Montfaucon (Lot)

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Localisation

Centre géographique du Lot. La commune de Montfaucon fait partie du parc naturel régional des Causses du Quercy.

Communes limitrophes

Les communes limitrophes sont Le Bastit, Carlucet, Cœur de Causse, Séniergues et Soucirac.

Communes limitrophes de Montfaucon[1]
Séniergues Carlucet
Soucirac Montfaucon Le Bastit
(sur 100 m)
Cœur de Causse

Géologie et relief

Le causse de Gramat à l'est de Montfaucon.

Les terrains à l'est de la commune appartiennent au causse de Gramat. Ils sont formés de calcaires karstifiés du Jurassique. Ils sont délimités par une ligne orientée du sud-est au nord-ouest et bordée des hameaux de Larcher, les Roques, Pastrou. À l'est s'étendent les affleurements marno-calcaires du Kimméridgien. Le fond de la vallée du Céou est formé d'alluvions récentes datant du Quaternaire[2].

À l'ouest, on trouve l'enclave fertile des hameaux de Roquedure, Goy, Ravissou et Jouanis. La commune est coincée entre les communes de Séniergues, Vaillac et Soucirac et n'est reliée au reste de la commune que par un seul point situé sur la D 2 à la cote 270. Elle est due à la séparation de la commune de Séniergues en 1935.

Les zones de plus haute altitude se trouvent au sud de la commune avec un point culminant au sud du hameau de Rouquette, coté à 424 mètres. Les pentes ondulées sont creusées par les eaux du Céou. Sa vallée escarpée de Nougayrousse descend d'abord vers le nord puis contourne par un arc de cercle le Pech (colline) de Montfaucon où domine le bourg principal. Les eaux se dirigent ensuite en pente douce vers l'ouest et sortent de la commune après le hameau de Roquedure au point le plus bas à 257 mètres d'altitude[3].

Hydrographie

Les eaux à l'est de la commune de Montfaucon, circulent en sous-sol. À l'ouest du causse de Gramat, elles s'infiltrent sous terre et sont drainées par le vaste réseau souterrain dit "Goudou - Lacarrière" dont 16 kilomètres ont été explorés selon une liste de cavités de 2003[4], ou plus de 18 km selon une description du réseau[5]. Le point amont du réseau se trouve aux pertes de Bramarie puis il passe sous l'igue de Goudou (à l'ouest de la commune voisine de Labastide-Murat). Ensuite, sous le territoire de Montfaucon, il se dirige par une section noyée sous l'igue de Lacarrière, voisine du lieu-dit Larché.

L'igue de Lacarrière fut découverte en été 1981. Cette entrée du réseau a nécessité de grands travaux spéléologiques d'élargissement totalisant 600 heures de travail et 28 séances de dynamitage[6]. Les eaux circulent nord-nord-ouest par un parcours encore inconnu vers la résurgence de Saint-sauveur. Finalement, elles rejoignent l'Ouysse, qui se jette dans la Dordogne près de Lacave.

Il se pourrait que le réseau Goudou-Lacarrière passe sous l'igue d'Hermet située au nord-est de Montfaucon entre les lieux-dits de Vergnoulas et d'Hermet, à 3,7 km au nord de l'igue de Lacarrière. Cette cavité fut topographiée en 1895 par le chanoine Edmond Albe et publiée dans Spelunca en 1895 et 1896. Elle sert de perte par gros orage et s'ouvre au ras du sol par un orifice de 6 mètres de diamètre[7]. En 1992, elle s'enfonçait à 37 mètres de profondeur. Les spéléologues ont entrepris de vider l'éboulis encombrant le puits. Ils installèrent une machine électro-hydraulique constituée d'un câble sans fin auquel sont accrochés les seaux remplis de cailloux. Ils se découragèrent en 2003, après avoir retiré 440 m3 de déblais pour descendre à la cote 54 mètres de profondeur[8].

