Igues de Goudou - Lacarrière
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| Coordonnées | |
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| Pays |
France |
| Département | |
| Massif | |
| Localité voisine |
| Type | |
|---|---|
| Altitude de l'entrée |
360 m |
| Longueur connue |
9481 m en 2003 |
| Dénivelé |
120 m |
| Température |
13 °C |
| Coordonnées | |
|---|---|
| Pays |
France |
| Département | |
| Massif | |
| Localité voisine |
| Type | |
|---|---|
| Altitude de l'entrée |
345 m |
| Longueur connue |
>6000 m |
| Température |
13 °C |
Le réseau des igues de Goudou - Lacarrière aussi appelé réseau hydrogéologique de Bragoulac[1] forme un système de cavités souterraines naturelles reliées à une rivière souterraine. Il se développe sous les territoires des communes de Cœur de Causse et de Montfaucon, dans le Quercy (département du Lot, région Occitanie, France)[2].
Les deux entrées permettant d'accéder au réseau sont les igues de Goudou et de Lacarrière qui sont reliées par des siphons. Ces deux cavités ont la particularité commune d'avoir nécessité d'énormes travaux pour les rendre accessibles.
Igue de Goudou
Sur la D677, au niveau de l'igue de Lacarrière, prendre la route du Mas du Roy qui part au sud. À 1,3 kilomètre, sur le domaine de la ferme de la Conque, l'orifice de l'igue de 2m de diamètre se trouve au milieu d'un bois clairsemé.
Igue de Lacarrière
L'igue de Lacarrière s'ouvre dans un champ à 40 mètres de la route D677 reliant Gramat à Labastide-Murat dans un virage, au carrefour de la route du Mas du Roy à 400 mètres au nord-est du lieu-dit Larcher. Son ouverture au sol est cimentée et fermée par une plaque de 60 centimètres de côté[2].
Toponymie
Le nom du réseau Bragoulac est la contraction des noms d'igues de BRAmarie, GOUdou et LACarrière[1].
Igue de Goudou
Édouard-Alfred Martel, considéré comme le précurseur de la spéléologie, mentionne trois noms pour l'igue de Goudou[3],[4] :
- Lico-Lébro : termes occitans signifiant : Qui happe les lièvres au passage. Les auteurs suivants jugent ce terme trop localisé.
- Calmon : du nom de famille de son premier propriétaire. Ce nom n'est plus utilisé car il a tenté de reboucher la cavité en 1892, après la première visite de Martel.
- Goudou : du nom du village voisin de Goudou, sur le territoire de la commune de Labastide-Murat, actuellement Cœur de Causse. C'est ce nom qui est habituellement utilisé.
Igue de Lacarrière
Le nom Igue de Lacarrière provient du nom du propriétaire du champ où s'ouvre son entrée. Il a été donné par les spéléologues qui ont exploré cette cavité.
Accès et risques
Conditions d'accès
Les entrées des igues de Goudou et Lacarrière sont situées dans des propriétés privées. L'igue de Lacarrière est protégée par une trappe fermée par un cadenas. Leur accès et visite nécessitent d'obtenir l'accord de leurs propriétaires respectifs[5],[6],[7].
Risques
L'accès et le parcours dans l'igue de Goudou présente des dangers pour des personnes non formées aux techniques spéléologiques : risque de chute mortelle, notamment dans le puits d’entrée de 35 m de profondeur.
L'igue de Lacarrière présente elle aussi des dangers pour des personnes non formées aux techniques spéléologiques liés aux risques de chutes mortelles dans les puits d'entrée, à l'aspect labyrinthique des galeries d'accès à la rivière et à la montée des eaux au niveau d'une coulée de calcite de la rivière qui peut siphonner par temps de pluie. Les 24 et , une équipe de 15 plongeurs et spéléologues sont restés bloqués deux jours derrière un passage bas siphonnant. Les secours sont prévenus, mais les spéléologues sortirent avant leur intervention[8].
