Manuel Lekuona
From Wikipedia, the free encyclopedia

Manuel Alejandro Lekuona Etxabeguren, né le à Oiartzun[1] et mort le dans la même ville, est un prêtre, écrivain, bertsolari et académicien basque espagnol de langues basque et espagnole[1]. Figure majeure de la culture basque du XXe siècle, il a joué un rôle essentiel dans la valorisation et la normalisation de la langue basque (euskara[2]).
Manuel Lekuona étudie avec José Miguel Barandiarán de 1904 à 1914 puis entre au séminaire[1]. Barandiarán, célèbre anthropologue et ethnologue basque, influencera profondément son intérêt pour la tradition orale et le patrimoine populaire basque. Il travaille dans le domaine de la poésie et en 1915, il est nommé professeur de la chaire aux États-Unis par le diocèse[1]. Cette nomination témoigne de la reconnaissance précoce de ses compétences intellectuelles et linguistiques.
De 1916 à 1936, il est professeur de langue et de littérature au séminaire de Vitoria-Gasteiz où sera ordonné prêtre[1]. Il y développe une réflexion approfondie sur la littérature orale basque, notamment le bertsolarisme, qu'il contribue à légitimer comme objet d'étude académique[3]. En 1936, en pleine guerre civile espagnole, deux de ses frères sont abattus[1]. Comme de nombreux intellectuels basques, il est marqué par la répression franquiste et les bouleversements politiques de l'époque[4]. Durant cette période, il étudie l'histoire de l'église de Lasarte-Oria, écrit sur le couvent trois monographies, sur la paroisse de la ville et Oiartzun. Ses travaux historiques s'inscrivent dans une volonté de préserver la mémoire locale et religieuse du Pays basque[1].
En 1941, il part pour Calahorra, où il reste jusqu'en 1955[1]. En 1948, son œuvre Iesu Aurraren bizitza est publiée par l'Académie de la langue basque[2]. Cet ouvrage, rédigé en basque, illustre son engagement pour l'usage littéraire et religieux de la langue[2]. En 1950, il est nommé académicien et prononce son discours Gorotzika'tik Gurutzeaga'ra à Pampelune[2]. Ce discours marque son entrée officielle à l'Euskaltzaindia et affirme son attachement à la tradition culturelle basque[2]. À Andoain, Manuel Lekuona est reçu par les Jesuitinas (Congrégation des filles de Jésus) en 1956 et y restera jusqu'en 1975. Il y poursuit ses recherches, ses publications et son activité pastorale[1].
Académicien à l'Académie de la langue basque ou Euskaltzaindia, il en fut le président de 1967 à 1970 après Jose Maria Lojendio[2]. Sa présidence coïncide avec une période clé de modernisation et de normalisation de l'euskara, aboutissant notamment aux travaux préparatoires de l'euskara batua (basque unifié)[5].
Le prix Manuel-Lekuona est décerné chaque année à la Société d'études basques depuis 1983[6]. Il a été le premier à le recevoir. Ce prix récompense des personnalités ayant contribué de manière remarquable à la culture basque[6], perpétuant ainsi l'héritage intellectuel et culturel de Lekuona.