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[9]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche[10]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré[11] et est dans la région climatique Ouest et nord-ouest du Massif Central, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 900 à 1 500 mm, maximale en automne et en hiver[12]. Elle est en outre dans la zone H2c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[13],[14].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,6 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 15,4 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 964 mm, avec 10,8 jours de précipitations en janvier et 6,8 jours en juillet[9]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Lunegarde à 10 km à vol d'oiseau[15], est de 12,6 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 828,1 mm[16],[17]. La température maximale relevée sur cette station est de 40,4 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −13 °C, atteinte le [Note 1].

Voies de communication et transports

Le territoire de Montfaucon est traversé du nord au sud, à un kilomètre à l'est du bourg, par l'autoroute A20. La sortie Sortie 56 Labastide-Murat et son péage sont sur le territoire de la commune.

La route départementale 2, qui relie les deux sous-préfectures de Figeac et Gourdon, traverse la commune d'est en ouest. Elle a été construite sous le règne de Louis-Philippe[18]. La départementale 10 permet d'aller du bourg au chef-lieu de canton Labastide-Murat, situé à 5 kilomètres au sud. Elle fut établie en 1853[18]. Enfin la D 677, itinéraire Cahors - Gramat, passe à l'est du territoire[3].

Urbanisme

Typologie

Au , Montfaucon est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[19]. Elle est située hors unité urbaine[20] et hors attraction des villes[21],[22].

Risques majeurs

Le territoire de la commune de Montfaucon est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), inondations, feux de forêts, mouvements de terrains et séisme (sismicité très faible). Il est également exposé à un risque technologique, le transport de matières dangereuses[23]. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle[24].

Risques naturels

Certaines parties du territoire communal sont susceptibles d’être affectées par le risque d’inondation par débordement de cours d'eau, notamment le Céou. La cartographie des zones inondables en ex-Midi-Pyrénées réalisée dans le cadre du XIe Contrat de plan État-région, visant à informer les citoyens et les décideurs sur le risque d’inondation, est accessible sur le site de la DREAL Occitanie[25]. La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1982 et 1999[26],[23].

Montfaucon est exposée au risque de feu de forêt. Un plan départemental de protection des forêts contre les incendies a été approuvé par arrêté préfectoral le pour la période 2015-2025. Les propriétaires doivent ainsi couper les broussailles, les arbustes et les branches basses sur une profondeur de 50 mètres, aux abords des constructions, chantiers, travaux et installations de toute nature, situées à moins de 200 mètres de terrains en nature de bois, forêts, plantations, reboisements, landes ou friches. Le brûlage des déchets issus de l’entretien des parcs et jardins des ménages et des collectivités est interdit. L’écobuage est également interdit, ainsi que les feux de type méchouis et barbecues, à l’exception de ceux prévus dans des installations fixes (non situées sous couvert d'arbres) constituant une dépendance d'habitation[27].

Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Montfaucon.

Les mouvements de terrains susceptibles de se produire sur la commune sont des affaissements et effondrements liés aux cavités souterraines (hors mines) et des éboulements, chutes de pierres et de blocs[28]. Par ailleurs, afin de mieux appréhender le risque d’affaissement de terrain, l'inventaire national des cavités souterraines permet de localiser celles situées sur la commune[29].

Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. 81 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (67,7 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les 285 bâtiments dénombrés sur la commune en 2019, 265 sont en aléa moyen ou fort, soit 93 %, à comparer aux 72 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM[30],[31].

Par ailleurs, afin de mieux appréhender le risque d’affaissement de terrain, l'inventaire national des cavités souterraines permet de localiser celles situées sur la commune[29].

Concernant les mouvements de terrains, la commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par des mouvements de terrain en 1999[23].

Risques technologiques

Le risque de transport de matières dangereuses sur la commune est lié à sa traversée par une route à fort trafic. Un accident se produisant sur une telle infrastructure est susceptible d’avoir des effets graves sur les biens, les personnes ou l'environnement, selon la nature du matériau transporté. Des dispositions d’urbanisme peuvent être préconisées en conséquence[32].

