Mellionnec

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Mellionnec
Mellionnec
L'église paroissiale Saint-Jean-Baptiste.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Côtes-d'Armor
Arrondissement Guingamp
Intercommunalité Communauté de communes du Kreiz-Breizh
Maire
Mandat
Pierre-Yves DANIEL
2024-2026
Code postal 22110
Code commune 22146
Démographie
Gentilé Mellionnecois
Population
municipale
443 hab. (2023 en évolution de +11,03 % par rapport à 2017)
Densité 18 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 10′ 32″ nord, 3° 17′ 43″ ouest
Altitude 230 m
Min. 143 m
Max. 281 m
Superficie 24,22 km2
Type Commune rurale à habitat très dispersé
Unité urbaine Hors unité urbaine
Aire d'attraction Rostrenen
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Rostrenen
Législatives Quatrième circonscription
Localisation
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Liens
Site web www.mellionnec.frVoir et modifier les données sur Wikidata

Mellionnec [mɛljɔnɛk], est une commune française située dans le département des Côtes-d'Armor en région Bretagne. Cette commune rurale de 399 habitants en 2021 fait partie du Kreiz Breizh et plus spécifiquement du pays Pourlet. Longtemps tournée vers l'agriculture de subsistance, l'activité économique et culturelle du village connaît un développement important dans les années 2000 avec l'ouverture de commerces et structures de l'économie sociale et solidaire et l'implantation d'une école de cinéma.

Situation

Mellionnec, petit bourg du Kreiz Breizh (Centre-Bretagne), se situe à la limite du Morbihan. Mellionnec fait partie du pays Pourlet, (anciennement Pays Gwenedour) caractérisé autrefois par ses costumes aux mille boutons. Ce pays faisait partie autrefois du diocèse de Vannes et Mellionnec et sa voisine Plélauff en étaient les paroisses les plus reculées au Nord. Dans le mot Gwenedour on retrouve en effet le nom breton Gwened autrement dit, pays de Vannes.

Mellionnec est à la limite de l'ancien évêché de Cornouaille et le clocher de son église paroissiale, à deux chambres de cloches, est de style léonard, car la paroisse était aussi peu éloignée de l'évêché de Léon[1].

Relief et hydrographie

La commune est vallonnée et possède de nombreux petits monticules. L'altitude varie entre 143 m (canal de Nantes à Brest) et 281 m (au sud-ouest au voisinage du village de Botkoll). Le bourg occupe le sommet d'une colline qui culmine à 237 mètres d'altitude. De nombreux cours d'eau de taille modeste arrosent le territoire communal, plusieurs y ayant leur source (le finage communal constitue une ligne de partage des eaux), dont le Scorff qui prend sa source à proximité du village de Saint-Auny, le ruisseau de Restmenguy qui coule en direction du nord et passe à l'ouest du bourg de Mellionnec et le Doré, qui matérialise la limite à l'est entre Mellionnec et Plélauff. Ces deux derniers cours d'eau se jettent dans le canal de Nantes à Brest au niveau des étangs de la Pitié[2] et appartiennent au bassin versant du Blavet. Le canal de Nantes à Brest matérialise la limite communale sur une très courte distance au nord-est de la commune. De plus, l'Ellé a sa source dans la commune voisine de Plouray, mais celle-ci est toute proche de la limite communale avec Mellionnec.

Mellionnec : routes et réseau hydrographique.

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le canal de Nantes à Brest, le Scorff, le Doré[3] et le Restmenguy[4],[5],[Carte 1].

Le canal de Nantes à Brest est un canal, chenal et un estuaire et un cours d'eau naturel navigable, d'une longueur de 396 km. Il prend sa source dans la commune de Nort-sur-Erdre et se jette dans la Loire à Nantes, après avoir traversé 82 communes[6].

Le Scorff, d'une longueur de 79 km, prend sa source dans la commune de Ploërdut et se jette dans le Blavet en limite de Lorient et de Lanester, après avoir traversé 18 communes[7].

Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune
Réseau hydrographique de Mellionnec[Note 1].

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[8]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[9]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[10]. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments[11]. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[12],[13].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,6 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 1,5 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 098 mm, avec 16,5 jours de précipitations en janvier et 8,2 jours en juillet[8]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Rostrenen à km à vol d'oiseau[14], est de 11,1 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 146,6 mm[15],[16]. La température maximale relevée sur cette station est de 39,3 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −13,9 °C, atteinte le [Note 2].

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune[17], un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Paysages et habitat

Mellionnec présente un paysage traditionnel de bocage (dans ses parties cultivées) avec un (habitat dispersé en écarts formés de hameaux (appelés localement villages) et fermes isolées. Éloignée des grandes villes et des principaux axes de communication, la commune a conservé son caractère rural.

Transports

Mellionnec n'est desservi que par des routes d'importance secondaire : les deux principales, qui se croisent dans le bourg, sont la D 23 (qui vers le nord-ouest va vers Rostrenen, et vers le sud-est vers Guémené-sur-Scorff, via Langoëlan) et la D 76 qui vient côté nord-est de Gouarec et va, côté sud-ouest, vers Plouray.

Le canal de Nantes à Brest est désormais fermé à la navigation pour le tronçon concernant Mellionnec.

Urbanisme

Entrée du bourg de Mellionnec.

Typologie

Au , Mellionnec est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à 7 niveaux définie par l'Insee en 2022[18]. Elle est située hors unité urbaine[19]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Rostrenen, dont elle est une commune de la couronne[Note 3],[19]. Cette aire, qui regroupe 10 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[20],[21].

Occupation des sols

Le tableau ci-dessous présente l'occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).

Occupation des sols en 2018
Type d’occupation Pourcentage Superficie
(en hectares)
Tissu urbain discontinu 1,5 % 36
Terres arables hors périmètres d'irrigation 23,5 % 572
Prairies et autres surfaces toujours en herbe 14,4 % 352
Systèmes culturaux et parcellaires complexes 38,0 % 927
Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants 3,6 % 88
Forêts de feuillus 12,9 % 314
Forêts mélangées 4,6 % 111
Forêt et végétation arbustive en mutation 1,5 % 37
Source : Corine Land Cover[22]

Toponymie

En breton le nom de la commune est Melioneg (souvent prononcé « Méc'héneuc »).

Le nom de la localité est attesté sous les formes Parrochia de Meillonec en 1265, Parrochia de Mellionnec en 1278, Meillonec en 1291 et vers 1330, Meillonnec en 1387 et en 1448, Melienec en 1477, Mellonnec en 1516[23].

Panneau bilingue français- breton.

La toponymie du nom Mellionnec correspond au nom breton melchon voulant dire trèfle, qui est une variante de meillion au même sens. Le suffixe eg est l'endroit où il y a... Donc nous pouvons dire qu'à Mellionnec auparavant se trouvait un champ de trèfle suffisamment important pour que ce lieu soit reconnu de par cette caractéristique. Mellionnec peut aussi désigner un « lieu à violettes », de mellion (violette)[24].

Histoire

Préhistoire

Un menhir est répertorié dans la commune, au nord de Cornec[25] et un second, daté du néolothique, situé au "camp de Hacadour" [26] se trouve à proximité du canal de Nantes à Brest.

Antiquité

La voie romaine allant de Castennec à Vorgium (Carhaix) traverse la commune, passant par Botcol, Kerdoué et Trégarantec[27].

Moyen-Âge

Mellionnec serait issu d'un démembrement de la paroisse de l'Armorique primitive de Plélauff, ou peut-être de celle de Plouray[27].

On fait mention de la paroisse de Mellionnec dans des chartes du XIIIe siècle relatives aux seigneurs du Léon (seigneurs de la paroisse avant les ducs de Rohan) et dans des actes de donation à l'abbaye de Bon-Repos, mais il y a tout lieu de croire qu'elle existait bien avant[28].

