Fondation Lambert Darchis

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Fondation Lambert Darchis
Le palais Darchis, immeuble situé Via di Monte d’Oro à Rome, propriété de la fondation depuis 1699.
Histoire
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La fondation Lambert Darchis, constituée en 1699 sur la base du testament de Lambert Darchis, est une fondation qui a pour objet la distribution de bourses à des jeunes gens issus de la province de Liège et désirant parfaire leur formation artistique ou religieuse à Rome. Son siège actuel se situe dans les bâtiments de la Fondation Saint-Julien des Flamands, au no 40 de la Via del Sudario à Rome.

Le testament de Lambert Darchis

Lambert Darchis rédige son testament le [1],[2],[3],[4]. Il vit alors depuis 50 ans à Rome où il a « amassé une fortune assez considérable » en tant que « scripteur des brefs » à la daterie apostolique[3],[5],[6]. Le document est enregistré chez l'un des trente notaires capitolins, Amico Abinante (ou Amico Abinati)[1],[7]. En plus du document manuscrit que la fondation possède à Rome, trois exemplaires du testament ont pu être localisés : le premier aux archives communales de Liège, le second à l'ambassade de Belgique près le Saint-Siège et le troisième aux archives de l’évêché de Liège[1].

Les dispositions générales du testament

Outre qu'il souhaite être enterré dans l'église Santa Maria dell'Anima[1], Lambert Darchis veut créer une institution, appelée à ses débuts « Hospitium pauperum patriotarum » ou Hospice Darchis, pour accueillir des jeunes Liégeois venus à Rome[1],[2],[3],[4] :

« Je veux qu'ils [les exécuteurs testamentaires] louent ou achètent une maison, suffisante et commode, pour le logement de mes pauvres compatriotes qui sont peut-être maintenant à Rome ou qui pourront y venir. Dans cet hospice ils seront reçus pour cinq ans et pas plus, moins cependant si le dit Théodore[Note 1] et autres exécuteurs ou administrateurs le jugeaient convenir ; ils y auront un lit, de la lumière et, pendant l'hiver, un peu de bois, selon que les biens de mon héritage le permettront et suffiront[2]. »

En effet, comme le note le directeur de la bibliothèque du Séminaire à Liège et proviseur de la fondation Lambert Darchis Yves Charlier, de nombreux Liégeois qui tentent d'échapper « à l’insécurité provoquée par les conflits avec la France » aboutissent à Rome[1]. « En cette triste époque où depuis tant d’années, notre innocente patrie a été et est encore dévastée », écrit Darchis, nombreux sont « ceux qui sont forcés de la quitter et de se réfugier à la Curie romaine comme un asile à tant de misères et d’y chercher meilleure fortune » même si, le plus souvent, ils finissent par vivre dans des conditions précaires faute de ressources économiques mais aussi par manque de connaissance de la langue italienne ou du fonctionnement de la Curie[1].

Première page du testament manuscrit de Lambert Darchis, conservé à la fondation à Rome.

Il inclut des dispositions additionnelles, dont certaines « peuvent donner cours à des problèmes d’interprétation »[1] et qui sont traitées dans des sous-sections séparées ci-après. Tout d'abord, si l'un des pensionnaires tombe malade, il doit être soigné convenablement si la maladie en question n'est pas provoquée par un « acte vénérien »[1]. Il indique ensuite que l'hospice doit comporter un autel consacré à la Vierge Marie, à saint Lambert et à saint Hubert et que les pensionnaires doivent, après le souper, réciter « les litanies de la Vierge et un De Profundis pour son âme et celle de ses parents »[1]. Après, il lègue un tableau à chacun de ses exécuteurs testamentaires sauf au premier de ceux-ci, son ami peintre Théodore Herque, à qui il offre 100 écus et le privilège d’avoir un logement à vie dans la nouvelle institution[1],[2].

Enfin, le testateur lègue « par esprit de bienveillance » quelque 5 000 écus à sa sœur Marguerite et son frère Nicolas, chanoine de la collégiale Saint-Denis de Liège, et ce malgré le fait qu'ils lui aient « caché la part d’héritage qui lui revenait après le décès de leurs parents et de leur frère le chanoine Eustache (décédé en 1661) »[1],[6].

« Exclusis etiam ultramosanis » ou l'exclusion des Hesbignons d'Outre-Meuse

Plaque commémorative de Lambert Darchis dans l'autel Sainte-Anne de l'Église Santa Maria dell'Anima.