Toponymie

Le nom Montfaucon ou Montfalcon en occitan caractérise un lieu en hauteur (mont). Faucon peut venir soit du nom de l'oiseau faucon, soit du nom d'homme germanique Falco complété par le suffixe -onis[33],[34].

En latin, le lieu était appelé Monte-Falcono dans un vieux pouillé puis Montis Falconis en 1535[35].

La commune est nommée Monfaucon sur la carte de Cassini.

Un lieu-dit porte le nom la Vitarelle. Cette appellation désigne un lieu de repos, une auberge située à un carrefour important[33].

Histoire

Les temps anciens

Préhistoire

Lors de la construction de l'autoroute, un site préhistorique du Néolithique final fut découvert au lieu-dit les Bouriates situé à 750 mètres à l'est du bourg de Montfaucon. Une construction rectangulaire fut mise au jour. La datation au carbone 14 d'un fragment de poteau calciné a indiqué la plage 2853-2499 av. J.-C[36].

Plusieurs dolmens sont visibles à l'est de la commune de Montfaucon :

Le tumulus de Jouanis est situé à trois kilomètres à l'ouest de la bastide de Montfaucon, sur le plateau calcaire, non loin d'un grand dolmen. Il a été étudié par Jean-Pierre Lagasquie qui y a découvert[37] :

Protohistoire

Les travaux de construction de l'autoroute A20 ont mis au jour une ferme protohistorique au travers de Saint-Hilaire à 2,5 kilomètres au sud - sud-est de Montfaucon.

La fouille de sauvetage et le décapage du site ont permis la découverte de fondations d’un bâtiment sur poteaux de 11,30 m de longueur et de m de largeur environ. Une fosse contenait des vestiges : des céramiques fines et une fibule en alliage cuivreux rattachée à la période de La Tène[38].

Moyen Âge

La paroisse de Saint-Vézian

Les templiers s'étaient établis en 1159 au Bastit[39]. Ils y auraient fait construire un fort dont l'église paroissiale serait un vieux reste[35]. À l'est du territoire de la commune de Montfaucon, la population vit loin des églises. Les templiers créèrent la paroisse de Saint-Vézian non loin du hameau de Bonnet, à proximité d'une source qui ne tarissait pas. En 1279, le commandeur du Bastit, Raymond de Robert, achète à Pierre de Beaussac toutes les dîmes perçues dans de nombreux hameaux[39]. La paroisse de Saint-Viézian possédait la cayrousse de Campagnac où se trouvait une léproserie. Cette terre fit l'objet de procès, après la fondation de Montfaucon, entre le commandeur et les officiers du roi d'Angleterre. Les templiers eurent gain de cause devant le tribunal du sénéchal Hélie de Campène[40].

Après la dissolution de l'ordre du Temple en 1312, la paroisse de Saint-Vézian fut placée sous l'autorité de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Elle resta la principale paroisse de Montfaucon, la chapelle construite près du fort était une annexe de Séniergues.

L'église de Saint-Vézian fut abimée par des compagnies anglaises lors de la guerre de Cent Ans. Durant les siècles suivants, les habitants réclamèrent au commandeur du Bastit sa remise en état. En 1764, il ne subsiste qu'un tas de pierre. Le grand bassin de pierre disparut en 1949[40].

Fondation de Montfaucon

Hommage d'Édouard Ier d'Angleterre à Philippe le Bel.

Le , lors de son second mariage, Aliénor d'Aquitaine apporta en dot à Henry de Plantagenet le duché d'Aquitaine. Devenu roi d'Angleterre en 1154, Henry envahit le Quercy. Après un siècle de querelles entre la France et l'Angleterre, en 1286, Philippe le Bel et Édouard Ier d'Angleterre conclurent un arrangement et Édouard Ier reçut avec haute et basse justice de nombreux territoires dont celui de Montfaucon et dut en rendre hommage à son suzerain le*/ roi de France. Pour permettre à ses officiers de justice de se réunir, il fait acheter au seigneur Fortanier de Gourdon, des terres de la paroisse de Séniergues en promontoire sur le Céou. La bastide fut établie : une ville pour les activités économiques et un fort pour la défense, une source intarissable fut captée. L'ordre de paiement des dépenses fut donné le .