Seigneuries et maisons nobles

Corps principal et pavillons d'entrée du château de Trégarantec.

Selon un aveu de 1471 la châtellenie de Gouarec, un des trois membres de la vicomté de Rohan, « s'étendait sur treize paroisses ou trèves : Plouray, Mellionec, Plouguernével, Saint-Gilles, Gouarec, Plélauf, Lescouët, Penret ou Perret, Sainte-Brigitte, Silfiac, Cléguérec (partie nord), Saint-Aignan, Saint-Caradec, Trégomel. La résidence seigneuriale, dans cette châtellenie, était le château de Penret, aussi appelé le château des Salles[29], en Sainte-Brigitte »[30].

Corps ouest du manoir du Poul.
Le manoir du Poul vu de profil.

La seigneurie de Trégarantec était la plus importante seigneurie de la paroisse. Elle disposait du droit de moyenne et basse justice. Les seigneurs de Trégarantec étaient des vassaux des seigneurs de Guémené. Ils avaient leurs écussons peints dans les vitres de l'église paroissiale avec ceux des seigneurs du Poul. La seigneurie passa successivement entre les mains de différentes familles au cours des siècles. Les premiers seigneurs de Trégarantec portaient le nom de leur terre. Ainsi le plus ancien seigneur dont le nom nous soit parvenu se nommait Alain de Trégarantec et vivait en , date à laquelle il figure dans une vente faîte par Alice de Hennebont à Geoffroy de Rohan. Les armes de cette famille étaient : d'azur à trois pals d'argent. Louise de La Forest, dame de Kermanant, rend aveu pour la terre de Trégarantec en 1539. Le domaine appartient en 1620 à Charles de Maillé qui le vend à Yves, sieur de la Tour, qui le cède en 1622, à Pierre de Perrien et Hélène Urvoy sa femme. Louis de Perrien, fils de Pierre, possédait le domaine en 1663 et en 1680, il est entre les mains de René Jégou, sieur de Paule et de Trégarantec. Son fils, François René Jégou, mourut en 1721, laissant ses terres à son héritier, François Barthélémy Jégou, sieur du Laz. Ce dernier mourut en 1745. Son fils, Michel Marie Jégou, rendit aveu le [31].

En plus du château de Trégarantec, il y avait dans la paroisse les manoirs du Poul[32], de Restambleiz, de Kergourant et de Kerhelegouarch. Le sieur du Poul, dans un aveu rendu à la cour de Guémené en 1628, déclare qu'il a un écusson dans l'église paroissiale de Mellionnec dans la vitre du côté de l'Évangile. Le manoir du Poul était au XVIIIe siècle aux mains des de Robien, sieur de Pontlo. Ils appartenaient à une des plus prestigieuses familles de Bretagne. Ils étaient de proches parents de Monsieur de Robien, président au mortier du parlement de Bretagne. Malheureusement, René Gabriel de Robien, qui résidait au manoir du Poul, ne faisait pas honneur à sa famille. Selon la légende, il y faisait danser nues des paysannes ingénues. Homme de mauvaise vie, il fréquentait notamment Marion du Faouët et sa troupe de voleurs de grand chemin[33]. Son père le fit enfermer chez les sœurs de la Charité à Pontorson en 1752. Il recouvra la liberté en 1767 au décès de son père puis s'exila avec sa femme un temps à Jersey pour fuir ses créanciers car il était couvert de dettes[32].

Temps modernes

Carte de Cassini de la paroisse de Mellionnec et de ses environs (1787).

L'église de Mellionnec a été construite en 1647.