Parmi les bénéficiaires, « je veux que mes parents aient la préférence et qu'on les distingue entre les autres. En second lieu, ceux qui sont nés à Milmort, d'où sortent mon père, mes grands-oncles et oncles. Troisièmement, ceux de la paroisse de Saint-Hubert, dans laquelle je suis né, et ceux qui sont le plus proche de Milmort avec les autres Hesbignons, à l'exception de ceux d'Outre-Meuse et pas éloignés de Liège de plus de quatre lieues, parlant le wallon français seulement et cela pour obvier aux querelles et disputes qui pourraient naître de la diversité des langues[8],[9]. » Cette disposition est sujette à controverse car divers auteurs, dont François-Joseph Dewandre et Antoine-Gabriel de Becdelièvre, en déduisent que « Lambert Darchis avait excepté de la jouissance de son institution les Liégeois du quartier d'Outre-Meuse pour des motifs particuliers, et, à ce qu'il parait, à cause d'un désagrément personnel qu'il avait essuyé dans ce quartier »[9],[10].

Or, comme le remarque Alfred Micha, le testateur exclut les Hesbignons d'Outre-Meuse, et non les Liégeois d'Outre-Meuse[11]. Et donc, si l'on rapproche « cette disposition du testament de Lambert Darchis de la clause dans laquelle il stipule que les bénéficiaires de l'institution doivent ne parler que le wallon français, pour obvier aux querelles et disputes qui pourraient naître de la diversité des langues, il nous paraît évident que le testateur a voulu exclure seulement ceux qui seraient originaires des communes de langue flamande, situées sur la rive droite de la Meuse, comme Aubel, Dalhem, Fouron-le-Comte, Fouron-Saint-Martin, etc. »[11]. En résumé, Darchis fait référence au pays d'Outremeuse et non au quartier d'Outre-Meuse[11].

« Exclusis artibus maechanicis » ou l'exclusion des artistes

Marbre apposé sur la façade du palais Darchis à Rome.

La phrase complète du testament dit littéralement en latin : « Et hoc ut se habiliores et industriores reddant ad aliquid majus et honestius lucrandum curiae et curialitati inserviendo, exclusis artibus maechanicis »[1] ; ce qui peut être traduit comme : « Ceci afin qu’ils se rendent plus aptes et plus capables de gagner mieux leur vie et plus dignement au service de la Curie et de ses membres sans toutefois se prêter aux arts mécaniques »[1].

Selon Yves Charlier, il est donc évident que Lambert Darchis ne destine pas sa future institution aux « emplois manuels dont font partie les artistes »[1]. Les pensionnaires doivent être des « jeunes Liégeois qui se destinent à la Curie »[1]. Preuve en est la requête soumise à la congrégation du Concile en 1703 par les exécuteurs testamentaires, dans laquelle ceux-ci rappellent que « L. Darchis…eretto un ospizio per ricervi giovani liegesi ….fossero venuti per apprendere la lingua e il carattere italiano a fine di potersi abilitare all’acquisto di altre scienze escludendo afatto le mecaniche e professioni civili di scultore e pittore » c'est-à-dire « L. Darchis a érigé un hospice pour recevoir les jeunes Liégeois pour leur permettre de s’assimiler à la langue et aux coutumes d’Italie et leur faciliter l’acquisition d’autres sciences à l’exclusion des artisans et des professions libérales, de sculpteurs et de peintres »[1]. Pour sa part, Alfred Micha n'est pas du même avis dans son article de 1910 sur la fondation. En effet, il estime qu'il est manifeste que Darchis « a voulu exclure, non les artistes, mais les artisans, c'est-à-dire les travailleurs manuels »[12].

L'hospice Darchis

Chapelle Sainte-Anne dans l’église Santa Maria dell'Anima de Rome.

Lambert Darchis meurt le [1],[2],[3],[6], et il est « enterré conformément à ses volontés dans l’église Santa Maria dell'Anima dans l’autel de Sainte-Anne où reposent déjà son grand-oncle et ses deux oncles »[6]. Les exécuteurs testamentaires sont au nombre de cinq : Théodore Herque, Barthélémy Brassinne, Nicolas Creyr, Gilles Haneux et Arnould Gampon[2]. Ces derniers achètent en une maison Via di Monte d’Oro destinée au logement des pensionnaires[1],[2] et organisent la fondation « sur les bases qui leur avaient été tracées dans le testament »[13].

