à −20 m : zone raccord entre la doline et le gouffre . On y remarque une sorte de gouttière, plus ou moins perpendiculaire à la falaise, plus récente que la doline et le gouffre lui-même avec des traces d'érosion et un conduit d’effondrement, très récent car la roche se débite en plaquettes sans traces d'érosion ou de corrosion. Seul un petit ruisselet d'eau, collecteur de la doline, s'infiltre par là et forme une petite cascatelle dans le gouffre par temps pluvieux.
  • De -20 à −68 m : Grande Salle. Elle forme une unité, relativement large, terminée vers le haut par une voûte, seulement percée par le petit puits d'accès. Il n'y a pas de plancher proprement dit, mais on remarque un élargissement basal et une plateforme presque circulaire sur laquelle des éboulis allochtones s'accumulent. On note même la présence d'un petit diverticule. C'est donc autant une salle du gouffre, qu'un puits au sens strict. La cote −68 m doit correspondre au plancher d'un ancien niveau de creusement.
  • De -68 à −76 m. C'est le raccordement entre le puits-gouffre supérieur et le puits-diaclase inférieur. C'est lui qui donne l'aspect héllicoïdal du gouffre dont les deux éléments principaux n'étant pas à l'aplomb de la même verticale se joignent par une zone oblique. Le raccord se fait cependant très largement. C'est également une zone de changement lithologique : aux calcaires lusitaniens supérieurs, compacts mais lités succèdent les calcaires dolomitiques callovo-oxfordiens, massifs et sans litage.
  • De -76 à −165 m : puits-type fissure élargie, pratiquement vertical, sans absolument aucune aspérité ; la section est un ovale régulier orienté Nord-Ouest ; le gouffre semble suivre une fracture préexistante. La différence de lithologie, mentionnée plus haut, contribue sans doute à souligner ce changement morphologique.

Du point de vue spéléogénèse, Seronie-Vivien classe l'igue de l'Aussure parmi les gouffres karstiques, inverses simples et isoclastiques. De ce point de vue, il reconnaît trois parties :

  • Le puits diaclase du fond (de -76 à −184 m) : c'est une diaclase élargie par érosion et par corrosion surtout, orientée nord. Cette partie du gouffre peut être considérée comme de semi-tectonisation, selon la classification de SCALA (VI).
  • Le puits-salle (de -20 à −68 m) : cette Région du gouffre est caractérisée principalement par son développement par érosion per ascensum (vers le haut) à la faveur d'un système de diaclases orienté nord 330 degrés. Il s'agit alors plutôt dans cette partie d'un gouffre "isoclastique".
  • La surface et la zone de communication (de 0 à −20 m) : l'ouverture du système est due à l'effondrement d'une voûte à partir de fissures préexistantes, d'où la présence de cette sorte de puits-doline d'effondrement, également développé à partir du système de diaclases nord 330 degrés.

Hydrologie

Le secteur de la Braunhie formant une dépression fermée joue le rôle d'impluvium, participe aussi au drainage souterrain avec des cavités comme l'igue de l'Aussure. Les eaux de l'Aussure refont surface aux émergences de Saint-Sauveur et Fontbelle. Elles sont collectées par la partie sud-ouest du bassin versant de l'Ouysse et de la Dordogne[4].

Faune

Des animaux et des insectes cavernicoles sont présents dans les draperies, usées par le passage, du puits d'entrée[2].

Description

L'igue de l'Aussure présente une ouverture au sol de 1,5 m par m donnant sur une paroi verticale. La forme générale de la cavité est un puits incliné hélicoïdal présentant de fortes pentes régulières de 35 degrés sur plus de 150 m de profondeur[3].

La première partie, jusqu'à la cote −20 m, est étroite, verticale et ponctuée de deux paliers encombrés de pierres et de déchets organiques. Une petite arrivée impénétrable située à cote −8 m draine la doline d'entrée et alimente les ruissellements de l'igue. A la cote −25 m, une sorte de couloir en pente s'évase rapidement pour atteindre un diamètre de 10 m en moyenne. A cette profondeur, une traversée horizontale au nord permet de gagner une salle au sol de calcite, comportant deux arrivées obstruées par de l'argile sèche[3].

La cavité garde ses dimensions jusqu'à la cote −60 m, puis après un virage accentué se rétrécit pour accueillir quelques mètres plus loin la Galerie des Charentais avant de s'élargir à nouveau. Cette dernière galerie, orientée est et sud-est, remonte par une pente de 35 degrés au sol de calcite, elle présente les traces d'un faible ruissellement et se termine à la cote −20 m, colmatée par l'argile et de la calcite[3].

La galerie principale, recouverte de calcite dans sa partie sinueuse prend progressivement la forme d'une conduite forcée, au sol caillouteux et argileux jusqu'au Lac Terminal. Ce plan d'eau rectangulaire de mesure m sur m pour 20 m de profondeur, est surmonté de deux coulées de calcite.Les explorations ont permis de noter des variations importantes du niveau de l'eau de 10 m au minimum, mais aucune observation précise n'a été réalisée sur la vitesse de ces variations[3]. Deux gros balcons sont présents m sous l'eau, puis dans la zone des 18 mètres , démarre un éboulis conique très instable composé de pierres, d'argile molle (15 et 30 cm d'épaisseur), de morceaux de bois, d'os et de matériels perdus par les spéléologues[2].

Une traversée au nord-ouest, sur une grande coulée stalagmitique dominant le lac, a permis d'accéder à une courte galerie en conduite forcée, dans laquelle un ressaut de m mène à un boyau ,présentant des concrétions, rapidement obstrué par un remplissage de petits galets cimentés par une calcite corrodée[3].

Historique des explorations

En 1902, Armand Viré et Le Bel n'atteignent pas le fond de l'igue de l'Aussure par manque de matériel dans la dernière pente menant au lac terminal qui sera atteint en 1931 par Guy de Lavaur, Robert de Joly, Bernard Gèze et son cousin le géologue Michel Durand-Delga. Le , l'Association Spéléologique Charentaise découvre la Galerie des Charentais. En 1976, la topographie de l'igue est reprise et deux escalades réalisées par quelques individuels et un membre du Groupe Spéléologique Massat[3].

Le Michel Ribera du Spéléo Club Rosnéen (SCR) plonge le Lac Terminal portant la profondeur à −176 m. Les plongeurs avaient installé une plateforme sur le Lac[2].

Anecdote

Notes et références

Voir aussi

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