Lupulella

genre de mammifères From Wikipedia, the free encyclopedia

Lupulella est un genre[1],[2],[3] de mammifère carnivores de la famille des canidés. Ce groupe comprend des petites espèces appelées communément Chacal, qui ne se rencontrant qu’en Afrique[4]. Ce genre ne comprend que deux espèces existantes, le Chacal à chabraque (Lupulella mesomelas) et le Chacal à flancs rayés (Lupulella adusta)[1],[2],[3].

Faits en bref Règne, Embranchement ...
Lupulella
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2.58–0 Ma
55 collections
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Carnivora
Sous-ordre Caniformia
Famille Canidae
Sous-famille Caninae
Tribu Canini
Sous-tribu Canina

Genre

Lupulella
Hilzheimer, 1906

Répartition géographique

Description de l'image Lupulella range.png.

Synonymes

  • Schaeffia Hilzheimer, 1906
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Dénominations et étymologie

L’auteur n’a pas explicité l’étymologie du mot Lupulella, bien qu’il se rapproche d’autres noms de genre comme Lupulella, auparavant utilisés pour classer des animaux considérés comme des « chacals ». Mais le nom de genre Schaeffia, fait directement référence à un certain Docteur Schäff qui a eu une certaine importance dans les recherche menées sur ces canidés[5].

Taxonomie

Historique

Le genre Lupulella a été créé par le zoologiste allemand Max Hilzheimer en 1906[6], il note que représentants du genre occupent une place unique entre les chacals et les renards, tant par leur crâne que par leur apparence physique[7]. Mais originellement, ce groupe était réservé au Chacal à chabraque, et à ses variations sous-spécifiques, là où le chacal à flancs rayés était classé dans le genre Schaeffia[6], aujourd’hui un synonyme.

Toutefois, cette nouvelle classification ne fut pas utilisée et l’on a longtemps préféré classer ces deux espèces dans le genre Canis. En 2017, une revue taxonomique a recommandé que ces deux espèces soient reconnues comme le genre Lupulella[8]. En réponse à cet examen, l'American Society of Mammalogists a reconnu le nouveau genre[3].

En 2019, un atelier organisé par le groupe de spécialistes des canidés de l'UICN/SSC recommande que, parce que les preuves ADN montrent que le Chacal à flancs rayés (Canis adustus) et le Chacal à dos noir (Canis mesomelas) forment une lignée monophylétique qui se trouve à l'extérieur du clade Canis/Cuon/Lycaon, qu'ils devraient être placés dans un genre distinct, Lupulella (Hilzheimer, 1906) avec les noms Lupulella adusta et Lupulella mesomelas[1].

Liste des espèces

Davantage d’informations Espèce, Répartition ...
Liste des espèces du genre Lupulella selon ITIS (8 mars 2026)[9]
Espèce Répartition Description Statut UICN
Lupulella mesomelas
(Schreber, 1775)
Chacal à chabraque
Afrique de l'Est
et Afrique australe.
Ce canidé à la silhouette élancée possède un museau pointu et de grandes oreilles dressées qui lui donnent une physionomie proche de celle du renard. Son pelage roux à brun rougeâtre est dominé par une large « selle » noire (ou chabraque) parsemée de poils argentés qui s'étend du cou jusqu'à l'attache de la queue. Contrairement à son parent, l'extrémité de sa queue est toujours noire. Les femelles sont généralement un peu plus petites que les mâles et arborent une coloration hivernale plus riche[10][11]. (LC)
Lupulella adusta
(Sundevall, 1847)
Chacal à flancs rayés
Afrique centrale
et Afrique australe.
D'une allure rappelant davantage celle d'un chien, cette espèce dispose d'un museau long et étroit avec des oreilles relativement courtes et arrondies. Son pelage est globalement gris-brun à chamois, marqué sur chaque flanc par une rayure blanche oblique souvent soulignée d'une ligne noire. Le critère diagnostique le plus fiable pour l'identifier est l'extrémité de sa queue, qui est systématiquement blanche. Sa gorge et sa poitrine sont d'un blanc crème contrastant avec le reste du corps[12][13][14]. (LC)
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Phylogénie

Cladogramme basé sur des données génomiques[15] :

Canini

Cerdocyonina


Canina

Canis/Cuon/Lycaon


Lupulella

Chacal à flancs rayés



Chacal à dos noir





Description

Biométrie

 v · d · m  Formule dentaire
mâchoire supérieure
2 4 1 3 3 1 4 2
3 4 1 3 3 1 4 3
mâchoire inférieure
Total : 42
Dentition du genre Lupulella.

