Joël Guerriau
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24 septembre 2023
LIRT (2017-2025)
| Joël Guerriau | |
Joël Guerriau le 13 septembre 2016. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Sénateur français | |
| – (14 ans et 5 jours) |
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| Élection | 25 septembre 2011 |
| Réélection | 24 septembre 2017 24 septembre 2023 |
| Circonscription | Loire-Atlantique |
| Groupe politique | UCR/UDI-UC/UC (2011-2017) LIRT (2017-2025) |
| Successeur | Marie-Pierre Guérin |
| Maire de Saint-Sébastien-sur-Loire | |
| – (22 ans, 3 mois et 20 jours) |
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| Réélection | 23 mars 2014 |
| Prédécesseur | Martine Laurent |
| Successeur | Laurent Turquois |
| Co-président du groupe Union du centre et de la droite à Nantes Métropole | |
| – (13 ans, 1 mois et 3 jours) |
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| Avec | Laurence Garnier |
| Successeur | Alain Vey |
| Conseiller général de la Loire-Atlantique | |
| – (15 ans) |
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| Circonscription | Canton de Nantes-10 |
| Prédécesseur | Martine Laurent |
| Successeur | Anne-Sophie Lamberthon-Guerra |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Uckange, France |
| Nationalité | Français |
| Parti politique | UDF NC UDI MR Horizons (2022-2023) |
| Diplômé de | Université Panthéon-Sorbonne |
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Joël Guerriau, né le à Uckange (Moselle), est un banquier, professeur et homme politique français. Il commence sa carrière dans le secteur bancaire (Crédit du Nord de 1982 à 1988, Crédit Mutuel de 1992 à 2005 puis la Caisse d’Épargne entre 2005 et 2011) et enseigne le marketing dans les années 1990.
Il lance en parallèle une carrière politique : il est maire de Saint-Sébastien-sur-Loire (Loire-Atlantique) pendant deux décennies, de 1995 à 2017, et conseiller général de Loire-Atlantique pendant 15 ans à la même période. En 2011, il est élu sénateur de la Loire-Atlantique sous une étiquette de centre-droit (Nouveau Centre), réélu en 2017 avec l'UDI, puis rejoint un temps en 2022 la majorité présidentielle en adhérant au parti Horizons.
En , il est suspendu de son parti et de son groupe parlementaire après avoir été mis en examen pour avoir drogué au MDMA la députée Sandrine Josso dans le but de la violer. Il démissionne de son mandat de sénateur en . En , il est condamné à quatre ans de prison, dont dix-huit mois fermes pour avoir drogué intentionnellement la députée dans l'objectif de l’agresser sexuellement ou de la violer. Il est également condamné à cinq ans d'inéligibilité. Il fait appel de sa condamnation.
Vie professionnelle
Joël Guerriau suit ses études à l'université Panthéon-Sorbonne, obtenant un DEA d'économie monétaire et bancaire[1]. Il est chef de projet puis sous-directeur de la monétique au Crédit du Nord (1982-1988), sous-directeur du développement chargé de la monétique et du marketing à la confédération nationale du Crédit mutuel et membre du comité exécutif Cartes bancaires (1988-1989).
Il est chargé d'enseignement en marketing à l'université de Clermont-Ferrand 1 et à HEC management (1990-1996).
Il est directeur du développement, membre du comité de direction générale des fédérations du Crédit mutuel de Nantes et Angers (1992-1996), directeur du réseau du groupe de Nantes, puis directeur central du Crédit mutuel de Loire-Atlantique Centre Ouest (1997-2005)[2].
Il préside Finances et Pédagogie[3] (2005-2011).
De à , il est directeur général à la Fédération nationale des Caisses d’épargne[4],[5], puis, de 2008 à 2011, vice-président de l'Institut mondial des Caisses d'épargne.
Il est également l'auteur de livres pour enfants[6].
Parcours politique
En 1996, à l'âge de 37 ans, il est élu maire de Saint-Sébastien-sur-Loire, une commune de 26 000 habitants limitrophe de Nantes. Il est réélu en 2001 avec 70,3 % des suffrages[7] et, en 2008, face au député de Loire-Atlantique Dominique Raimbourg avec 58,79 % des voix, puis en 2014 avec 62,64 % des suffrages.