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Mellionnec en 1778 :

« Melionec [Mellionnec] : à 15 lieues un quart au Nord-Ouest de Vannes, son évêché ; à 24 lieues trois quarts de Rennes ; et à 4 lieues un sixième de Corlai [ Corlay ], sa subdélégation. Cette paroisse, dont la cure est à l'Ordinaire, ressortit à Hennebon [ Hennebont ], et compte 1000 communiants[Note 4]. M. le Prince de Guemené en est le seigneur[34]. »

Les seigneurs de Trégarantec disposaient des droits de moyenne et basse justice : au XVIIIe siècle le château de Trégarantec appartenait à la famille Jégou du Laz.

Révolution française

Bien que la paroisse de Mellionnec ait fait partie du diocèse de Vannes (doyenné de Guémené) sous l'Ancien Régime, la commune de Mellionnec est rattachée au département des Côtes-du-Nord et dépend donc désormais du diocèse de Saint-Brieuc.

Mellionnec est chef-lieu de canton de 1790 jusqu'en l'an X[27]. François-Marie Saint-Jalmes[Note 5] assure l'interrogatoire de 17 personnes suspectées d'être des Chouans[35]. Mellionnec est rattaché au canton de Gouarec en 1801.

Pendant la Révolution Française, le , les Chouans au retour de leur coup de main sur la poudrière de Pont-de-Buis, firent une halte au château de Trégarantec avant de se séparer en deux groupes[36]. Cet imposant édifice, cerné de bois impénétrables, était un refuge et une place d'armes pour les Chouans qu y cachèrent leur butin dans ses immenses caves voûtées[37].

Le XIXe siècle

Article retranscrit dans le Journal des débats politiques et littéraires du concernant la présence de chiens enragés et de loups à Mellionnec.

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée,décrivent ainsi Mellionnec en 1853 :

« Mellionnec (sous l'invocation de saint Pierre) : commune formée de l'ancienne paroisse de ce nom ; aujourd'hui succursale. (...) Principaux villages : le Penhez, Kerguillic, Kergouran, Kernombre, le Poul, Pen-Poul-Audren, Cornec, Hacadour, Cosquer-Bouleau, Rénernic, Kerbellec, Reste au-Blayesse, Boudalien, Reste-en-Houennet, Goas-ar-Golen, Pradeguiou, Kervève, Kerzèze, Minigue, Kergoas, Saint-Auny, Lhomelus, Croix-Hincho, Botcol, Kervero, Rescano, Kermez, Coat-an-Bars. Superficie totale : 2 422 hectares, dont (...) terres labourables 1 077 ha, prés et pâturages 250 ha, bois 61 ha, vergers et jardins 14 ha, landes et incultes 946 ha (...). Moulins : 5 (de Kergourant, du Pont, de Duot, du Poul, à eau). (...). Il y a foire le 20 janvier, le 26 juin et le 27 juillet. Géologie : constitution granitique. On parle le breton[38]. »

Le château de Trégarantec est habité en 1853 par son propriétaire d'alors, M. Le Guen. Les manoirs du Poul et de Kergourant en dépendent et sont devenus de simples fermes.

Joachim Gaultier du Mottay écrit en 1862 que Mellionnec dispose d'une école mixte ayant 35 élèves, qu'on y parle le breton, sur trois foires y sont organisées (les , et ), que « son territoire est accidenté, boisé dans ses parties productives, nu et découvert dans celles qui ne le sont pas », que les terres y sont « sablonneuses, légères et médiocres, [les] prés de qualité médiocre faisant à peu près le neuvième de la superficie » et que les landes sont très étendues, occupant environ le tiers de la commune[39].

Lors du pardon de Notre-Dame de Pitié qui se tenait chaque année le , il était d'usage d'y conduire tous les chiens du pays[40].

Le XXe siècle

À partir de 1920, la population de Mellionnec diminue fortement en raison de l'exode rural[41]. En un siècle, la population est passée de 1407 habitants (1921) à 389 habitants (2018).

La Belle Époque

La Première Guerre mondiale

Monument aux morts de Mellionnec

Le monument aux morts de Mellionnec porte les noms de 77 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale[42].

