Khan ad-Duwayr
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Khan ad-Duwayr (خان الدوير) est un village palestinien du sous-district de Safed. Il était situé sur le trajet traditionnel des caravanes circulant entre la Palestine, la Syrie et le Liban [1].Comme des centaines d’autres villages, il est dépeuplé au cours de la guerre de Palestine de 1948 le 30 mai 1948 par le premier bataillon du Palmach à une date inconnue.
| Pays | |
|---|---|
| Sous-district | |
| Partie de | |
| Superficie |
5,6 km2 |
| Altitude |
200 m |
| Coordonnées |
| Population |
155 hab. () |
|---|---|
| Densité |
27,7 hab./km2 () |
| Événement clé | |
|---|---|
| Dépeuplement |
28 mai 1948 |
Toponymie
Selon Palmer, Khân ed Duweir signifie le caravansérail du petit couvent ou cercle[2].
Géographie
Khan ad-Duwayr relevait du sous-district de Safed et se trouvait à 35 kilomètres au nord-est de son chef-lieu, Safed[1], dans le doigt de Galilée.
Construit à une altitude d’environ 200 m, le village était situé dans le nord-est de la vallée de la Houla. Une route secondaire le reliait à Safed en Palestine et Banyas en Syrie proche. Les villages voisins étaient Dafna à l'ouest (village arabe expulsé par les sionistes en 1938) et Al-'Abisiyya au sud. Au nord et à l'est, le village était frontalier avec la Syrie. L'administration britannique le classait comme un hameau[1].
En 1945, la superficie totale des terres du village était de 5588 dounams (5.6 kilomètres carrés), dont plus de la moitié (3054 dounams, soit 305 hectares) appartenaient à des Juifs ; les Arabes possédaient 2163 dounams (216 hectares) et il y avait 317 dounams (32 hectares) de terres publiques [1]. Sur le total, 411 dounams (41 hectares) étaient incultes [1], 2067 dounams (207 hectares) étaient classés comme plantations ou terres irrigables et seulement 96 dounams (10 hectares) consacrés aux céréales[1].
Histoire
Cité antique de Laish ou Dan
Le village a un khirbat appelé Tall al-Qadi, à 1 km au nord-ouest du village[3]. Tell el-Qadi a été identifié comme le site de la ville hébreue de Laish depuis le milieu du 19e siècle[4]. Des fouilles à Tell el-Qadi (nom arabe du site) ou Tel Dan (nom israélien) ont permis d’éclairer la période allant de l’Âge du Bronze ancien à l’Âge du Fer IIB, quand la ville est détruite par les armées de Tiglath-Phalazar III en 733/2 av. J.-C. Des activtés cultuelles et/ou une occupation du site se maintiennent jusqu‘à l’Empire romain[5].
Empire ottoman
En 1875, Victor Guérin visite Khan Doueir qui a la taille d’un hameau. Un petit bois de chênes, de yeuses et de pistachiers térébinthes pousse à proximité[6]
En 1881, le rapport du Palestine Exploration Fund décrit Khan ed Duweir comme « Deux maisons qui abritent une vingtaine de musulmans ; situées sur la pente d’une colline près de rivières, avec des oliviers et des terres arables autour »[7].
Mandat britannique
En 1917-1918, les combats de la campagne du Sinaï et de la Palestine permettent au Royaume-Uni de faire la conquête de la Palestine. La région de Zir'in est conquise entre le 20 et le 25 septembre 1918 lors de la bataille de Megiddo et la Palestine est administrée comme territoire conquis jusqu'en 1923 puis sous l'autorité d'un mandat de la Société des Nations.
Au recensement de la Palestine mandataire de 1931 conduit par les autorités britanniques, la population de Khan ed-Duwair est de 137 habitants, tous musulmans dans 29 maisons[8].
Dans les Statistiques de Village de 1945, aucun Arabe n’est compté comme habitant, alors que le kibboutz de Dan (kibboutz) a une population de 260 habitants[9].
Guerre de 1948

Dans le plan de partage de la Palestine voté par l’assemblée générale des Nations unies le 29 novembre 1947, Khan al-Duwayr est attribué à l’État juif[10].
La date précise de dépeuplement de Khan al-Duwayr n’est pas connue[11]. Étant donné sa situation excentrée, il est probable que les milices sionistes n'y sont pas entrées avant fin mai 1948 ; il est aussi possible que, situé entre Dafna et la Syrie, les raids sionistes partant de ce kibboutz vers le territoire syrien s'en soit emparé au début de mai ou lors des offensives de la Haganah pour le contrôle de la frontière, en avril[1].
Le 12 avril 1948, Israël Galili écrit à Yossef Weiz, recommandant la création de colonies sur le site de plusieurs villages arabes, dont Khan al-Duwayr, « aussitôt que possible ». Norman Finkelstein, citant Benny Morris, note que cette remarque a été faite même pour des villages qui n’étaient pas encore dépeuplés[12],[13].
Le 22 avril 1948, le commandement de la Haganah accepte de fournir les effectifs nécessaires pour la colonisation sur les terres non−arabes dans plusieurs villages arabes, dont Khan al-Duwayr[14].
Période israélienne
Selon l’accord d’armistice israélo-syrien, Khan al-Duwayr fait partie de la zone démilitarisée après la guerre de 1948. Israël a cependant progressivement expulsé tous les habitants arabes de la zone, utilisant la politique de la carotte et du baton[15].
Dafna est situé à 3 km au sud-ouest du site de Khan al-Duwayr, et Dan est à 2 km à l'ouest. Aucun des deux n'est construit sur les terres du village[3].
Le kibboutz de Snir est construit sur les ruines du village.
Voici comment Walid Khalidi décrit ce qui subsiste du village en 1992 : « Le site est abandonné, recouvert par l'herbe. Seules les ruines d'un khan (caravansérail) sont visibles. Les terres autour sont cultivées par des Israéliens, ou utilisées comme pâturages ou pour des forêts »[3].
Voir aussi
Bibliographie complémentaire
- Ilan Pappé, Le Nettoyage ethnique de la Palestine, Paris : La Fabrique éditions, 2024 (2e édition en français). (ISBN 978-2-35872-280-3) ;
- Rosemarie Esber, Under the Cover of War : The Zionist Expulsion of the Palestinians, Arabicus Books & Media LLC : 2000. (ISBN 978-0-98151313-3)
Articles connexes
Liens externes
- Welcome To Khan al-Duwayr
- Khan al-Duwayr, Villages of Palestine
- Khan al-Duwayr, Zochrot
- Survey of Western Palestine, Map 2: IAA, Wikimedia commons
