Roland Oudot

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Décès
(à 83 ans)
Paris 16e
Sépulture
cimetière de Vasouy, Honfleur
Période d'activité
Roland Oudot
Naissance
Décès
(à 83 ans)
Paris 16e
Sépulture
cimetière de Vasouy, Honfleur
Période d'activité
Nom de naissance
Roland Georges Oudot
Nationalité
Activités
Autres activités
décorateur de théâtre, illustrateur
Formation
Mouvement

Roland Oudot, né à Paris le [1],[2], est un peintre et lithographe français. Installé au 110 rue Caulaincourt, il réalisa aussi des gravures, des peintures murales, des décors de théâtre et des illustrations de livres. Il s'est suicidé à Paris le [1],[2].

Oudot est élève à l'École nationale supérieure des arts décoratifs (où il sera plus tard lui-même enseignant), de 1912 à 1915, dans l'atelier d'Eugène Edouard Morand[3]. Il devient en 1915 l'assistant de Léon Bakst pour les Ballets russes (jusqu'à la mort de ce dernier en 1923), et c'est Bakst qui lui révèle la peinture de Paul Cézanne, Pierre Bonnard et Édouard Vuillard, les deux premiers appelés à exercer sur lui une influence durable[4]. Simultanément cependant, il est en 1919-1920 designer en meubles et en tissus pour Louis Süe et André Mare[5]. Influencé par la modernité picturale du début du XXe siècle, des fauves et des cubistes en particulier, son œuvre évolue vers un style empreint de la tradition française du paysage, marquée par la figure de Jean-Baptiste Camille Corot.

Roland Oudot fait partie du groupe des peintres de la réalité poétique composé de sept autres artistes (Maurice Brianchon, Raymond Legueult (se liant d'amitié dès 1918 avec ces deux premiers qui seront ses deux co-exposants au Salon d'automne de 1919)[4], Christian Caillard, Jules Cavaillès, Roger Limouse, André Planson et Kostia Terechkovitch). Pour René Huyghe, ils sont alors « ceux qui ne veulent pas renoncer à plaire, ce don méprisé par le XXe siècle, par le sujet et les apparences, comme jadis, mais aussi par la libération des couleurs, ce don du présent »[6].

Roland Oudot participe en 1941 au voyage en Allemagne (à l'initiative d'Arno Breker) d'artistes parmi lesquels également Charles Despiau, Louis-Aimé Lejeune, Paul Landowski, Paul Belmondo, Kees Van Dongen, Maurice de Vlaminck, André Derain, Othon Friesz et André Dunoyer de Segonzac. Aux reproches qui lui en seront durablement faits, il répondra :

« On s'est laissé entraîner parce qu'il nous avaient promis que nous ne verrions pas de personnalités politiques, que l'on ne verrait que des artistes, et qu'ils renverraient les artistes prisonniers. Oui, on n'aurait pas dû, parce qu'il y avait des gens qui souffraient, seulement il faut dire que c'était en 1941, nous ignorions complètement l'existence des camps[7]. »

En juin 1946, le Comité national d'épuration des artistes peintres, dessinateurs, sculpteurs et graveurs institué par les pouvoirs publics le frappe d'une interdiction professionnelle d'exposer, de vendre et de publier pendant un an à compter, rétroactivement, du 1er septembre 1944[8].

Installé au 1, place de la porte d'Asnières dans le 17e arrondissement de Paris[9], il a été membre de la Société des peintres-graveurs français[10].

Roland Oudot, « dont tous les amis enviaient l'équilibre et la sérénité », s'est défenestré à quelques jours de ses 84 ans, le matin du [11]. Inhumé à Honfleur, au cimetière de Vasouy[12], il est resté fixé par une estampe de Maxime Juan, conservée au musée d'art moderne de la ville de Paris, le représentant peignant dans son atelier[13].

Œuvres

Fresques murales

Tapisserie d'Aubusson

  • L'air, 450x500cm, salle du conseil de la Chambre syndicale de la sidérurgie française, 5bis, rue de Madrid, Paris[16].
  • La cueillette, 175x233cm, ateliers Pinton.
  • Le bûcheron, 185x143cm, ateliers Pinton.

Théâtre

Contributions bibliophiliques

En 1956 il a illustré "Sous le signe de l'Ile-de-France" le catalogue de luxe annuel ou liste des grands vins de la maison Nicolas (coll. pers.).

Affiches

Expositions

Expositions particulières

  • Galerie Le Portique, Paris, 1924, 1925, 1927, 1929[17], 1933[18].
  • Galerie Carmine, rue de Seine, Paris, 1925, 1929[15].
  • Galerie Charles-Auguste Girard, Paris, 1928[15].
  • Valentine Gallery, New York, 1929[15].
  • Galerie Eugène Druet, Paris, [15].
  • Galerie Georges Wildenstein, Londres, 1936, 1941[15].
  • Galerie André Weil, Paris, 1951 (Paysages vénitiens), 1959, [15].
  • Galerie Motte, Genève, 1952[15], .
  • Galerie Sagot - Le Garrec, Paris, 1957 (Lithographies), 1961 (Aquarelles)[15], .
  • Galerie Recio, Paris, avril-.
  • Rétrospective Roland Oudot, Musée des beaux-arts de Neuchâtel, juin-[15].
  • Galerie Saluden, Brest, 1965.
  • Galerie Knoedler, New York, 1967.
  • Galerie de Paris, Paris, octobre- (De l'Acropole à Manhattan)[19], octobre-.
  • Roland Oudot, cinquante ans de peinture, Galerie des Granges, Genève, octobre-.
  • Galerie Guiot, Paris, 1976, [20].