Un bayle fut nommé pour représenter le roi d'Angleterre[40]. Le sénéchal Hélie de Campène rédigea une charte datée du , confirmée par le roi le . Cette charte fixait les coutumes, droits et usages en vigueur à Montfaucon. Pour favoriser la venue de nouveaux habitants, elle leur accordait des droits particulièrement favorables comme avoir un four ou chasser, exploiter les herbages appelés hermites ou fraux, ce qui était habituellement réservé au seigneur[41].

Ces coutumes provoquèrent des heurts avec les seigneurs voisins. En 1298, après des problèmes entre les officiers anglais et le seigneur Fortanier de Gourdon, il fut décidé de nommer des gouverneurs parmi les familles nobles du pays. Certains le furent avec l'appui d'employés à la cour du pape Jean XXII. Malgré des conflits de juridiction, la bastide de Montfaucon devint prospère.

La guerre de Cent Ans

1365: La France après les traités de Brétigny et de Guérande.

À partir de 1355, toute la région du Quercy devint un théâtre de luttes pendant la guerre de Cent Ans. Le Prince Noir et ses troupes anglaises envahissent le sud-ouest et le Quercy. Après la défaite française de la bataille de Poitiers, le traité de Brétigny donne à l'Angleterre la Guyenne et la Gascogne.

Le Prince Noir établit à Montfaucon une cour martiale. En 1367, la ville passe sous l'autorité de Charles V, mais est rapidement reprise par les Anglais. Une grande compagnie, avec à sa tête Bertucat d'Albret, s'y établit et ruina la région. Ils en partirent, en échange d'une forte rançon, au début du règne de Charles VII. Les Anglais revinrent en 1439, mais furent chassés par Rodrigue de Villandrando. C'est la fin de la présence des Anglais à Montfaucon[40].

À la fin de la guerre, beaucoup d'habitants de la région avaient fui vers le Languedoc. Montfaucon avait moins souffert que les autres villes et la peste noire y avait fait peu de victimes[40].

Époque moderne

Après la guerre de Cent Ans

La bastide de Montfaucon passa ensuite dans le domaine royal et y resta jusqu'au , date à laquelle elle revint à Jean Ricard, chevalier, baron de Gourdon, Genoilhac qui l'avait actée 250 livres. Les habitants s'y opposèrent et demandèrent en 1518 la confirmation de leur charte au roi qui annula la vente. Mais le litige dura car le , le seigneur de Vaillac fut cité devant le Parlement de Toulouse pour avoir reculé ses bornes. C'est seulement deux ans plus tard, le , que par un arrêt du roi, Louis de Ginolhac, seigneur de Vaillac, acquit le droit de justice sur la cité[41].

Cette période est aussi connue pour les nombreux procès et interdictions concernant l'accès aux herbages. En 1452, le village de Carlucet interdit le pâturage sur leur paroisse des animaux de leurs voisins de Séniergues et Montfaucon. En 1501, ce furent les habitants de Montfaucon qui interdirent l'accès au bétail de Carlucet[42].

Les guerres de religion

Après 1572, la région fut dévastée pendant les guerres de religion. Les capitaines protestants de Montauban occupèrent Montfaucon. En 1588, les ligueurs furent délogés de Montfaucon par l'armée royale d'Henri IV conduite par Matignon[40].

Après les guerres de religion, les soldats devinrent des pillards qui infestèrent la région. En 1609, selon les registres paroissiaux, la population aurait pu dépasser les 2 000 personnes[40].

