Laurent Cars

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Naissance
Décès
(à 71 ans)
Paris
Période d'activité
Nationalité
Française
Laurent Cars
Jean-Baptiste Perronneau, Portrait de Laurent Cars, pastel,
Paris, musée du Louvre.
Naissance
Décès
(à 71 ans)
Paris
Période d'activité
Nationalité
Française
Activité
Maître
Élève
Lieu de travail
Mouvement
Père
Fratrie
Agathe Cars (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales
Andromède délivrée par Persée ; Hercule et Omphale ; Suzanne et les vieillards, etc.

Laurent Cars est un peintre et graveur français, né à Lyon le , et mort à Paris le .

Augustin de Saint-Aubin, Laurent Cars d'après Charles-Nicolas Cochin

Laurent Cars était l'arrière-petit-fils de Jean Cars, peintre « de peu de notoriété » selon Portalis & Béraldi[1], et de Marie Firens, fille d'un graveur réputé[2] ; et le petit-fils de François Cars, dit François I Cars, graveur, imprimeur, éditeur et marchand d'estampes (Paris -Lyon 1701) et premier graveur de la dynastie Cars, qui s'installera à Lyon au début des années 1660.

Son père, Jean-François Cars (1661-1738), est graveur également, à Lyon. Mais au commencement du XVIIIe siècle, tout en gardant son activité lyonnaise, il s'installe, aussi, à Paris, rue de la Savonnerie, près de la manufacture des Gobelins. C'est à cette adresse qu'il vend l'une de ses premières œuvres, un portrait gravé de Louis XIV[3]. Ce n'est que dans les années 1720 qu'il semble s'être définitivement installé à Paris. Il aura comme élèves, entre autres, François Boucher et Jean-Baptiste Perronneau[4]

Travaillant dans l'atelier de son père qui se consacrait aux estampes de thèses pour le fonds Odieuvre, Laurent Cars fut cependant placé auprès du peintre Joseph Christophe, membre de l'académie de Saint-Luc, afin d'exercer cet art, comme le rapporte l'abbé de Fontenai[5] :

« Étant tout jeune encore, il dessina d'après nature à l'Académie de Saint-Luc, se mit sur le rang, chaque fois qu'il y eut concours pour les médailles et remporta la première ; mais plusieurs années s'étant écoulées sans qu'on en distribuât aucune et cette académie ayant un trop grand nombre de couronnes à décerner, décida que tous ceux qui avaient gagné le premier prix concourroient ensemble et qu'un seul vainqueur le remporteroit. Cars rentra dans la lice et triompha de ses rivaux »[6].

Plan de Turgot, La rue Saint-Jacques à hauteur du collège du Plessis en 1739
Andromède délivrée par Persée d'après François Lemoyne
Iris au bain d'après François Lemoyne - 1731
Le Temps enlevant la Vérité d'après François Lemoyne

Mais, très vite, il revient à la gravure, Émile Dacier le citant avec Jacques-Philippe Le Bas comme élève de Nicolas-Henri Tardieu[7]. En 1724, il peint et grave en même temps le portrait de Michel-Celse-Roger de Bussy-Rabutin, évêque de Luçon. Cars débute surtout sa carrière par l'interprétation d'une œuvre d'un ami de sa famille, François Lemoyne qui vient de livrer l'un de ses chefs-d'œuvre en 1724 : Hercule et Omphale[8] ; toile exposée au Salon de 1725. Le jeune interprète grava également plusieurs autres toiles du maître de Boucher : l'Iris au bain, Andromède délivrée par Persée et Céphale enlevée par l'Aurore. « Ses planches ne sentent point la sujétion d'un graveur copiste, mais elles semblent l'ouvrage d'un même artiste qui aurait conçu et exécuté le même sujet » nous avoues Jean-Baptiste D. Lempereur[9].

Très vite, Cars livre une belle estampe d'après les Fêtes Vénitiennes de Watteau avant de se consacrer, en 33 planches restées célèbres, à l'interprétation des figures des Comédies de Molière d'après des dessins de Boucher (1734).

Agréé dès le , Laurent Cars est reçu à l'Académie Royale le , sur présentation des planches gravées des portraits du sculpteur Michel Anguier d'après Gabriel Revel, et du peintre Sébastien Bourdon d'après Hyacinthe Rigaud. En 1757, il y est nommé conseiller.

Les affinités du graveur de 32 ans avec le dernier, peintre d'origine catalane âgé de 74 ans, n'étaient d'ailleurs pas nouvelles. En effet, le père de Laurent Cars, Jean-François, avait également choisi une œuvre de Rigaud pour l'une de ses planches : le portrait du cardinal de Polignac et de l'évêque d'Angers, Michel Poncet de La Rivière (1722).