Les membres du genre Lupulella sont des canidés de taille moyenne se caractérisant par une silhouette élancée et de hautes pattes. Les dimensions générales, fusionnant les données du chacal à chabraque et du chacal à flancs rayés, présentent une longueur tête-corps comprise entre 60 et 81,2 cm, une queue de 25 à 41 cm et une hauteur au garrot variant de 35 à 50 cm. Le poids s'échelonne de 5,4 kg chez les petites femelles à 12,1 kg chez les mâles les plus corpulents, bien que des individus puissent atteindre exceptionnellement 14 kg dans certaines régions[10][12]. La forme du crâne permet de distinguer deux types morphologiques au sein du genre : un museau pointu avec de grandes oreilles dressées rappelant celui du renard chez L. mesomelas, ou un museau plus long et étroit avec des oreilles plus courtes et arrondies rappelant davantage celui d'un chien chez L. adustus[11][14]. L'indice céphalique (Nc) est d'environ 78 et la dentition est complète, typique des canidés[10][12].

Pelage

Le pelage est dense et se distingue par des motifs dorsaux et latéraux contrastés. La coloration de base varie du brun roussâtre au gris-brun ou chamoisé, avec des parties ventrales (gorge, poitrine et ventre) plus claires, allant du blanc au blanc crème. Le genre présente deux livrées distinctives : soit une large « selle » (chabraque) noire parsemée de poils argentés descendant du cou vers la queue, soit des rayures latérales blanches et noires sur les flancs[10][13]. Un critère de diagnostic majeur réside dans la couleur de l'extrémité de la queue, qui est soit nettement noire, soit nettement blanche. Les jeunes présentent souvent un pelage plus terne, gris ou roussâtre, avec des marques moins définies que celles des adultes[10][12].

Écologie et comportement

Répartition et habitat

Le genre Lupulella occupe une vaste distribution en Afrique subsaharienne, bien que les deux espèces présentent des préférences écologiques distinctes. Le chacal à flancs rayés (L. adustus) se rencontre principalement dans les zones de savanes boisées, les mosaïques de forêts et de prairies, ainsi que dans les régions plus humides, évitant généralement les milieux trop arides[12][14]. À l'opposé, le chacal à chabraque (L. mesomelas) occupe deux zones géographiques disjointes, l'une en Afrique de l'Est et l'autre en Afrique australe, où il colonise une grande variété de milieux allant des déserts côtiers aux prairies de haute montagne, en passant par les savanes ouvertes[10][11]. Ces deux espèces peuvent cohabiter dans certaines zones de sympatrie, où elles occupent alors des niches écologiques légèrement différentes pour limiter la compétition[13].

Activité

Les membres de ce genre sont essentiellement nocturnes et crépusculaires, bien qu'une activité diurne soit régulièrement observée dans les secteurs où la pression humaine est faible ou pour s'adapter à la disponibilité de proies spécifiques[16][17]. Ce sont des animaux territoriaux qui marquent leur domaine vital, dont la superficie varie de 0,2 à plus de 20 km² selon l'espèce et la densité des ressources, par des dépôts d'urine et de fèces[16][18]. La communication acoustique joue un rôle primordial dans leur organisation sociale, le chacal à chabraque étant particulièrement bruyant avec des cris mêlant jappements et hurlements, tandis que le chacal à flancs rayés utilise des vocalisations plus discrètes comme des grognements, des jappements brefs ou des glapissements aigus quand il est dérangé[16][19][17].

Régime alimentaire

Un couple de chacals à chabraque se nourrissant de la peau d’un ongulé.

Le régime alimentaire du genre est celui d'un omnivore opportuniste et généraliste, capable de s'adapter aux fluctuations saisonnières des ressources. La chasse s'effectue le plus souvent de manière solitaire ou en couple monogame. La coopération entre les membres du couple est fréquente et permet d'augmenter significativement l'efficacité des attaques, notamment face à des proies plus agiles ou plus imposantes que le prédateur seul. Ils utilisent leurs sens aiguisés, particulièrement l'ouïe et l'odorat, pour localiser les petits vertébrés ou les invertébrés avant de fondre sur eux avec rapidité[16][17].

