Jan Latour

peintre et sculpteur de la Principauté de Liège (1719-1782) From Wikipedia, the free encyclopedia

Jan Latour (ou Jean Latour), né en 1719 à Liège et mort le à Moislains, est un artiste peintre et sculpteur liégeois.

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Jan Latour
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Formé par Jean-Baptiste Coclers à Liège puis par Corrado Giaquinto à Rome, le jeune artiste revient vers 1750 à Liège où il se fait bientôt connaître en tant qu'artiste peintre, « remplissant les églises de ses œuvres ». En 1760, il se rend, pour y effectuer des portraits, à Spa, où « il est mis en relation avec des seigneurs anglais qui l'invitent à les accompagner à Londres ». Après six ans passés en Angleterre, il retourne à Liège, et il y reprend ses activités de peintre-sculpteur et d'enseignant. Début des années 1780, il se rend brièvement à Paris puis à Moislains, dans l'évêché de Noyon, afin de décorer l'église de cette commune, où il meurt.

Sa production artistique se compose principalement de peintures religieuses, d'histoire, mythologiques et de portraits. L'historien de l'art Jacques Hendrick le considère comme l'un des successeurs, sur un mode mineur, d'Englebert Fisen et Théodore-Edmond Plumier en tant que peintre de sujets religieux. En tant qu'enseignant, il forme le peintre Joseph Dreppe et le sculpteur François-Joseph Dewandre.

Biographie

Jean Latour est né en 1719 à Liège[1],[2],[3]. Il étudie le dessin et la peinture sous la tutelle de Jean-Baptiste Coclers « jusqu'au moment où, se sentant suffisamment préparé, il entreprend le voyage de Rome »[4],[5]. Il y séjourne de 1740 à 1745[6] et, durant ces cinq années, il y fréquente l'atelier du peintre Corrado Giaquinto[1],[3],[7].

Présentation de la Vierge au Temple, avant 1782 (huile sur toile ; 137 × 112 cm), Luxembourg, église Saint-Michel.

Il voyage ensuite à Naples[1],[3],[7] et on le sait de nouveau à Rome, comme pensionnaire de la fondation Lambert Darchis, de 1747 à 1750[2],[6],[8]. La même année, il revient dans sa ville natale où il se fait bientôt connaître en tant qu'artiste peintre[4],[5]. En effet, comme le remarque Jules Helbig, « il a le travail facile et ne fait guère attendre les commandes qu'il reçoit ; aussi remplit-il les églises de ses peintures »[4]. En plus de son activité d'artiste peintre, il est sculpteur et se consacre aussi à l'enseignement[2]. Il forme, entre autres, le jeune peintre liégeois Joseph Dreppe de 1752 à 1758[9].

Baptême du Christ, 1762 (huile sur toile ; 180 × 188 cm), Liège, musée de l'Art wallon.

S'étant rendu à Spa en 1760[6] « pour y faire les portraits de quelques étrangers qui fréquentent cette ville, il est mis en relation avec des seigneurs anglais qui l'invitent à les accompagner à Londres »[10],[11]. Latour « se trouve bien de son séjour en Angleterre », où il reste pendant six ans et où il connaît le succès grâce à ses portraits[2],[12],[13]. Revenu à Liège vers 1767-1768, il y reprend ses activités de peintre-sculpteur et d'enseignant, formant dans les années 1770 le jeune sculpteur François-Joseph Dewandre[6],[14].

Début des années 1780, il se rend à Paris, « mais il n'y fait qu'un court séjour, ayant été appelé à orner de peintures l'église de Moislains, dans l'évêché de Noyon, en Picardie »[12],[13]. Latour y meurt le [1],[12],[13].

Œuvre

La production artistique de Jean Latour se compose principalement de peintures religieuses, d'histoire, mythologiques et de portraits[1],[2],[3].

Peintures

L'historien de l'art et conservateur de musée Jacques Hendrick le considère comme l'un des successeurs, sur un mode mineur, d'Englebert Fisen et de Théodore-Edmond Plumier en tant que peintre de sujets religieux[15].