Géologie et spéléogénèse
L'igue de Goudou se développe dans les calcaires du Callovien qui font partie du jurassique supérieur. Ils sont visibles au niveau de la Galerie Martel et de la Rivière de la Toussaint[4].
Le puits d'entrée est un ancien conduit de transfert vertical des eaux qui débouche actuellement en surface. L'éboulis provient en grande partie de roches exogènes jetées dans l'igue. La Galerie Martel qui fait suite a été creusée en régime noyé. Elle présente des concrétions de calcite récente. Elle est semi active par percolation des eaux. Le creusement de son chenal de voûte, qui se dirige vers la Galerie des Marchands et la Galerie Sauvage est postérieur à la formation de cette galerie[4].
Le système actif de la Rivière de la Toussaint s'est formé suite aux orogenèses Oligocène et Miocène. Dans un premier temps, sa partie la plus haute a été creusée par des eaux provenant des parties supérieures des galeries précédentes. Ces eaux se dirigeaient vers le Siphon Fossile et la Galerie des Tuiles. Dans un deuxième temps, elles ont été captées en bas de la Salle Louis XIV-XVII et le méandre You Spit In Gliss. Enfin, un régime vadose de surcreusement s'est mis en place et se poursuit actuellement[4].
Hydrologie

Les eaux drainées par le système des igues de Goudou et Lacarrière s'écoulent dans les calcaires karstifiables du causse de Gramat, limités à leur base par les marnes imperméables du Toarcien. Les eaux sont dirigées vers les résurgences de l'Ouysse qui appartient au bassin de la Dordogne. En amont de ce système, s'ouvre la perte de Bramarie. Le , l'hydrogéologue André Tarrisse a fait procéder dans cette perte, en période de crue (130 l/s), à l'injection de 18 kg de fluorescéine. Le colorant a mis 3 jours pour réapparaître à Saint-Sauveur et Fontbelle. Rien n'a été détecté à Cabouy qui draine les eaux plus au nord, principalement celles de la rivière des Vitarelles. L'étude des sédiments très différents des résurgences montrent aussi que ceux de Cabouy correspondent bien à ceux du système Goudou - Lacarrière. Le bassin versant drainé par Goudou est estimé à 15 km2, celui de Lacarrière est estimé à 25 km2 [4].
Légende locale
Martel rapporte une légende locale sur l'igue de Goudou en ces termes[3] :
« le bâton d'un berger perdu à Calmon serait ressorti à 12 ou 13 kilomètres au sud de là, à Font-Polemie, non loin du Lot, entre Saint-Martin et Cours ; voulant par la même voie expédier un mouton à sa mère, le berger lui-même tomba au gouffre et son chapeau ressortit à la fontaine ! Nous n'avons pas fini de raconter cette universelle histoire ! »
Description
Igue de Goudou
Du puits d'entrée à la rivière
L'igue de Goudou s'ouvre par un puits de 36 m de profondeur (depuis 1998) et 2 m de diamètre. Il est suivi d'un éboulis de 40 m de longueur avec une pente de 45°[4].
La Galerie Martel s'ouvre en bas du puits et se développe sur deux cents mètres vers le nord-ouest. Elle présente des concrétions récentes datant de moins d'un million d'années et nommées par E. A. Martel : La baïonnette, le Pas de Padirac, la Cloche et les gours. Elle est semi-active par écoulement d'eaux de percolation et un ruisseau se perd dans le déversoir à la base du puits dans le bas de l'éboulis[4].
La galerie étroite et concrétionnée des Marchands, longue de 75 m, débute à la base de l'éboulis d'entrée, au dessus du déversoir. Un ressaut de 4 m de hauteur mène à des gours semi-actif et se termine par une barrière de calcite : la Barrière Daniel[4].
