Jan Latour
peintre et sculpteur de la Principauté de Liège (1719-1782)
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Jan Latour (ou Jean Latour), né en 1719 à Liège et mort le à Moislains, est un artiste peintre et sculpteur liégeois.
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Jean Latour |
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Formé par Jean-Baptiste Coclers à Liège puis par Corrado Giaquinto à Rome, le jeune artiste revient vers 1750 à Liège où il se fait bientôt connaître en tant qu'artiste peintre, « remplissant les églises de ses œuvres ». En 1760, il se rend, pour y effectuer des portraits, à Spa, où « il est mis en relation avec des seigneurs anglais qui l'invitent à les accompagner à Londres ». Après six ans passés en Angleterre, il retourne à Liège, et il y reprend ses activités de peintre-sculpteur et d'enseignant. Début des années 1780, il se rend brièvement à Paris puis à Moislains, dans l'évêché de Noyon, afin de décorer l'église de cette commune, où il meurt.
Sa production artistique se compose principalement de peintures religieuses, d'histoire, mythologiques et de portraits. L'historien de l'art Jacques Hendrick le considère comme l'un des successeurs, sur un mode mineur, d'Englebert Fisen et Théodore-Edmond Plumier en tant que peintre de sujets religieux. En tant qu'enseignant, il forme le peintre Joseph Dreppe et le sculpteur François-Joseph Dewandre.
Biographie
Jean Latour est né en 1719 à Liège[1],[2],[3]. Il étudie le dessin et la peinture sous la tutelle de Jean-Baptiste Coclers « jusqu'au moment où, se sentant suffisamment préparé, il entreprend le voyage de Rome »[4],[5]. Il y séjourne de 1740 à 1745[6] et, durant ces cinq années, il y fréquente l'atelier du peintre Corrado Giaquinto[1],[3],[7].

Il voyage ensuite à Naples[1],[3],[7] et on le sait de nouveau à Rome, comme pensionnaire de la fondation Lambert Darchis, de 1747 à 1750[2],[6],[8]. La même année, il revient dans sa ville natale où il se fait bientôt connaître en tant qu'artiste peintre[4],[5]. En effet, comme le remarque Jules Helbig, « il a le travail facile et ne fait guère attendre les commandes qu'il reçoit ; aussi remplit-il les églises de ses peintures »[4]. En plus de son activité d'artiste peintre, il est sculpteur et se consacre aussi à l'enseignement[2]. Il forme, entre autres, le jeune peintre liégeois Joseph Dreppe de 1752 à 1758[9].

S'étant rendu à Spa en 1760[6] « pour y faire les portraits de quelques étrangers qui fréquentent cette ville, il est mis en relation avec des seigneurs anglais qui l'invitent à les accompagner à Londres »[10],[11]. Latour « se trouve bien de son séjour en Angleterre », où il reste pendant six ans et où il connaît le succès grâce à ses portraits[2],[12],[13]. Revenu à Liège vers 1767-1768, il y reprend ses activités de peintre-sculpteur et d'enseignant, formant dans les années 1770 le jeune sculpteur François-Joseph Dewandre[6],[14].
Début des années 1780, il se rend à Paris, « mais il n'y fait qu'un court séjour, ayant été appelé à orner de peintures l'église de Moislains, dans l'évêché de Noyon, en Picardie »[12],[13]. Latour y meurt le [1],[12],[13].
Œuvre
La production artistique de Jean Latour se compose principalement de peintures religieuses, d'histoire, mythologiques et de portraits[1],[2],[3].
Peintures
L'historien de l'art et conservateur de musée Jacques Hendrick le considère comme l'un des successeurs, sur un mode mineur, d'Englebert Fisen et de Théodore-Edmond Plumier en tant que peintre de sujets religieux[15].
