Louis Borno

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Élection
Réélection
(4 ans, 1 mois et 2 jours)
Louis Borno
Illustration.
Louis Borno.
Fonctions
Président de la République d'Haïti

(8 ans)
Élection
Réélection
(4 ans, 1 mois et 2 jours)
Prédécesseur Philippe Sudre Dartiguenave
Successeur Louis Eugène Roy
Secrétaire d’État des Relations extérieures, des Finances et du Commerce

(5 mois et 29 jours)
Président Philippe Sudre Dartiguenave
Prédécesseur Edmond Dupuy (Relations extérieures)
Edmond Héreaux (Finances et Commerce)
Successeur Constantin Benoit (Relations extérieures)
Fleury Féquière (Finances et Commerce)
Secrétaire d’État des Relations extérieures et des Cultes

(10 mois et 28 jours)
Président Philippe Sudre Dartiguenave
Prédécesseur Lui-même
Successeur Furcy Châtelain (Relations extérieures)
Osmin Cham (Cultes)
Secrétaire d’État des Relations extérieures, des Cultes et de l'Instruction publique

(11 jours)
Président Philippe Sudre Dartiguenave
Prédécesseur Lui-même (Relations extérieures et Instruction publique)
Etienne Dornéval (Cultes)
Successeur Lui-même (Relations extérieures et Cultes)
Arthur François (Instruction publique)
Secrétaire d’État des Relations extérieures, de l'Instruction publique et des Travaux publics

(3 mois et 10 jours)
Président Philippe Sudre Dartiguenave
Prédécesseur Lui-même (Relations extérieures et Instruction publique)
Jean-Baptiste Dartigue (Travaux publics)
Successeur Lui-même (Relations extérieures et Instruction publique)
Constant Vieux (Travaux publics)
Secrétaire d’État des Relations extérieures et de l'Instruction publique

(4 mois et 20 jours)
Président Philippe Sudre Dartiguenave
Prédécesseur Horace Pauléus Sannon
Successeur Lui-même
Secrétaire d’État des Relations extérieures et de la Justice

(2 mois et 25 jours)
Président Joseph Davilmar Théodore
Prédécesseur Justin Joseph
Successeur Tertulien Guilbaud
Secrétaire d’État des Relations extérieures et des Cultes

(8 mois et 16 jours)
Président Pierre Nord Alexis
(président à vie)
Prédécesseur Horace Pauléus Sannon
Successeur J. J. F. Magny
Biographie
Nom de naissance Eustache Antoine François Joseph Louis Borno
Date de naissance
Lieu de naissance Port-au-Prince (Haïti)
Date de décès (à 76 ans)
Lieu de décès Pétion-Ville (Haïti)
Nationalité Haïtien
Parti politique Parti conservateur
Conjoint Anne Élisabeth Véronique Élise Philomène Oriol
Hélène Saint-Macary
Profession Avocat, Journaliste

Image illustrative de l’article Louis Borno
Présidents de la République d'Haïti

Eustache Antoine François Joseph Louis Borno, né le à Port-au-Prince et mort le Pétionville, est un avocat et homme politique haïtien qui est président de la République de 1922 à 1930[1], durant l’occupation américaine. Il s'adonnait également à la poésie, au roman et à la musique.

La fin de la Première Guerre mondiale et la défaite de l'Allemagne privent d'une part les rebelles haïtiens de leur principal soutien dans la guérilla, et de l'autre part soulagent les craintes des États-Unis quant à l'éventualité de la prise de contrôle d'Haïti par une puissance hostile. Néanmoins, l'occupation se poursuit après la fin de la Grande Guerre, malgré l'embarras dans lequel il plonge le président Wilson à la conférence de paix de Paris en 1919 et lors d'une enquête du Congrès américain en 1922.

En 1922, le président Dartiguenave est remplacé par Louis Borno, qui dirige le pays sans corps législatif jusqu'en 1930. Borno devient alors le premier président élu pour un mandat de quatre ans, à la suite de l'adoption de la Constitution de 1918. La même année, le général John H. Russell, Jr. est nommé haut-commissaire américain en Haïti. Le gouvernement Borno/Russell supervise l'expansion économique du pays, avec la construction de 1600 km de routes, l'établissement d'un central téléphonique automatique, la modernisation des infrastructures portuaires et la mise en place d'un système de santé publique. Le sisal est introduit en Haïti pour diversifier l'agriculture, et le pays augmente ses exportations de sucre et de coton. La prospérité américaine des années 1920 profite très peu aux Haïtiens, avec une agriculture qui ne se développe que lentement. Quand débute une profonde crise économique mondiale en 1929, les prix des produits haïtiens se mettent à chuter, exposant un pays très dépendant des marchés internationaux.