Leurs proies incluent une grande diversité de petits mammifères comme les rongeurs et les lièvres, ainsi que des oiseaux, des reptiles et de nombreux invertébrés tels que les insectes comme les termites. Le chacal à chabraque est connu pour s'attaquer plus volontiers aux jeunes ongulés comme les gazelles ou les impalas[16][19]. Les matières végétales, notamment les fruits et les baies, constituent une part non négligeable de leur régime alimentaire, cette tendance étant particulièrement marquée chez le chacal à flancs rayés qui peut devenir presque exclusivement frugivore selon la saison[17][20]. Enfin, ils jouent un rôle important de charognards en consommant les restes de carcasses laissés par les grands prédateurs ou les déchets à proximité des installations humaines[16][17].

Cycle de vie

Reproduction

L'organisation sociale repose sur un couple monogame stable, souvent uni pour la vie. La reproduction a généralement lieu une fois par an, avec une période de mise bas calée sur le pic de disponibilité alimentaire. Après une gestation comprise entre 57 et 64 jours, la femelle met au monde une portée de un à neuf jeunes, bien que la moyenne se situe généralement entre quatre et six individus[10][12]. Les petits naissent aveugles dans un terrier, souvent récupéré auprès d'autres espèces comme l'oryctérope. Un trait comportemental caractéristique du genre est la présence fréquente d'auxiliaires, des jeunes issus de la portée précédente qui restent avec leurs parents pour aider à l'élevage, à la protection et au nourrissage de la nouvelle portée par régurgitation[16][17]. Les jeunes atteignent leur maturité sexuelle vers l'âge de neuf à onze mois[10][12].

Prédation et mortalité

Malgré leur statut de prédateurs, les chacals sont eux-mêmes la proie de plus grands carnivores tels que les léopards, les hyènes tachetées et les lions. Les jeunes sont particulièrement vulnérables aux attaques des grands rapaces comme les aigles[16][17]. Outre la prédation naturelle, la mortalité est fortement influencée par des maladies virales telles que la rage ou la maladie de Carré. Le conflit avec l'homme constitue également une cause majeure de mortalité, les agriculteurs les persécutant fréquemment par piégeage ou empoisonnement en raison des dommages qu'ils peuvent occasionner au bétail[16][18].

Conservation

Un chacal à dos noir victime d’un accident de la route entre Maltahöhe et Sesriem in Namibie.

À l'échelle mondiale, les deux espèces du genre Lupulella sont classées dans la catégorie « Préoccupation mineure » (LC) par l'UICN, et aucune n'est actuellement inscrite aux annexes de la CITES. Leurs populations sont généralement considérées comme stables et ne bénéficient d'aucune protection juridique particulière en dehors des parcs nationaux et des réserves de faune, où elles sont communes. En revanche, au niveau régional, la situation peut varier ; par exemple, le chacal à flancs rayés est considéré comme quasi menacé en Afrique du Sud en raison de la perte de son habitat forestier et de la fragmentation des populations[16][17].

Le principal défi pour la conservation de ces canidés réside dans le conflit permanent avec les activités humaines, particulièrement l'élevage. Dans de nombreuses régions agricoles d'Afrique de l'Est et australe, ils sont perçus comme des animaux nuisibles responsables de pertes significatives au sein du petit bétail, notamment aux agneaux et aux chevreaux. Cette réputation entraîne des mesures de régulation agressives de la part des éleveurs, incluant le piégeage, le tir à vue et l'empoisonnement des carcasses, des pratiques qui impactent localement les effectifs de chacals à chabraque et, dans une moindre mesure, ceux des chacals à flancs rayés[16][19][18].

Outre les persécutions directes, les populations de chacals sont vulnérables à plusieurs menaces environnementales et sanitaires. Les collisions routières constituent une cause croissante de mortalité dans les zones en cours d'urbanisation ou traversées par de grands axes de communication. Sur le plan sanitaire, le genre est particulièrement sensible aux maladies infectieuses transmises par les chiens domestiques, telles que la rage et la maladie de Carré, qui peuvent provoquer des déclins brutaux au sein des clans. Enfin, bien que ces canidés fassent preuve d'une grande adaptabilité, la transformation des savanes en terres cultivées ou en zones de pâturage intensif réduit la disponibilité de leurs proies naturelles et fragilise leur équilibre écologique[17][18][20].

Notes et références

Voir aussi

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