Dans ses notices de 1873 et de 1890-1891, Jules Helbig remarque qu'il est « doué d'une remarquable fécondité, on retrouve de lui un très grand nombre de peintures, dont le mérite se tient toujours entre les limites d'une honnête médiocrité, limites qu'il ne dépasse ni en bien ni en mal »[13],[16]. Et donc, quand bien même le peintre se forge une certaine réputation à Liège de son vivant, celle-ci « ne s'est guère prolongée au delà de son existence »[16]. Preuve en est, selon Helbig, que « les spoliations dont les églises du pays de Liége ont été l'objet se sont généralement arrêtées devant ses tableaux. Les commissaires de la République française les ont laissés à leur place, jugeant qu'ils ne valaient pas les peines d'être emportés, et lorsque les monuments qui les contenaient n'ont pas été détruits, les tableaux de Latour ont été respectés »[13].

Liste des peintures de Jean Latour

Adoration des bergers, 1767-1782 (huile sur toile ; 80 × 100 cm, Liège, basilique Saint-Martin.
Saint Nicolas de Tolentino en adoration devant la Sainte Trinité, 1750-1760 (huile sur toile ; 236 × 168 cm), Liège, collégiale Saint-Jean l'Évangéliste.
Mort de Saphira (en présence de saint Pierre), avant 1782 (huile sur toile ; 65 × 85 cm), Liège, hôpital du Valdor.
Annonciation, avant 1782 (huile sur toile ; 186,5 × 129,5 cm), Liège, musée d'Art religieux et d'Art mosan.

Parmi les nombreuses peintures de l'artiste, figurent :

  • Dans la chapelle Saint-Roch en Volière :
    • Saint Roch de Montpellier, l'ange et le chien, 1780 (huile sur toile ; 205 × 128 cm)[21] ;
    • Saint Roch de Montpellier au Christ par trois anges, 1780 (huile sur toile ; 205 × 120 cm)[22] ;
    • Saint Roch de Montpellier secourant les pestiférés, 1780 (huile sur toile ; 205 × 100 cm)[23] ;
  • Dans la collégiale Saint-Pierre de Liège, « quatre grands tableaux, dont les sujets étaient tirés de la vie de l'apôtre. Dans la nef de l'église se trouvaient deux autres tableaux de Latour, représentant le même apôtre guérissant les malades et délivrant un possédé »[26]. « Ces toiles qui, lors de la démolition de l'église Saint-Pierre, avaient été vendues à vil prix, ont été acquises depuis par l'église primaire de Soumagne, avec les boiseries du chœur de l'église supprimée »[12].
  • Dans l'église Saint-Remy de Roclenge-sur-Geer :
    • Sainte Trinité sous l'aspect de deux personnes et la Colombe et choeur d'Anges, 1755 (huile sur toile ; 400 × 200 cm)[38] ;

En plus des peintures mentionnées ci-dessus, l'artiste a effectué dans des bâtiments de l'administration liégeoise diverses peintures murales datées de 1753 représentant des thèmes mythologiques, comme Vénus[52], Le sommeil d'Endymion[53], Apollon, Marsyas et Midas[54], Le sacrifice d'Iphigénie[55], Sacrifice à Diane[56], etc.

Dessins

Jean-Simon Renier observe que Jean Latour a effectué « de nombreux dessins de grand format, ombrés patiemment à la plume, d'un aspect moelleux, faits d'après des peintures de Romanelli, Pozzi, Bianchi, Luini, Nogari, Maratta, existant dans les églises de Rome » mais aussi d'après « les fresques des Carrache au palais Farnèse et des statues de Bernini, Moratti, Rusconi, Mazzoli, Derossi, Monot et Legros, la plupart posées en l'église St-Pierre »[57].

D'autres correspondent à des études préparatoires de ses tableaux et un grand nombre d'entre eux sont listés par Jean-Simon Renier dans son ouvrage Catalogue des dessins d'artistes liégeois d'avant le XIXe siècle possédés par L'Académie des beaux-arts et la bibliothèque de l'université à Liège de 1873[58]. Tous ces dessins sont initialement propriétés du chanoine Henri Hamal et entrent ensuite dans les collections publiques de la ville de Liège (cabinet des Estampes et des Dessins).

Galerie

Différents dessins de l'artiste, qui sont tous non datés et font partie des collections de la ville de Liège, sont reproduits ci-dessous :

Notes et références

Annexes

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