Maurice Georges Poncelet

peintre et lithographe français (1897-1978) From Wikipedia, the free encyclopedia

Maurice Georges Poncelet est un artiste peintre et lithographe français, également résistant, né le à Mulhouse (Haut-Rhin), mort le à Port-Vendres (Pyrénées-Orientales).

Nationalité
Française
Faits en bref Naissance, Décès ...
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Biographie

Peintre de l'entre-deux-guerres

Jules Wielhorski

S'il est dit que Maurice Georges Poncelet reçoit les conseils de Jules Wielhorski dont il fréquente l'atelier à Nancy dans les années 1914-1915[2],[3], il laisse apparaître, dans ses confidences de 1935 à René Huyghe, un itinéraire très personnel qu'il segmente en quatre périodes dont, dit-il, la constante demeure « l'effort vers une bonne technique au service d'une plus grande spiritualité » : 1) Les années 1913 et 1914 où il s'adonne avec insouciance à « des notations libres de couleurs sans dessin précis et sans méthode », avant la Première Guerre mondiale qui, s'il y délaisse totalement la peinture, n'en est que plus profondément marquante : « au front, dans l'impossibilité de travailler, il a le loisir de méditer » ; 2) Les années 1919-1925 où il réagit contre « l'insouciance de ses débuts » avec des « recherches disciplinées de construction et d'ordonnance de valeurs et de plans » ; 3) Les années 1925-1932 où il met ses recherches en applique dans des compositions de grandes dimensions dont il donne une définition expressionniste : « volumes puissants avec exaltation du caractère (tendance caricaturale), matière épaisse et rugueuse » ; 4) À partir de 1932, évolution vers « un dessin plus aigu et de style plus sobre, couleur aux accords plus subtils, plus rare, souci d'une belle matière »[4].

En 1933, il participe au Grand Prix de Peinture Jacques Darnetal attribué sur votes d'un jury de critiques d'art en la Galerie Georges Bernheim à Paris. Il y obtient la troisième place derrière Raymond Legueult et Adrien Holy[5].

Deux expositions, en puis en à la Galerie Simonson, réunissent cinq jeunes artistes que Germain Bazin dit « liés par un commun sentiment de retour à l'objet » en un groupe baptisé N.G.S. (Nouvelle Galerie Simonson) et composé de Maurice Georges Poncelet, Roger Chapelain-Midy, Adrien Holy, Jacques Lestrille et André Planson[6]. « Chez Simonson, le groupe de la N.G.S. s'est classé comme une des meilleures équipes de la jeune génération. Tous les cinq manifestent une sympathique volonté de ne pas ses contenter d'esquisses heureuses, mais de préciser, de composer, de peindre avec solidité, éclat, juste mesure, des tableaux achevés » s'enchante dès la première exposition Maximilien Gauthier[7] qui réévoque lors de la seconde exposition « une intéressante équipe dont il m'est déjà arrivé de dire les mérites, le sérieux, l'amour du beau métier, et qui continue fermement »[8]. René Huyghe pour sa part définit dans le même temps la singularité des cinq artistes par « la pratique d'un art moins précieux mais plus volontaire. Le souci des vérités essentielles de l'art, d'un métier solide et sûr, aboutit chez eux à un art plus positif, moins proche de la rêverie »[9].

Les commandes officielles

Palais de la découverte, Paris
Lycée Janson-de-Sailly, Paris

En 1936, Maurice Georges Poncelet reçoit, pour l'Exposition universelle, la commande de trois importantes peintures murales qui, évoquant les Inventions de la fronde, de la roue et du rouleau, seront ensuite attribuées au palais de la découverte à Paris. Une seconde commande lui attribue la composition murale du parloir du lycée Janson-de-Sailly tandis que celle de la salle de gymnastique revient à Jean Dreyfus-Stern[10],[11]. Michel Florisoone pourra de la sorte le situer avec Jacques Lestrille et André Planson (qui brossent alors les peintures murales des deux amphithéâtres de l'Institut national agronomique); Jean Aujame (qui exécute celle du lycée de jeunes filles - aujourd'hui lycée Antoine-Watteau de Valenciennes), Charles Dufresne (qui terminera juste avant sa mort celle de l'amphithéâtre de la Faculté de pharmacie de Paris) et Francis Gruber, parmi les peintres qui, « par leur confrontation aux problèmes de la décoration murale contemporaine, se doivent de retrouver les règles de la composition », voire même les renouveler. « Jacques Lestrille, André Planson et Maurice Georges Poncelet sont certainement décorateurs, observe le critique d'art, mais ils le sont d'instinct, parce qu'ils ont le sens des harmonies et des cadences »[12].