Un soldat originaire de Mellionnec, François Laurent[43], du 247e régiment d'infanterie fut fusillé pour l'exemple le à Châlons-sur-Marne (Marne) pour « abandon de poste devant l'ennemi suite à une automutilation » par décision du conseil de guerre de la 4e armée[44]. Les autonomistes bretons de l'Entre-deux-guerres ont prétendu qu'il n'avait pas pu se défendre car, parlant seulement breton, il ignorait le français [45].

Le , la cour spéciale de justice militaire a annulé le jugement du conseil de guerre de la 4e armée, qui avait condamné le François Marie Laurent, à la peine de mort pour abandon de poste en présence de l'ennemi. De ce fait, la mémoire du soldat a été réhabilitée. La cour condamne l’État à payer des dommages-intérêts à Mme Laurent ainsi qu'à ses deux enfants. Une cérémonie officielle organisée principalement par M. Le Guen, ancien maire de Mellionnec, est organisée le [46]. Cette réhabilitation solennelle provoqua des polémiques[47].

L'Entre-deux-guerres

Le monument aux morts de Mellionnec, qui a la forme d'un obélisque placé sur un pilier et orné d'une croix latine est situé d'abord sur la place de l'église puis a été déplacé à côté de la mairie. Il a été inauguré après la Première Guerre mondiale[48].

En 1928, la chapelle Saint-Hervé, totalement effondrée, est considérée comme irréparable[49].

Le la foudre tomba sur l'église de Mellionnec, faisant tomber le clocher et détruisant la toiture : « on estime à plus de 20 m³ le volume des matériaux projetés dans toutes les directions, et qui sont aller briser, jusqu'à 50 mètres de distance, les monuments funéraires du cimetière voisin »[50].

En 1936 un cultivateur de Mellionnec voulut prénommer son fils "Hitler", ce qui fut refusé car aucun saint du calendrier ne porte ce nom et malgré « le respect porté au chancelier du Reich allemand » (!) ; le père choisit finalement le prénom "Hilaire", dont la consonnance est presque semblable[51].

La Seconde Guerre mondiale

De nombreux maquisards de la commune participèrent à la Résistance. Certains y laissèrent la vie. Par exemple Le Matin, alors journal collaborationniste, écrit le qu'« un des bandits [en fait un résistant] qui avait pris part à l'attaque de la gendarmerie de Guémené-sur-Scorff a été arrêté à Mellionnec »[52].

L'ancien lieutenant de marine François Le Guyader, habitant Mellionnec, est engagé dans la résistance dans le mouvement Libération-Nord, section de Guéméné sur Scorff. Cet homme participe en tant que chef de section aux combats de Kergoët en Langoëlan le . Finalement c'est une victoire de la résistance contre l'occupant. Dans le combat, François Pimpec, de Mellionnec est tué, alors que le lieutenant Le Guyader ainsi que le sergent parachutiste Bonis sont capturés par les Allemands. On retrouve le corps de François le Guyader à la fin de la guerre, avec de nombreux autres cadavres, dans une fosse sur la commune de Berné dans le Morbihan. François Quintric, qui participa aux combats de Langoëlan, est arrêté le lendemain du coup de force de la Résistance, à la suite d'une dénonciation, dans l'une des dépendances du château de Trégarantec. Emmené au Faouët, il y subit des interrogatoires, et meurt des suites de la torture qu'il subit.

François le Guyader, François Pimpec et François Quintric sont inscrits sur le monument aux morts de Mellionnec en compagnie de 9 autres militaires morts pour la France dans la Seconde Guerre mondiale[42].

Arrêté pour activités FTP, Léon Guilloux, né à Mellionnec, est jugé et condamné à la peine de mort le , et fusillé le lendemain à Saint-Jacques-de-la-Lande (35). Hervé Botros, un automiste breton, aurait aidé à son arrestation[53] ; il est lui-même fusillé à Quimper le [54].