L’administration et l’armée sont professionnalisées et la corruption, combattue. La gendarmerie devient une force efficace. L'instruction publique, longtemps négligée, est reprise depuis le primaire et axée sur la formation professionnelle, au détriment des « libéralités » qui ne bénéficiaient qu'aux classes fortunées. Les infrastructures connaissent un essor sans précédent : Ainsi, le téléphone automatique est installé à Port-au-Prince ; les ports sont équipés de quais et de phares ; un service de santé publique est développé, avec hôpitaux et dispensaires de campagne. 1 700 km de routes sont créées et entretenues.

Toutefois, cette marche forcée vers la modernité se fait aux dépens de la démocratie, le Sénat restant dissout. En 1926, Borno est réélu par un Conseil d'État.

En 1929, la crise économique mondiale réduit les exportations agricoles alors que des taxes et normes nouvelles frappant les paysans. Le , des paysans protestataires se heurtent à des Marines au lieu-dit de Marchaterre : il y a plus de dix morts. L’opposition se déchaîne. Le président des États-Unis Herbert Hoover propose au Congrès l’envoi d’une commission d’enquête dans le but de se retirer d’Haïti. Elle est dirigée par William Cameron Forbes. En , le mandat de Borno étant achevé, Louis Eugène Roy est élu président pour lui succéder.

Provenant d'une famille issue de la bourgeoisie[2], Louis Borno est licencié en droit en 1890 à la Faculté de Paris. Après ses études il fut directeur de l'École de droit de Port-au-Prince et membre fondateur de la Société de législation, groupe de réflexion politique moderniste. Il parlait couramment l'anglais, l'espagnol et l'italien.

En 1899, il fut chargé d'affaires en République dominicaine, puis, en 1908, ministre des Relations extérieures et des Cultes sous le régime de Pierre Nord Alexis. Le pays, ruiné par les guerres intestines et l’incurie de la plupart des dirigeants, intéressait les États-Unis qui, selon la doctrine Monroe, étendaient leur influence sur l’ensemble de la Caraïbe depuis la construction du canal de Panama.

En 1914, les États-Unis, alors dirigés par le président Woodrow Wilson, présentèrent un projet de contrôle des douanes et des finances d'Haïti. Borno, alors ministre des Relations extérieures et de la Justice du président Joseph Davilmar Théodore, refusa. Les États-Unis, qui s’étaient assuré en 1911 la mainmise sur la Banque nationale, en confisquèrent les réserves, malgré ses protestations.

Le , le lynchage du président Vilbrun Guillaume Sam par une foule déchaînée dans le bâtiment de la légation de France où il s’était réfugié, constitua le prétexte à une intervention armée. Le jour même, les troupes américaines débarquaient.

Carrière politique

Elles organisèrent l’élection d’un nouveau président : Philippe Sudre Dartiguenave et, sans attendre, imposèrent un traité de protectorat. Borno, nommé ministre des Relations extérieures et des Finances le , négocia pour y ajouter un engagement américain au développement économique du pays et refuser toute cession de territoire. Il dut faire face à l'opposition de principe des sénateurs haïtiens qui voyaient là une nouvelle colonisation. Borno déclara à la presse que le pays n’avait le choix qu’entre "la disposition définitive dans l’abjection, la famine et le sang ou la rédemption avec l’aide des États-Unis". Le texte fut voté à une grande majorité par le Sénat le , après des débats houleux en présence de la foule.

Il fut ratifié par le Sénat américain le , mais les États-Unis n’en respectèrent pas l’esprit. Ainsi, ils tentèrent en 1916 de placer tous les services publics sous l’autorité de la gendarmerie. Borno s’y opposa et les militaires américains obtinrent son départ en , après la défaite du gouvernement Dartiguenave aux élections de l'Assemblée Constituante. De nouveau nommé ministre le , Borno refusa que le conseiller financier américain Ruan ait autorité sur le gouvernement haïtien. Ruan fut rappelé en novembre, mais Borno dut, de nouveau, démissionner, au grand plaisir du colonel Russell, commandant des forces militaires américaines, qui écrivit: “un grand obstructionniste a démissionné, de sorte que la situation politique est maintenant plus brillante” (Dantès Bellegarde, Histoire du peuple Haïtien, 1953). Nommé alors ministre plénipotentiaire à Washington par le président Dartiguenave, l’agrément lui fut bien évidemment refusé. Borno se retira des affaires publiques pendant quelques années.

Le mépris et la brutalité des Américains envers les indigènes provoquèrent des révoltes armées dans les campagnes, menées par les « cacos », paysans qui, depuis la guerre d'indépendance, étaient restés armés et empreints d'une culture de révolte. Les troupes américaines matèrent ces mouvements dans le sang, au prix de plusieurs milliers de victimes. Gêné par l’impact médiatique de cette guerre et déçu de l’inefficacité de l’occupation, le président américain Harding décida, à la suite de l’envoi d’une commission d’enquête en , d’améliorer le niveau des administrateurs américains. Il nomma comme haut-commissaire John H. Russell, promu général.

Président de la République

Liens externes

Notes et références

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