Les consuls et la communauté

Sous le règne de Louis XIV, le roi exerce toujours la justice et délègue son autorité aux consuls. Plus de deux mille consuls se succédèrent pendant 500 ans jusqu'à la Révolution. Ils se rassemblaient de 8 à 10 fois par an, en présence des habitants qui possédaient une maison dans la juridiction. Un registre de délibération se trouve à la bibliothèque municipale de Cahors[40].

La communauté de Montfaucon possédait plus de 1500 hectares de communaux. Le , le roi en autorisa le partage et la vente en 343 parcelles sous la direction de Marc Rigal. Le partage eut lieu le [40].

Époque contemporaine

Période révolutionnaire

Joachim Murat représentant du canton de Montfaucon le .

Pendant la Révolution, un cahier de doléances fut ouvert pour Montfaucon le . La première municipalité fut élue dans l'église le . Le maire fut M. Cambonie, avocat. Montfaucon devint chef-lieu de canton du district de Gourdon. Ce canton comportait sept communes : Montfaucon, Labastide-Fortunière, Soulomès, Caniac, Puyvalon, Soucirac et Vaillac. Séniergues fut une section rattachée à Montfaucon. Le canton choisit un délégué pour être représenté à la grande fête de la Fédération du  : Joachim Murat de Labastide-Fortunière[40].

En 1790, François Vidal de Lapize, refusa de prêter serment à la constitution civile du clergé, mais continua à exercer ses fonctions jusqu'en 1792. Bien que défendu par la municipalité, il prit la fuite à Paris mais fut dénoncé par un compatriote de Montfaucon. Il fut arrêté, envoyé à la prison de l'Abbaye et exécuté le lors des massacres de Septembre[43]. Après sa mort, les objets religieux de l'église furent brulés sur le sol de la dîme, aujourd'hui la cour d'honneur de la Roseraie. Une jeune fille Jeannette, dite la Vierge rouge, fut choisie pour représenter la déesse de la raison. Des messes clandestines continuèrent d'être célébrées par l'abbé Rossignol, curé de Fontanes-du-Causse, puis par l'abbé Raynal[40].

En 1794, Antoine-Paul Lavaur, issu d'une famille noble de Saint-Céré, exerça la profession d'avocat à Cahors, Sarlat et Rodez. Opposant à la convention, il fut exécuté le 1er fructidor () pour avoir "à Montauban, insulté l'arbre de la liberté en satisfaisant un besoin naturel"[40],[44].

Le consulat et l'empire

Gravure représentant un ensemble de bâtiments
Le petit séminaire de Montfaucon vers 1871

En 1802, Labastide-Fortunière gagna le titre de chef-lieu de canton à la place de Montfaucon. Joachim Murat de Labastide-Fortunière était le beau-frère de Napoléon Ier. Le conseil municipal de Montfaucon protesta en vain[18].

En 1804, Selon le chanoine Vayssié, Montfaucon n'était desservie par aucun route. Les premiers élèves du petit séminaire devaient attendre la voiture publique avec leurs paquets au hameau de Séniergues[35].

La commune connut une prospérité économique jusqu'en 1810. Dès 1806, les routes furent élargies et un relais de diligence fut établi sur la route de Gramat en bas de la côte de Larcher.

De 1813 à 1816, quinze jeunes de la commune sont tués au combat lors des guerres napoléoniennes.

Un petit séminaire, établissement d'enseignement religieux, était en activité au centre de la commune de Montfaucon de 1814 à 1907.

Le passé récent

Les établissements de santé

Cour de l'hôpital de Montfaucon.

Après la fermeture du petit séminaire de Montfaucon en 1907, ses bâtiments furent utilisés en 1914 comme casernement pour les prisonniers allemands.

Un sanatorium traitant la tuberculose y est installé en 1917. Il est finalement converti hôpital à partir de 1945.

C'est actuellement un établissement de santé privé à but non lucratif combinant une partie dédiée aux soins de suite et de réadaptation et une maison de retraite (EHPAD).

