Khirbat Jiddin
village de Palestine mandataire
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Khirbat Jiddin (خربة جدين) est un village palestinien du sous-district d'Acre, connu à l’époque du royaume de Jérusalem comme le château de Judin. Comme des centaines d’autres villages, il a été dépeuplé lors de la guerre de Palestine de 1948, le 11 juillet 1948.
Le château teutonique, construit en 1220, détruit en 1271 est reconstruit dans les années 1760 puis à nouveau détruit en 1775. Ses ruines sont intégrées au parc national de la forteresse de Yehi'am (en).
Toponymie
Littéralement, le nom du village signifie les ruines de Jiddin (voir Khirbet).
Géographie
Le village était situé à 375 mètres au-dessus du niveau de la mer, à 16 kilomètres au nord-est d’Acre (Akka)[1].
Les localités voisines étaient al-Kabri et Tarshiha au nord, Yanuh au sud-est, Abou Sinan (en) au sud, Amqa au sud-ouest et al-Ghabisiyya à l’ouest[1]. Le wadi Jiddin, profondément encaissé, passe au sud du village, dans une zone boisée[1].
En 1945, la répartition de la propriété des terres en dounams était[2],[3] :
| Propriétaires | Dounams |
|---|---|
| Arabes | 4,238 |
| Juifs | 3,349 |
| Total | 7,587 |
Utilisation des terres en 1945[2],[3],[4] :
| Utilisation des terres | Arabes | Juifs |
|---|---|---|
| Céréales[5] | 22 | 32 |
| Non-cultivable | 4216 | 3317 |
Histoire
Empire byzantin
Le site était habité sous l’Empire byzantin[6].
Croisades
Les croisés appelaient le lieu Judin ou Judyn. Un château y est construit par l’ordre Teutonique après mai 1220, date à laquelle l’ordre achète le village voisin de Shifaya[7],[8]. Le village tombe aux mains du sultan Baybars entre 1268 et 1271. En 1283, Burchard de Mont Sion décrit le château détruit[8],[9].
En 1322, Marino Sanuto y fait référence comme au château des chevaliers teutoniques[10].
Empire ottoman
La Palestine est conquise par les armées de l'Ottoman Sélim Ier en 1517, grâce à leur victoire sur les armées mameloukes à la bataille de Marj Dabiq, et annexée à l'Empire ottoman.
Les ruines actuellement visibles sont construites au 18e siècle par Dahir al-Umar, le chef bédouin qui devient gouverneur ottoman de la Galilée, qui l‘appelle Qal'at Jiddin (arabe : قلعة جدين)[11],[6]. Actuellement, il est généralement appelé forteresse de Dahr al-Omar, sauf par les Israéliens qui l’appellent le château de Yehiam et la considèrent comme un château croisé[12],[13]. La forteresse est construit autour de deux tours avec une enceinte extérieure[14]. Le mur d’enceinte, les tours et les douves datent du 18e siècle, ainsi que la porte d‘entrée coudée, voûtée d’une manière similaire à celle qui prévalait à l’époque croisée[15]. La salle voûtée au niveau inférieur du château est le soubassement d’une résidence palatiale comprenant une petite mosquée et des bains. Le toit de la salle repose sur une série de piliers carrés du côté de la pente. Les murs sont dotés de puits et d’ouvertures pour les tirs d’artillerie. La mosquée est un petit bâtiment initialement couverte de quatre voûtes en croisée d’arêtes reposant sur un pilier central. Les bains sont un petit bâtiment alimenté en eau par des puits proches[14].
L’Italien Giovanni Mariti visite "Geddin" dans les années 1760 et affirme avoir reçu un accueil généreux par le cheikh gardant la place forte pour Dahir[16].
Le successeur de Dahir al-Omar, Djezzar Pacha, fait raser la forteresse vers 1775[6].
La carte de Pierre Jacotin dessinée à partir des notes prises lors de la campagne d’Égypte et de Syrie du général Napoléon Bonaparte montre la forteresse, qui est nommée Château de Geddin[17].
