Le Lorey
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| Le Lorey | |
L'église Saint-Martin. | |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Normandie |
| Département | Manche |
| Arrondissement | Saint-Lô |
| Intercommunalité | Saint-Lô Agglo |
| Maire Mandat |
Michel Savary 2020-2026 |
| Code postal | 50570 |
| Code commune | 50279 |
| Démographie | |
| Gentilé | Loréens |
| Population municipale |
555 hab. (2023 |
| Densité | 38 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 49° 05′ 38″ nord, 1° 18′ 23″ ouest |
| Altitude | Min. 38 m Max. 147 m |
| Superficie | 14,57 km2 |
| Type | Commune rurale à habitat très dispersé |
| Unité urbaine | Hors unité urbaine |
| Aire d'attraction | Saint-Lô (commune de la couronne) |
| Élections | |
| Départementales | Canton de Saint-Lô-1 |
| Législatives | Troisième circonscription |
| Localisation | |
| modifier |
|
Le Lorey est une commune française, située dans le département de la Manche en région Normandie, peuplée de 555 habitants[Note 1].
Hydrographie
La commune est entre Coutançais et Saint-Lois, situation géographique confirmée administrativement, la commune étant rattachée à l'arrondissement de Coutances et au Pays saint-lois. Elle est au centre du département de la Manche, une stèle marquant d'ailleurs un point calculé comme tel. Son bourg est à 5 km à l'ouest de Marigny, à 11 km au sud-est de Saint-Sauveur-Lendelin et à 13 km au nord-est de Coutances[1].
La route départementale no 972 (ancienne route nationale 172) joignant Coutances à Saint-Lô borde le territoire au sud. Le bourg y est relié par la D 102 qui rejoint au nord la D 141 reliant Coutances au Mesnil-Vigot. La D 53 traverse le nord-est du territoire et mène à Saint-Sauveur-Lendelin au nord-ouest et à Marigny à l'est. Le bourg y est relié par la D 341 qui à l'ouest permet de se rendre à Camprond.
La commune du Lorey est entièrement dans le bassin de la Douve — dont elle occupe l'extrême sud —, par son sous-affluent le Lozon qui délimite le territoire au nord-est. Un de ses affluents, passant au sud du bourg, collecte la plus grande partie des eaux du territoire communal.
Le point culminant (147 m) se situe en limite nord-ouest, près du lieu-dit la Billardière. Le point le plus bas (38 m) correspond à la sortie du Lozon du territoire, au nord-est. La commune est bocagère.
La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par le Lozon, la Venloue, le Cavron[4], le ruisseau de la Jusseliere[5], le cours d'eau 01 de la Carrière au Rey[6], le cours d'eau 01 de la Quesneliere[7], le cours d'eau 02 de la commune du Lorey[8], le cours d'eau 03 de la commune du Lorey[9], le fossé 01 de la Gourbiniere[10], le fossé 01 des Fosses Gahel[11], le Lozon[12], le ruisseau de la Jusselière[13] et divers autres petits cours d'eau[14],[Carte 1].
Le Lozon, d'une longueur de 25 km, prend sa source dans la commune de Cametours et se jette dans la Taute en limite de Marchésieux et de Tribehou, après avoir traversé dix communes[15].
La Venloue, d'une longueur de 15 km, prend sa source dans la commune de Camprond et se jette dans le Lozon en limite de Marchésieux et de Remilly Les Marais, après avoir traversé huit communes[16].
- Réseau hydrographique du Lorey.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[17]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[18]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[19] et est dans la région climatique Normandie (Cotentin, Orne), caractérisée par une pluviométrie relativement élevée (850 mm/a) et un été frais (15,5 °C) et venté[20]. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[21],[22].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,8 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 11,9 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 988 mm, avec 14,1 jours de précipitations en janvier et 8,2 jours en juillet[17]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Cerisy-la-Salle à 8 km à vol d'oiseau[23], est de 11,5 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 112,5 mm[24],[25]. La température maximale relevée sur cette station est de 39,1 °C, atteinte le ; la température minimale est de −7,9 °C, atteinte le [Note 2].
Urbanisme
Typologie
Au , Le Lorey est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[26]. Elle est située hors unité urbaine[27]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Saint-Lô, dont elle est une commune de la couronne[Note 3],[27]. Cette aire, qui regroupe 63 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[28],[29].
Occupation des sols
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (100 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (100 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (74,2 %), zones agricoles hétérogènes (17,1 %), terres arables (8,6 %)[30]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

Toponymie
Histoire
Guillaume de Camprond, seigneur du Lorey, reçut de Guillaume le Conquérant la terre de Berlingue qui fut par la suite échangée avec la terre de Montaigu. Enguerrand, son fils, pris part, en 1096, à la première croisade avec le duc de Normandie, Robert Courteheuse[34].
Dans la première moitié du XIIIe siècle, la paroisse relevait de l'honneur du Hommet[35],[36] et était la possession de Enguerrand de Camprond (Enguerramus de Campo rotundo tenet inde (du Hommet) feodum unius militis apud Loreium et Campum rotundum et alibi), qui est cité dans le livre des fiefs de Philippe Auguste[36].
