Lindsey Graham
homme politique américain
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Lindsey Graham, né le à Central (Caroline du Sud) et mort le à Washington, D. C., est un homme politique américain, membre du Parti républicain et sénateur de la Caroline du Sud au Congrès des États-Unis de 2003 à sa mort. Il avait été auparavant élu à la Chambre des représentants des États-Unis de 1995 à 2003.
| Lindsey Graham | ||
Lindsey Graham en 2024. | ||
| Fonctions | ||
|---|---|---|
| Sénateur des États-Unis | ||
| – (23 ans, 6 mois et 8 jours) |
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| Élection | 5 novembre 2002 | |
| Réélection | 4 novembre 2008 4 novembre 2014 3 novembre 2020 |
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| Circonscription | Caroline du Sud | |
| Législature | 108e, 109e, 110e, 111e, 112e, 113e, 114e, 115e, 116e, 117e, 118e et 119e | |
| Groupe politique | Républicain | |
| Prédécesseur | Strom Thurmond | |
| Successeur | Darline Graham Nordone | |
| Représentant des États-Unis | ||
| – (8 ans) |
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| Élection | 8 novembre 1994 | |
| Réélection | 5 novembre 1996 3 novembre 1998 7 novembre 2000 |
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| Circonscription | 3e district de Caroline du Sud | |
| Législature | 104e, 105e, 106e et 107e | |
| Prédécesseur | Butler Derrick | |
| Successeur | Gresham Barrett | |
| Représentant de Caroline du Sud | ||
| – (1 an, 11 mois et 22 jours) |
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| Élection | ||
| Circonscription | 2e district | |
| Prédécesseur | Lowell Ross | |
| Successeur | Bill Sandifer III | |
| Biographie | ||
| Nom de naissance | Lindsey Olin Graham | |
| Date de naissance | ||
| Lieu de naissance | Central (Caroline du Sud, États-Unis) | |
| Date de décès | (à 71 ans) | |
| Lieu de décès | Washington, D. C. | |
| Nationalité | Américaine | |
| Parti politique | Parti républicain | |
| Fratrie | Darline Graham Nordone | |
| Diplômé de | Université de Caroline du Sud | |
| Profession | Juriste Militaire |
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| Religion | Convention baptiste du Sud[1] | |
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Conservateur rallié au trumpisme, il faisait partie des politiciens américains qualifiés de « faucons », c'est-à-dire partisans de l'emploi de la force militaire pour régler les différends politiques ou commerciaux[2].
Biographie
Études et carrière militaire
Né au sein d'une famille modeste de Caroline du Sud, Lindsey Graham perd jeune ses parents[3]. Premier membre de sa famille à accéder aux études supérieures[4], il est diplômé en psychologie (Bachelor of Arts) de l'université de Caroline du Sud en 1977 et de sa faculté de droit en 1981. Il est juriste de formation.
De 1982 à 1988, il sert dans l'United States Air Force (USAF) au sein du Judge Advocate General's Corps (JAGC) avant de rejoindre en tant que réserviste la garde nationale aérienne de Caroline du Sud. Il atteint la limite d'âge et quitte ce corps mi-2015[3].
Il participe à la guerre du Golfe de 1991, où il enseigne aux soldats les lois de la guerre.
Carrière au Congrès des États-Unis
Représentant de Caroline du Sud
En 1992, Lindsey Graham est élu à la Chambre des représentants de Caroline du Sud pour le 2e district, siégeant de 1993 à 1995, puis en 1994 à la Chambre des représentants des États-Unis pour le 3e district congressionnel de l'État. Il devient un membre éminent et reconnu de la commission judiciaire parlementaire lors de la procédure d'impeachment contre le président Bill Clinton en 1998[5].
Sénateur de Caroline du Sud
En 2002, Lindsey Graham bat le démocrate Alex Sanders et il est élu au Sénat des États-Unis. Il reprend alors le siège laissé vacant par le centenaire Strom Thurmond, grande figure du ségrégationnisme[3]. Conservateur consensuel, Lindsey Graham est connu aussi pour sa liberté de parole, ses prises de positions quelquefois peu orthodoxes, sa recherche du compromis et se montre parfois très critique envers la ligne dominante au sein du parti républicain.