Le Collège liégeois de Rome

Du temps de la Principauté de Liège

Un peu plus de dix ans après le décès de son fondateur, le conseil d'administration de la fondation rédige un « règlement organique » qui va servir de charte pour l'hospice Darchis qui devient Collège liégeois à Rome[13]. À cette époque, deux des cinq membres sont toujours des exécuteurs testamentaires de 1699, Nicolas Creyr et Arnould Gampon, alors que Lambert Jamar, Guillaume Geerla et Michel Smachers ont remplacé Barthélémy Brassinne , Théodore Herque et Gilles Haneux[13]. Bien que ce règlement soit créé « en vue d'une maison d'éducation à l'usage de jeunes gens qui, ayant terminé leurs humanités, n'auraient pas les ressources nécessaires pour s'adonner aux études du droit et de la théologie », il permet d'accepter des pensionnaires « suivant la carrière des sciences et des arts »[13],[7].

Léonard Defrance, Autoportrait du peintre vieilli, 1789 (huile sur toile ; 70 × 55 cm), Liège, La Boverie.

Soumis à la Curie romaine, le nouveau règlement est approuvé le par la congrégation du Concile, même si cette dernière va désormais adjoindre un « protecteur » à la fondation, qui va de facto restreindre l'indépendance des administrateurs et supposer une curatelle du gouvernement pontifical[14]. Le « protecteur » doit veiller au respect de l'acte de fondation, des dispositions et des règlements. Qui plus est, son approbation est nécessaire pour les actes qui sortent « de l'administration simple des biens comme les acquisitions, ventes ou grandes réparations des immeubles »[15]. Il en résulte un Collège administré par des proviseurs liégeois résidant à Rome mais sous la surveillance d'un prince de l'Église[15].

Durant le xviiie siècle, la fondation va accueillir jusqu'à dix-huit pensionnaires en même temps, nombre qui se réduit ensuite à douze[16]. Parmi ceux-ci, mentionnons l'architecte Laurent-Benoît Dewez, les compositeurs André Grétry, Jean-Noël Hamal et Henri Hamal, ainsi que les artistes peintres, graveurs ou sculpteurs Jan Latour, Léonard Defrance, François-Joseph Dewandre, Joseph Dreppe et deux des fils du peintre Théodore-Edmond Plumier, Jacques Théodore Louis Plumier et Philippe Joseph Clément Plumier[17],[18].

François-Joseph Dewandre, Le Rêve d'Apollon, 1782 (bas-relief en terre cuite ; 40 × 32 cm), Liège, La Boverie.

Le sculpteur François-Joseph Dewandre, qui est pensionnaire de la fondation de 1780 à 1784 grâce à une lettre de recommandation du prince-évêque François-Charles de Velbrück, rédige un rapport, daté du et adressé aux États députés de la province de Liège, qui fournit des détails d'ordre pratique sur le fonctionnement de l'institution[15] :

« Douze pensionnaires étaient, à cette époque, logés et nourris au Collège, de manière très convenable. […] Le dîner consistait en une soupe, une entrée, deux portions de viande, une demi-bouteille de vin et une livre de pain blanc ; le souper en un légume, une portion de viande du vin et du pain blanc ; la maison ne fournissait pas à déjeuner. […] En cas de maladie, on était traité aux frais de la maison, qui fournissait tout ce qui était nécessaire, payant le médecin, chirurgien et apothicaire. […] En hiver, à la chute du jour, il y avait du feu et de la lumière dans une pièce du rez-de-chaussée qui servait de chauffoir commun. […] Le service de la maison se faisait par un cuisinier et un domestique qui étaient nourris, logés et rétribués. […] Les pensionnaires avaient chacun une bonne chambre ; les six plus anciens en avaient deux. Le mobilier que donnait la maison consistait 1º en un complet composé de deux matelas, un traversin et un oreiller, une couverture de laine et une courtepointe. On avait une paire de draps blancs tous les mois en hiver et tous les quinze jours en été, une serviette et un essuie-mains par semaine ; 2º en une table, une chaise, une aiguière et un chandelier ; le reste du mobilier devait être fourni par le pensionnaire tel qu'il le désirait ; il en conservait la propriété et pouvait le vendre à son départ[19]. »

De la Première République au royaume uni des Pays-Bas

Le Collège liégeois est fermé par suite des troubles qui se produisent à Rome durant la Révolution française, et lors de l'invasion napoléonienne de Rome, la fondation n'est pas loin de perdre tous ses biens[16]. C'est seulement après 1815 que le pape Pie VII prend « quelques mesures pour essayer de rétablir les choses en leur état »[16].

Gilles-François Closson, Vue de Rome : le Colisée, 1825-1829 (huile sur papier ; 25 × 16,4 cm), Liège, La Boverie.