La séparation de Séniergues

Après la Révolution, Séniergues fut rattachée à Montfaucon comme une section cadastrale. Le , une réunion du conseil municipal écarte l'idée d'une séparation. Le , M. Lauvel, représentant de la commission syndicale de Séniergues, envoie une nouvelle pétition au sous-préfet de Gourdon. Il fait valoir que la section de Séniergue s'étendait sur 200 hectares et qu'on y comptait 700 habitants. De plus, l'école de Montfaucon était jugée trop éloignée et les charges financières mal réparties. Le litige principal était cependant la ligne de division.

Le , l'affaire est à nouveau présentée au sous-préfet de Gourdon. Il fut alors décidé de construire une école mixte à Séniergues et le , mademoiselle Blanc y fut nommée institutrice.

Une nouvelle demande de séparation est rejetée le , mais le , Séniergue est érigée à l'unanimité en commune indépendante. Le Noël Poujade en est élu maire. La séparation se fit en respectant les limites paroissiales. À l'ouest, Montfaucon conserva les parcelles enclavées rattachées à la paroisse de Vaillac[18].

L'eau et l'électricité

Le plan d'eau des fontaines.

La pénurie d'eau surgissait lors de chaque grande sécheresse car les fontaines étaient à sec. Les habitants se ravitaillaient grâce à des charrettes à bœufs à la fontaine de Labastide-Murat. Plus tard, des camions citernes firent la navette à Font Polémie : une source du Vers située à plus de 16 kilomètres au sud, sur la commune de Cabrerets. C'est en 1954, que l'installation de l'eau courante commença avec l'adhésion au syndicat intercommunal d'adduction d'eau potable de la région de Payrac et le captage d'une source près du lieu-dit Pont de Rhodes (commune de Frayssinet). En 1976, les parties hautes de la commune furent finalement alimentées[18].

Le réseau d'assainissement fut étudié et réalisé à partir du . En 1970 et 1983, le plan d'eau sur le Céou fut aménagé[18].

L'électrification de la commune fut réalisée entre 1931 et 1948[18].

Les écoles communales

Les écoles de garçon

Jusqu'à la Révolution, l'enseignement était assuré par les religieux, mais après la loi Guizot, les communes doivent avoir une école publique. Le , la municipalité loue une maison pour servir d'école. Le , Joseph Escapoulade, surnommé "le vieux", est désigné par la municipalité premier instituteur. À sa mort en 1836, son remplaçant Martin Gary, âgé de 21 ans est issu de l'école normale. La municipalité réalise ensuite l'acquisition de l'actuel bâtiment de la mairie pour le transfert de l'école. Martin Gary décède le [18].

Le , l'école est confiée aux frères du Sacré-Cœur. Ces derniers obtiennent le titre d'instituteur. Le nombre d'élèves est de 110 en 1881. Le , les congrégations perdent le droit d'enseigner, mais au retour des vacances, le , Monsieur Lafont ouvre l'école habillé en civil. Un procès s'ensuit, il sera acquitté le [18].

Les écoles de filles

Une école de filles, gérée par les religieuses, est établie à Montfaucon le . En 1881, on y compte 105 élèves. La fermeture de l'école et du couvent a lieu le .

L'école mixte

L'école mixte débute avec l'arrivée des époux Carbonnel en 1934. Du fait de la diminution des effectifs, il n'y a plus qu'un seul poste à l'école primaire. Une école maternelle est créée en 1975.

Politique et administration

Liste des maires et des consuls

Liste des maires successifs[18],[45]
Période Identité Étiquette Qualité
28 mars 1965 30 novembre 1989 Maurice Défenin PCF Conseiller général
30 novembre 1989 mars 2014 Christian Poujade   agriculteur
mars 2014 en cours
(au avril 2014)
Lionel Vacossin    
(Tableau version 11/11/2006)

Finances locales

Cette sous-section présente la situation des finances communales de Montfaucon[Note 2].