Il est souvent associé à d'autres sénateurs républicains conservateurs atypiques comme John McCain, qui est l'un de ses mentors[3], ou Chuck Hagel. En 2004, Lindsey Graham est promu colonel de réserve dans l'armée de l'air par le président George W. Bush. En 2008, il est réélu sénateur pour un deuxième mandat, face au démocrate Bob Conley. Proche de la famille Bush, il défend des positions interventionnistes sur les questions de politique étrangère[6].

Le , il est l'un des neuf sénateurs républicains à voter pour la nomination de Sonia Sotomayor à la Cour suprême des États-Unis, proposée par Barack Obama[7].
Le , il fait partie des cinq sénateurs républicains à voter pour la nomination d'Elena Kagan, elle aussi choisie par Barack Obama, à la cour suprême[8]. En 2012, il contribue toutefois au blocage du projet de nomination de Susan Rice au poste de secrétaire d'État, le sénateur John Kerry étant finalement désigné par le président Obama[3].

Il se déclare généralement opposé aux forages pétroliers en mer. Lindsey Graham annonce par ailleurs son intention de voter le projet de loi du président Obama sur le climat avant que l'examen de celui-ci ne soit repoussé, en raison notamment de la priorité donnée à l'annulation de la loi Arizona SB 1070 sur l'immigration.
Il est réélu sénateur pour un troisième mandat en 2014, face au démocrate Brad Hutto[3]. Le , il se déclare candidat aux primaires républicaines en vue de l'élection présidentielle de 2016. Il compte se démarquer par son expérience en diplomatie, faisant ses preuves au sein du comité sénatorial des affaires étrangères, ainsi que de son sens du compromis avec le camp démocrate, notamment sur le sujet de l'immigration, ce qui lui vaut régulièrement l'animosité du Tea Party[3]. Crédité d'intentions de vote très faibles, il renonce le [9].


Il participe aux réunions du groupe Bilderberg de 2015, 2016 et 2017[10],[11],[12].
En 2020, Barack Obama publie son livre de mémoires, A Promised Land, dans lequel il déclare : « Lindsey est le type qui trahit tout le monde pour sauver sa peau »[2].
En tant que président du Comité judiciaire du Sénat, il doit conduire à partir du les auditions d'Amy Coney Barrett, nommée juge assesseur par Donald Trump à la Cour suprême. Ses adversaires ne manquent pas de lui rappeler que, pour justifier le refus des républicains d'examiner la nomination à la cour suprême du juge Merrick Garland par Barack Obama en , il s'était engagé à ne pas pourvoir un siège laissé vacant durant la dernière année du mandat du président républicain[13].
Alors que des sondages le mettent en difficulté à l'approche des élections sénatoriales de 2020, Lindsey Graham fait face au démocrate Jaime Harrison, devenu le candidat le mieux financé de l'histoire sénatoriale américaine[14]. Cependant, les électeurs de Caroline du sud le réélisent pour un quatrième mandat, celui-ci affirmant dans son discours de victoire : « À tous les libéraux de Californie et New York : vous avez gaspillé beaucoup d'argent! C'est le pire retour sur investissement de l'histoire de la politique américaine »[15]. Il met en cause la régularité du processus électoral lors de l'élection présidentielle de 2020, cautionnant les propos de Donald Trump au sujet de « fraudes » qu'organiserait le parti démocrate[16]. À la suite de l'invasion du Capitole par des partisans de Donald Trump, il renonce à contester l'élection de Joe Biden[17]. Il est ensuite pris à partie et injurié par des partisans du président[18].