Dans ses notices de 1873 et de 1890-1891, Jules Helbig remarque qu'il est « doué d'une remarquable fécondité, on retrouve de lui un très grand nombre de peintures, dont le mérite se tient toujours entre les limites d'une honnête médiocrité, limites qu'il ne dépasse ni en bien ni en mal »[13],[16]. Et donc, quand bien même le peintre se forge une certaine réputation à Liège de son vivant, celle-ci « ne s'est guère prolongée au delà de son existence »[16]. Preuve en est, selon Helbig, que « les spoliations dont les églises du pays de Liége ont été l'objet se sont généralement arrêtées devant ses tableaux. Les commissaires de la République française les ont laissés à leur place, jugeant qu'ils ne valaient pas les peines d'être emportés, et lorsque les monuments qui les contenaient n'ont pas été détruits, les tableaux de Latour ont été respectés »[13].
Liste des peintures de Jean Latour




Parmi les nombreuses peintures de l'artiste, figurent :
- Dans la basilique Saint-Martin de Liège :
- Adoration des bergers, 1767-1782 (huile sur toile ; 80 × 100 cm)[17] ;
- Sainte Ève dans sa cellule de recluse présentée en 1243, 1775 (huile sur toile ; 125 × 300 cm)[18],[13],[12] ;
- Saint Jean Népomucène refusant de révéler au roi Wenceslas la confession de la reine, 1777 (huile sur toile ; 200 × 130 cm)[19],[13],[12] ;
- Vision d'Isabelle de Huy, 1776 (huile sur toile ; 300 × 140 cm)[20] ;
- Dans la chapelle Saint-Roch en Volière :
- Saint Roch de Montpellier, l'ange et le chien, 1780 (huile sur toile ; 205 × 128 cm)[21] ;
- Saint Roch de Montpellier au Christ par trois anges, 1780 (huile sur toile ; 205 × 120 cm)[22] ;
- Saint Roch de Montpellier secourant les pestiférés, 1780 (huile sur toile ; 205 × 100 cm)[23] ;
- Dans la collégiale Saint-Jean l'Évangéliste de Liège :
- Assomption, 1760 (huile sur bois)[24],[13],[12] ;
- Saint Nicolas de Tolentino en adoration devant la Sainte Trinité, 1750-1760 (huile sur toile ; 236 × 168 cm)[25].
- Dans la collégiale Saint-Pierre de Liège, « quatre grands tableaux, dont les sujets étaient tirés de la vie de l'apôtre. Dans la nef de l'église se trouvaient deux autres tableaux de Latour, représentant le même apôtre guérissant les malades et délivrant un possédé »[26]. « Ces toiles qui, lors de la démolition de l'église Saint-Pierre, avaient été vendues à vil prix, ont été acquises depuis par l'église primaire de Soumagne, avec les boiseries du chœur de l'église supprimée »[12].
- Reniement de saint Pierre, 1754 (huile sur toile ; 189 × 251 cm)[27] ;
- Résurrection de Tabitha à Joppé, 1754 (huile sur toile ; 188 × 256 cm)[28] ;
- Au couvent des Filles de la Croix de Liège :
- Présentation au Temple, 1762 (huile sur toile ; 120 × 72 cm)[29] ;
- Dans l'église Saint-Christophe de Liège :
- Adoration des bergers, 1777 (huile sur toile ; 194 × 340 cm)[30] ;
- Adoration des mages, 1777 (huile sur toile ; 194 × 340 cm)[31] ;
- Annonciation, 1777 (huile sur toile)[32] ;
- Dans l'église Sainte-Marguerite de Liège :
- Sainte Marguerite, 1755 (huile sur toile ; 266 × 164 cm)[33] ;
- Dans l'église Saint-Mathieu de Flône :
- Dans l'église Saint-Michel de Luxembourg :
- Présentation de la Vierge au Temple, avant 1782 (huile sur toile ; 137 × 112 cm)[35] ;