Expositions collectives

Réception critique

  • « Quelle belle nature de peintre ! Oudot ne veut pas se laisser enfermer dans un étroit domaine. Portraits, paysages, figures, tout le tente ; et il ne craint pas d'aborder les grands sujets, ce dont il faut particulièrement le louer. » - François Fosca[17]
  • « Avec Roland Oudot, nous nous écartons quelque peu des données immédiates de la vision, des accords perçus, saisis sur le vif et joliment transposés, transcrits sur la toile. Nous pénétrons dans un pays de rêve, fragile et poétique image du réel, où des reflets d'humanité, dans un mirage de nature, s'assemblent pour un pique-nique de fantômes, dans un éclairage lunaire et délicieux. Roland Oudot s'est créé son domaine. Il s'y trouve bien. S'il donnait un peu plus d'assiette, un peu plus de poids, de relief à ses personnages, serait-il encore cet élégiaque inventif, tendre et frémissant ? » - Paul Fierens[29]
  • « Roland Oudot fut un des premiers, avec ses amis Maurice Brianchon et Raymond Legueult, à affirmer une "tendance nouvelle", marquant l'apparition d'une génération postérieure à celle des "modernes". Né en 1897, 'une famille très artiste, il s'orienta d'abord vers les Arts appliqués : élève de l'École des arts décoratifs, collaborateur de Léon Bakst, puis de Louis Süe et André Mare, il puisa dans cette discipline un sens exquis de l'arrangement coloré. Très tôt il prit conscience des compensations nécessitées par l'art moderne : délicat et toujours un peu "lointain", il tenta avec succès quelques compositions, puis montra dans ses paysages et leur construction robuste que sa sensibilité toute en finesse pouvait s'appuyer sur une base réfléchie et volontaire, qu'il s'empresse d'ailleurs d'envelopper de rêveries et de raffinements de palettes. » - René Huyghe[30]
  • « Il est un peintre de la terre et qui veut souvent la nature désolée, solitaire et statique. » - Bernard Dorival[31]
  • « L'œuvre de Roland Oudot est grave, mûre, déjà entrée dans la légende. » - Jean Bouret[32]
  • « L'œuvre de Roland Oudot ne se divise pas en époques, mais tout au plus en nuances. » - Henri Troyat[33]
  • « Un des brillants représentants de la "Réalité poétique" avec ses amis Maurice Brianchon et Raymond Legueult… Une sûreté du dessin contribuant à la solidité de la composition, une matière onctueuse composée par touches qui se lient de façon à préserver une certaine transparence au ton. Les volumes sont compacts et ménagent une perspective en porofondeur grâce aux "passages" tout en subtilité d'une palette aux tonalités douces, àdominantes de verts. Grâce à ces écrans qui se succèdent et aux harmonies, il suggère admirablement à la fois l'espace et la lumière… Il a peint à Venise quelques-uns de ses chefs-d'œuvre. L'image qu'il nous en donne est la sienne, une cité "écrite" et dessinée, solide. La pierre, l'architecture y sont présentes comme elles le sont dans ses paysages de Provence. Ceux-ci sont empreints de gravité. Il peint des vues d'Eygalières, d'Eyguières, d'Aureille et leurs environs - Les Baux-de-Provence et plus loin les Saintes-Maries-de-la-Mer -, les routes qui mènent à Maussane ou vers Plan-d'Orgon. Ce qui frappe, c'est le parfait équilibre qui s'en dégage. Sachant éviter le pittoresque qu'il pourrait tirer des motifs séduisants comme les oliviers, des tuiles romaines, des murs bas de terre sèche ou encore des cyprès, il n'utilise que leurs masses dans une composition qui s'ordonne sous l'éclat d'un ciel uniformément bleu, mais dont la lumière renforce l'éclat des taches sombres. Une impression d'unité, de discipline et même de solennité imprègne ces paysages dans lesquels le dessin se fait plus elliptique et la matière qui est travaillée en couches superposées offre une pâte légèrement grumeleuse et apte à capter les vibrations lumineuses. » - Lydia Harambourg[15]
  • « Ce peintre de la Réalité poétique a beaucoup puisé son inspiration dans la campagne provençale scandée par les verticales des cyprès et les horizontales des mas assoupis sous le soleil. Il est également sensible au décor rouge de Venise. Tous ces jeux de contrastes entre la fine lumière rose et le ciel d'outre-mer, ce lyrisme bien dompté, font de Roland Oudot un des peintres les plus recherchés parmi ceux qui sont restés fidèles à l'art figuratif. » - Gérald Schurr[5]
  • « Il s'est affiché comme un des meilleurs d'entre ceux qui connurent la difficulté d'affirmer une personnalité réelle dans leur temps en joignant radicalement le meilleur des inventions des audaces de la veille au fond des traditions. » - Jacques Busse[3]

Élèves

Musées et collections publiques

France

Australie

Algérie

Belgique

Finlande

Royaume-Uni

Canada

Pays-Bas

États-Unis

Suisse

Collections privées

Notes et références

Voir aussi

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