Le , lors du second procès en destitution de Donald Trump devant le Sénat, Jamie Raskin, Lead House Impeachment Manager (procureur général), rapporte la déclaration faite la veille par la représentante républicaine Jaime Herrera Beutler de l'État de Washington à propos de l'appel téléphonique de Kevin McCarthy à Donald Trump durant l'assaut[19] et demande que Herrera Beutler soit entendue comme témoin[20]. Le sénat vote tout d'abord par 54 voix contre 46 de procéder à l'audition de témoins mais le sénateur Lindsay Graham change son vote quelques minutes après, en menaçant sur Twitter : « Si vous voulez un délai, il sera long, avec beaucoup, beaucoup de témoins »[21],[22] : le sénat vote donc finalement à 55 voix contre 45 de procéder à l'audition de témoins[20]. L'après-midi, face à la menace de Michael Van Der Veen, avocat de Donald Trump, d'appeler une centaine de ses propres témoins et de citer Nancy Pelosi et Kamala Harris à comparaître comme témoins en personne et pas par visioconférence[23],[24],[25], Jamie Raskin et les responsables de la mise en accusation renoncent à leur demande d'entendre le témoignage de la représentante et acceptent de se contenter de lire sa déclaration au procès-verbal, permettant ainsi aux procédures de se poursuivre comme prévu[26],[27], probablement pour répondre au souhait de l'entourage du président Joe Biden de voir le procès se conclure rapidement afin que « l'attention du pays (et du Congrès) puisse se porter à nouveau sur les efforts du président dans la lutte contre la pandémie de Covid-19 et que le Sénat puisse se concentrer sur la confirmation des membres de son cabinet »[28],[29].
Il est pendant la guerre en Ukraine un contact privilégié de Paris et Bruxelles, qui souhaitent par son intermédiaire convaincre Donald Trump de durcir sa position contre la Russie. Il rencontre à de multiples reprises le ministre français des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot[2].
Après que les républicains aient remporté la majorité au Sénat lors des élections de 2024, Graham prend la présidence de la commission sénatoriale du budget lors de l'ouverture du 119e congrès[30].
En , Lindsey Graham officialise sa candidature à un cinquième mandat lors des élections sénatoriales de 2026, avec une campagne co-présidée par le sénateur Tim Scott et le gouverneur Henry McMaster[31]. En , il obtient le soutien du président Donald Trump[32]. En dépit du soutien de Trump, plusieurs figures du mouvement MAGA comme Joe Kent, Michael T. Flynn ou Gregory Bovino soutiennent la candidature contre Graham à la primaire républicaine de Mark Lynch, un homme d'affaires novice en politique, mettant notamment en avant les critiques passées de Trump par le sénateur[33],[34].
Lindsey Graham et Donald Trump attaquent Michael T. Lynch qui soutient Marjorie Taylor Greene et Thomas Massie, des républicains en froid avec le président. Lindsey Graham parvient toutefois à remporter la primaire républicaine du [35].
Mort
Lindsey Graham meurt le des suites d'une dissection aortique[36],[37],[38],[39]. Après son décès, plusieurs dirigeants internationaux lui rendent hommage comme le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le chancelier allemand Friedrich Merz, le secrétaire général de l'OTAN Mark Rutte ou le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou[40].
Le , le gouverneur de Caroline du Sud Henry McMaster annonce la nomination de Darline Graham Nordone, la sœur de Lindsey Graham, pour terminer son mandat au Sénat[41]. Celle-ci, dépourvue d'expérience politique, avait été recommandée par Donald Trump[42]. Une primaire républicaine spéciale doit se tenir le pour désigner le remplaçant de Graham comme candidat républicain aux élections de [43].
Positions politiques
Politique américaine
Durant la campagne présidentielle de 2016, Graham se montre très critique vis-à-vis du candidat Donald Trump, votant même pour l'indépendant Evan McMullin le jour de l'élection[44],[45]. En , il va jusqu'à dire que les républicains auraient dû exclure Donald Trump du parti[46]. À partir de , Graham révise cependant sa position sur Donald Trump et devient un proche allié du président[47],[48].
Il met en cause la régularité du processus électoral lors de l'élection présidentielle de 2020, cautionnant les propos de Donald Trump au sujet de « fraudes » qu'organiserait le Parti démocrate[16].