Résistant à Vic-Fezensac

Si le nom de Maurice Georges Poncelet a figuré en 1937 à Berlin - aux côtés de ceux d'Alfred Courmes, Roland Oudot, Raymond Legueult et Jean Aujame - parmi « les jeunes qui ont été surtout remarqués » lors de l'exposition L'art français contemporain à l'Académie des beaux-arts de Prusse, laquelle est placée sous le patronage d'Hermann Goering, ministre-président de Prusse, et d'André François-Poncet, ambassadeur de France à Berlin[13], le premier acte de résistance de l'artiste, en 1941, n'en sera pas moins éthique avec son refus de céder sa toile Marchande de cages aux oiseaux (aujourd'hui conservée par le Fonds national d'art contemporain[14]) à Goering qui demande à l'acquérir. Il prendra à cet effet la précaution d'envoyer la toile au Carnegie Museum of Art aux États-Unis où il est connu par sa participation à trois expositions passées[15],[16],[17] et où elle restera en sécurité jusqu'à son retour en France à la Libération[18].

Vic-Fezensac (Gers)
George Starr
Raymond Escholier

Démobilisé dans le Condomois lors de l'armistice de 1940, il s'installe à Vic-Fezensac (Gers) avec son épouse Ramona. Leur fille Anita, qui deviendra un thème de son œuvre peint[19], naît à l'hôpital d'Auch en 1941[20].

L'artiste s'implique dans la Résistance au sein du bataillon de l'Armagnac commandé par Maurice Parisot[21] où, sous le pseudonyme de « Properce », il participe avec George Starr dans le secteur de Vic-Fezensac à la récupération des containers chargés d'armes, de nourriture et même d'argent que larguent par parachutages nocturnes les avions alliés[22],[23]. Capturé par la Milice française et livré à la Kommandantur d'Auch, il est enfermé à la caserne d'Espagne où il ne délivrera aucun aveu malgré la torture et dont il parviendra à s'évader pour rejoindre les troupes combattantes[20],[18].

En 1945, restituant l'histoire du bataillon de l'Armagnac dans son livre Maquis de Gascogne, Raymond Escholier lui dédie ainsi l'ouvrage : « Au peintre émouvant de la vie foraine, à Maurice Poncelet, natif d'Alsace et originaire des Ardennes et, dans les maquis de Gascogne comme aux tranchées de Picardie, toujours grand soldat de France. Hommage d'affectueuse admiration pour l'artiste et pour le patriote. - Raymond Escholier »[22].

De l'École de Paris à l'École de Toulouse

Port-Vendres

Les catalogues des salons parisiens restituent qu'après avoir résidé dans les années 1920 en la cité des artistes du 52, rue Vercingétorix, dans le 14e arrondissement[24], puis dans les années 1930 au 6, rue de Furstemberg dans le 6e arrondissement (immeuble abritant le musée national Eugène-Delacroix)[25], Maurice Georges Poncelet quitte Paris après la Seconde Guerre mondiale pour s'installer route du phare à Port-Vendres[26],[27] dans une maison identifiable par l'aquarelle qu'en conserve le musée des Augustins de Toulouse[28]. Ainsi, le catalogue du Salon de Mai, organisé en 1948 par les Artistes indépendants bordelais au Musée des Beaux-Arts de Bordeaux et où l'une des toiles qu'il présente est une vue de Port-Vendres, le situe non plus dans l'École de Paris mais dans l'École toulousaine[29].

Mort et postérité

Maurice Georges Poncelet meurt à Port-Vendres le .