Victor Guérin visite le site de Kalla't Djeddin en 1875. Le château est alors en ruines et occupé seulement le soir par les bergers qui y parquent leurs troupeaux. Il décrit sa construction en moyen appareil régulier et ses deux grandes tours carrées qui ont perdu leur couronnement. Leurs salles sont alors en très mauvais état. Les marches des escaliers ont été en partie retirées. Il note également les « magasins et écuries » en arcades, les citernes taillées dans le roc sous la cour pavée. « En-dessous se trouve une seconde enceinte, flanquée de tours semi-circulaires [qui] contient intérieurement les vestiges de nombreuses maisons démolies, des citernes[...][18] ».
Mandat britannique

De 1915 à 1918, les combats de la campagne du Sinaï et de la Palestine permettent au Royaume-Uni de faire la conquête de la Palestine. La région de Khirbat Jiddin est conquise fin 1918 et la Palestine est administrée comme territoire conquis jusqu'en 1923 puis sous l'autorité d'un mandat de la Société des Nations.
Les ruines sont habitées à partir de cette période par les Bédouins de la tribu des al-Suwaytat et qui pratiquent principalement l’élevage[19]. Un village se construit au pied de la forteresse ottomane[1]. D’après les statistiques de Village, ils cultivaient aussi l’orge et le tabac sur 22 dounams (2,2 hectares)[20],[19]. Des Juifs cultivaient les 32 dounams de terres officiellement classées comme cultivables[19].
En 1945, les populations de Khirbat Jiddin et de la tribu bédouine des Arab al-Suwaytat qui campaient autour sont estimées ensemble à environ 1500 personnes[1],[2].
Guerre de 1948
- Vue générale de la forteresse (2015).
- Vue des créneaux (2009).
- Salles voûtées (2010).
- Intérieur d’une tour avec puits (2026).
- Mosquée de Khirbat Jiddin.
- Colons du kibboutz de Yehiam patrouillant dans les ruines de la forteresse (mai 1948).
Dans le plan de partage de la Palestine voté par l’assemblée générale des Nations unies le 29 novembre 1947, Khirbat Jiddin était attribué à l’État arabe[21].
Le 27 mars 1948, un convoi à destination des kibboutzim de Yechiam et transportant ravitaillement et munitions est attaqué à proximité d’al-Kabri. Les miliciens de la Haganah ont 47 morts dans l‘embuscade. Voir attaque du convoi de Yehiam (en)
Début juillet 1948, pendant la guerre pour la Palestine, la brigade israélienne Sheva ou la brigade Carmeli s’empare de Khirbat Jiddin au cours de l’opération Dekel[1].
Le kibboutz Yehiam est fondé en 1946[22]. Yehiam[20] par des membres de Qiryat Chayyim. Le village lui-même est construit en novembre 1947[1].
Après la guerre, Khirbat Jiddin est annexé par Israël. Ga'aton[20],[23] est également implanté sur les terres de Khirbat Jiddin en octobre 1948[1].
Voir aussi
Bibliographie complémentaire
- Ilan Pappé, Le Nettoyage ethnique de la Palestine, Paris : La Fabrique éditions, 2024 (2e édition en français). (ISBN 978-2-35872-280-3) ;
- Rosemary M. Esber, Under the Cover of War : The Zionist Expulsion of the Palestinians, Arabicus Books & Media LLC : 2000. (ISBN 978-0-98151313-3)
Articles connexes
Liens externes
- Palestine Remembered: Khirbat Jiddin
- Khirbat Jiddin, Zochrot
- Survey of Western Palestine, Map 3: IAA, Wikimedia commons
- Official archaeology website: Yehiam National Park « https://web.archive.org/web/20140306083444/http://old.parks.org.il/BuildaGate5/general2/data_card.php?Cat=~25~~728371949~Card12~&ru=&SiteName=parks&Clt=&Bur=838722428 »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?),