Le , il fait partie des 19 sénateurs républicains à voter en faveur du projet d'investissement de 1 200 milliards de dollars dans les infrastructures défendu par l'administration Biden[49].
Le , il fait partie des 15 sénateurs républicains à voter en faveur du Bipartisan Safer Communities Act, un projet de loi proposé dans les semaines suivant l'attentat de Buffalo et la fusillade d'Uvalde visant à renforcer la législation sur les armes à feu, la première initiative législative d'ampleur sur le sujet au niveau fédéral depuis 1994[50].
Le , il fait partie des 17 sénateurs républicains à se joindre aux démocrates pour voter en faveur du CHIPS and Science Act, le projet d'investissement dans la production de semi-conducteurs défendu par l'administration Biden[51].
Politique internationale
Lindsey Graham est réputé fervent interventionniste sur le plan militaire. Il défend l'invasion de l'Afghanistan en 2001 et l'invasion de l'Irak en 2003 et se prononce pour une occupation durable de ces pays[52]. Il s'oppose à l'accord de Vienne de 2015 par lequel l'Iran renonce à son programme nucléaire en échange d'une levée progressive des sanctions et défend l'option militaire face à ce pays[53]. Il plaide en 2017 en faveur d'une guerre contre la Corée du Nord, estimant que celle-ci pourrait un jour disposer de missiles capables d'atteindre les États-Unis[2].
Il appelle en à assassiner le président russe Vladimir Poutine, « seule solution » selon lui qui permettrait de résoudre la guerre en Ukraine[54]. Il réclame, en 2025, des droits de douane à 500 % contre tous pays qui commerceraient avec la Russie[55].
En 2023, Lindsey Graham annonce son intention de proposer une loi visant à autoriser l'envoi des troupes américaines au Mexique pour combattre les cartels de la drogue. Cette loi mettrait aussi les cartels sur la liste des organisations terroristes. Le président mexicain Andrés Manuel López Obrador déclare alors que le Mexique est un pays souverain qui ne reçoit d'ordre de personne[56],[57].
Il appelle à niveler la bande de Gaza lors de la guerre de Gaza et a affirmé qu'Israël avait le droit de lancer des frappes nucléaires sur la population palestinienne[55]. Ses déclarations constitueraient une « incitation au génocide » selon l'universitaire américain Josh Ruebner[58]. En , il voulait faire couler le bateau où était Greta Thunberg pour aller à Gaza[59].
Il a appelé en à des sanctions des États-Unis contre la Cour pénale internationale (CPI) à la suite de l'émission de mandats d'arrêt à l'encontre du premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et de son ministre de la défense Yoav Gallant pour les crimes commis dans la bande de Gaza[60]. Il est réputé pour être au Congrès américain l'un des pourfendeurs les plus féroces de la CPI[61].
Le , au lendemain de l'enlèvement du président vénézuelien Nicolás Maduro par les États-Unis, il est à Mar-A-Lago pour féliciter Donald Trump, et il menace : « On a eu le Venezuela, on a Cuba, on a la Colombie. Trump nettoie notre arrière-cour d'un califat de la drogue avec des dictateurs narcoterroristes qui assassinent, violent, et expédient chez nous de la drogue », et ajoute : « Nous avons besoin du Groenland ». Quelques mois plus tard, il est l'un des soutiens les plus affirmés de la guerre d'Iran de 2026[2].
Décorations
Lindsey Graham a été officier de réserve, mais n'a aucun historique de combat[2].
Historique électoral
Chambre des représentants
Sénat
| Année | Lindsey Graham | Démocrate | Libertarien | Parti de la Constitution | Indépendants |
|---|---|---|---|---|---|
| 2002 | 54,4 % | 44,2 % | 0,6 % | 0,7 % | 0,1 % |
| 2008 | 57,7 % | 42,3 % | — | — | — |
| 2014 | 55,3 % | 37,6 % | 2,8 % | — | 3,9 % |
| 2020 | 54,4 % | 44,2 % | — | 1,3 % | 0,1 % |