Pour l'exercice 2013, le compte administratif du budget municipal de Montfaucon s'établit à 593 000  en dépenses et 464 000  en recettes[A2 1] :

En 2013, la section de fonctionnement[Note 3] se répartit en 309 000  de charges (575  par habitant) pour 372 000  de produits (693  par habitant), soit un solde de 63 000  (118  par habitant)[A2 1],[A2 2] :

  • le principal pôle de dépenses de fonctionnement est celui des charges de personnels[Note 4] pour une valeur totale de 146 000  (47 %), soit 271  par habitant, ratio voisin de la valeur moyenne de la strate. Depuis 5 ans, ce ratio augmente de façon continue de 210  à 271  par habitant ;
  • la plus grande part des recettes est constituée de la dotation globale de fonctionnement (DGF)[Note 5] pour une somme de 179 000  (48 %), soit 332  par habitant, ratio supérieur de 54 % à la valeur moyenne pour les communes de la même strate (216  par habitant). Sur la période 2009 - 2013, ce ratio augmente de façon continue de 313  à 332  par habitant.

Les taux des taxes ci-dessous sont votés par la municipalité de Montfaucon[A2 3]. Ils ont varié de la façon suivante par rapport à 2012[A2 3] :

La section investissement[Note 6] se répartit en emplois et ressources. Pour 2013, les emplois comprennent par ordre d'importance[A2 4] :

  • des dépenses d'équipement[Note 7] pour une valeur totale de 228 000  (80 %), soit 424  par habitant, ratio supérieur de 15 % à la valeur moyenne pour les communes de la même strate (370  par habitant). Sur les 5 dernières années, ce ratio fluctue et présente un minimum de 64  par habitant en 2011 et un maximum de 424  par habitant en 2013 ;
  • des remboursements d'emprunts[Note 8] pour 25 000  (9 %), soit 46  par habitant, ratio inférieur de 34 % à la valeur moyenne pour les communes de la même strate (70  par habitant).

Les ressources en investissement de Montfaucon se répartissent principalement en[A2 4] :

  • subventions reçues pour une somme de 30 000  (33 %), soit 56  par habitant, ratio inférieur de 29 % à la valeur moyenne pour les communes de la même strate (79  par habitant). Pour la période allant de 2009 à 2013, ce ratio fluctue et présente un minimum de 0  par habitant en 2010 et un maximum de 86  par habitant en 2012 ;
  • nouvelles dettes pour une valeur de 20 000  (22 %), soit 37  par habitant, ratio inférieur de 57 % à la valeur moyenne pour les communes de la même strate (87  par habitant).

L'endettement de Montfaucon au peut s'évaluer à partir de trois critères : l'encours de la dette[Note 9], l'annuité de la dette[Note 10] et sa capacité de désendettement[Note 11] :

  • l'encours de la dette pour une valeur totale de 134 000 , soit 249  par habitant, ratio inférieur de 63 % à la valeur moyenne pour les communes de la même strate (682  par habitant). En partant de 2009 et jusqu'à 2013, ce ratio fluctue et présente un minimum de 183  par habitant en 2009 et un maximum de 322  par habitant en 2010[A2 5] ;
  • l'annuité de la dette pour une somme de 30 000 , soit 56  par habitant, ratio inférieur de 41 % à la valeur moyenne pour les communes de la même strate (95  par habitant). Depuis 5 ans, ce ratio augmente de façon continue de 34  à 56  par habitant[A2 5] ;
  • la capacité d'autofinancement (CAF) pour un montant de 63 000 , soit 118  par habitant, ratio inférieur de 37 % à la valeur moyenne pour les communes de la même strate (187  par habitant). En partant de 2009 et jusqu'à 2013, ce ratio fluctue et présente un minimum de 86  par habitant en 2011 et un maximum de 169  par habitant en 2012[A2 6]. La capacité de désendettement est d'environ 2 années en 2013. Sur une période de 14 années, ce ratio est constant et faible (inférieur à 4 ans)

Démographie

Évolution démographique

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[46]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[47].

