Isabelle Hénault
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Isabelle Hénault est une psychologue et une sexologue qui exerce à l'Université du Québec à Montréal, au Canada et dirige la Clinique Autisme et Asperger de Montréal. Elle est notamment connue pour avoir développé un programme relationnel et d'éducation sexuelle adapté aux personnes autistes et pour sa participation à de nombreuses initiatives de recherche internationales impliquant l'éducation socio-sexuelle et les relations interpersonnelles. Elle est l'auteure de Asperger's Syndrome and Sexuality: From Adolescence through Adulthood.
Activités
Isabelle Hénault a une formation de psychologue et sexologue. Elle a travaillé deux ans et demi en Australie à la clinique de Tony Attwood (spécialisée dans les TSA)[1] ; elle exerce à l'Université du Québec à Montréal, au Canada[2] et dirige la Clinique Autisme et Asperger de Montréal[3].
Programme d'éducation socio-sexuelle
Au début du XXIe siècle, bien que leurs besoins et intérêts sexuels soient comparables à ceux de la population générale ; les personnes avec TSA ne bénéficient pas d'une éducation sexuelle ni d'un soutien adapté en matière de santé sexuelle[4]. Leurs comportements diffèrent en raison de difficultés sociales et de communication, mais aussi d'hyper- ou hyposensibilités, ce qui complique la formation de relations amicales, intimes et sexuelles. Isabelle Hénault aborde ces enjeux en proposant un programme, clinique et pédagogique, d'éducation socio-sexuelle fondé sur des témoignages et des exemples cliniques, structuré autour de douze thèmes-clé[4] : la puberté, les émotions, les différences entre les sexes, l'intimité, les relations amicales, les relations amoureuses, les comportements sexuels, les abus sexuels, la contraception, les infections sexuellement transmissibles, la parentalité (quand l'un ou l'autre des parents est une personne autiste) et les ressources disponibles[4][source secondaire nécessaire].
Recherche
Isabelle Hénault constate — lors de son doctorat à l'Université du Québec à Montréal — au début des années 2000 que la sexualité des personnes autistes, notamment celles présentant un syndrome d'Asperger, reste très peu explorée dans la littérature scientifique : parmi les études scientifiques, résumés d'articles et ouvrages sur l'autisme, seules huit sources portent sur le sujet[5].
Pour combler cette lacune, elle consacre sa thèse (2003) au sujet des habiletés sexuelles adaptatives chez des individus atteints d'autisme de haut niveau ou du syndrome d'Asperger[6] et collabore à des projets de recherche impliquant l'éducation, les habiletés socio-sexuelles et les relations interpersonnelles, y compris relatives aux personnes autistes transgenres, non binaires ou de genre variable[7].
Elle note en 2006 que certains médicaments prescrits pour des troubles fréquemment associés aux TSA comme l'anxiété, la dépression, l'hyperactivité et les pensées répétitives peuvent entraîner divers effets secondaires potentiellement affectant fortement la sexualité et la sociabilité, d'où l'importance, alors, d'un suivi médical attentif aux effets secondaires de ces médications[8]. Elle reprend ce sujet dans son livre Sexualité et syndrome d'Asperger[9].
Elle est l'auteure de plusieurs ouvrages sur ces sujets, dont Asperger's Syndrome and Sexuality: From Adolescence through Adulthood (2005), dans lequel elle explore les enjeux de la puberté, de l'expression de la sexualité, de l'intimité, de la communication et du respect des limites chez les adolescents et adultes avec le syndrome d'Asperger. Elle rappelle qu'une sexualité épanouie implique aussi l'estime de soi, les émotions, les expériences passées et les normes sociales. Elle y insiste sur l'importance d'un accès à une information fiable, surtout face aux risques de désinformation dans les groupes de pairs, afin de dédramatiser la sexualité, tout en rappelant ses limites, tant pour les personnes avec autisme que pour leur famille et les professionnels[10].
Aux côtés de Tony Attwood, Isabelle Hénault s'appuie sur le témoignage de Nick Dubin — auteur, conférencier et personne autiste diagnostiquée avec le syndrome d'Asperger — pour illustrer les difficultés que peuvent rencontrer certaines personnes autistes dans leur développement psychosexuel. Dans leur ouvrage The Autism Spectrum, Sexuality and the Law (2014), ils montrent comment l'incompréhension des normes sociales, la complexité de la communication émotionnelle et le manque d'éducation sexuelle adaptée peuvent créer des obstacles dus à une communication émotionnelle différente, pouvant conduire à des comportements sexuels inappropriés, même chez des personnes autistes intelligentes et désireuses de s'intégrer. Ce travail souligne l'importance d'un accompagnement spécifique, fondé sur la prévention, la reconnaissance des besoins individuels et une approche inclusive. Les auteurs plaident pour une meilleure prise en compte par la justice des vulnérabilités propres au spectre autistique dans le domaine de la sexualité[11]. Ce travail est cité par Clare Allely dans son livre paru en 2022 sur les TSA confrontés à la justice pénale (Autism spectrum disorder in the criminal justice System: a guide to understanding suspects, defendants and offenders with autism)[12]. Ce travail est notamment prolongé par A. Zulaikha (2022) qui produit une revue systématique (reposant sur l'analyse de 85 études portant sur 1 955 personnes autistes) visant à identifier des « comportements sexuels problématiques », souvent atypiques ou inappropriés, tels que le toucher non consenti ou l'exhibitionnisme, en lien avec les traits caractéristiques du trouble du spectre autistique. Cette thèse confirme que ces comportements peuvent être liés à des difficultés sociales, des intérêts restreints ou des particularités sensorielles, mais que, les comparaisons avec des individus neurotypiques étant rares, les conclusions sur les spécificités du TSA dans ce domaine sont encore à étudier. L'auteur, souligne comme I Hénault la nécessité d'approches éducatives globales et adaptées, ainsi que de recherches approfondies visant à mieux comprendre et prévenir les CSB chez les personnes autistes[13].
Concernant les liens entre les TSA, la sexualité, l'identité et la « genralité », plus flexible chez les personnes Asperger, Isabelle Hénault trouve intéressante[C'est-à-dire ?] l'hypothèse de l'« Autigen » (mot valise résumant « autisme-genralité »)[14], développée au Royaume-Uni à l'Université de Birmingham par la chercheuse Marianthi Kourti pour décrire une forme d'identité de genre, non binaire, qui serait ni vraiment masculine, ni vraiment féminine, et propre à de nombreuses personnes autistes[15][réf. incomplète].
Publications
- Isabelle Hénault, Le syndrome d'Asperger et la sexualité : de la puberté à l'âge adulte, Chenelière éducation, , 210 p. (ISBN 2-7650-0935-X, SUDOC 123358221, lire en ligne).
- Isabelle Hénault, Sexualité et syndrome d'Asperger : éducation sexuelle et intervention auprès de la personne autiste, De Boeck Supérieur, coll. « Questions de personne. Série TED », , 224 p. (ISBN 978-2-80413-783-0, SUDOC 144737981, lire en ligne).
- Isabelle Hénault, « L'éducation sexuelle pour les personnes atteintes d'autisme : thématique et étapes adaptées », Sexologie actuelle, vol. XXI, no 2, printemps-été 2013, p. 20-22 (ISSN 1192-3814, lire en ligne [PDF]).