Un rapport de la chambre régionale des comptes met en cause en 2015 sa gestion financière de la commune, et pointe en particulier l'inflation (+88,7 % en quatre ans) des dépenses de « fêtes et cérémonies », des frais de voitures ou des dépenses de bouche injustifiés, ou encore l'achat par la municipalité de 1 500 livres de Joël Guerriau[8].
Il quitte ses fonctions le en raison de la loi sur le non-cumul des mandats et est remplacé par son premier adjoint Laurent Turquois[9].
Élu conseiller général de la Loire-Atlantique (Canton de Nantes-10) en 1996, son mandat est renouvelé en 2001 puis en 2008, dès le 1er tour, jusqu'au .
Sénateur de Loire-Atlantique d' à , il est vice-président du groupe Les Indépendants, vice-président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense, membre du bureau du Sénat.
En 2022, il adhère au parti Horizons, fondé par l'ancien Premier ministre, Édouard Philippe.
Son épouse Christine Guerriau est engagée en politique à ses côtés comme assistante parlementaire, élue LR au conseil régional et conseillère municipale de Saint-Sébastien-sur-Loire[8].
Le quotidien Libération soutient dans une enquête de 2023 que Joël Guerriau « avait fait du clientélisme et des manœuvres politiques une ligne de conduite », tant comme maire que comme sénateur[8].
Suite aux accusations de violences sexuelles et de soumission chimique de la députée Sandrine Josso, il annonce le sa démission de son mandat de sénateur, avec effet au [10]. Il est condamné en 2026 et fait appel.
Controverses
Allégations de piratage informatique
Joël Guerriau avait fait parler de lui en en publiant une photo de pénis en érection dans un tweet répondant au sénateur Bruno Retailleau. Il prétexte un piratage, en indiquant que ses collaborateurs twittaient aussi pour son compte[11]. Ayant d'abord annoncé vouloir porter plainte, il y avait finalement renoncé, indiquant que « l’affaire avait été réglée en interne »[12].
Liens avec des régimes autoritaires
Membre du groupe d'amitié France-Pays du Golfe au Sénat, Joël Guerriau a défendu, comme d'autres parlementaires de droite et du centre, des positions pro-Qatar, selon Le Canard enchaîné, notamment sous l'influence du lobbyiste Emmanuel Dupuy[8].
Il est présent en qualité d'observateur à l'élection présidentielle russe de 2018, à la demande du Conseil de la fédération russe, au sein d'une délégation comprenant principalement des personnalités d’extrême droite. L'élu est épinglé par une ONG, la Plateforme européenne pour des élections démocratiques (EPDE), qui dénonce les fausses opérations de surveillance[8].
Il est également présent en Azerbaïdjan à l'occasion des élections législatives de 2020, où il affirme auprès de la presse locale que les « élections se sont déroulées de manière positive », bien que le pays soit généralement considéré comme une dictature[8].
Procès pour tentative de viol ou d'agression sexuelle
Faits reprochés
Le soir du , le sénateur donne rendez-vous chez lui à la députée MoDem Sandrine Josso avec laquelle il entretient des liens d’amitié[13]. Elle relate avoir été prise de malaise et obligée de quitter les lieux précipitamment. Selon l'avocate de la députée, cette dernière a vu le sénateur prendre un petit sachet plastique contenant quelque chose de blanc[14]. Dans la foulée, elle est prise en charge à l'hôpital pour des examens, et fait l’objet de prélèvements dont l’analyse révèle la présence d’ecstasy dans son organisme.
Lors de la perquisition, de l’ecstasy est retrouvée au domicile du sénateur[15],[16]. Joël Guerriau dément les faits[17], et prétexte une erreur de manipulation : il aurait obtenu d'un collègue sénateur un « euphorisant » censé l'aider dans une période « sombre », l'aurait mis dans un verre, oublié, et aurait utilisé ce verre par erreur pour servir Sandrine Josso[18].
