La Remontrance paternelle

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Date
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Matériau
La Remontrance paternelle
Artiste
Date
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Type
Matériau
Dimensions (H × L)
71 × 73 cmVoir et modifier les données sur Wikidata
No d’inventaire
SK-A-404Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation

La Remontrance paternelle ou La conversation galante est une œuvre de Gerard ter Borch (le Jeune) peinte vers 1654 et conservée au Rijksmuseum Amsterdam.

Version conservée à la Gemäldegalerie (Berlin)
Copie par Charles Van Beveren, Amsterdam Museum
Copie anonyme, probablement perdue en Allemagne pendant la guerre

Le tableau représente une jeune femme portant une somptueuse robe de satin argentée qui attire immédiatement le regard et la place en centre d'intérêt. Elle est en conversation avec un homme en uniforme militaire, qui vient d'arriver puisqu'il tient encore son chapeau finement orné, sur ses genoux[1]. Il semble s’adresser à la jeune femme d’un geste de la main, les lèvres légèrement entrouvertes. Assise à côté de l’homme, une vieille femme baisse les yeux et sirote un verre de vin, paraissant indifférente à la conversation.

Derrière le fauteuil de l'homme, on aperçoit un chien ébouriffé et au fond du tableau se trouve un grand lit. Le décor est simple, mais le mobilier suggère une élégance féminine. La scène se déroule dans un boudoir : une bougie allumée, un miroir, une houppette, des peignes et un ruban qui traînent sur une table à sa gauche montrent qu'il s'agit d'une coiffeuse[2].

Gerard ter Borch a représenté la robe de satin argenté et chatoyant de son héroïne d'un réalisme saisissant, elle tranche avec les tons terreux du reste du tableau et attire le regard, avec son tissu brillant savamment plié, elle crée un charmant jeu avec le dos de la mystérieuse personne qui la porte[3].

Interprétation

Une gravure française de la fin du XVIIIe siècle de cette œuvre est intitulée « Remontrance paternelle », apparemment parce qu'on pensait qu'elle montrait un père réprimandant sa fille, tandis que sa mère, assise patiemment à ses côtés, sirotait un verre de vin.

Mais les historiens d'art modernes voient une tout autre interprétation. En effet l'interprétation du XIXe siècle et début XXe siècle présentait plusieurs problèmes et les analyses ultérieures se sont concentrées sur l'interaction entre l'homme et la jeune fille en tant qu'amants potentiels plutôt qu'en tant que père et fille. Le personnage autrefois identifié comme le père, manifestement un soldat et paraissant trop jeune pour être à la fois le père de la jeune fille et l'époux de la femme âgée, correspond plus aisément au rôle du prétendant. Deux hypothèses ont été avancées pour expliquer le sujet du tableau : une situation formelle où l’homme discute de fiançailles avec la jeune fille attentive ou une transaction dans un bordel. Les détails de la peinture sont suffisamment ambigüs pour que ter Borch ait laissé au spectateur le soin d’interpréter la scène représentée[4]

Sur la copie conservée à la Gemäldegalerie de Berlin réalisée par de ter Borch, lors d'une restauration, on découvrit que l'homme tenait une pièce de monnaie entre les doigts de sa main levée. On a suggéré que cela rendait l'interprétation de la scène de bordel plus plausible, car il est plus difficile de justifier la présence d'argent dans un contexte formel. Cependant, de nombreux détails du tableau peuvent tout aussi bien s'appliquer aux deux situations. La vieille femme peut être vue comme la proxénète de la jeune fille ou comme sa mère attentive. La robe élégante de la jeune fille et le soin qu'elle porte à son apparence, comme en témoignent les objets disposés sur la table, pourraient viser à attirer un client ou tout aussi bien, à lui trouver un mari. Le chien derrière la chaise rappelle de nombreuses représentations similaires de scènes domestiques de l'époque, mais il s'agit ici d'un chien errant plutôt que d'un épagneul choyé. Néanmoins, la posture rigide et droite de la jeune fille évoque davantage un cadre formel que l'atmosphère sordide d'un bordel. Le tableau suggère une sensualité sous-jacente : le grand lit domine la scène, les accessoires de beauté féminine sont disposés sur la table et le bonnet du soldat est orné de nombreuses plumes. Toutefois, cela n’exclut pas une scène formelle, car les contemporains de ter Borch auraient perçu les similitudes entre les deux situations. La présence du lit à proximité n’indique pas nécessairement qu’il s’agit d’une maison close : au XVIIe siècle, le lit était un meuble précieux, destiné à trôner dans la plus belle chambre.

Copies

Le tableau est très proche de Femme en robe de satin blanc peint probablement peu de temps auparavant.

Il existe deux versions réalisées par le peintre, une au Rijksmuseum[5], à Amsterdam, et l'autre à la Gemäldegalerie (Berlin)[6] Les deux tableaux sont datés d'environ 1654. La version Amsterdam mesure 71 cm par 73 cm, les centimètres supplémentaires à droite étant occupés par un chien et une porte. Les dimensions du tableau berlinois sont plus petites : 70 x 60 cm[4].

Le tableau semble avoir connu un succès immédiat, on connaît au moins 24 autres versions d'artistes différents. Dans « Les Pantoufles » daté d'environ 1658 de Samuel van Hoogstraten, le tableau est partiellement visible sur un mur à l'arrière-plan, la partie droite de la scène est masquée par une porte. Un petit garçon se trouve à côté de la jeune fille, l'œuvre copiée serait donc autre.

Historique

Liens externes

Références

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