Suzanne et les vieillards d'après Jean-François de Troy

Laurent Cars fut également un témoin des artistes de son temps en gravant les portraits de Boucher, de Chardin (dont il fut un « merveilleux interprète » écrit Paul Lacroix[10]) et de son épouse, Marguerite Pouget. Auteur d'une vaste planche figurant la reine de France, Marie Leszczyńska, Cars produisit également le portrait d'une danseuse renommée, « La Camargo » d'après Nicolas Lancret et celui de Mademoiselle Clairon d'après Carle Van Loo, non moins célèbre actrice que le roi souhaitait flatter en lui offrant son portrait. Malgré son talent, Cars n'arriva pas à achever la tête de l'actrice et on sollicita dans un premier temps le graveur Wille, en 1763, pour ce travail. Ayant « la vue trop courte », c'est finalement à Beauvarlet que revint le privilège d'achever la planche[11].

Le graveur collabora ensuite avec Charles-Nicolas Cochin sur une série d'illustrations des Fables de La Fontaine d'après des dessins d'Oudry (1755).

Il traduisit également au burin plusieurs œuvres majeures et emblématiques de Jean-François de Troy : Suzanne et les vieillards ; Bethsabée au bain ; L'évanouissement d'Esther.

Installé rue Saint-Jacques à Paris juste face au collège du Plessis[12], Laurent Cars se consacra de plus en plus vers 1750 au commerce des estampes, notamment celles de son élève Jean-Jacques Flipart ainsi que les fonds hérités de son père (thèses). Ce fonds est acheté après sa mort par François Babuty, qui en publie le catalogue[13].

Mort le , « regretté autant par ses qualités morales et l'agrément de son esprit, que par ses talents »[6], Laurent Cars est inhumé le lendemain, , « juste au pied de son banc » en l'église Saint-Benoît-le-Bétourné[12]. À la démolition de celle-ci en 1831, les ossements sont portés aux catacombes.

En , Jacques-François Chéreau rachète une partie de son fonds[14].

Œuvres

Le graveur

L'éditeur

  • Recueil d'un grand nombre de vues des plus belles villes, palais, châteaux, maisons de plaisance de France, d'Italie, dessinés et gravés par Israël Sylvestre, quatre volumes, cinq cent cinquante-sept planches, 1750.
  • La tricoteuse endormie, gravure de Claude-Donat Jardinier d'après Jean-Baptiste Greuze.

Galerie de Portraits

Expositions

Musées et collections publiques

France

Finlande

Irlande

Pays-Bas

Pologne

Escorte d'équipages d'après Antoine Watteau

Royaume-Uni

Slovaquie

  • Galerie municipale de Bratislava, Hercule tuant Cacus, d'après François Lemoyne[18].

Suède

Suisse

États-Unis

Réception critique

Le malade imaginaire, d'après François Boucher
  • « Laurent Cars, l'un des meilleurs graveurs du XVIIIe siècle. Il mit dans ses ouvrages un goût qui n'était pas celui des graveurs du siècle précédent, qui peut-être ne lui doit pas être préféré, qui même n'aurait pas convenu aux tableaux que ces graveurs devaient rendre, mais qui fut inspiré à Cars par les gravures de Lemoyne. Les tableaux des grands maîtres d'Italie, ceux de Le Sueur, de Le Brun, de Mignard, avaient dans le faire une sorte d'austérité qui aurait été mal exprimée par l'aimable mollesse que Cars introduisit jusque dans les masses d'ombre. Dans Gérard Audran, le ragoût domine dans les parties de demi-teintes, et dans Cars c'est dans les parties ombrées. Ses chefs-d'œuvre sont les morceaux qu'il a gravés d'après Lemoyne, et surtout l'estampe d'Hercule filant auprès d'Omphale. » - Claude-Henri Watelet et Pierre-Charles Levesque[47]
  • « Laurent Cars peut être regardé, après Gérard Audran, comme le plus habile graveur dans le grand genre ; son Hercule et Omphale, son Allégorie sur la fécondité de la Reine, la Thèse de Ventadour, sont des chefs-d'œuvre ; le moelleux du pinceau, l'empâtement de la couleur, la finesse de la touche, y sont rendus avec une vérité, un sentiment rares. » - Biographie universelle, ancienne et moderne[6]
  • « Laurent Cars ne figure pas parmi les graveurs de Boucher, si ce n'est pour une seule pièce : un tableau d'histoire ! Son absence paraît d'autant plus surprenante que, d'une part, ce graveur, à coup sûr l'un des meilleurs de la première moitié du XVIIIe siècle, a été l'interprète favori du maître de Boucher, François Lemoyne, dont il a traduit supérieurement une douzaine de peintures ; que, d'autre part, il a été formé à la gravure en même temps que Boucher par son père Jean-François Cars ; enfin, qu'il a reproduit avec un rare bonheur les dessins de son ancien camarade d'atelier pour le Molière de 1734. » - Émile Dacier[7]
  • « Laurent Cars fut un des graveurs les plus estimés du XVIIIe siècle. Son dessin est correct et savant, sa touche est mœlleuse et expressive. » - Dictionnaire Bénézit[48]

Élèves

Notes et références

Annexes

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