Pendant leur rencontre, Guerriau change à plusieurs reprises l'intensité de la lumière, ce qui interpelle Josso. Par la suite, un médecin l'informe que cela sert à activer l'effet de la drogue. En outre, Guerriau l'a fait trinquer à plusieurs reprises, comme s'il cherchait à la faire boire[19].
Condamnation et suites politiques
Le , Joël Guerriau est interpellé à son domicile parisien et placé en garde à vue pour « administration à une personne, à son insu, d’une substance de nature à altérer son discernement ou le contrôle de ses actes, dans le but de commettre un viol ou une agression sexuelle » par la police judiciaire à la suite d'une plainte de Sandrine Josso[13]. La procédure ayant été ouverte pour flagrance, son placement en garde à vue n'a pas nécessité la levée de son immunité parlementaire[17]. À l'issue de sa garde à vue, le sénateur est mis en examen et placé sous contrôle judiciaire[20].
Le , il est suspendu de son parti Horizons[21] et de son groupe parlementaire (Les Indépendants)[18], qui entament aussi des procédures disciplinaires pouvant conduire à son exclusion[22]. Il est invité par Gérard Larcher, président du Sénat « à démissionner de ses fonctions de secrétaire au bureau du Sénat et de vice-président de la commission des affaires étrangères (…) le temps que la justice (…) puisse éclaircir les faits »[22]. Le sénateur exprime cependant son souhait de continuer à exercer son mandat[23],[24]. Le , il est interrogé pendant plusieurs heures par le tribunal de Paris au sujet de recherches suspectes (« Drogue et viol », « effets de l'ecstasy ghb » ou encore « achat ghb ») effectuées sur Google, à partir de son téléphone, le , soit cinq semaines avant la tentative de soumission chimique de Sandrine Josso. Le , il consent à cesser de siéger au Sénat[25]. Le , il annonce cependant son refus de démissionner, au motif que « ce serait totalement injuste car la justice n'a pas tranché »[26].
En , l'association anticorruption Anticor écrit au président du Sénat, Gérard Larcher, dénonçant le fait que Joël Guerriau, en retrait du Sénat sans avoir démissionné de son mandat, continue de bénéficier de la totalité de son indemnité mensuelle de 7 000 euros brut[27].
En , dans un témoignage confié lors de l'émission Complément d'enquête, une autre femme affirme que Joël Guerriau avait abusé sexuellement d'elle après l'avoir droguée à son insu, au cours d'une soirée de [28],[29].
Le , le parquet de Paris requiert un procès contre Joël Guerriau[30], qui se déroule au tribunal correctionnel de Paris du au [31]. Il y est reconnu coupable d'avoir drogué Sandrine Josso en vue de commettre une agression sexuelle, et est condamné à 4 ans de prison, dont 18 mois fermes avec mandat de dépôt différé sans exécution provisoire, une inéligibilité pendant cinq ans et une obligation de soins. Joël Guerriau annonce faire appel de cette décision[32],[33].
Résultats électoraux
Élections sénatoriales
| Année | Parti | Département | Voix | % | Rang | Sièges | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 2011 | NC | Loire-Atlantique | 458 | 18,05 | 3e | ||
| 2017 | UDI | 563 | 20,43 | 2e | |||
| 2023 | DVC (HOR) | 643 | 21,51 | 3e | |||
Élections cantonales
| Année | Nuance | Canton | 1er tour | Issue | |||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Voix | % | Rang | |||||
| 2001 | DVD | Nantes-10 | 7 584 | 54,95 | 1er | Élu | |
| 2008[34] | DVD | Nantes-10 | 8 623 | 53,86 | 1er | Élu | |
Élections municipales
| Année | Nuance | Commune | Position | 1er tour | Sièges (CM) | |||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Voix | % | Rang | ||||||
| 2001[35] | LDV | Saint-Sébastien-sur-Loire | Tête de liste | 7 586 | 70,47 | 1er | ||
| 2008[36] | DVD | 7 520 | 58,79 | 1er | ||||
| 2014[36] | UDI | 7 549 | 62,64 | 1er | ||||