- Dans l'église Saint-Pholien de Liège :
- Supplice de Saint Pholien, 1741-1760 (huile sur toile ; 300 × 195 cm)[36] ;
- Dans l'église Saint-Remy de Liers :
- Baptême de Clovis, 1758 (huile sur toile)[37],[16] ;
- Dans l'église Saint-Remy de Roclenge-sur-Geer :
- Sainte Trinité sous l'aspect de deux personnes et la Colombe et choeur d'Anges, 1755 (huile sur toile ; 400 × 200 cm)[38] ;
- Au Grand séminaire de Liège :
- Châtiment de Nadab et Abihu, avant 1782 (huile sur toile ; 152 × 200 cm)[39] ;
- L'Arche sainte portée sous les murs de Jéricho, avant 1782 (huile sur toile ; 152 × 200 cm)[40] ;
- La Peste des Philistins, avant 1782 (huile sur toile ; 152 × 200 cm)[41] ;
- Le sacrifice d'Abraham, avant 1782 (huile sur toile ; 152 × 200 cm)[42] ;
- Moïse et la récolte de la Manne, avant 1782 (huile sur toile ; 152 × 200 cm)[43] ;
- Dans l'hôpital du Valdor :
- Jésus et saint Pierre marchant sur les flots, avant 1782 (huile sur toile ; 65 × 85 cm)[44] ;
- Mort de Saphira (en présence de saint Pierre), avant 1782 (huile sur toile ; 65 × 85 cm)[45] ;
- Saint Pierre ressuscitant Tabitha à Joppé, avant 1782 (huile sur toile ; 65 × 85 cm)[46] ;
- Au musée d'Art religieux et d'Art mosan :
- Adoration des bergers, avant 1782 (huile sur toile ; 183 × 132 cm)[47] ;
- Annonciation, avant 1782 (huile sur toile ; 186,5 × 129,5 cm)[48] ;
- Fuite en Égypte, avant 1782 (huile sur toile ; 183 × 132 cm)[49] ;
- L'Ange ordonne à Joseph la fuite en Égypte, avant 1782 (huile sur toile ; 183 × 132 cm)[50] ;
- Au musée de l'Art wallon (en provenance de l'abbaye du Neufmoustier) :
- Baptême du Christ, 1762 (huile sur toile ; 180 × 188 cm)[51].
En plus des peintures mentionnées ci-dessus, l'artiste a effectué dans des bâtiments de l'administration liégeoise diverses peintures murales datées de 1753 représentant des thèmes mythologiques, comme Vénus[52], Le sommeil d'Endymion[53], Apollon, Marsyas et Midas[54], Le sacrifice d'Iphigénie[55], Sacrifice à Diane[56], etc.
Dessins
Jean-Simon Renier observe que Jean Latour a effectué « de nombreux dessins de grand format, ombrés patiemment à la plume, d'un aspect moelleux, faits d'après des peintures de Romanelli, Pozzi, Bianchi, Luini, Nogari, Maratta, existant dans les églises de Rome » mais aussi d'après « les fresques des Carrache au palais Farnèse et des statues de Bernini, Moratti, Rusconi, Mazzoli, Derossi, Monot et Legros, la plupart posées en l'église St-Pierre »[57].
D'autres correspondent à des études préparatoires de ses tableaux et un grand nombre d'entre eux sont listés par Jean-Simon Renier dans son ouvrage Catalogue des dessins d'artistes liégeois d'avant le XIXe siècle possédés par L'Académie des beaux-arts et la bibliothèque de l'université à Liège de 1873[58]. Tous ces dessins sont initialement propriétés du chanoine Henri Hamal et entrent ensuite dans les collections publiques de la ville de Liège (cabinet des Estampes et des Dessins).
Galerie
Différents dessins de l'artiste, qui sont tous non datés et font partie des collections de la ville de Liège, sont reproduits ci-dessous :
- Persée délivrant Andromède (plume sur papier ; 26,5 × 51,5 cm), d'après Agostino Carracci au palais Farnèse.