En 2022, la commune comptait 588 habitants[Note 12], en stagnation par rapport à 2016 (Lot : +1,31 %, France hors Mayotte : +2,11 %).

Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 8331 3881 4601 9462 0241 7111 8811 9641 941
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 1132 0691 9941 8541 7651 7741 6941 6111 541
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 4151 156928866801823785590590
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
377354433472404403568581534
2014 2019 2022 - - - - - -
578600588------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[48] puis Insee à partir de 2006[49].)
Histogramme de l'évolution démographique

Vers 1880, à Montfaucon, la baisse du nombre d'habitants est due à une combinaison de multiples facteurs[18] :

  • la natalité chute ;
  • les vignes sont détruites par le phylloxéra ;
  • les campagnes sont surpeuplées et la majorité des propriétés sont très morcelées, beaucoup partent vers Paris où ils sont employés (lingère, gouvernante, vendeuse...). Les plus instruits y occupent des postes à responsabilité (administrateur des colonies, conservateur de bibliothèque, administrateur civil...);
  • les jeunes hommes sont attirés par les pays lointains et les colonies : Pérou, États-Unis, Algérie.. et par les campagnes militaires coloniales.

Séparation de Séniergues

En 1936, la séparation de la section de Séniergues devient une commune indépendante. La population recensée à Montfaucon en est minorée de près de 200 habitants.

Économie

Montfaucon est une commune rurale comprenant encore une bonne quinzaine d'exploitations agricoles qui élèvent principalement des ovins). Deux fromageries fabriquent des cabécous et un magasin vend les produits du terroir : conserves de canards.

Un petit tissu artisanal subsiste : plombier, électricien, menuisier, garagiste, carrossier et taxi.

Les commerces sont présents sur la commune : un restaurant "Le Cloître", le p'tit bouchon bar brasserie épicerie presse pain viennoiserie un restaurant ouvert toute la saison. ouvert à la saison : Les 7 fermes qui vendent les produits des producteurs locaux.

Un projet de création de la Zone d'Activité "Causse Énergie" sur les communes de Séniergues et Montfaucon est soutenu par la communauté de communes du Causse de Labastide-Murat.

Enseignement

Les écoles maternelle et primaire de Montfaucon.

Aujourd'hui la commune compte toujours un groupe scolaire (avec les élèves des communes de Séniergues et de Ginouillac). L'école est composée d'une maternelle et deux classes primaires avec environ 50 enfants.

L'école dispose d'une cantine scolaire et d'une garderie péri-scolaire.

Milieu associatif

La salle des fêtes Maurice-Defenin.

Le milieu associatif couvre les domaines suivants : club du 3e âge, chasse, pêche, pétanque, gymnastique volontaire, scrabble, sauvegarde du patrimoine[50]. Un comité des fêtes anime la cité.

Depuis 1991 la commune adhère à l'Association des Montfaucon de France qui regroupe dix communes en France et une en Suisse portant le nom Montfaucon ou Monfaucon.

Services publics

Une agence postale communale est située à la mairie. Elle est ouverte en matinée les jours de la semaine.

Santé

Hôpitaux les plus proches

Les hôpitaux les plus proches de Montfaucon sont situés : à Cahors (43 km, 35 minutes par l'A20 et la D 801), à Gourdon (20 km environ, 20 minutes par la D 801), à Figeac (45 km, 40 minutes par la D 802).

Centre hospitalier de la Roseraie

Le centre hospitalier La Roseraie de Montfaucon est, en 2009,un établissement de santé privé à but non lucratif combinant une partie dédiée aux soins de suite et de réadaptation et une maison de retraite (EHPAD).

Église Saint-Barthélemy de Montfaucon

Culture locale et patrimoine

Notes et références

Voir aussi

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