Un autre résistant FTP, membre de la compagnie Suy Moquet, Roger Quintric, né à Mellionnec le , inspecteur de police, est arrêté le et fusillé en même temps que 11 autres résistants, après avoir été atrocement torturé le au camp de manœuvre de Ploufragan[55].

Des résistants ont survécu à la guerre, par exemple Noël Le Gac[56].

L'après-Seconde-Guerre-mondiale

Un sous-officier originaire de Mellionnec, Edmond Le Louarn[Note 6] est mort pendant la Guerre d'Algérie.

Le renouveau (années 1990-2020)

Depuis les années 1990, le village connaît un renouveau économique et culturel. Des néoruraux s'installent sur la commune, l'école ouvre à nouveau, et plusieurs commerces s'installent : un boulanger bio, devenu une SCOP, un café épicerie (Folavoine), une librairie (Le temps qu'il fait, nommé ainsi en référence au roman d'Armand Robin, ouverte en 2018), l'auberge À la belle étoile en 2023, ainsi qu'une école de cinéma documentaire, Skol Doc[41]. Le bourg connaît ainsi un rajeunissement de sa population et a pu enrayer son déclin démographique : entre 2013 et 2016, les effectifs de l'école primaire ont presque doublé. Près de dix naissances ont été enregistrées en 2016. Près de 25 % de la population a moins de 20 ans en 2018[57].

Chaque année, depuis 2007, au mois de juin, sont organisées Les Rencontres du film documentaire de Mellionnec. Depuis 2023, se tient au mois de juillet le festival La machine dans le jardin (cofondé par Fanny Lopez, Alice Carabedian, Robin Kerguillec et Elise Feltgen.

Politique et administration

la mairie de Mellionnec.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1793 1795 François Saint-Jalmes[Note 7]   Meunier et cultivateur. Juge de paix du canton de Mellionnec.
    Le Goff    
avant 1802 1812 Jean Le Duigou    
1812 1832 Jean Joseph Ollivier[Note 8]   Cultivateur.
1832 1846 Yves Le Barzic[Note 9]   Cultivateur.
1846 1863 François Rolland[Note 10]   Meunier au moulin du Poul.
1864 après 1869 Jean Rolland[Note 11]   Meunier au moulin du Poul. Fils de François Rolland, maire précédent.
avant 1883 1884 Jean-Louis Tabaric[Note 12]   Meunier.
1884 1892 Germain Barach[Note 13]   Laboureur.
1892 1900 Jean-Louis Tabaric   Déjà maire en 1883-1884.
1900 1905 Louis Le Guen[Note 14]   Habitait le château de Trégarantec.
1905 1912 Adolphe Le Guen[Note 15]   Propriétaire du château de Trégarantec.
1912 1917 Jean-Marie Jouanno[Note 16]   Laboureur.
1918 après 1922 Pierre Rouillé[Note 17].   Laboureur.
1925 1945 Jean Louis Le Nestour[Note 18].   Cultivateur.
Les données manquantes sont à compléter.
         
mars 1959 mars 1983 Jean-Marie Le Corre[58],[59] (1920-2013) PCF Agriculteur
mars 1983 juin 1995 Joseph Lallinec[60] (1924-2005) PCF Retraité de l'enseignement
Officier des Palmes académiques
juin 1995 décembre 2003
(démission)
Michel Balbot[61] Les Verts Formateur
Conseiller régional de Bretagne (1992 → 2010)
Président de la CC du Kreiz-Breizh (2001 → 2008)
janvier 2004 mars 2008 Odette Delplace SE  
mars 2008 novembre 2023 Marie-José Fercoq DVG Pharmacienne, conseillère départementale depuis 2021
fevrier 2024 en cours Pierre-Yves DANIEL SE Chargé d'études en système d'information géographique
Les données manquantes sont à compléter.

La commune est adhérente à BRUDED (Bretagne Rurale et Rurbaine pour un Développement Durable)[62].

Économie

Le bar-restaurant du bourg en 2022.