De son côté, le gouvernement du royaume uni des Pays-Bas (auquel Liège est rattaché après 1815) cherche à obtenir des renseignements sur le fonctionnement de la fondation[16]. À ce propos, l'ambassadeur à Rome, M. Reinhold, écrit le au ministre de l'instruction publique à La Haye que « c'étaient les proviseurs du Collège seuls auxquels autrefois, en appartenait l'administration et qu'ils ne se croyaient pas tenus de rendre compte de leur gestion à qui que ce soit, excepté dans des cas extraordinaires, au pape »[20]. Il poursuit notant que « les vicissitudes du Collège ont été cause que ces proviseurs ont cessé d'exister et qu'en ce moment l'administration en repose dans les seules mains du cardinal Albani qui en a été nommé protecteur par le pape »[21].

Sur base de cette missive, le gouvernement du royaume uni des Pays-Bas décrète le un arrêté qui attribue désormais le droit de présentation des candidats pour la fondation Darchis à la députation des États de la province de Liège[21]. Celle-ci « adressera annuellement au Département de l'instruction publique une liste des jeunes gens qu'elle aura ainsi désignés et qui auront été admis à Rome, en indiquant les motifs de la préférence qui leur aura été donnée »[22].

Louis-Eugène Simonis, Pépin de Herstal, maire du palais d'Austrasie, avant 1882 (marbre ; photographie de Jean-Luc Elias du KIK-IRPA en 2005), Bruxelles, Sénat belge.

Dans la pratique, ce nouvel arrêté donne un rôle prépondérant à la députation provinciale de Liège dans l'octroi des bourses de la fondation[23]. Dans les années 1820, celle-ci désigne, entre autres, les pensionnaires suivants : le sculpteur Louis Jehotte et l'architecte Dieudonné Wérihus en , le peintre Gilles-François Closson et le musicien Michel-Joseph Malmedeye en , le sculpteur Louis-Eugène Simonis en et l'architecte Jean-Pierre Maréchal en [24].

Le fonctionnement de la fondation à partir du XIXe siècle n'a pas grand-chose à voir avec ce qu'il a été auparavant. D'une part « les jeunes gens appelés à en bénéficier ne résident plus en une habitation commune ; on leur paie, chaque mois, une certaine somme au moyen de laquelle ils sont tenus de subvenir à tous les frais de leur entretien et de leur instruction »[22]. D'autre part, l'administration des biens (principalement l'immeuble situé Via di Monte d’Oro) « est dévolue à un conservateur qui soumet ses comptes aux administrateurs et ceux-ci ne remplissent plus que quelques-unes des fonctions qui leur étaient attribuées autrefois »[22].

Le royaume de Belgique

Avec la révolution belge, la fondation dépend une fois de plus d'un nouveau gouvernement, même si, dans la pratique, la députation provinciale de Liège continue d'exercer sa main mise sur le choix des boursiers[23]. Dans les années 1830, elle désigne, entre autres, les bénéficiaires suivants : le sculpteur Philippe Bernard, qui meurt à Rome durant ses études, le peintre Jean-François Corbusier et l'architecte Pierre Joseph Monami en , le peintre Edmond Duvivier en , l'élève en philosophie Simon Leroux en , les peintres Louis Denis et Joseph Crahay en , l'architecte Godefroid Umé[Note 2] et le peintre Jean-Mathieu Nisen en [24].

À partir des années 1840, « l'abandon que les Liégeois semblent faire trop souvent de leurs droits et la négligence qu'ils mettent à les exercer » invitent « le gouvernement pontifical à prendre en main l'administration du Collège »[25]. Les intentions du gouvernement pontifical au sujet de la fondation sont d'inclure des Romains dans le conseil d'administration, d'étendre la concession des bourses à de jeunes romains et de les attribuer tout d'abord à des élèves en théologie sur base de la clause « Exclusis artibus maechanicis » du testament de Lambert Darchis[12]. Les tensions provoquées à propos de la nomination des pensionnaires entre la députation provincial de Liège et le gouvernement pontifical sont telles que le gouvernement belge est forcé d'intervenir dans la seconde moitié des années 1840[26],[27].

Après des concessions réciproques, un accord est finalement conclu en 1848[26],[27] qui stipule que les administrateurs de la fondation doivent être liégeois, même si « la légation belge admet la surveillance d'un cardinal protecteur »[28], et que les bourses doivent « être réparties, par parts égales, entre les élèves en théologie et les artistes ; les uns et les autres choisis en tenant compte des dispositions testamentaires de Lambert Darchis »[25]. L'accord est ratifié avec la création d'un nouveau règlement du Collège en 1851[29],[30].

Adrien de Witte, Portrait de M. Prosper Drion, 1877 (eau-forte et pointe sèche ; 21 × 11 cm), Minneapolis, Minneapolis Institute of Art.