René Huyghe situe Poncelet, « en qui passe comme un écho de la poésie d'Amédée de La Patellière », aux côtés de Jean Aujame, Balthus, Christian Bérard et Alfred Courmes parmi les artistes qui « révélèrent différemment une hantise - sinon une angoisse - devant le spectacle du monde, s'opposant généralement aux supports insolites, plus désireux d'accorder une valeur symbolique à telle attitude ou à telle atmosphère »[30]. Maurice Georges Poncelet, à ce propos, affirma lui-même : « la mission de l'art n'a pas pour but unique la reproduction des choses, mais l'interprétation libre et personnelle de la nature et l'évasion spirituelle »[31]. Il demeure de même de ceux dont se souvient Pierre Cabanne quand il évoque cette « génération de 1930 » - associant pour sa part son nom à ceux de Jules Cavaillès, Jacques Lestrille, Roland Oudot, Kostia Terechkovitch et Charles Walch - qui, ennemie des excès d'alors incarnés par les Cubistes et les Fauvistes, assuma cette difficulté existentielle de « porter le poids d'être née d'une lassitude »[32].

Expositions

Expositions personnelles

Expositions collectives

Galerie Simonson, Paris
Carnegie Museum of Art, Pittsburgh

Citations

Dits de Maurice Georges Poncelet

  • « Le moindre paysage dépouillé et aride me suffit pour le moment. Je fuis le motif "pittoresque". Un horizon, une terre labourée ou un arbre quelconque me permettent une recherche plus profonde… Entraîné à pénétrer le secret de la nature la plus simple, je n'en comprendrai que mieux la grandeur. » - Maurice Georges Poncelet[4]

Réception critique

René Huyghe
Louis Vauxcelles
  • « Michel Georges Poncelet sait doser ses effets d'ombre et de lumière dans une toile construite avec justesse. » - Michel Florisoone[34]
  • « Poncelet s'est jeté dans des difficultés de mise en page et de rapports de tons dont il sort à son honneur. » - Michel Florisoone[35]
  • « Il y a en lui du Courbet et du Segonzac ; peinture saine et mesurée dans la grande tradition réaliste française. » - Roger Brielle[43]
  • « S'éloignant des discussions esthétiques d'après la Première Guerre mondiale, il s'est enfermé dans un travail solitaire… D'une sensibilité grave, concentrée, volontiers tournée, comme celle d'Amédée de La Patellière, vers des sujets rustiques, Poncelet est un de ceux qui essaient de construire un art où les prestiges extérieurs restent subordonnés à l'expression de la vie intérieure considérée avec une sympathie méditative et robuste. » - René Huyghe[4]
  • « Poncelet est un travailleur qui s'acharne ; il mâte sa rudesse native, l'assouplit ; il atteint dans sa Diseuse de bonne aventure, à la fois autoritaire et discrète, une gravité, un dramatisme qui vient de l'intérieur. » - Michel Florisoone[36]
  • « Il émane du travail de Poncelet une sensation nette de franchise et d'énergie. » - Louis Vauxcelles[50]
  • « Poncelet sera compris et apprécié le jour où la table des valeurs de la peinture moderne aura été revue et corrigée d'une manière radicale. » - Waldemar-George[51]
  • « L'œuvre de Poncelet est parfaitement continu et, depuis ses premières toiles qu'il peignit très jeune, il est demeuré fidèle aux mêmes sujets comme à la même esthétique, pétrie de bon sens et d'amour de la nature. il aime peindre des scènes rustiques et familières, scènes de chasse, de vendanges, fêtes foraines. Il peint aussi des paysages et des natures mortes. » - Dictionnaire Bénézit[3]
  • « Paysages, natures mortes, scènes de la vie campagnarde restituées dans une facture solide et classique, et surtout scènes de cirque où s'expriment en filigrane les passions et les angoisses d'un artiste qui participait régulièrement depuis les années 1930 au Salon des indépendants et au Salon des artistes français. » - Gérald Schurr[52]

Collections publiques

Drapeau de l'Algérie Algérie

Drapeau de la Finlande Finlande

France

Drapeau de la Tchéquie République tchèque

  • Ambassade de France à Prague, Nu à la toilette, huile sur toile 78x62cm, 1933 (dépôt du Centre national des arts plastiques)[84].

Collections privées

Reconnaissance

Décorations

Prix

Hommages

  • Une rue de Vic-Fezensac porte le nom de Maurice Poncelet en hommage à l'engagement de l'artiste dans la Résistance[20],[18].

Références

Annexes

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