Mellionnec est un des rares villages en France à réunir les 3 structures de l'ESS (Économie Sociale et Solidaire): SCOP de l'Arbre à Pain, les SCIC Folavoine et Le village coopératif, et le PTCE (Pôle Territorial de Coopération Économique) de l'Éco Domaine Le Bois du Barde. Certains citoyens sont engagés depuis plusieurs années pour développer des alternatives économiques, créer de l'emploi, et permettre de rester vivre et travailler sur le territoire.

Mellionnec est connu pour sa transition écologique grâce notamment au PTCE de l'Éco Domaine du Bois du Barde qui est le seul PTCE en France basé sur une ferme paysanne[réf. nécessaire]. Il est constitué de 2 entreprises une ferme bio en arboriculture pommes à cidre et sève de bouleau, une aire naturelle de camping avec l'écolabel européen, 2 yourtes et une roulotte, ainsi que 2 associations : l'association koed barz qui a la charge de la partie pédagogique et des événements culturels, et l'association breizh coopération qui propose des ateliers, des stages et l'essaimage de la gouvernance partagée, la sociocratie et la permaculture.

Vie culturelle

Mellionnec est connu pour son festival du film documentaire organisé par l'association Ty Films, « Les Rencontres du film documentaire », organisé le dernier week-end de juin. Employant l'équivalent de neuf salariés à temps plein, l'association a permis de relancer l'activité du bourg, avec l'installation par exemple d'une épicerie bio, de l'hôtel appelé auberge À la belle étoile ou d'un restaurant[63],[64].

Associations locales

  • Ty Films, association organisatrice des Rencontres du film documentaire[65].
  • Kizellan - exposition biennale dans le bourg de Mellionnec.
  • PTCE Eco Domaine Le Bois du Barde.
  • Association des parents d'élèves de l'école publique Maria Chevalier
  • L'intelligence des mains - mettre en place des marchés d'artisanat d'art.
  • L'ASEM (Association de Sauvegarde de l'Eglise de Mellionnec) - organisation d'événements pour la sauvegarde du patrimoine religieux.
  • Prospect station, association organisatrice du festival La machine dans le jardin sur les imaginaires techniques (utopie, féminismes et écologies)

Culture locale et patrimoine

Costume

Mellionnec fait partie du territoire Pourlet (anciennement Pays Gwenedour), caractérisé autrefois par ses costumes aux mille boutons. Celui-ci sera porté par les hommes jusqu'en l'entre-deux-guerres. C'était en quelque sorte l'habit de sortie. Au XIXe siècle, l'habit des hommes est en lin et de ce fait est de couleur « écrue ». Toutes les couches de la société le portent. Au XXe siècle, le gilet et la veste seront faits de velours et seuls les gens d'une certaine condition pourront l'acquérir. Les femmes âgées porteront cette tenue de fête jusqu'au milieu des années 1960. On peut admirer encore ce costume dans les fêtes folkloriques. Le cercle du Croisty en Morbihan est actuellement l'un des dépositaires de ces habits traditionnels du pays Pourlet.