Le territoire de la commune a été la propriété de la famille de Loré. Cette famille figure dans plusieurs chartes des XIIe et XIIIe siècles relatives à l'église Saint Martin-du-Lorey et a projeté plusieurs branches familiales en diverses provinces du royaume[37]. Cette même famille est également citée dès le XIe siècle dans la paroisse du Loreur. Lié à cette famille, Ambroise de Loré est l'un des vaillants capitaines du roi Charles VII et entre dans Orléans aux côtés de Jeanne d'Arc[37].
Au XIVe siècle, un Enguerrand de Camprond est seigneur du Lorey. Il portait : d'argent à un ray de gueules. En , le roi accorde à un Enguerrand de Camprond, seigneur du Lorey, chevalier, une foire sur sa terre sise à Montaigu, près de la chapelle Saint-Léonard, le , jour où l'on célèbre la fête de ce saint dans ladite chapelle.
Un aveu du rendu par Raoul de Camprond à haut et puissant seigneur Jean, sire de Montauban, de Landal, baron de Marigny, Say (Quettreville-sur-Sienne) et Cevilly, offre des renseignements sur le fief du Lorey : « Raoul de Camprond confesse et avoue tenir de mondit seigneur par foy et hommage un fief avec toutes ses appartenances nommé le fief du Lorey assis en la dite paroisse du Lorey et s'étendant ès paroisses de Camprond Hauteville tenu par un fief de haubert franchement et noblement… et par raison de son héritage le droit de patronage et droit de présenter aux églises dudit lieu du Lorey et Camprond et de la chapelle nommée de Belval lui appartient toutes fois qu'elles echeront vacantes. Item a dans son fief manoir, motte, coullombier, clausages, terres labourables, etc.… pour raison de quoy il confesse devoir audit seigneur par chacun an de rente tant luy que ses puisés et soutenants 44 mansoys pour graverie moitié à Pasques, moitié à la Sainct-Michel qui sont reçus sur ses hommes par son prevost qui les paye au prevost de Marigny lequel les rend au comptoir du roy à Coutances. Item doit le service d'un chevalier a la garde du chateau de Marigny une nuict et un jour par chacun an s'il en est nécessité… confesse encore devoir six deniers pour une paire d'éperons… un épervier par chacun an de rente à la Sainct Martin d'hyver »[38].
En 1540, on cite, Louis de la Luzerne, écuyer, seigneur du Lorey ; et, en 1598, Julien de la Luzerne, seigneur aussi du Lorey et de Camprond ; dans les premières années du XVIIe siècle, Antoine de La Luzerne, sieur du Lorey, et après lui, en 1613, Julien de La Luzerne, sieur du Lorey et de Saint-Hilaire ; dans le siècle suivant, en 1720, Jean Fraslin, écuyer, seigneur et patron du Lorey[38], et ensuite Clair Fraslin du Moncel (1688-1771), seigneur du Lorey et gouverneur de Granville[34]. Ce fut lui qui, en 1758, fit des préparatifs de défense pour repousser la flotte anglaise, commandée par Malborough, qui parut dans la baie de Cancale, et menaça Granville ; mais les Anglais, arrivés le , repartirent le [39].
Un Jean-Marie-François Fraslin, écuyer, figurait, comme seigneur et patron du Lorey, dans la grande assemblée des trois ordres du bailliage de Cotentin, en l'année 1789, qui se tint dans la nef de la cathédrale de Coutances, pour la nomination des députés aux États-Généraux[39].
Il y avait au XVIIe siècle, au Lorey, sept fiefs nobles. Antoine de Longaunay, marquis de Dampierre, détenait les fiefs du Lorey, de la Rucquetière (la Roquetière), de Campcerveur (Campserveux), de Belouze, du Chatel et de la Jusselière. Le fief de la verge de Montfort appartenait au prince de Rohan-Guémené. Le marquis de Dampierre possédait le seul moulin qui existait dans la paroisse : on le nommait le moulin de Campcerveur ; son revenu était de 300 livres[38].
On cite encore au Lorey une famille noble, nommée Leroy. L'un de ses membres, Jean Leroy, s'allia à la famille Michel, en épousant, en 1510, Anne Michel, dont le père était seigneur de Vesly (belval) et de la Michellière (Monthuchon). Nicolas et Jean, deux de leurs enfants, furent, le premier seigneur de la Huberdière, et l'autre seigneur du Plane. Cette famille qui portait d'argent à trois merlettes de sable, fit preuve, en 1666, d'une noblesse de quatre quartiers[39].
Le , la commune est le lieu de la bataille du Lorey entre Chouans et troupes républicaines.
Fief de Belouze
Dans la première moitié du XVIe siècle, Guillaume Michel († 1544), lieutenant général au bailliage de Saint-Sauveur-Lendelin, était seigneur de Belouze[40].
En 1673, Jacques Michel, écuyer, était sieur de Belouze, Cambernon, Isigny et Marivaux à Cambernon et possédait le fief du Lorey[41].
Politique et administration
Démographie
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[44]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[45].
En 2023, la commune comptait 555 habitants[Note 4], en évolution de −8,11 % par rapport à 2017 (Manche : +0,13 %, France hors Mayotte : +2,36 %). Le Lorey a compté jusqu'à 1 650 habitants en 1831.