Après ce passage étroit, débute la Galerie Sauvage, longue de 150 m, large et haute de plafond. Une arrivée d'eau sort de la paroi droite et forme des coulées stalagmitiques qui plongent dans une fosse au niveau du Passage Con équipé d'une main courante (corde de progression de sécurité). Un surcreusement profond et étroit entaille le milieu de cette galerie. Une colonne stalagmitique et un puits à contourner permettent d'arriver par un ressaut de 5 m à la rivière de la Toussaint au lieu nommé l'Embarcadère. Cette rivière constitue le point bas du réseau[4].
La Rivière de la Toussaint
Depuis l'Embarcadère, la Rivière Amont est longue de 379 m jusqu'au Siphon Amont. Une voûte mouillante précède la cascade de 4 m de hauteur. La galerie devient alors un canyon aux eaux turbulentes jusqu'à la cascade de 6 m. La rivière devient calme et une plage de galets précède le premier siphon. Trois siphons se succèdent sur 350 m environ avec une orientation sud-sud-est. Dans le troisième siphon, la galerie plongeante à 45° devient impénétrable à −17 m[4].
La Rivière Aval est longue de 659 m jusqu'au Siphon Aval. Elle est large de 2 m en moyenne avec une direction générale est-ouest avec des changements de direction à angles droits. À 225 m de l'Embarcadère, juste avant d'arriver à la plage sablonneuse du Bivouac, débarque à droite l' Affluent des Cascades; des gros blocs dans l'eau signalent ensuite la base du puits de la galerie You Spit In Gliss. Enfin, après deux virages successifs, arrive l' Affluent Max Linder. Après 140 m, une petite cascade de 1,5 m précède le Siphon Aval[4]. Le dénivelé entre le siphon aval et la résurgence de Saint-Sauveur (altitude 112 mètres[9]) est d'environ 140 m[10].
Les galeries fossiles
D'anciennes galeries dites fossiles ont été parcourues par les eaux avant que la rivière ne s'enfonce suite à un abaissement du niveau de base. Au niveau de l'embarcadère, une escalade de 12 m permet d'atteindre ce niveau supérieur. Une galerie se trouve à la verticale de la Rivière de la Toussaint . Elle présente des regards sur la rivière et débouche sur la Salle Louis XIV-XVII. Ce carrefour donne accès : à la Rivière de la Toussaint, à la Galerie des Tuiles (longue de 1 km), au Réseau des Casses-Dudules, à la Galerie des Griffades et à la Galerie des Lacs[4].
Igue de Lacarrière
L'igue de la carrière débute par une sept puits successifs relativement étroits menant à la profondeur de 85 m. Ils sont équipés d'amarrage fixe scellées dans la roche[11]. Une fiche d'équipement a été publiée en page 126 du bulletin n°11 du CDS46[8].
Un conduit fossile, le réseau du Magma traverse les salles du Chaos et de l’Étoile, séparées par un laminoir (passage bas), Il mène à la première rivière baptisée la Bienvenue. Ce petit ruisseau, d'un débit de 3 à 5 litres par seconde dans un conduit d'un mètre de large et de 4 de haut, se jette dans une autre rivière plus importante, la Tamise (2 à 3 m en largeur et en hauteur). Cette dernière, après un rétrécissement en hauteur formé d'une coulée de calcite se jette à son tour, à la cote −111 m dans la Rivière Noire qui collecte les eaux du réseau. L'amont de la Rivière Noire remonte vers les siphons de jonction avec l'igue de Goudou. Le nom de cette rivière provient le la couleur noirâtre des parois en hauteur. A l'aval, elle rencontre un très long affluent, en rive droite et en hauteur, de de vaste dimensions, nommé Le Chemin des Dames, qui remonte à la cote −88 m. Puis ensuite en rive gauche l'Affluent Dufinot pénétrable jusqu'à la cote −108 m. La Rivière Noire bute 100 m plus loin sur le Siphon Aval, plongé par Michel Verlhac, suivi sur plus de 500 m par la Galerie de l'Espérance explorée jusqu'à la cote −126 m[12],[8].