Lieux et monuments

La chapelle Notre-Dame de Pitié, en bordure du canal de Nantes à Brest (vers 1920).
  • Le manoir de Kerbellec : il date de la fin du XIXe siècle[71].
  • la chapelle Notre-Dame-de-la-Pitié, inscrite au titre des Monuments historiques[72]. Elle a été édifiée par la famille de Boutteville au début du XVIe siècle. La chapelle abrite une Piétà et une statue de saint Gildas. Cette dernière fut semble-t-il retirée de l'édifice au moment de la Révolution par les fidèles puis enterrée afin d'échapper à la destruction. Elle retrouvera naturellement sa place dans la chapelle après les événements. Le canal de Nantes à Brest borde la chapelle où il forme une sorte d'anse. Dans le lit du canal coule le ruisseau original, le petit Doré sur lequel fut bâti un pont gallo-romain tout près de la chapelle. Ce pont existe toujours et il est visible lorsque le canal est vidé. Ce pont reliait au début du XIXe siècle, Mellionnec à Plouguernével situé sur l'autre rive[73].
  • La chapelle de Saint-Auny date du XVIIe siècle. Elle abrite, en son sein, une statue en bois de saint Julien à cheval et possède un bénitier en granit[74].
  • La chapelle privée du château de Trégarantec (1755), dédiée à la Vierge et à saint Michel.
  • De nombreux puits se trouvent sur la commune notamment au bourg, à Kerguillic et à Trégarantec. Des anciens fours à pain, relativement en bon état sont visibles aux hameaux de Kermer et Restehalés.
  • Plusieurs fermes présentent un intérêt patrimonial, par exemple les deux fermes Kerzoze[75], celles de Reste Houanet[76], de Menez Hamon[77], du Vénec[78], etc.., ainsi que des maisons de prêtres à Cornec[79] et Restemblayes[80].
  • Des moulins à farine : moulin Duault[81] et moulin Kergouran[82].
  • Le pont au sud de Stang Caraes : pont ancien construit sans doute au Moyen-Âge, en granite de Locuon[83].

Personnalités liées à la commune

  • René Gabriel de Robien, sieur de Pontlo, propriétaire du manoir du Poul en Mellionnec. Fils de Charles Pierre de Robien, chevalier seigneur et vicomte de Pontlo, son père le fait arrêter et conduire le chez les Soeurs de la Charité de Pontorson pour y être enfermé. Il ne recouvra la liberté que le , une fois son père décédé. Son père lui reprochait ses mauvaises mœurs. Il fréquentait notamment de façon assidue des voleurs de grand chemin : la bande à Marion du Faouët. Celle-ci devint même un temps sa maîtresse. Il meurt le à Glomel et est inhumé le lendemain dans la paroisse de Mellionnec[84].
  • François-Marie Laurent (br), un breton originaire de Mellionnec, est un soldat fusillé pour l'exemple. C’est au cours d’un combat dans la nuit du 1er au que ce soldat est légèrement blessé en Champagne sous les yeux de son capitaine. La dernière phalange de son petit doigt de la main gauche est arrachée. Suivant les recommandations de son capitaine, il va se faire soigner dans un poste de secours par le docteur Buy. Le médecin, trouvant la blessure trop légère, le soupçonne de s'être automutilé et de vouloir se dérober à ses obligations militaires. Ce soldat ne s'exprime que malhabilement en français. Il sera accusé d'abandon de poste, condamné par le Conseil de guerre et fusillé le . Le , il est réhabilité et sa famille reçoit la somme de 10 000 francs. La mairie de Mellionec fait enlever la plaque de marbre où étaient inscrits les noms des soldats tués. Par la suite, elle fait graver directement sur le monument le nom des soldats en incluant celui de F.-M. Laurent dans son ordre alphabétique[85],[86],[87]
  • Jules-Charles Le Bozec (1898-1973), sculpteur, membre des Seiz Breur (mouvement intellectuel breton).Cet homme acquit notamment sa notoriété en sculptant de nombreux monuments aux morts. Natif de Saint Mayeux en Côtes du Nord; il vécut l'essentiel de son existence à Mellionnec.
  • Glenmor (1931-1996) fut propriétaire du manoir du Poul sur la commune. Il écrivit dans ce lieu de nombreuses chansons qu'il enregistrait ensuite dans le studio qu'il fit aménager dans une des dépendances du manoir. Ce manoir avait auparavant appartenu à la famille De Robien, dont René Gabriel appelé le Seigneur du Poul se distingua, hélas dans le mauvais sens. Homme brutal, il fut considéré par ses sujets comme un tyran. Il fréquenta également les brigands et côtoya la célèbre Marion du Faouët qu'il hébergea quelque temps au manoir. Cet homme mourut le à l'âge de 61 ans.

Démographie

Notes et références

Voir aussi

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