La même année, des tensions surgissent entre la députation provinciale de Liège et les administrateurs de la fondation au sujet de la nomination du pensionnaire remplaçant Charles Coumont[31],[28]. La première désigne le peintre verviétois résidant à Liège Gilles Grandmaison, alors que le choix des administrateurs se porte sur le sculpteur liégeois Prosper Drion[32]. Aux plaintes de la députation, le gouvernement répond le qu'il est forcé de reconnaître « que le droit de nommer les boursiers appartient au Collège des administrateurs de la fondation, sous le contrôle de la Cour de Rome, et que l'arrêté du n'avait, pour cette administration, aucune force obligatoire »[32]. De fait, l'incident retire la possibilité pour la députation de désigner, et même de présenter, à l'avenir des candidats aux bourses de la fondation[31].

Parmi les artistes désignés seulement par les administrateurs de la fondation les décennies suivantes, Alfred Micha liste en 1910 : « Victor Fassin, l'auteur du tableau Le Bon Samaritain au Musée de Liège ; Adrien de Witte, peintre, graveur, directeur actuel de l'Académie des Beaux-Arts ; le sculpteur animalier Léon Mignon, les peintres Léon Philippet et Pierre Joseph Antoine ; le sculpteur Jean Pollard, auteur du groupe Les Abandonnés au square Rouveroy ; Henri Simon, artiste peintre, l'auteur des pièces wallonnes Bleu Bixhe et Cour d'Ognon ; le sculpteur-peintre Hippolyte Le Roy ; le peintre de marines Alexandre Marcette »[33].

François Maréchal, L'Olivier, (eau-forte ; 39,7 × 29,5 cm ; Inv. Kunel d'Italie no 46), collection privée.

À partir de 1886, les revenus locatifs de la fondation diminuent drastiquement à la suite d'une « crise du bâtiment » à Rome[34]. Qui plus est, « le banquier, auquel des fonds assez importants de la fondation avaient été confiés, tombe en déconfiture »[33]. Ces circonstances amènent la fondation à ne plus avoir que deux pensionnaires au lieu de quatre et vu que les administrateurs se chargent seuls de la collation des bourses, « celles-ci, pendant nombre d'années, sont exclusivement réservées à des élèves s'adonnant aux études théologiques »[33]. La situation ne se débloque finalement qu'en lorsque la bourse de 1 200 lires est concédée au graveur François Maréchal[35], premier artiste à en bénéficier depuis Hippolyte Leroy en 1886[36]. Néanmoins, vu l'insuffisance des fonds alloués par la fondation, la ville de Liège dote d'un complément le montant de la bourse[35]. Après le retour de Maréchal en 1905, comme « sa bourse et une autre étaient devenues vacantes », le peintre Richard Heintz et le sculpteur Georges Petit sont admis en comme pensionnaires, dans les mêmes conditions que Maréchal[35].

Fonctionnement dans l'actualité

Par un acte notarié authentique passé le et complété le , la fondation officialise sa situation juridique et, en même temps, précise son objet social, son organisation et son fonctionnement[37],[38]. En 2008, la fondation décide de s’ouvrir aux étudiants laïcs du diocèse de Liège qui effectuent des études en sciences religieuses, soit dans le cadre de l’Institut supérieur de Catéchèse et de Pastorale, soit dans le cadre de la Faculté de théologie de l’université catholique de Louvain[29].

Pour financer son activité, la fondation exploite l’immeuble de la Via di Monte d’Oro, qui forme l’essentiel de son capital. Ses proviseurs sont les responsables de poursuivre cette activité, « dans l’esprit de celui qui en est l’initiateur et le bienfaiteur insigne »[2],[29]. Selon les ressources disponibles, la fondation offre chaque année une ou plusieurs bourses d’étude permettant à des jeunes de perfectionner leurs connaissances ou leur art à Rome[29]. Depuis sa création, l'institution a soutenu plus de 220 prêtres, 175 artistes et une cinquantaine de professions diverses (juristes, médecins…)[30].

Conseil d'Administration

La composition du conseil d'administration de la Fondation Lambert Darchis en 2025 est la suivante[29] :

  • Président :
  • Proviseurs :
    • Catherine Francotte (depuis 2014)[39] ;
    • Yves Charlier (depuis 2014)[39] ;
    • Gabriel Quicke, proviseur secrétaire, représentant légal ;
    • Philippe Schillings, OFM ;
    • Benoît Malvaux, SJ ;
    • Auguste Francotte, proviseur honoraire (depuis 2014)[39].

Boursiers de la fondation Lambert Darchis

Notes et références

Annexes

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